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Béquiller

Ansiaume, 1821 : Pendre.

J’ai vu béquiller un auverpin qui avoit fait suer un chesne tout seul.

Vidocq, 1837 : v. a. — Pendre.

Clémens, 1840 : Manger.

un détenu, 1846 : Manger sans besoin.

Halbert, 1849 : Manger.

Larchey, 1865 : Manger. Même étymologie que Becqueter.

C’est égal, je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle qu’il ne pourra ni béquiller, ni licher de quinze jours.

(Th. Gautier)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Manger, — dans l’argot des faubouriens.

La Rue, 1894 : Pendre. Manger. Béquillard, bourreau. Béquillarde, potence, guillotine.

Virmaître, 1894 : Manger (Argot des voleurs). V. Becqueter.

Rossignol, 1901 : Voir bèqueter.

France, 1907 : Boiter.

France, 1907 : Pendre.

Crompe, crompe, mercandière,
Car nous serions béquillés ;
Sur la placarde de vergne,
Lonfa malura dondaine !
Il nous faudrait gambiller,
Lonfa malu a dondé !

(Vidocq)

Cromper

Ansiaume, 1821 : Cavaler, s’évader.

Nous allons faire une tortillade, car je crompe demain.

Delvau, 1866 : v. a. Sauver quelqu’un, — dans l’argot des prisons. Cromper sa sorbonne. Sauver sa tête de la guillotine.

Rigaud, 1881 : Sauver. — Cromper sa bille du glaive, sauver sa tête de l’échafaud.

La Rue, 1894 : Sauver quelqu’un.

France, 1907 : Sauver quelqu’un ou se sauver. Cromper la tante, faire évader un de ses camarades. Cromper sa Sorbonne, sauver sa tête.

Crompe, crompe, mercandière,
Car nous serions béquilles.
Sur la placarde de vergne,
Lonfa malura dondaine !
Il nous faudrait gambiller,
Lonfa malura dondé !

En tous cas

Ansiaume, 1821 : Parapluie.

La gouresse peut gambiller, je m’exbalance avec son en tous cas.

Gambille

Rigaud, 1881 : Jambe.

La Rue, 1894 : Jambe. Gambiller, sauter, danser. Gambillade, cancan, danse.

France, 1907 : Jambe ; vieux français encore usité dans les campagnes du nord-est.

Gambiller

d’Hautel, 1808 : Remuer les jambes ; se démener, se trémousser.

Ansiaume, 1821 : Danser.

Les voilà tous à gambiller, il n’y a même pas de lubins à la turne.

Vidocq, 1837 : v. a. — Danser.

M.D., 1844 : Danser.

Larchey, 1865 : Danser. — Mot de langue romane. V. Roquefort. — Tout récemment une danseuse du Casino portait le sobriquet de Gambilmuche. V. Coquer. — Gambille : Jambe. Diminutif du vieux mot gambe.

Delvau, 1866 : v. n. Danser, remuer les jambes. Il est tout simple qu’on dise gambiller, la première forme de jambe ayant été gambe.

Si souslevas ton train
Et ton peliçon ermin,
Ta cemisse de blan lin,
Tant que ta gambete vitz.

dit le roman d’Aucassin et Nicolette.

Rigaud, 1881 : Danser ; sauter. — Gambilleur, gambilleuse, danseur, danseuse. — Gambilleur, gambilleuse de tourtouse, danseur, danseuse de corde.

Virmaître, 1894 : Danser. Mot à mot : faire marcher ses gambettes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Danser.

France, 1907 : Danser, courir ; jouer des jambes ; du vieux français gambille, diminutif de gambe, latin gamba.

Le vertige noir les invite
À gambiller sur le chemin.
Les fous vont vite, vite, vite !…
Sait-on qui sera fou demain ?

(Émile Bergerat)

Houp ! la Mort au nez ridicule
Les fait sauter comme des chats ;
Tout ça gambille, gesticule,
Dans de suprêmes entrechats.

(Jean Richepin)

Aussitôt Phrasie et Dédèle, qui, entre deux contredanses au bastringue, étaient venues se faire régaler de grenadine par leurs amants, deux clampins plus jeunes qu’elles, se mirent à gambiller sous la table.ve :

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Gambilleur de tourtouse

Virmaître, 1894 : Danseur de corde. Gambiller, danser, tortouse, corde. Cette expression servait autrefois à désigner la corde employée par le bourreau pour expédier ses clients dans l’autre monde. L’image est juste, le condamné gambille au bout de la tourtouse (Argot des voleurs).

Placarde

Bras-de-Fer, 1829 : Place d’exécution.

Vidocq, 1837 : s. f. — Place publique.

Clémens, 1840 : Celui qui figure en plein vent.

Larchey, 1865 : Place. — Diminutif. V. Parrain.

Delvau, 1866 : s. f. La place où se font les exécutions, — dans le même argot [des voleurs]. Avant 1830, c’était la place de Grève ; sous Louis-Philippe, ç’a été la barrière Saint-Jacques ; depuis une douzaine d’années, c’est devant la prison de la Roquette. On dit aussi Placarde au quart d’œil.

Rigaud, 1881 : Place publique, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : La place. Non pas seulement comme le dit A. Delvau la place où se font les exécutions, mais bien n’importe laquelle. La placarde du fourmillon : la place du marché (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Place. Lorsqu’un marchand a obtenu une place dans une fête ou marché, il a sa placarde.

Hayard, 1907 : Place.

France, 1907 : Place publique ; argot des voleurs, qui désignent généralement ainsi la place d’exécution. Ils l’appellent aussi place au quart d’œil ou place de vergne.
C’était, avant 1830, la place de Grève ; puis la barrière Saint-Jacques ; actuellement c’est la place la Roquette. Placarde du fourmillon, place du marché.

Crompe, crompe, mercandière,
Car nous serions béquillés ;
Sur la placarde de vergne
Il nous faudrait gambiller.

(Mémoires de Vidocq)

Trêpe

France, 1907 : Assemblage de gens bien mis, cossus.

La mort du père Lunette va donner peut-être pour quelque temps une vie nouvelle au petit bouchon de la rue des Anglais : il est probable qu’on y verra ces jours-ci du trêpe en quantité plus fournie (du trêpe, c’est-a-dire des gens galbeux, avec un tuyau de poêle sur la tête).

(La Nation)

France, 1907 : Foule, du vieux français trêper, marcher, argot des voleurs, ou du vieux provençal trêpe, troupeau.

Sur la placarde de vergne
Il nous faudrait gambiller,
Allumés de toutes ces largues,
Loufa malura dondaine,
Et du trêpe rassemblé,
Lonfa malura dondé.

(Vidocq)

S’ébattre dans le trêpe, aller çà et là dans la foule. Roulotte à trêpe, omnibus.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique