La Rue, 1894 : Mourir.
Avaler le goujon, sa cuiller, sa fourchette, sa langue, sa gaffe
Avaler sa cuiller
Delvau, 1866 : v. a. Mourir, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Avaler sa fourchette, avaler sa gaffe et avaler sa langue.
Virmaître, 1894 : Mourir. Être moins heureux que le commis des Magasins du Printemps ; il est vrai qu’il n’avait avalé qu’une fourchette (Argot du peuple).
Avaler sa cuillère
France, 1907 : sa fourchette, sa gaffe, sa langue, ses baguettes, se disent pour mourir. On dit aussi : Casser sa pipe, son vélocipède, claquer, dévisser son billard, descendre la garde, passer l’arme à gauche, etc.
Avaler sa gaffe
Rigaud, 1881 : Mourir, dans le jargon des marins.
D’un jour à l’autre on peut avaler sa gaffe.
(E. Sue. Atar-Gull, 1832)
Bonneteau
Rigaud, 1881 : Toute espèce de jeux de cartes tenus dans les foires, où le public est naturellement dupe. L’antique jeu de bonneteau consiste à faire deviner une carte parmi trois que manie avec une maladresse affectée le bonneteur. On ne devine jamais, grâce à une substitution.
La Rue, 1894 : Jeu de cartes où le public est toujours dupe.
Virmaître, 1894 : Jeu des trois cartes. Ce jeu ou plutôt ce vol s’exécute à Auteuil, Saint-Ouen et dans les wagons de chemin de fer. M. Marcel Schwob, pour arriver à expliquer l’expression de bonneteur dit qu’il faut passer par des intermédiaires : bonnet. bonneteur, lingerie. Bonnet, dans les ateliers, signifie se réunir plusieurs pour former une coterie, résister au patron ou aux autres camarades. Les bonneteurs sont généralement trois pour opérer : le bonneleur qui tient le jeu, l’engayeur qui ponte pour allécher les naïfs, le nonneur qui est en gaffe pour avertir si la rousse dévale. Ce trio forme donc bien un bonnet, et bonneteur en dérive tout naturellement, et il n’est nullement question de lingerie. Bonnet et bonneteur sont deux expressions en circulation depuis plus de cinquante ans ; Vidocq en parle dans ses Voleurs (Argot du peuple).
France, 1907 : Sorte de jeu de cartes dont se servent certains filous pour attraper les naïfs. En voici une description minutieuse dans un arrêt du tribunal de Compiègne.
Le jeu des trois cartes, dit de bonneteau, qui consiste en un pari sur la place occupée par telle ou telle des cartes que le banquier a montrées à découvert et que les joueurs croient pouvoir suivre et désigner à coup sûr, constitue une escroquerie lorsque, par un tour de main pratiqué avec dextérité, le banquier est parvenu à substituer aux deux autres une carte de couleur différente sur laquelle il avait fixé l’attention des compères, et à déjouer ainsi l’attention de celui qui a parié avec lui.
En opérant ainsi, il modifie à sa volonté les conditions de l’aléa qui forme l’essence du jeu, et s’assure à l’avance un gain illicite.
Jouer sur une borne ou sur une petite tablette, le nom est bonneteau. En wagon, on appelle ce même jeu consolation, car c’est généralement en revenant des courses que les bonneteurs cherchent la victime parmi les perdants.
Buvette
Delvau, 1866 : s. f. Endroit du mur du cimetière par où passent les marbriers pour aller chercher des liquides prohibés à la douane du gaffe en chef.
France, 1907 : « Endroit du mur du cimetière par où passent les marbriers pour aller chercher des liquides prohibés à la douane du gaffe en chef. » (Alfred Delvau)
Chambarder
Delvau, 1866 : v. a. Secouer sans précaution ; renverser ; briser, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.
Fustier, 1889 : Faire du bruit, du chambard.
Vous aurez la complaisance cette année de ne pas tout chambarder dans l’École (Polytechnique), comme vous en avez l’habitude…
(XIXe siècle, 1881)
On dit familièrement en Bretagne chambarder pour : remuer, bousculer quelqu’un ou quelque chose. (V. Delvau : Chambarder.).
Virmaître, 1894 : Tout casser, tout démolir, bouleverser une maison de fond en comble, renouveler son personnel. Mot à mot : faire balai neuf (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Jeter.
Dans un moment de colère, j’ai chambardé par la fenêtre tout ce qu’il y avait dans les meubles.
France, 1907 : Tout casser. Se défaire à vil prix de son mobilier où de ses hardes.
Louise Michel était bouclée dans la prison de Vienne, quand les gaffes viennent lui annoncer, la gueule en cul de poule, que Constans ayant pitié d’elle on allait la foutre en liberté.
Bien plus, nom de dieu ! on disait tout bas que c’était elle qui avait réclamé sa grâce.
Sous un coup pareil, Louise a bondi ! Sortir seule de prison et y laisser moisir une cinquantaine de bons copains ? — Non, non, elle ne sortirait pas !
Foutue en rage, elle s’est mise à tout chambarder !
(Le Père Peinard)
Être en gaffe
France, 1907 : Être en observation ; argot des voleurs.
— Voilà l’affaire, répondit le colosse. Oiseau-Mouche est venu là au coin où j’étais en gaffe et me dit : « On se cogne chez Lunette ; les grands patrons y sont. » Là-dessus j’accours.
(G. Macé, Un Joli Monde)
Faire gaffe
Clémens, 1840 : Faire le guet.
Faire le gaffe
France, 1907 : Guetter.
— Conte-moi donc ça, car pour entrer dans l’affaire, il faut que je la connaisse.
— Que t’es sinve (simple), c’est pas nécessaire pour faire le gaffe.
— Oh ! si ce n’est que ça, je suis ton homme.
(Marc Mario)
Fleur de connerie
Virmaître, 1894 : Suprême imbécile, crème de crétin. Mot à mot : le roi des gaffeurs (Argot du peuple). N.
Fortunio
France, 1907 : Héros de romance. Poète sentimental. La chanson de Fortunio.
La femme à hommes de nos jours n’aime pas Fortunio. Elle le rebute, le raille ou simplement s’en détourne, l’expérience roublarde, le cynisme paillard, un Clavaroche discret, pas gaffeur et savant, c’est là uniquement ce qu’elle goûte. Alors, Fortunio se fâche, se retire meurtri, flétrit la mauvaise femmes et la femme bête que la dame souhaitée a été envers son intelligence précoce et son cœur neuf qui s’offrait.
(Fernand Vandérem, Le Journal)
Fournaise
Fustier, 1889 : « Ils fabriquaient des pièces de deux francs à l’effigie de la République qu’ils vendaient soixante-quinze centimes à des fournaises ; c’est ainsi qu’on désigne ceux qui écoulent de la fausse monnaie. »
(Figaro, mars 1884)
La Rue, 1894 : Celui qui écoule la fausse monnaie.
Virmaître, 1894 : On sait que les mornifleurs-tarte sont réunis en tierce (par trois). Le mornifleur, le faux monnayeur, le gaffe qui détient la réserve des pièces fausses, et l’émetteur qui écoule les pièces chez les commerçants. L’émetteur se nomme la fournaise. L’allusion est juste, car il est dans le feu, courant à chaque minute le risque d’être pincé. Mot à mot : il est dans la gueule du loup (Argot des voleurs). N.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Émetteur de fausse monnaie.
France, 1907 : Nature de la femme. Voir Écuellle.
France, 1907 : Voleur chargé d’écouler la fausse monnaie.
Gafe, gaffe
France, 1907 : Factionnaire, surveillant de prison, gardien, agent de police.
Les gaffes ont la vie dure. Ils tombent sur leurs pattes comme des chats.
(Mémoires de M. Claude)
Ce mot vient du bâton à crochet qui sert à happer ou harponner.
Être en gaffe, rester en gaffe, faire le guet.
Nous étions restés en gaffe afin de donner l’éveil en cas d’alerte.
(Vidocq)
Grivier de gaffe, soldat de garde.
Voir la terre au bout d’une gaffe, rester à bord. Monter une gaffe, tromper.
Gafer, gaffer
France, 1907 : Guetter, surveiller, ou simplement voir. Gaffer la mirette, ouvrir l’œil ; gaffer du riff, surveiller avec attention.
Gaffe
Clémens, 1840 : Celui qui fait le guet.
Delvau, 1866 : s. f. Bouche, langue, — dans l’argot des ouvriers. Se dit aussi pour action, parole maladroite, à contretemps. Coup de gaffe. Criaillerie.
Delvau, 1866 : s. f. Les représentants de l’autorité en général, — dans l’argot des voleurs, qui redoutent probablement leur gaflach (épée, dard). Être en gaffe. Monter une faction ; faire sentinelle ou faire le guet.
Delvau, 1866 : s. m. Gardien de cimetière, — dans l’argot des marbriers.
Delvau, 1866 : s. m. Représentant de l’autorité en particulier. Gaffe à gail. Garde municipal à cheval ; gendarme. Gaffe de sorgue. Gardien de marché ; patrouille grise. On dit aussi Gaffeur.
Rigaud, 1881 : « Cette main est terrible, c’est-à-dire dans l’argot significatif du jeu, une vraie gaffe ! » (A. Cavaillé.) Elle tire tout l’argent des pontes vers le banquier comme ferait une gaffe.
Rigaud, 1881 : Balourdise. Faire gaffe sur gaffe.
Rigaud, 1881 : Patrouille ; gardien, guichetier. — Gaffe des machabées, gardien de cimetière. — Gaffe à gayet, garde municipal à cheval. — Gaffe de sorgue, gardien de nuit dans un marché. — Être en gaffe, être en faction.
La Rue, 1894 : Balourdise. Gardien. Surveillance. Guet. Bouche, langue.
Virmaître, 1894 : Faire le guet pour avertir des complices de l’arrivée de la rousse ou des passants qui pourraient les déranger (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Faire ou dire une maladresse. Prendre la main de son ami, dessous la table, croyant prendre celle de sa femme, c’est faire une gaffe.
Rossignol, 1901 : Gardien de prison.
Hayard, 1907 : Dire ou faire une bêtise.
France, 1907 : Bouche, langue ; corruption du vieux mot gave. Coup de gaffe, criaillierie. Avaler sa gaffe, mourir.
France, 1907 : Grande fille sèche et maigre. Allusion au harpon appelé gaffe.
… Une grande gaffe chaude, à nez de perroquet, qui n’avait pas trouvé à se marier malgré ses folles envies d’homme, et que les lurons s’amusaient à leurrer de promesses, la pinçant au gras des côtes, toute rouge et les paupières battantes.
(Camille Lemonnier, Happe-Chair)
France, 1907 : Maladresse, balourdise, bévue. Faire une gaffe, commettre une maladresse.
Mme Ledouillard. — Mon mari… j’adore mon mari ; c’est extraordinaire, mais c’est comme ça. Et puis, quand par hasard j’ai envie de le tromper, je me dis : Mon Dieu ! si ça allait ne pas être meilleur, ou même moins bien, c’est ça qui serait une gaffe !
(Maurice Donnay, Chère Madame)
La gaffe, ou impair, est certainement une source innocente de rire dont la littérature actuelle a tiré l’effet comique le plus nouveau. Alfred de Musset, que Deschanel n’aime point, doit à l’étude de la gaffe un de ses plus jolis ouvrages, ce délicieux proverbe : On ne saurait songer à tout, que la Comédie-Française ne joue jamais, naturellement.
(Émile Bergerat)
Aux uns et aux autres, la réclame offerte par l’interview ne déplait pourtant pas outre mesure ; mais ils sont gênés par la brusquerie de l’interrogatoire. Les prudents craignent de faire une gaffe et les prophètes se méfient de l’improvisation. Car nous n’avons plus que de faux prophètes, sans délire sacré, des sibylles, pas bien solides sur le trépied.
(François Coppée)
À propos, dis donc à ton frère
De ne pas mettre, en m’écrivant,
Eros, le gosse de Cythère,
Avec un h en commençant.
Alors, pour réparer la gaffe,
Il en met un dans le mot cœur !
Je crois qu’au jeu de l’orthographe
Il ne sort pas souvent vainqueur.
(Jacques Rédelsperger)
Gaffe (en commettre une)
Virmaître, 1894 : Dire ou faire une bêtise, parler trop et à côté (Argot du peuple).
Gaffe à gail
France, 1907 : Gendarme à cheval, garde municipal.
Gaffe de sorgue
Virmaître, 1894 : Gardien de marché ou surveillant de maisons en construction. Autrefois, c’étaient des invalides qui remplissaient ces fonctions (Argot des voleurs).
France, 1907 : Gardien de nuit.
Gaffe des macchabées
France, 1907 : Gardien de cimetière ou de la Morgue.
Gaffer
Delvau, 1866 : v. a. et n. Surveiller.
Fustier, 1889 : Commettre des fautes, des sottises.
La Rue, 1894 : Regarder, surveiller, guetter.
Rossignol, 1901 : Faire le guet.
France, 1907 : Attendre.
Il fallait faire gaffer un roulant pour y planquer les paccins.
(Vidocq)
Gaffer, faire gaffe
Rigaud, 1881 : Surveiller. — Gaffer la mirette, ouvrir l’œil.
Gaffeur
Virmaître, 1894 : Qui commet des gaffes. Il y en a de célèbres, par exemple, dire au maître de la maison dans laquelle on est invité :
— Qui est donc cette vilaine bossue qui fait tant de grimaces.
— Monsieur, c’est ma femme (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Celui qui fait des gaffes.
France, 1907 : Éclaireur, homme aux aguets.
Gaffeur, euse
Fustier, 1889 : Du verbe argotique gaffer, commettre des impairs.
J’en connais (une femme) une qui est fort jolie, et qui possède un salon fort convenablement fréquenté… Un peu gaffeuse, par exemple.
(Charivari, avril 1887)
Gaffeur, gaffeur de braise
Rigaud, 1881 : Caissier, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : celui qui garde l’argent.
Gaffeur, gaffeuse
France, 1907 : Maladroit qui commet des impairs ou dit des grossièretés sans s’en douter.
Paloignon est invité à dîner. À un moment du repas, le maître de la maison regarde à droite et à gauche, paraissant impatienté.
— Vous cherchez quelque chose ? demande Paloignon d’un ton aimable.
— Oui, je cherche les cornichons.
— Ah ! c’est cela… aussi je voyais bien que vous n’étiez pas dans votre assiette.
Nous sommes, en histoire du moins, très épris de vérité aujourd’hui ; et c’est une tendance caractéristique de notre époque que de tâcher de rétablir les choses telles qu’elles furent exactement. Le pauvre Latude lui-même n’a pas échappé à ce souci de débarrasser de la part de roman les physionomies légendaires. Il reste un être fort pitoyable, dont les âmes sensibles peuvent toujours déplorer les malheurs. Mais le terrible Gascon qui était en lui apparait aussi, à la lumière des recherches, et semble un peu, s’il est permis d’employer cette expression très contemporaine, un entêté gaffeur qui fut, on peut l’avancer, son pire ennemi.
(Paul Ginisty, Causerie littéraire)
Gaffier
Clémens, 1840 : Gardien.
Rigaud, 1881 : Voleur qui rôde aux halles centrales pour faire récolte de porte-monnaie dans la poche des ménagères et des bonnes.
Fustier, 1889 : Synonyme de l’argot gaffur.
Lucien D…, soixante ans, député de la Seine-Inférieure, terriblement maladroit ; réputation méritée de gaffier.
(Bataille, nov. 1885)
Gaffeur est beaucoup plus usité.
France, 1907 : Filou.
France, 1907 : Surveillant, gardien de prison.
Grivier
Ansiaume, 1821 : Soldat.
C’est un grivier qui de sa chandelle à bout sur le nez me fit tomber.
anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Soldat.
Vidocq, 1837 : s. m. — Soldat.
un détenu, 1846 : Soldat municipal.
Halbert, 1849 : Soldat.
Delvau, 1866 : s. m. Soldat.
Rigaud, 1881 : Soldat. — Grivier de gaffe, sentinelle, soldat en faction.
Virmaître, 1894 : Soldat de la ligne (Argot du peuple). V. Lignard.
Rossignol, 1901 : Soldat d’infanterie.
France, 1907 : Soldat d’infanterie de ligne ; corruption de grivois, sobriquet donné autrefois aux soldats des régiments étrangers au service de la France.
Pipe (casser sa)
Larchey, 1865 : Mourir. — Ceux qui sont morts ne fument plus.
Papa avait beaucoup de blessures, et un jour il cassa sa pipe, comme on dit au régiment.
(Méry)
Rigaud, 1881 : Mourir. Les morts ne fument plus… que la terre. — Cette expression a, sans doute, été consacrée par le peuple qui a voulu faire une vulgaire allusion à un usage emprunté au cérémonial des funérailles des évêques. D’après le cérémonial, la crosse d’un évêque mort est brisée et figure placée sur un coussin, dans le cortège funèbre.
On place aux pieds du prélat (Mgr Dupanloup), sur un second coussin cramoisi, la crosse brisée en trois tronçons.
(Figaro, du 24 octobre 1878, funérailles de Mgr Dupanloup)
Nous avons prédit cent fois pour une que Dupanloup briserait sa crosse sans être cardinal.
(Tam-Tam, du 20 octobre 1878)
France, 1907 : Mourir. Les synonymes sont aussi nombreux que variés : avaler sa langue, sa gaffe, sa cuiller, ses baguettes ; n’avoir plus mal aux dents ; aller manger les pissenlits par la racine ; avoir son coke ; baiser la camarde ; cracher son âme ; claquer ; cracher ses embouchures ; casser son crachoir ; canner ; camarder ; casser son câble, son fouet ; couper sa mèche ; calancher ; dévisser ou décoller son billard ; déposer ses bouts de manche ; déteindre ; donner son dernier bon à tirer ; descendre la garde ; défiler la parade ; dévider à l’estorgue ; déralinguer ; déchirer son faux col, son habit, son tablier ; dégeler ; éteindre son gaz ; épointer son foret ; être exproprié ; fumer ses terres ; fermer son parapluie ; faire ses petits paquets, sa crevaison ; fuir ; graisser ses bottes ; ingurgiter son bilan ; lâcher la perche, la rampe ; laisser fuir son tonneau ; ; laisser ses bottes quelque part ; mettre la table pour les asticots ; poser sa chique ; péter son lof ; perdre son bâton ; passer l’arme à gauche ; perdre le goût du pain ; piquer sa plaque ; pousser le boum du cygne ; recevoir son décompte ; remercier son boulanger ; rendre sa secousse ; saluer le public ; souffler sa veilleuse ; tourner de l’œil, etc.
Plomb
d’Hautel, 1808 : La calotte de plomb. Pour dire, l’expérience que donnent le temps et un âge mûr.
Il lui faudroit un peu de plomb dans la tête. Se dit d’une tête légère ; d’un étourdi.
Fondre du plomb. Se croiser les bras ; paresser ; passer la journée à ne rien faire.
N’avoir ni poudre ni plomb. Être sans argent, sans moyens ; être dénué de ressources.
Jeter son plomb sur quelque chose. Former un dessein pour y parvenir.
Être en plomb. Pour dire, être mort ; être dans un cercueil de plomb.
Un cul de plomb. On appelle ainsi un homme qui ne prend pas d’exercice ; qui n’a pas d’activité. On le dit aussi d’un homme très-assidu, qui ne bronche pas quand il est à l’ouvrage.
Le plomb. Maladie honteuse et secrète qu’engendrent le vice et la débauche.
Vidocq, 1837 : s. m. — Mal vénérien.
Delvau, 1864 : La vérole — avec laquelle on blesse, et quelquefois on tue la personne à qui on la communique.
Le plus marlou peut attraper le plomb.
(Dumoulin)
Larchey, 1865 : « Gaz caché dans les fentes des pierres, et qui tue comme la foudre le vidangeur qui en est atteint. » — Berthaud. — Plomb : Vérole. — Plomber : Infecter, donner la vérole.
Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — dans l’argot des faubouriens. L’expression est juste, surtout prise ironiquement, le plomb (pour Cuvette en plomb) étant habitué, comme la gorge, à recevoir des liquides de toutes sortes, et la gorge, comme le plomb, s’habituant parfois à renvoyer de mauvaises odeurs. Jeter dans le plomb. Avaler.
Delvau, 1866 : s. m. Hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses d’aisances, — dans l’argot du peuple.
Delvau, 1866 : s. m. Sagette empoisonnée décochée par le « divin archerot. »
Rigaud, 1881 : Chambre de domestique ; chambre sous les plombs du toit.
Rigaud, 1881 : Gaz délétère ; gaz hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses d’aisances.
Rigaud, 1881 : Gosier. — Est-ce que c’est ton plomb ou tes pieds qui schelinguent comme ça ? — C’est les deux.
Rigaud, 1881 : Syphilis. — Être au plomb, avoir gagné la syphilis, — dans le jargon des voyous. — Manger du plomb, être blessé, tué par une arme à feu. (L. Larchey)
La Rue, 1894 : Gosier. Gaz délétère des fosses d’aisances. Syphilis.
Rossignol, 1901 : La gorge.
Hayard, 1907 : Estomac, gosier.
France, 1907 : La bouche, le gosier. « Ferme ton plomb », tais-toi. Avoir une carotte dans le plomb, avoir mauvaise haleine.
— D’où sert-elle donc celle-là… elle ferait bien mieux de clouer son bec.
— Celle-là !… Celle-là vaut bien Madame de la Queue-Rousse. Ferme ton plomb toi-même.
(Hector France, Le Péché de Sœur Cunégonde)
Qui qu’a soif ? Qui qui veut boire à la fraîche ?
Sur mon dos, au soleil, la glace fond.
De crier ça me fait la gorge sèche,
J’ai le plomb tout en plomb. Buvons mon fond !
(Jean Richepin, La Chanson des gueux)
Voici les synonymes argotiques de plomb : avaloir, bavarde, babouine, bécot, boîte, égout, entonnoir, cassolette, gaffe, gargoine, gaviot, goulot, mouloir.
France, 1907 : Maladie vénérienne ; quand on l’attrape, on est plombé.
Porter gaffe
France, 1907 : Être en faction ; argot militaire.
Prêter l’oche
Ansiaume, 1821 : Écouter.
Par exemple il est lomben pour prêter l’oche et faire le gaffe.
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