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Bachasse

Ansiaume, 1821 : Galère.

Gerbé à vioc, si tu rejoins la bachasse, tu es marron.

Vidocq, 1837 : s. — Travaux forcés, galères.

Halbert, 1849 : Galère.

Larchey, 1865 : Galère. — Augmentatif de bac : bateau.

En bachasse tu pégrenneras jusqu’au jour du décarement.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Travaux forcés. Même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Travaux forcés, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Travaux forcés.

France, 1907 : Travaux forcés. Abréviation de basses-chasses, allusion aux châssis bas desquels sortaient les avirons des anciens rameurs de galères. (Lorédan Larchey)

Battante

Rigaud, 1881 : Cloche. — Langue.

La Rue, 1894 : Cloche.

France, 1907 : Cloche ; bouche.

— Allons, Mille-Pattes, aide-moi à la gerber (à l’emporter)… D’abord, un coup de foulard sur la battante.

(E. Lepelletier)

Cambrioleur

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui dévalise les chambres, principalement les chambres de domestiques, en l’absence de leurs locataires. Cambrioleur à la flan. Voleur de chambre au hasard.

La Rue, 1894 : Dévaliseur de chambres.

Virmaître, 1894 : Vol à la cambriotte. Ce vol fut célébré par B. Maurice :

Travaillant d’ordinaire,
La sorgue dans Pantin,
Pour mainte et mainte affaire,
Faisant très bon chopin.
Ma gente cambriotte,
Rendoublée de camelotte,
De la dalle au flaquet.
Je vivais sans disgrâce,
Sans regout ni morace,
Sans taf et sans regret.
Le quart-d’œil lui jabotte :
Mange sur tes nonneurs ;
Lui tire une carotte.
Lui montrant la couleur.
L’on vient, l’on me ligotte,
Adieu, ma cainbriotte,
Mon beau pieu. mes dardants.
Je monte à la Cigogne.
On me gerbe à la grotte,
Au tap et pour douze ans.

France, 1907 : Voleur dont la spécialité est de faire main basse dans les appartements ou les villas en l’absence des propriétaires. Cambrioleur à la flan, voleur de chambres au hasard.

On estime, à la Sûreté, que sur vingt-cinq mille individus n’ayant à Paris d’autre moyen d’existence que le vol, dix mille au moins sont des cambrioleurs, soit professionnels, soit occasionnels.

(Guy Tomel, Le Bas du Pavé parisien)

Carre des petites gerbes

Virmaître, 1894 : La police correctionnelle (Argot des voleurs).

Carré des petites gerbes

Rigaud, 1881 : Police correctionnelle, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : chambre des petits jugements. Les clients du tribunal correctionnel qui ne sont pas forcés de savoir que « gerbe » est un substantif féminin disent volontiers : carrés des petits gerbes.

France, 1907 : Police correctionnelle.

Carrée des petites gerbes

La Rue, 1894 : Police correctionnelle.

Carruche

Larchey, 1865 : Prison (Vidocq). Diminutif du vieux mot car : coin. V. Roquefort. — V. Canton. — Comte de la Carruche : Geôlier.

Virmaître, 1894 : Prison (Argot des voleurs). V. Gerbe.

Cato, catiche

Rigaud, 1881 : Catin. — Gerbe des catiches, bureau des mœurs.

Centre (dire le)

Ansiaume, 1821 : Révéler un nom.

S’il n’avoit pas dit le centre, je ne serois pas gerbé à viot.

Cigogne

d’Hautel, 1808 : Un cou de cigogne. Cou allongé et sans grâce.
Des contes à la cigogne. Contes de vieilles, discours saugrenus.

Ansiaume, 1821 : Palais de justice.

Le temps qu’on reste à la cigogne ne compte point.

Vidocq, 1837 : s. f. — Préfecture de police.

Larchey, 1865 : Préfecture de police. — V. Dab.

Railles, griviers et cognes nous ont pour la cigogne en partie tous paumés.

(Vidocq)

Rigaud, 1881 : Palais de justice. Ainsi nommé par les voleurs par allusion à la flèche de la Sainte-Chapelle.

Virmaître, 1894 : Le Dépôt de la Préfecture de police (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Prison de Mazas, prévention.

France, 1907 : Palais de Justice. Dab de la Cigogne, le procureur général.

Je monte à la Cigogne,
On me gerbe à la grotte,
Au tap et pour dix ans.

Collège

Ansiaume, 1821 : Prison, geole.

Je pouvois cromper du collège de Rouen, je croiois pas être gerbé.

Vidocq, 1837 : s. f. — Prison.

Larchey, 1865 : Prison. — Collégien : Prisonnier (Vidocq). — Ces mots ont dû être inventés par un malfaiteur qui avait reçu de l’éducation.

Delvau, 1866 : s. m. La prison, — dans l’argot des voleurs, qui y font en effet leur éducation et en sortent plus forts qu’ils n’y sont entrés. Collèges de Pantin. Prisons de Paris. Les Anglais ont la même expression : City college, disent-ils à propos de Newgate.

Rigaud, 1881 : L’ancien bagne, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : L’ancien bagne ; la prison.

Virmaître, 1894 : Prison. Cette expression est d’une grande justesse ; c’est en effet en prison que les voleurs se perfectionnent dans leur art et que nos grands financiers du jour apprennent à ne plus se faire repincer (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Prison.

France, 1907 : Prison. Les deux se ressemblent en effet, sous plus d’un point, et l’on y rencontre les mêmes vices.

— C’est vrai, dit Salomon surpris, je vois que tu l’as connu… Mais, mon vieux, tu peux aller à présent, si tu remets la main dessus, essayer de lui rappeler les souvenirs de collège, il t’enverra au bain en disant, en prouvant, s’il le faut, qu’il n’a jamais eu de cœur, jamais eu de femme ni d’Émélie sur la poitrine… Ça te la coupera, hein ?

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Engerber

France, 1907 : Appréhender ; argot des voleurs.

Escapouche

Ansiaume, 1821 : Assassinat.

Nous sommes gerbés pour une escapouche sur le grand trimard.

Étamer

Rigaud, 1881 : Condamner pour récidive. — Étamé, récidiviste. — Étamage, récidive. Aller se faire étamer aux petits gerbes.

Étampier

France, 1907 : Étaler des gerbes au soleil.

Fagot à perte de vue

Virmaître, 1894 : Condamné aux travaux forcés à perpétuité. Par abréviation on dit : gerbé à perpète (Argot des voleurs).

Foie blanc

La Rue, 1894 : Voleur disposé à quitter sa bande on à la dénoncer.

France, 1907 : Poltron. Avoir les foies blancs, c’est avoir peur, refuser de faire un coup.

Mon dab est mort ru’ d’la Roquette
Su’ la place, en face l’p’loton,
On y avait rogné sa liquette,
Coupé les ch’veux, rasé l’menton,
Ma dabuche aussi chassait d’race
A s’est fait gerber à vingt ans
Pour avoir saigné eun’ pétasse.
Moi, j’marche pas… j’ai les foies blancs !

(Aristide Bruant)

Fusée (en lâcher une)

Virmaître, 1894 : Quand un ivrogne a trop bu, il soulage son estomac en lâchant une fusée. Allusion à ce que la déjection retombe en gerbe. Quand elles se suivent, on dit dans le peuple :
— Quel riche feu d’artifice, voilà le bouquet (Argot du peuple).

Gayet, gail

Ansiaume, 1821 : Cheval.

Il est gerbé à 5 longes pour avoir grinchi un gayet de 200 balles.

Gerbable

Vidocq, 1837 : s. m. — Homme qui doit être condamné.

Rigaud, 1881 : Menacé d’une condamnation. — Gerbé, condamné.

France, 1907 : Accusé certain d’être condamné.

Gerbe

Clémens, 1840 : Condamné.

Virmaître, 1894 : Prison. Gerbé : condamné. Gerbe à vioc : être condamné aux travaux forcés à perpétuité. Gerbe à la passe : condamné à mort (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Prison.

France, 1907 : Prison. Une gerbe, une année de prison.

Gerbé

Rossignol, 1901 : Condamné.

France, 1907 : Condamné. Gerbé à vioc ou à la vioque, condamné à perpétuité ; gerbé à la passe, condamné à mort ; gerbé à la grotte, condamné au bagne.

Gerbé (être)

M.D., 1844 / M.D., 1844 : Être condamné.

Hayard, 1907 : Condamné.

Gerbé à vioc

Ansiaume, 1821 : Condamné à vie.

Il est gerbé à vioc pour avoir ébobi un roulotier sans parain.

Gerbement

Ansiaume, 1821 : Condamnation.

Il doit son gerbement à son camarade d’affaire, qui a mangé.

Vidocq, 1837 : s. m. — Jugement.

Delvau, 1866 : s. m. Jugement, condamnation, — dans l’argot des voleurs.

Rossignol, 1901 : Condamnation.

France, 1907 : Condamnation, jugement.

La conversation, qu’ils eussent été très embarrassés d’alimenter autrement, roulait sur les camarades qui étaient au pré, sur ceux qui étaient en gerbement.

(Marc Mario et Louis Launay)

Gerbement, gerbe

Rigaud, 1881 : Jugement. — Gerber, juger ; condamner. — Gerber à la passe, gerber à la faux, condamner à mort. La passe, pour le passage de la vie à la mort. — Gerbier, juge, juré. — Gerberie, tribunal. — Planque du gerbe, cour d’assises.

Gerber

Ansiaume, 1821 : Condamner.

Ils vont le gerber à dix longes, il a des parains,

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Emprisonner.

Vidocq, 1837 : v. a. — Juger, condamner.

un détenu, 1846 : Condamner, être gerbé, être condamné.

Halbert, 1849 : Condamner.

Larchey, 1865 : Juger (Vidocq). — Mot à mot : réunir tous les actes de la vie passée, en faire une gerbe, un faisceau pour l’accusation. — Gerbement : Jugement. V. Manger. — Gerberie : Tribunal. — Gerbier : Juge.

Delvau, 1866 : v. a. Condamner. Gerber à vioc. Condamner aux travaux forcés à perpétuité. Gerber à la passe ou à conir. Condamner à mort.

La Rue, 1894 : Juger, condamner.

France, 1907 : Juger, condamner. On réunit en gerbe tous les chefs d’accusation.

— Te voilà pris avec cinq vols qualifiés, trois assassinats, dont le plus récent concerne deux riches bourgeois… tu seras gerbé à la passe.

(Balzac)

Gerber à conir sur la lune à douze quartiers

Vidocq, 1837 : v. a. — Condamner à mourir sur la roue.

Gerber à la grotte

La Rue, 1894 : Condamner au bagne ; à la vioque, à perpétuité.

Gerber à la passe

Bras-de-Fer, 1829 : Guillotiner.

Larchey, 1865 : Condamner à mort. — On dit souvent en parlant de la mort : Il faut la passer.

On va le buter. Il est depuis deux mois gerbé à la passe.

(Balzac)

Gerberie

Vidocq, 1837 : s. m. — Tribunal.

Delvau, 1866 : s. f. Tribunal, Cour d’assises.

France, 1907 : Tribunal.

Gerbier

Vidocq, 1837 : s. m. — Juge.

Clémens, 1840 : Juge.

un détenu, 1846 : Juge. Meg des gerbiers ; le président d’un tribunal.

Delvau, 1866 : s. m. Avocat d’office, — dans l’argot des voleurs, qui, certainement à leur insu, donnent à leur défenseur, médiocre porte-toge, le nom du très célèbre avocat au parlement de Paris. Signifie aussi Juge.

La Rue, 1894 : Juge. Juré. Avocat d’office.

Virmaître, 1894 : Président de la Cour d’assises (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Juge. Celui qui gerbe.

France, 1907 : Juge.

Gibier de potence

Virmaître, 1894 : Filou, voleur, souteneur ; tous ceux qui, en un mot, se mettent en dehors des lois et sont justiciables de la planche à pain ou du carré des petites gerbes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tout individu qui se met hors la loi.

Gnias ou gniasse

Virmaître, 1894 : Soi-même.
— Pas mèche de me gerber, il n’y a que nib sur mon gniasse (Argot des voleurs).

