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Frocard

Rigaud, 1881 : Congréganiste.

Quatre gendarmes pour mettre les frocards dehors et fermer la porte, cela suffit.

(Lanterne du 5 mai 1880)

Mesurer de l’avoine (pas fait pour)

France, 1907 : Expression populaire, employée comme critique d’une fille ou d’une femme qui repousse les amoureux. Ce n’est pourtant pas fait pour mesurer de l’avoine, dit-on en parlant du déduit d’amour.

Guérigny est un patelin de la Nièvre où les bigottes qui ne sont pas encore aussi racornies que des peaux de bique sont dans la désolation.
Elles avaient un curé qui, en compagnie de son vicaire et d’un ratichon ami, menait une vie de patachon. C’est foutre pas ces trois frocards qui ont contribué à la dépopulation de la France !
Ces corbeaux-là se payaient des noces à tout casser, — et ils n’oubliaient pas le sexe !
La supérieure du couvent, une vieille guenon, plus laide que les sept péchés capitaux, et chipie en diable, est allée casser du sucre à mossieu l’évêque.
Sur ce, le curé et le vicaire ont été fichus à la porte.
Mais, avant de prendre la poudre d’escampette, le ratichon est monté en chaire et s’est fendu d’un sermon gondolant :
« Mes très chers frères, qu’il a dégoisé, la supérieure, jalouse de ma popularité, m’a débiné parce que je ne fréquente pas les riches et que j’en pince pour les bonheurs terrestres. Dame, je crache pas dessus… on m’a dit que c’était pas fait pour mesurer de l’avoine, et j’ai voulu m’en rendre compte, malgré mes jupons… »

(Le Père Peinard)

Peau de zébi

France, 1907 : Rien. Même sens que peau de balle, peau de tambour. Argot rapporté des troupiers d’Afrique. Zébi est en arabe le membre viril.

À Biribi c’est là qu’on marche,
Faut pas flancher ;
Quand l’chaouch crie : « En avant ! marche ! »
I’faut marcher,
Et quand on veut fair’ des épates,
C’est peau d’zébi :
On vous fout les fers aux quat’ pattes,
À Biribi !

(Aristide Bruant)

Allons, y a trop longtemps qu’on t’gourre !
Vieux populo, soupé cett’ fois.
Dis au politicard qu’il t’courre
Sur l’haricot avec ses lois !
Dis-lui : J’ai maré d’la pestaille,
Frocards, jugeurs et autr’ fourbis
Du mêm’ tonneau, qui font ripaille,
Quand moi que j’trim’ j’ai peau d’zébi !

(Le Père Peinard)

Poser des lapins

France, 1907 : Se procurer sans payer des femmes dont l’amour est tarifé.

Trop fier pour faire un mendiant, trop poltron pour faire une escarpe, trop flemmard pour faire un maçon, un croque-mort ou un employé de ministère, il a imaginé de poser des lapins comme d’autres les élèvent, en s’en faisant deux ou trois mille livres de rentes.

(Georges Courteline)

Un frocard, qui tentait de poser un lapin
À gentille nonnain qu’il croyait fort novice,
Par ces mots foudroyants fut arrêté soudain :
À l’œil, mon père ! ah non ! pas d’argent, pas de cuisses !

(A. B. Commodore, Le Tam-Tam)

Taper

d’Hautel, 1808 : Taper de l’œil. Pour dire, se laisser aller au sommeil ; dormir profondément.
Taper. Pour, répliquer ; riposter avec vivacité.
Voilà un mot bien tapé, une réponse bien tapée. Pour dire, bien appliquée ; une riposte vive et piquante.
Taper. Pour, battre, talocher, cogner ; châtier quelqu’un.

un détenu, 1846 : Fermer, frapper. Taper le chasse : fermer l’œil, c’est-à dire dormir.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Permolere uxorem, quamlibet aliam, — dans l’argot des typographes.

Delvau, 1866 : v. a. Demander de l’argent, — dans l’argot des ouvriers. Taper son patron de vingt francs. Lui demander une avance d’un louis.

Delvau, 1866 : v. a. Frapper, battre.

Delvau, 1866 : v. n. Prendre sans choisir, — dans l’argot des faubouriens. Taper dans le tas. Prendre au hasard dans une collection de choses ou de femmes. Taper sur les vivres. Se jeter avec avidité sur les plats d’une table ; manger gloutonnement. Taper sur le liquide. S’empresser de boire.

Rigaud, 1881 : Emprunter. Pour certaines gens, une demande d’argent à laquelle ils ne peuvent se soustraire équivaut à un coup qui les frappe… d’épouvante ; de là taper.

Il songea un instant à taper Théophile, mais il était déjà son débiteur de dix louis.

(Vast-Ricouard, Le Tripot)

Rigaud, 1881 : Étourdir, porter au cerveau. — Le vin tape sur la coloquinte.

Rigaud, 1881 : Séduire à première vue une femme. — Elle est tapée, elle en tient. C’est une abréviation de taper dans l’œil, mais applicable seulement a une femme.

La Rue, 1894 : Séduire. Étourdir. Emprunter.

Virmaître, 1894 : Taper quelqu’un, lui emprunter de l’argent. On lui refuse en lui disant également :
— Tu peux te taper.
Synonyme de : Tu peux te fouiller (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Emprunter.

Je n’ai pas d’argent, je vais taper mon ami pour qu’il m’en prête.

France, 1907 : Emprunter, généralement pour ne pas rendre ; argot populaire.

Le clergé catholique est passé maître dans l’art et dans la pratique de la mendicité. Il n’y a pas de cabotin, pas de charlatan qui sache aussi habilement que lui, soutirer pour la faire passer dans sa propre escarcelle, la bonne « galette » de ses contemporains.
Depuis vingt ans, les marchands d’oremus de la butte Montmartre ont trouvé le moyen de se faire donner par les « gogos » de l’Église romaine un nombre respectable de millions pour la construction de l’innommable bâtisse qu’ils ont consacrée au culte du sacré viscère de Jésus.
Chaque jour ce sont de nouvelles souscriptions que les frocards séculiers ou réguliers font circuler, dans toute la France, sous les prétextes les moins justifiés. Et il faut croire que le nombre des naïfs, qui se laissent taper par ces quémandeurs, est considérable, puisque leurs appels sont généralement couronnés de succès et que jamais on n’a élevé plus de chapelles et d’églises catholiques que depuis une quinzaine d’années.

(La Lanterne)

France, 1907 : Enivrer. On dit généralement taper sur la boule : « Ce vin gris qui se laisse boire comme du petit-lait, tape joliment sur la boule. »

Toucher du fer

France, 1907 : Expression populaire qu’on emploie à la vue d’un prêtre ou de tout porteur de soutane. On touche du fer pour combattre le mauvais sort.

À ce propos, que je jaspine aux bons bougres la petiote aventure arrivée il y a quelques mois à l’un de ces ratichons fin-de-siècle.
Il montait à Montmartre, faire ses dévotions… ou autre chose ! à Notre-Dame-de-la-Galette. Comme il passait près d’un groupe de bonnes bougresses, l’une dit :
— Touchons du fer !
Le frocard se retourne subito et lui gueule carrément :
— Touche donc de la merde !
Épatée, la bonne bougresse s’esclaffa de rire et lui répliqua :
« Eh bien, mon vieux, tu es moins bête que je ne croyais. Tu es dessalé…. tu iras loin !… »
La copine a prédit juste : le ratichon en question est déjà allé un peu loin, — il est aujourd’hui défroqué !
Que d’autres l’imitent et ce sera tant mieux !

(Le Père Peinard)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique