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Campagne (être à la)

France, 1907 : Être en prison ; argot des voleurs. Dans l’argot des filles, c’est passer quelques mois dans une maison de prostitution de province. Barbotteur de campagne, voleur de nuit. Garçon de campagne, voleur de grand chemin.

— Pauvre sinve ! par suite de circonstances qu’il est inutile de te dégoiser, ton a patron a non seulement de l’argent, mais des papiers à nous… S’il est poursuivi pour sa banque, la police va venir ici fourrer son museau… elle chauffera les babillards et poissera l’aubert… Nous serons donc refaits… sans compter qu’on pourrait trouver là peut-être de quoi envoyer quelques-uns de vous à la campagne…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Garçon

d’Hautel, 1808 : Se faire beau garçon. Locution équivoque qui signifie se mettre dans un état honteux, s’embarrasser dans de mauvaises affaires.

Vidocq, 1837 : s. m. — Voleur de campagne. Terme des voleurs du midi.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur, — dans l’argot des prisons. Brave garçon. Bon voleur. Garçon de campagne. Voleur de grand chemin.

La Rue, 1894 : Voleur consommé.

Virmaître, 1894 : Les hôtes habituels des prisons appellent garçon un voleur. Le garçon de campagne est un voleur de grand chemin, qui a pour spécialité de dévaliser les garnaffes. V. ce mot (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Dans le monde des voleurs et rôdeurs de barrières, garçon veut dire homme sur qui on peut compter, incapable de faire une dénonciation. Garçon signifie aussi courageux ; celui qui fait le coup de poing à tout propos est un garçon.

Hayard, 1907 : Voleur franc, à qui ses pairs n’ont rien à reprocher ; (être) être refait.

France, 1907 : Voleur, jeune gaillard solide et d’attaque, luron qui a fait ses preuves et sur qui les camarades peuvent compter. C’est l’ancienne signification de ce mot conservée dans le monde des voleurs ; au moyen âge, appeler quelqu’un garçon constituait une grosse injure. Dans ses Curiosités de l’étymologie, Charles Nisard cite ces deux exemples :

Icelui Pierre appellast le suppliant arlot, tacain, bouc, qui vault autant à dire en langaige du pays de par delà, garçon, truand, bastard.

(Lettres de rémission de 1411)

Et lui dit : Baille moi celle espée. — Non ferai, dit l’escuyer ; c’est l’épée du roy ; tu ne vaus pas que tu l’ayes, car tu n’es qu’un garson.

(Froissard)

Garçon avait aussi le sens de lenon, de pédéraste. Ce mot a suivi une évolution exactement contraire à celle de garce.

— Sûrement, j’ai la mort dans le cœur à penser que j’peux pas te contenter, que notre bonheur ne recommencera jamais et que bientôt, quand j’aurai un petit jardin sur le ventre, si tu viens m’appeler, je ne répondrai plus. Tout de même, il faut que tu m’obéisses et que tu vives, pour te souvenir de moi, pour dire aux amis, quand on parlera de moi : Orlando était un garçon !… Il a été trahi par des copailles, mais lui ne les a pas livrés.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Garçon de campagne

Bras-de-Fer, 1829 : Voleur de grand chemin.

Garçon de campagne ou de cambrousse

France, 1907 : Voleur de grand chemin, dévaliseur de maisons isolées.

Garçon, garçon de cambrouse

Rigaud, 1881 : Voleur, — dans le jargon des paysans des environs de Paris. — Garçon de campagne, voleur de grand chemin. — Brave garçon, bon voleur.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique