Delvau, 1864 : Le membre viril, Avec lequel on pique les femmes pour les réveiller quand elles sont endormies.
Et profitant d’un moment de faiblesse,
Il lui glissa sont fringant aiguillon.
(Piron)
Aiguillon
Delvau, 1864 : Le membre viril, Avec lequel on pique les femmes pour les réveiller quand elles sont endormies.
Et profitant d’un moment de faiblesse,
Il lui glissa sont fringant aiguillon.
(Piron)
Aller à la campagne
Larchey, 1865 : Elles ont disparu trois, quatre ou six mois. On les savait malheureuses. Elles reparaissent tout à coup plus fières et plus fringantes que jamais ; elles ont été passer une saison à la campagne (dans une maison de prostitution de province).
(Ces Dames, 1860)
Cadédis
d’Hautel, 1808 : Juron badin en usage parmi les Gascons, et qui équivaut à morbleu ! tubleu ! tudieu !
Un petit cadédis, pour dire un petit cheval vif et fringant.
Chaud comme braise (être)
Delvau, 1864 : Se dit d’un homme qui bande toujours, pour qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.
Dans les gardes-françaises
J’avais un amoureux,
Fringant, chaud comme braise,
Jeune, beau, vigoureux.
(J.-J. Vadé)
Je suis étroit, chaud comme braise,
Mon pucelage vaut le tien.
(Parnasse satyrique)
Expédier
Delvau, 1864 : Faire jouir rapidement, en quelques coups de cul.
Les beaux pères n’expédiaient
Que les fringantes et les belles.
(La Fontaine)
Larchey, 1865 : Tuer. — Mot à mot : expédier en l’autre monde.
Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Tuer. C’est, mot à mot : expédier pour l’autre monde. — En terme de gastronomie, c’est ne rien laisser dans un plat, c’est nettoyer un plat.
Ensuite il n’a aucun scrupule, même après qu’on a servi fromage et fruits, de garder sur la table un morceau de viande jusqu’à ce qu’il l’ait, comme on dit, expédié.
(L. Dépret, La Cuisinière poétique.)
La Rue, 1894 : Tuer.
Hayard, 1907 : Renvoyer (dans l’autre monde), assassiner.
France, 1907 : Envoyer quelqu’un dans un monde qu’un dit meilleur.
Le prêtre s’introduit :
— Vous êtes monsieur un tel ?
— Oui, monsieur.
— Vous avez deux fils ; où sont-ils ?
— L’un est à X…, l’autre a eu des malheurs : il est à la Grande-Roquette.
— C’est de sa part que je viens vous voir… Une circonstance a voulu que je le voie ce matin.
— Ce matin. Est-ce donc vrai ce qu’on me disait à l’instant, qu’on les a expédiés tous les deux ?
— Mon ami, si vous voulez dire par là que votre enfant a payé ce matin sa dette à la justice humaine, c’est vrai.
(Simon Levral)
Ils sont là des milliers dans leurs laboratoires,
Couverts par des brevets de chimistes notoires,
Qui cherchent au grand jour, hommes intelligents,
Le moyen le plus sûr d’expédier les gens.
(Paul Nagour)
Fin de siècle
France, 1907 : Qualificatif imbécile employé à toutes sauces, désignant généralement le nec plus ultra, l’outrance, la décadence artistique, morale. Le fin de siècle, c’est le plus idiot boudiné, la fille la plus excentrique, la femme la plus dénuée de préjugés, l’enfant le plus insolent et le plus mal élevé. J’ai dit ce qualificatif imbécile, puisque les siècles sont une division arbitraire du temps qui n’a ni commencement ni fin.
Notre pauvre humanité a mal à la vie, et malheureusement ce ne sont ni les boulevards, ni les squares, ni l’éclairage à l’électricité, ni les trains-éclairs, ni les maisons chauffées au calorifère, ni le téléphone, et tous les et cætera dont le progrès l’a dotée, qui peuvent la guérir de ce mal-là. Aussi, allons patiner au Bois, pendant que les lacs sont gelés, et occupons-nous d’être bel et dûment fin de siècle.
(Gil Blas)
Il dépassait le but, devenant fringant et coquet, abusant outrageusement des cosmétiques et des coups de fer au chapeau et à la moustache, innovant cravates inouïes, bouleversant l’armoire aux chemises et s’instituant boudiné et fin de siècle.
(Marc Anfosse)
Pour moi, j’ai beau ne m’être jamais aventurée sur l’ombre d’un vélocipède, je n’en suis pas moins une jeune fille fin de siècle, détestablement élevée.
(Fernand Berolaud)
C’était une petite fin de siècle, curieuse et détraquée, désirant connaître, avant vingt ans tous les mystères de la passion ; une de ces femmes que le danger fascine, qui convoitent le fruit défendu, comme la seule joie tentatrice et digne de leurs cerveaux raffinés.
(Sapho, La Lanterne)
Gratin
Fustier, 1889 : Le gratin, c’est dans l’argot boulevardier l’ensemble du monde élégant ou soi-disant tel.
Les échotiers mondains ont trouvé un mot assez pittoresque, mais par trop irrespectueusement culinaire, pour désigner ce que nos pères — non moins pittoresques, mais plus fleuris dans leur langage — appelaient le dessus du panier. Le mot des échotiers sus-mentionnés, c’est le gratin du gratin. Elles (les jolies femmes) essaiment comme des papillons. Plus de thés au coin du feu, plus de raoûts intimes où elles ne reçoivent que le gratin.
(Du Boisgobey, Le Billet rouge.)
De gratin, on a forgé le verbe gratiner, suivre la mode, être à la mode et l’adjectif gratinant, signifiant beau, joli, distingué.
La toquade pour l’instant, c’est la fête de Neuilly, c’est là qu’on gratine. Ce qui veut dire en français moins gommeux : c’est là que le caprice du chic amène tous les soirs hommes et femmes à la mode.
(Monde illustré, juillet 1882)
Grand raoût chez la comtesse S…, un des plus gatinants de la saison. Tout le faubourg y est convié.
(Figaro, mars 1884)
La Rue, 1894 : L’ensemble du monde à la mode.
Virmaître, 1894 : Il y a du gratin, il y a de quoi. Il est gratin : il est à la mode. Pour un homme du monde, on dit : C’est un homme du gratin. On traduit dans le peuple : personna grata par personne gratinée, du gratin. Les moutards préfèrent manger le gratin qui s’attache à la casserole, quand la mère prépare la bouillie du petit frère (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Le dessus du panier, la fine fleur, le choix du monde à la mode.
— Mais oui, une reine de la main gauche, comme la tendre La Vallière, comme la majestueuse Pompadour, comme la capricieuse Dubarry, comme la fringante Lola Montès, une reine exerçant un pouvoir absolu de par ses charmes, sa jeunesse et sa beauté une reine qui verra soupirer à ses pieds le Tout-Paris élégant, artistique et aristocratique, une reine qui fera dessécher et jaunir de jalousie tout le gratin des belles-petites et même le clan raffiné des demi-mondaines. Voulez-vous être cette reine ?
(Yveling Rambaud, Haine à mort)
Malgré le mauvais temps, il y avait foule hier dans l’allée de l’Impératrice, qui est demeurée le rendez-vous de tout le gratin. L’allée des Acacias est laissée aux petites gens et aux rastaquouérines cherchant fortune.
(Gil Blas)
S’emploie aussi comme adjectif :
Le bal donné, avant-hier soir, par Mme la comtesse de Pourtalès a été l’un des plus « gratin » de la saison.
Les artistiques salons de l’hôtel de la rue Tronchet contenaient le dessus du panier du grand monde parisien.
(Gaulois)
La danser
Larchey, 1865 : Être battu.
Ah ! je te tiens et tu vas la danser.
(Id.)
Larchey, 1865 : Être maltraité en paroles.
Quiconque poussait les enchères était empoigné, témoin une jeune fringante qui la dansa, mais tout du long.
(Vadé, 1788)
Pimpant
d’Hautel, 1808 : Faire le pimpant. Terme railleur et plaisant qui signifie faire l’élégant, le faquin, le fringant ; se donner des airs, se carrer ; être recherché dans sa parure.
Poulet d’Inde
Larchey, 1865 : Cheval.
Trois poulets d’Inde et puis monsieur feraient un fringant attelage
(Vadé, 1755)
Delvau, 1866 : s. m. Cheval.
Delvau, 1866 : s. m. Imbécile, maladroit.
Rigaud, 1881 : Cheval, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
Merlin, 1888 : Cheval.
La Rue, 1894 : Cheval. Maladroit.
France, 1907 : Cheval.
Poilloüe de Saint-Mars a l’amour et le respect du cheval, cette moitié (quelquefois la plus intéressante) du cavalier. Il veut le poulet d’Inde bien pansé, bien nourri, bien lavé ; que la litière soit propre et la ration abondante, que les sévices soient rares ; enfin, que le pauvre animal, déchu dans la vie civile, ne garde pas un mauvais souvenir de son temps de service.
(Séverine)
Trois poulets d’Inde et pis Monsieur
Feriont un fringant attelage.
(Vadé)
Argot classique, le livre • Telegram