Gobelot

Ansiaume, 1821 : Ciboire.

Il est gerbé à 10 longes pour avoir grinchi un gobelot.

France, 1907 : Ciboire.

Gonzesse

Delvau, 1864 : Fille on femme de mœurs beaucoup trop légères ; fille publique même.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses…

(Lemercier de Neuville)

Ils entretienn’nt des gonzesses
Qui loge’ à la Patt’ de Chat.

(Guichardet)

Delvau, 1866 : s. f. Femme en général, et, en particulier, Maîtresse, concubine.

Rigaud, 1881 : Femme, la première venue. — Amante.

Merlin, 1888 : Maîtresse, catin, — de l’argot parisien.

Hayard, 1907 : Femme.

France, 1907 : Femme, en général, maîtresse, concubine.

Et c’est ceux-là qu’a des boutiques !
Des étalag’ ébouriffants !!
Un fonds !… des clients !!… des pratiques !…
Et des femm’ avec des enfants…
Des môm’s qui leur fait des caresses !…
Moi… j’vis tout seul comme un hibou,
Avec quoi qu’j’aurais des gonzesses ?
Ej’ vends mon crayon pour un sou…

(Aristide Bruant)

C’est nous qu’on voit passer avec des nœuds d’cravate,
Des bleus, des blancs, des roug’ et des couleur cocu ;
Et si nos p’tit’s gonzess’s traîn’ un peu la savate,
Nous avons des pantoufl’s pour leur y fout’ dans l’cul.

(Aristide Bruant)

Franchement, le coup d’œil n’avait rien de superbe,
L’assassin regrettait d’avoir risqué la gerbe,
La mise en scène était déplorable, sans chic,
Et pas une gonzesse, hélas ! dans le public.

(Paul Nagour)

Gros-dabo

Ansiaume, 1821 : Le roi.

Le gros dabo a promis d’adoucir mon gerbement.

Grotte

Virmaître, 1894 : Prison (Argot des voleurs). V. Gerbe.

France, 1907 : Prison.

Herbe et en gerbe (en)

France, 1907 : Espérance et jouissance.
Être cocu en herbe, avoir tout ce qu’il faut pour le devenir.

Au sort d’être cocu son ascendant l’expose,
Et ne l’être qu’en herbe est pour lui douce chose.

(Molière, École des Maris)

Longe

Ansiaume, 1821 : Année.

Il est gerbé de 12 longes pour deux coups de lingré à une gothon.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Année. J’ai fauché le pré cinq longes, j’ai été aux galères pendant cinq ans.

Vidocq, 1837 : s. f. — Année.

Clémens, 1840 : Année.

Larchey, 1865 : Année (Vidocq). — Forme de longue. Une année est souvent longue à passer.

Delvau, 1866 : s. f. Année, — dans l’argot des voleurs, qui tirent volontiers dessus lorsqu’ils sont en prison.

Rigaud, 1881 : Année, an. — Tirer une longe, faire un an de prison.

La Rue, 1894 : Année.

Virmaître, 1894 : V. Berge.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Année.

Hayard, 1907 : Couteau.

France, 1907 : Année ; corruption de longue. Argot des forçats, qui trouvent en effet longues les années passées au bagne.

Lorcefé

Delvau, 1866 : s. f. La prison de la Force, — dans l’argot des voleurs, qui, pour ce mot, se sont contentés de changer la place des lettres et de mettre un é au lieu d’un a. La Lorcefé des largues. Saint-Lazare, qui est la prison, la maison de Force où l’on renferme les femmes.

Rigaud, 1881 : La Force. (Ancienne prison de Paris)

France, 1907 : La vieille prison de la Force. La lorcéfé des largues, la Prison de Saint-Lazare.

Si je te fourrais à la lorcefé des largues, pour un an, le temps de ton gerbement.

(Balzac)

Manger, manger le morceau

Larchey, 1865 : Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

(Vidocq)

Maron, marron

France, 1907 : Pris sur le fait.

— Non, il n’est pas possible, disait l’un, pour prendre ainsi marons les voleurs, il faut qu’il s’entende avec eux.

(Mémoires de Vidocq)

La raille, maron, te servira
Pour un deuxième gerbement.

(Commandements des voleurs)

Président, gérant, commissaire,
Croupier, prêteur et secrétaire,
Ne donnez à manger qu’à ceux
Qui voudraient faire les froisseux,
Sans cris, fadez-vous la cagnotte ;
Sans vous tirer une carotte,
Soyez aminch’s comme cochons,
La disput’ vous rendrait marrons.

(Hogier-Grison)

Noyon (friands de)

France, 1907 : Les habitants de Noyon avaient reçu le sobriquet de friands et aussi de rusés. Quant aux Noyonnaises, elles passaient pour être en plus fort amoureuses, s’il faut s’en rapporter à cet adage du XVIe siècle :

Une gerbe de Cupidon
Pour les dames de Noyon.

Cependant le Père Le Vasseur, qui vivait dans la première moitié du XVIIe siècle, écrit dans les Annales de Noyon qu’on disait de son temps en proverbe : Noyon la Sainte.

Ombre

d’Hautel, 1808 : Mettre quelqu’un à l’ombre. Le mettre en prison, le renfermer ; signifie aussi l’en voyer dans l’autre monde.
Il a peur de son ombre. Se dit d’un poltron, d’un homme qu’un bruit de feuille fait trembler.

France, 1907 : Prison. « Mettre à l’ombre. »

Elle sera condamnée dans le gerbement… et graciée pour révélation après un an d’ombre.

(Balzac)

Pascailler

Delvau, 1866 : v. n. Prendre le tour de quelqu’un, lui enlever un avantage, le supplanter. Argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Passer.
— Le gonce a pascaillé avant toi au carré des petites gerbes, il est enflaqué pour dix berges.
Pascailler
veut dire également prendre le tour ou la place de quelqu’un.
— J’ai pascaillé la Môme Livarot au Rouquin (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Passer, se faufiler dans une foule, prendre la place d’un autre ; argot des voleurs.

Passe

Bras-de-Fer, 1829 : Peine de mort.

Delvau, 1864 : Passade intéressée, côté des dames. Faire une passe. Amener un homme galant dans une maison qui reçoit aussi les filles — galantes.

Larchey, 1865 : Guillotine. V. Gerber. — Allusion à la passe de la fatale lunette. — Passe-crick : Passe-port (Vidocq).Passe-lance : Bateau (id.) V. Lance. — Passe-singe : Roué (id.), homme dépassant un singe en malice.

Delvau, 1866 : s. f. « Échange de deux fantaisies », dont l’une intéressée. Argot des filles. Maison de passe. Prostibulum d’un numéro moins gros que les autres. M. Béraud en parle à propos de la fille à parties : « Si elle se fait suivre, dit-il, par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste ; rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s’arrête à la porte d’une maison ordinairement de belle apparence ; là elle attend son monsieur, elle s’explique ouvertement avec lui, et, s’il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l’on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison ». Faire une passe. Amener un noble inconnu dans cette maison « de belle apparence ».

Delvau, 1866 : s. f. Guillotine, — dans l’argot des voleurs. Être gerbé à la passe. Être condamné à mort.

Delvau, 1866 : s. f. Situation bonne ou mauvaise, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Guillotine, — dans l’ancien argot. — Gerber à la passe, guillotiner ; c’est le passage de la vie à la mort.

Rigaud, 1881 : Secours, assistance, — dans le jargon des voleurs. Donner la passe, faire la passe, secourir.

Rigaud, 1881 : Série de coups heureux, — dans le jargon des joueurs. J’ai eu une passe de dix.

La Rue, 1894 : Secours. Assistance. Guillotine.

France, 1907 : Condamnation à mort ; argot des voleurs ; de passe, situation pénible.

France, 1907 : Court passage.

La vie d’Henri Rochefort est assez connue. Il est homme public, comme on est femme publique, c’est-à-dire que, sans avoir fait jamais partie fixement d’aucun monde gouvernemental — rien que des passes — il est de tous les mondes gouvernementaux. Une de ses stupeurs doit être d’avoir été un instant on vrai membre du gouvernement de la Défense nationale.

(Paul Buguet, Le Parti ouvrier)

France, 1907 : Moment qu’un monsieur passe avec une racoleuse ou dame de maison démesurément numérotée. Le prix de la passe varie suivant les établissements.

Non… vrai… ces chos’s-là, ça m’dépasse !
Faut-i’ qu’eun’ gouzess soy’ paquet
D’prendre un france cinquant’ pour eun’ passe,
Quand a’ peut d’mander larant’quet… !
Ah ! faut vraiment qu’a soy’ pas fière !…
Moi, quand ej’vois des tas d’homm’s saouls
Qui veul’nt pas donner plus d’trent’ sous,
Ej’les envoye à la barrière.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Chez la vicomtesse de Santa-Grua, la conversation, fort animée, roule sur l’hypnotisme.
Un jeune avocat, hypnotiseur fameux à ses moments perdus, dit qu’il lui a suffit de deux passes pour endormir une demoiselle.
— Juste ce qu’il faut pour réveiller la vicomtesse, réplique Taupin, toujours galant.

France, 1907 : Permis de passage gratuit.

Passe (être gerbé à la)

Virmaître, 1894 : Mauvaise affaire pour celui qui est dans ce cas-là. Être gerbé à la passe, c’est être condamné à mort. La passe, c’est la guillotine (Argot des voleurs).

Patience

d’Hautel, 1808 : Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit en plaisantant d’une personne vive, pétulante, sujette à la colère et aux emportemens.
Il faut prendre de la racine de patience. Signifie, il faut se tenir à deux mains, pour ne pas s’impatienter, pour ne pas perdre courage ; se dit aussi quand on est vivement contrarié, ou qu’on est livré à un travail pénible et rebutant.
Un ouvrage de patience. C’est-à-dire, qui demande une grande application, de grands soins, du temps et de la constance.
La patience est la vertu des ânes. Parce que cet animal endure beaucoup de mauvais traitemens sans se plaindre.
Patience ! Espèce d’interjection, qui équivaut à un moment donc, attendez, ne m’interrompez pas.
Patience ! j’aurai mon tour. Menace que l’on fait à quelqu’un dont on a reçu une offense, pour dire qu’on s’en vengera.

Delvau, 1866 : s. f. Jeu de cartes, — ou plutôt série de jeux de cartes, car il y a une trentaine de jeux de patience : la Loi salique, la Blocade, la Nivernaise, la Gerbe, le Crapaud, la Poussette, la belle Lucie, etc., etc.

Pelot

France, 1907 : Paletot. En patois béarnais, pelot, diminutif de pele, est un vêtement léger ou en mauvais état.

— Eh bien ! frangin, il s’agit de travailler dans les pelots… retiens ton battant et suis bien la losèchem… nous ralégons (entrons) dans un laféquem, un beau cafmar, car nous ne la relevons que dans le riche (nous ne cherchons que dans les endroits élégants)… faut conobler la manière de s’en servir… J’ai un lardussépem (pardessus)… j’entre le premier, je l’accroche à une patère où il y a déjà un beau pelot… je m’assieds et je commande une consommation, je prends un faffe (journal) et je lis… Tu entres, tu t’assois loin de moi, tu siffles un bock, tu aboules ta monnaie, puis, pendant que le garçon a le dos tourné, moi je casse un verre : tout le monde se retourne… vite tu décroches le pardessus que tu as remarqué, le plus cossu n’est pas toujours le plus rupin, il faut grincher celui où il y aurait des papiers, un portefeuille, des objets bourrant les poches… tu files à la douce pendant que tout le monde regarde de mon côté, tu portes le pelot sur ton bras… et l’affaire est gerbée…

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Perpète

Vidocq, 1837 : Perpétuité.

Delvau, 1866 : s. f. Apocope de Perpétuité, — dans l’argot des forçats.

France, 1907 : Perpétuité. Être gerbe à perpète, être condamné à perpétuité.

Plan de couillé

Virmaître, 1894 : Faire de la prison pour un autre. Faire de la prison sans avoir joui du produit de son vol. Couillé est le diminutif de couillon. Dialogue au Dépôt :
— Pourquoi que t’es ici ?
— J’ai pas de piaule pour pagnoter.
— Je file la comète ; j’ai été fabriqué par un sale sergot.
— Et ton nière ?
— Mon orgue ? J’étais méquard de la bande à Bibi.
— Alors tu vas aller au carré des petites gerbes.
— Veux-tu me désenflaquer et m’aider à casser la ficelle ?.
— Pour aller à la boîte aux cailloux, où y a pas mèche de faire chibis ; où on ne boulotte que des bourres-coquins et où on ne lampe que du sirop de macchabée ? y a pas de pet.
— Je te donne la paire de sigues, mais tu ne bonniras que peau.
— Tes sigues, c’est du carme à l’estorgue.
— Non, c’est du bath.
— C’est pas assez, car si les palpeurs me foutent deux berges de Centrousse, ça serait du plan de couillé.
Mot à mot : de la prison pour rien (Argot des voleurs).

Platventrisme

France, 1907 : Bassesse, avilissement, soumission outrée comme celle du chien qui rampe à plat ventre devant son maître.

Si vous trouvez dans vos recherches un citoyen plus plat que moi devant une manche galonnée, plus lâche devant l’ombre d’une casquette officielle, je m’engage à faire douze cents francs de rente annuelle au malin qui m’amènera ce phénomène d’avilissement.
Si l’on m’interpelle, je salue ; si l’on m’injurie, je souris agréablement. Il suffit de me menacer d’une poussée vers le poste de police pour que je me confonde en honteuses excuses…
Seulement, j’ai parfois mal aux ongles ; il me semble qu’au bout des doigts, entre cuir et chair, il me pousse par gerbes les brûlantes torches de l’incendiaire, et je ne réponds pas qu’un jour mon platventrisme bien connu ne me conduise à l’anarchie.

(Gonzague-Privat, Germinal)

Raille

Ansiaume, 1821 : Espion de police.

En voyant la raille, je me suis planqué dans un tapis.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Mouchard.

Vidocq, 1837 : s. m. — Agent de police.

Halbert, 1849 : Mouchard.

Delvau, 1864 : Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.

Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier.

(L. Protat)

Larchey, 1865 : Police, agent de police. — Du mot égrailler : racler. Le raille vous engraille, comme la raclette vous racle. — V. Cigogne.

La raille maron te servira pour un deuxième gerbement.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Les agents de police en général, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Mouchard.

Rigaud, 1881 : Police, agent de police. — Espion ; de rascal, rascalion, coquin, en anglais.

La Rue, 1894 : Agent de police.

Virmaître, 1894 : Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.

France, 1907 : Agent de police, mouchard. La raille, la police. Daron de la raille, préfet de police ; mot dérivé de raillon, sorte de javelot dont les anciens archers étaient armés. On lit dans le Grand Testament de François Villon (XVe siècle) :

Ci-gist et dort en ce sollier
Qu’Amour occist de son raillon,
Un pouvre perit escolier
Jadis nommé François Villon.

Vidocq emploie souvent le mot raille :

Ils parlaient aussi des railles. À propos de railles, vous n’êtes pas sans avoir entendu parler d’un fameux coquin qui s’est fait cuisinier.

Repoisser

France, 1907 : Ramasser, reprendre.

Un individu quelconque est arrêté pour un fait sans gravité, — insultes aux agents ou soulographie — on le gerbe et on le sape.
Bien ! Il a perdu son travail : il n’a plus de références à donner ; il est à l’index et à l’œil. Le voilà sans gîte et sans pain : dans la rue !
Illico et dare dare on le repoisse de nouveau, pour vagabondage, et ainsi de suite jusqu’à plus soif.
Il est récidiviste : gare à la sauce !

(Aristide Bruant, Les Bas-fonds de Paris)

Riffauder

Ansiaume, 1821 : Brûler.

Il est gerbé à vioc pour avoir riffaudé les paturons à un messière.

Vidocq, 1837 : v. a. — Brûler, chauffer.

Clémens, 1840 : Incendier.

Larchey, 1865 : Brûler. V. Flacul. — Rifle : Feu flamme. — V. Coquer.

Je remouche au coin du rifle un sinve qui roupillait. J’ai sondé dans ses profondes.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Incendier, brûler.

Virmaître, 1894 : Brûler. Riffaudante : flamme. Une vieille chanson qui date au moins de cinquante ans, bien connue des voleurs, dit :

L’autre jour, fumant ma bayadaise,
Je rifflaudais, la fumant dans un coin.

Rifflauder voudrait donc dire sommeiller (Argot des voleurs).

France, 1907 : Allumer, incendier, chauffer, cuire. Riffauder la criolle, cuire la viande. Se riffauder, se chauffer. Riffauder un cheval, un chien, le fouetter.

Serré

Larchey, 1865 : Avare, peu fortuné.

Il paraît même qu’il est très-serré.

(H. Monnier)

Delvau, 1866 : adj. Pauvre ; sans argent, momentanément ou par habitude, — dans l’argot des bourgeois. Signifie aussi Avare.

Rigaud, 1881 : Avare.

Virmaître, 1894 : V. Gerbé.

France, 1907 : Besogneux ; à court d’argent ; avare.

Surgeber

Larchey, 1865 : Condamner en appel (Vidocq). — De gerber.

Surgerbé

La Rue, 1894 : Condamné en appel.

Surgerbement

France, 1907 : Aggravation d’une condamnation à la cour d’appel.

Surgerber

Delvau, 1866 : v. a. Condamner en appel, — dans le même argot [des voleurs].

Virmaître, 1894 : Être condamné en appel (Argot des voleurs).

France, 1907 : Condamner en appel.

Tap

Ansiaume, 1821 : Carcan.

Tandis que j’étois au tap, j’ai vu ta larque qui lansquinoit.

Virmaître, 1894 : Se disait autrefois des condamnés à être exposés publiquement et marqués au fer rouge. Travaux forcés à temps, T. F. T. Travaux forcés à perpétuité T. F. P. Faire le tapin c’était être exposé (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Pilori ; échafaud où l’on exposait autrefois les forçats sur les places publiques avant de les expédier au bagne.

Je monte à la Cigogne,
On me gerbe à la grotte
Au tap et pour douze ans.

La tape était la marque infligée sur l’épaule avec un fer rouge. On l’appelait aussi taroque. Faire la parade au tap, c’était être exposé au pilori. Cette coutume barbare cessa en 1830.

Taule

Bras-de-Fer, 1829 : Bourreau.

Vidocq, 1837 : s. m. — Bourreau.

Vidocq, 1837 : s. f. — Maison.

Delvau, 1866 : s. m. Le bourreau, — d’après Victor Hugo, à qui j’en laisse la responsabilité.

La Rue, 1894 : Bourreau. Maison.

Hayard, 1907 : Demeure, domicile, chambre.

France, 1907 : Bourreau ; abréviation de tollard, vieux français.

France, 1907 : Maison. Rappliquer à la taule, rentrer chez soi ; argot des voleurs.

Il avait été gerbé à cinq longes de dur, pour un grinchissage au fric frac dans une taule habitée.

(Mémoires de Vidocq)

Chargez des bûches sur mon épaule que j’aille faire dans ma taule du feu !

(Pierre Boissie)

France, 1907 : Table, planche. Mettre la taule, mettre le couvert. Taulete, taulote, petite table. Taulasse, grande table. Tauleyadou, personne qui se plaît à rester longtemps à table. Idiome béarnais. En Bourgogne, on dit également taule pour table.

France, 1907 : Tête ; argot populaire.

— Il doit avoir tué bien du monde. Ô le gueux ! ô le scélérat ! — C’te balle ! Oh ! c’te taule !

(Théophile Gautier)

anon., 1907 : Chambre.

Tirer un gerbement, un sapement

France, 1907 : Purger une condamnation ; argot des voleurs.

Villois

Vidocq, 1837 : s. m. — Village.

Larchey, 1865 : Village (Vidocq). — vieux mot. V. Rebâtir.

Delvau, 1866 : s. m. Village, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : Village ; argot des voleurs.

Si j’venais de faire un gerbement et que j’en aye de la surbine, on m’enverrait dans un trou de vergne ou dans un villois de la jargole.

(Mémoires de Vidocq)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique