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Cerner les yeux (se)

Delvau, 1864 : Se masturber, ce qui culotte furieusement les yeux, en effet.

Voilà que j’bande… Ah ! n’craignez rien… j’n’ai jamais eu c’défaut-là… Et puis… ça cerne les yeux.

(Tisserand)

Largue d’altèque

France, 1907 : Belle femme.

Quand j’eu l’œil au trou de la serrure et que je l’aperçus qui laissait tomber ses frusques une à une, je me mis à loucher furieusement, disant à part moi : « Nom de Dieu ! la belle gonzesse, une vraie largue d’altèque. Et dire que c’est à cet arsouille ! Ah ! malheur ! »

(La Bande de Maître Benef)

Porte-pipe

Larchey, 1865 : Bouche.

Si je lui payais la goutte, car il aime furieusement à se rincer le porte-pipe.

(Vidal, 1833)

Delvau, 1866 : s. m. Bouche, — dans le même argot [des faubouriens].

Rigaud, 1881 : La bouche, — dans le jargon du peuple. — Se rincer le porte-pipe, boire.

Anatole, qui s’était rincé le porte-pipe et qui paraissait disposé à rire.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

France, 1907 : Mot poli pour « gueule ».

Ruer dans les brancards

Virmaître, 1894 : Femme amoureuse qui, au moment psychologique, se démène furieusement, comme le cheval emballé. La figure peut se passer de commentaires (Argot du peuple). N.

Tannant

Virmaître, 1894 : Assommant, ennuyeux. À Corbeil, on devait un dimanche jouer les Mousquetaires ; la troupe y donnait des représentations depuis environ un mois. L’actrice chargée des grands premiers rôles, était mauvaise à faire ronfler un bec de gaz. Au moment du lever du rideau, le régisseur dut faire une annonce. L’actrice avait dû partir précipitamment pour enterrer son père. Il annonça son départ ainsi : Madame X…, ne pourra jouer ce soir, elle est à Nantes, pour les obsèques de son père. Un loustic du parterre s’écria :
— Il y a longtemps qu’elle est tannante.
Ouf ! (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Assommant, ennuyant.

France, 1907 : Assommant, ennuyeux.

Cette maman qui était toujours sur le dos de sa fille, à épier ses pas et ses gestes, commençait à devenir furieusement tannante. Pas moyen de bécoter la petite sans qu’elle ne vous tombât sur le poil.

(Les Joyeusetés du régiment)

Tenir (en)

Larchey, 1865 : Aimer d’amour.

Est-ce de l’amour ? Alors, il faut qu’elle en tienne furieusement, puisqu’elle fait de tels sacrifices.

(Ricard)

Delvau, 1866 : Avoir de l’amour pour quelqu’un, — dans l’argot des bourgeois.

Rigaud, 1881 : Être amoureux. — Je crois qu’elle en tient pour lui. — Être trompé par sa femme. Mot à mot : tenir des cornes. — Et vous dites que sa femme l’aurait… Il y a beau jour qu’il en tient.

France, 1907 : Être amoureux.

Sans intention libertine,
Sans calcul coupable et trop clair,
J’en tiens pour Auclert Hubertine…
Ou bien Hubertine Auclert.

(Beausapin)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique