d’Hautel, 1808 : Le feu du poêle acoquine. C’est-à-dire, attire, rend frileux ceux qui s’en approchent.
S’acoquiner. S’attacher, se complaire, prendre goût à quelque chose.
Acoquiner
Bât
d’Hautel, 1808 : Un cheval de bât. Un innocent, un imbécile, sur lequel on exerce continuellement le persiflage, la raillerie ; synonyme de Bardot.
Il est rembourré comme le bât d’un mulet. Se dit d’un frileux, d’un homme vêtu et fourré d’une manière ridicule.
Qui ne peut frapper l’âne, frappe le bât. Vieux proverbe qui signifie que lorsqu’on ne peut punir un coupable, on se venge sur un innocent.
On ne sait pas où le bât le blesse. Se dit d’une personne qui dissimule, qui cache une peine, un chagrin intérieur.
Bondieutisme
Rigaud, 1881 : Pratique religieuse intermittente à l’usage des gens frileux.
J’en ai connu plusieurs qui, à l’époque des grands froids, se réfugiaient dans les bras de la religion, près du réfectoire, autour du poêle. Ils engraissaient là dans l’extase ! Quand ils avaient deux mentons, et qu’ils voyaient à travers les barreaux de la cellule revenir les hirondelles, ils sortaient et allaient prendre l’absinthe au caboulot.
(J. Vallès, Les Réfractaires)
Bonnet
d’Hautel, 1808 : Ramasse ton bonnet. Se dit en plaisantant à quelqu’un qui se laisse tomber, ou lorsqu’on a adressé quelqu’épithète satirique à une personne qui ne peut y parer sur-le-champ.
Un bonnet de cochon. Facétie grossière ; pour dire un bonnet de coton porté par un rustre, un malpropre.
Triste comme un bonnet de nuit. Se dit d’un homme taciturne et ennuyeux, parce qu’un bonnet de nuit est ordinairement dépourvu d’ornemens.
Ce sont trois têtes dans un bonnet. Se dit de trois personnes qui, par la bonne intelligence qui règne entr’elles, sont toujours du même sentiment ; et quelquefois en mauvaise part, de trois personnel qui forment entr’elles une coalition.
Un janvier à trois bonnets. Homme extrêmement frileux, qui se couvre beaucoup.
Il a mis son bonnet de travers. Pour dire, il ne sait à qui il en veut ; il est de mauvaise humeur ; il querelle tout le monde.
On dit des Picards, qu’ils ont la tête près du bonnet, parce que les gens de ce pays s’emportent aisément, et se mettent facilement en colère.
J’y mettrois mon bonnet. Espèce d’affirmation qui équivaut à, je gagerois, je parierois, etc.
Un bonnet vert. Banqueroutier ; parce qu’autrefois ces sortes de gens portoient un bonnet vert comme marque de réprobation.
Opiner du bonnet. C’est marquer par un signe de tête que l’on adopte un avis, que l’on y donne sa sanction.
Jeter son bonnet par-dessus les moulins. Se moquer du qu’en dira-t-on ; braver l’opinion et les conséquences ; n’être arrêté par aucune considération.
C’est bonnet blanc blanc bonnet. Pour, c’est tout de même, c’est absolument la même chose d’un côté comme de l’autre.
Un gros bonnet. Un matador, un personnage important par sa fortune, son crédit et ses emplois.
Rigaud, 1881 : Coterie autoritaire dans un atelier typographique.
Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste.
(Boutmy)
Boutmy, 1883 : s. m. Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tête sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie d’abord, et, s’il en reste, aux ouvriers plus récemment entrés qui ne lui inspirent pas de crainte. Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste, comme toute coterie. Il tend, Dieu merci ! à disparaître ; mais c’est une peste tenace.
Hayard, 1907 : Bonneteau.
France, 1907 : Secrète entente parmi les imprimeurs.
Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tête sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie.
(E. Boutmy)
Brown-Séquardiser
France, 1907 : Ce néologisme a été introduit tout récemment (1889), à la suite des découvertes ou prétendues découvertes du docteur Brown-Séquard, qui, au moyen d’injections sous-cutanées de liquides organiques spéciaux, affirmait rendre aux vieillards la force et la virilité de la jeunesse.
Disons que si la méthode brown-séquardienne a rencontré dans le monde savant de très passionnés détracteurs, en revanche elle a trouvé dans le public des partisans enthousiastes. Cela se comprend, à notre époque où la note mystique va s’accentuant de plus en plus, car malgré les résultats négatifs obtenus elle n’a pas peu contribué à suggestionner les cerveaux faibles et séniles, follement épris de cette idée, consolante, d’ailleurs, du rajeunissement perpétuel, et qui ont vu là comme un second mystère de l’incarnation.
(Dr G. Légué)
Il aime aussi celles qui vont.
Sous l’or et les feux d’un plafond.
En découvrant leurs seins sans fraude,
Brown-séquardiser tour à tour,
À la double ruche d’amour
Tous les vieux frileux en maraude.
(Auguste Marin, Femmes d’hiver)
Frileux
Larchey, 1865 : Poltron. — On dit aussi d’un brave qu’il n’a pas froid aux yeux.
Il va sans dire qu’il n’a pas froid aux yeux.
(Noriac)
Je suis un ferlampier qui n’est pas frileux.
(E. Sue)
Delvau, 1866 : adj. et s. Poltron, homme qui a froid aux yeux et au cœur, — dans l’argot du peuple. S’emploie surtout avec la négative.
La Rue, 1894 : Poltron.
France, 1907 : Poltron. Il tremble.
Frileux (être)
M.D., 1844 : Poltron sans courage.
Frileux, -euse
Vidocq, 1837 : s. — Poltron, poltronne.
Frileux, frileuse
Rigaud, 1881 : Poltron, poltronne.
Frousse
Larchey, 1865 : Peur, frisson. — Du vieux mot frillouseté : sensibilité au froid. V. Frileux.
Delvau, 1866 : s. m. Peur, frissonnement, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Peur, — dans l’ancien argot.
La Rue, 1894 : Peur.
Virmaître, 1894 : V. Taf.
Hayard, 1907 : Peur.
France, 1907 : Peur, corruption du veux français frillouse, frisson.
Ces braves parlementaires ont, à l’heure qu’il est, une telle frousse des socialistes qu’ils se résigneront peut-être, quand même, à de petites concessions.
Essayons toujours de leur mettre le feu sous le ventre. Répétons-leur sur tous les tons, cornons-leur aux oreilles que c’est un devoir élémentaire pour un gouvernement d’occuper les travailleurs ; que, lorsqu’il y a foule sur les chantiers, le désert se fait dans les syndicats et dans les boites à discours, et qu’un état social, où des gens qui ne demandent qu’à travailler, qui sont vigoureux, intelligents et honnêtes, n’ont pas la certitude de gagner le pain quotidien, est une honte pour la civilisation et ne peut finir que par un chambardement général.
(François Coppée)
C’était la pâtée et la niche,
Soit ! Mais être comme un caniche,
Caressant du soir au matin,
Et caressé ; n’avoir la frousse
Ni des pantes ni de la rousse ;
De caniche passer mâtin.
(Jean Richepin)
En France, aussi, on a vu des zigues pareils, Mandrin, Cartouche, etc. On connait leur histoire. On sait la frousse qu’ils foutaient aux richards, et combien ils étaient dans les papiers du populo.
(Almanach du Père Peinard, 1894)
On dit aussi sainte frousse : être pris d’une sainte frousse.
Ô joie immense ! immense joie !
Voici le premier jour de l’an !
À ce bonheur que Dieu m’envoie
Je réponds… sans le moindre élan.
Mais pourtant la chose m’est douce
De songer que chacun chez lui
Se lève avec la sainte frousse
De cette fête d’aujourd’hui.
(Jacques Rédelsperger)
anon., 1907 : Peur.
Frusqué
France, 1907 : Habillé.
I’s sont frusqués avec des p’lures
Qu’on leur-z-y fait esprès pour eux,
L’hiver i’s s’coll’nt dans des fourrures…
Dame ! ya pas qu’nous qu’est des frileux.
(Aristide Bruant)
Lésée
Fustier, 1889 : Femme.
La frangine ! Je n’y ai seulement pas parlé ! Elle ferait bien mieux de s’occuper de ses lésées (femmes) !
(A. Humbert, Mon bagne)
Hayard, 1907 : Femme.
France, 1907 : Femme ou fille publique. Elle est, en effet, lésée par son souteneur.
Devant l’Élysée-Montmartre, des voitures stationnaient. Des filles descendaient l’escalier, dans la lumière bleuâtre de l’électricité, rigoleuses, les jupes haut troussées pour montrer leurs dessous… Et, en face, dans l’ombre du large trottoir central, sous les arbres frileux, des types louches, un bout de cigarette éteinte au coin des lèvres, le dos bombé dans le mince veston, les mains aux poches, surveillaient leurs lésées, lancées sur le grand chantier du turbin.
(Aristide Bruant, Les Bas-fonds de Paris)
Si nos doches étaient moins vieilles,
On les ferait plaiser,
Mais les pauv’ loufoques balaient
Les gras de nos lésées.
(Jean Richepin)
Pelure
Vidocq, 1837 : s. f. — Redingotte.
un détenu, 1846 : Redingotte.
Larchey, 1865 : Vêtement. — C’est en effet une pelure pour le corps. V. Épates.
Delvau, 1866 : s. f. Habit ou redingote, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Habit, redingote, paletot. — Pelure d’oignon, vêtement très léger, vêtement très usé.
La Rue, 1894 : Habit.
Virmaître, 1894 : Paletot ou veston.
— J’enquille ma pelure à manger le rôti (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Vêtement que l’on a sur soi.
Hayard, 1907 : Paletot.
France, 1907 : Habit, vêtement, paletot. « Enquiller sa pelure. » À noter qu’en vieux français un habit fourré s’appelait pelé.
En un tour de main, vous auront forcé d’essayer un habillement complet, du galurin aux ripatons, en passant par le culbutant, qui est le pantalon, et par la limace qui est la chemise. Puis après que vous leur aurez payé quinze francs une pelure ou paletot qu’elles vous faisaient cent cinquante…
(Paul Mahalin)
I’s sont frusqués avec des p’lures
Qu’on leur-z’y fait esprès pour eux,
L’hiver, ils s’coll’nt dans les fourrures…
Dame ! y a pas qu’nous qu’est des frileux…
(Aristide Bruant)
France, 1907 : Objet de nulle valeur, comme la pelure d’un fruit.
Ce qui est chic, pas ordinaire, épatant, c’est d’avoir ça au veston à vingt ans au plus, quand on a encore l’air d’un gamin et qu’on n’a pas de poil. Alors les passants sont embrochés, les vieux généraux qu’on croise vous reluquent avec des prunelles de conseil de guerre, les femmes vous rient des yeux et de la bouche, tout le monde pense : « Vous avez vu ce gringalet, qui est décoré ? C’est à crever de rire ! Qui c’est-il ? Qu’est- ce qu’il a fait ? Il a pour le moins arrêté un train express ? ou sauvé la Banque de France ? » Enfin, on ne passe pas inaperçu, on goûte la gloire. Comme ça, la Légion d’honneur, oui, ça vaut le coup ! Mais à trente, quarante ans, dans le tas, comme les dix-sept cent mille voyous qu’on rencontre partout, en omnibus, à pied, en chemin de fer ? Ah non ! De la pelure !
(Henri Lavedan)
Pierrot
Larchey, 1865 : Collerette à grands plis comme celle du pierrot des Funambules.
Mme Pochard a vu les doigts mignons d’Anne aplatir sur son corsage les mille plis d’un pierrot taillé dans le dernier goût.
(Ricard, 1820)
Larchey, 1865 : Niais. — Même allusion funambulesque.
Le valet de cantine se fait rincer l’bec par les pierrots.
(Wado, Chansons)
Delvau, 1866 : s. m. Collerette à larges plis, du genre de celle que Debureau a rendue classique.
Delvau, 1866 : s. m. Couche de savon appliquée à l’aide du blaireau sur la figure de quelqu’un, — dans l’argot des coiffeurs, qui emploient ce moyen pour débarbouiller un peu leurs pratiques malpropres, auxquelles ils veulent éviter le masque de crasse que laisserait le passage du rasoir. Le pierrot n’est en usage que dans les faubourgs, où la propreté est une sainte que l’on ne fête pas souvent.
Delvau, 1866 : s. m. Vin blanc, — dans l’argot des faubouriens. Asphyxier le pierrot. Boire un canon de vin blanc.
Rigaud, 1881 : Au bout d’une année de présence sous les drapeaux, de « bleu » qu’il était, le soldat reçoit le sobriquet de pierrot, qu’il conservera jusqu’à la quatrième année, époque à laquelle il obtient le surnom de « la classe ».
Rigaud, 1881 : Le mâle de la pierrette, personnage de carnaval.
Merlin, 1888 : Terme injurieux et méprisant ; épithète donnée au mauvais soldat.
Fustier, 1889 : Argot d’école. Dans les écoles d’arts et métiers on désigne ainsi l’élève de première année.
Les anciens ont tous démissionné. Nous ne sommes plus que des pierrots et des conscrits.
(Univers, 1886)
France, 1907 : Collerette à larges plis.
France, 1907 : Conscrit ; argot militaire.
Quand les loustics d’une chambrée out affaire à un pierrot dont la physionomie offre tous les caractères du parfait du Jean-Jean, ils s’empressent de le rendre victime d’un certain nombre de plaisanteries, pas bien méchantes, pas bien spirituelles, mais qui prennent toujours. Elles consistent à l’envoyer chercher un objet quelconque qui n’existe que dans leur imagination et paré d’un nom plus ou moins abracadabrant. Le pauvre pierrot s’en va en répétant le nom, crainte de l’oublier, et il erre de chambre en chambre, de peloton en peloton, toujours renvoyé plus loin, faisant balle parfois, jusqu’au moment où il revient à son point de départ, bredouille naturellement, et salué à sa rentrée par les rires homériques de ses mystificateurs.
C’est ainsi qu’il part à la recherche :
De la boite à guillemets ;
De la boite à matriculer les pompons ;
Du moulin à rata ;
Du parapluie de l’escadron ;
De la clé du terrain de manœuvre ;
De la selle de la cantinière ;
Du surfaix de voltige du cheval de bois ;
De la croupière de la cantinière, etc.
France, 1907 : Couche de savon que le coiffeur applique sur le visage d’un client malpropre qui a oublié de se le laver en venant se faire faire la barbe, afin de ne pas laisser par le passage du rasoir une marque de crasse. « Le pierrot, dit Alfred Delvau, n’est en usage que dans les faubourgs, où la propreté est une sainte que l’on ne fête pas souvent. »
France, 1907 : Individu quelconque. Terme de mépris.
Les opportunards ont eu le pouvoir et ils n’ont fait rien de rien, — à part s’engraisser.
Après eux, la radicaille s’est assise autour de l’assiette au beurre — et ça a été le même fourbi : l’emplissage des poches par toute la racaille dirigeante.
Et on a eu de grands et fantastiques tripotages : le Tonkin, les Conventions scélérates, le Panama… Et des pierrots qui, la veille, s’en allaient le cul à l’air, se sont retrouvées millionnaires !…
(Le Père Peinard)
France, 1907 : Nom vulgaire du moineau franc. Georges d’Esparbès à fait une comparaison charmante entre le pierrot oiseau et le pierrot conscrit, au moment de l’appel.
Ce sont des voix niaises, des voix lestes qui me répondent, et d’escouade en escouade, ces cris voltigent par-dessus nos sacs, au ras des fusils, comme un essaim d’alouettes. Ha, ces petits noms ! ils arrivent du chaume et de l’impasse, et lorsqu’ils éclatent, lancés dans le silence des rangs, toute la joie libre des plaines et la gaminerie des squares chante en eux ! Ce sont les oiseaux des villes en cage avec ceux des bois. Ils se tiennent serrés, l’aile contre leur Lebel, hardis et frileux, avec du grain et des cartouches dans leur sac, de quoi picorer, de quoi se battre, et pendant que l’oiseleur au képi d’or attend l’appel, pour voir si les pierrots sont là, prêts à voler en campagne, la bande entière secoue ses plumes, raidit ses pattes rouges, et finalement s’immobilise, impatiente, le bec ouvert.
France, 1907 : Petit verre de vin blanc pris le matin à jeun ; argot militaire. Asphyxier un pierrot, boire un verre de vin blanc.
France, 1907 : Sobriquet donné autrefois par les régiments de ligne aux soldats des gardes.
On choisit huit compagnies de grenadiers, tant du régiment du roi que d’autres régiments, qui tous méprisent fort les soldats des gardes qu’ils appellent pierrots.
(Lettre de Racine à Boileau, 1691)
Taf
Ansiaume, 1821 : Crainte.
Je craignais la butte, cette fois j’ai eu le taf.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Peur. Avoir le taf, avoir peur.
Bras-de-Fer, 1829 : Peur.
Delvau, 1866 : s. m. Peur, — dans l’argot des voleurs. Avoir le taf. Avoir peur. Coller le taf. Faire peur. On dit aussi Tafferie. Il n’y a pas à douter que ce mot ne vienne d’une expression proverbiale ainsi rapportée par Oudin : « Les fesses luy font taf taf, ou le cul lui fait tif taf, c’est-à-dire : Il a grand peur, il tremble de peur. » On dit aussi Taffetas. Avoir le taffetas du vert. Être frileux, avoir peur du froid.
Virmaître, 1894 : Individu qui a peur de son ombre. Qui a le trac, qui serre les fesses à la moindre alerte (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Peur.
Je n’ose sortir la nuit, j’ai le taf, je suis tafeur.
Hayard, 1907 : Peur.
France, 1907 : Peur. Abréviation de taffetas, d’après quelques étymologistes, à cause du bruit que fait cette étoffe, sorte de frisson, de froufrou dont serait formé le mot frousse ; mais Francisque Michel croit que taf vient de la locution proverbiale employée en parlant de quelqu’un qui a peur : Les fesses lui font taf taf. Lorédan Larchey, de son côté, fait dériver taf du bas allemand taffeln, s’enfuir. Avoir le taf, avoir peur… Voir Taffetas.
— Que veux-tu, Zénobie ? Chacun a sa misère. Le lièvre a le taf, le chien les puces, le loup la faim… l’homme a la soif… et la femme l’ivrogne !
(Gavarni)
J’ai pensé, pour me tirer d’peines,
À m’fair’ frèr’ des écol’s chrétiennes.
Ah ! ouiche ! Et l’taf des tribunaux ?
Puis, j’suis pas pour les pant’ en robe,
Avoir l’air d’un mâl’, v’là c’que j’gobe,
J’aim’ mieux êt’ dos.
(Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre)
Vétir
d’Hautel, 1808 : Vêtu comme un ognon. Pour dire empaqueté ; couvert d’une manière ridicule ; avoir beaucoup d’habits les uns sur les autres à la manière des frileux.
Vêtu comme un moulin à vent. C’est-à-dire à la légère ; habillé en toile.
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