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Air (se donner ou se pousser de l’)

France, 1907 : Figures pour partir, se sauver.
Jouer la fille de l’air a la même signification : c’est une réminiscence d’une ancienne pièce du boulevard du Temple, La Fille de l’air. A. Barrère, dans son Argot et Slang, a réuni les différentes expressions du même acte. Elles sont aussi nombreuses que pittoresques :

Faire le patatrot, le lézard, le jat-jat, la paire, crie, gilles ; jouer la fille de l’air, se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la courir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, baudrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courantes à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esbalonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, décamper.

Ficher le camp

Larchey, 1865 : Décamper.

Mon enfant, fiche moi le camp.

(Rétif, 1778 Contemporaine, 1783)

Delvau, 1866 : v. a. S’en aller, s’enfuir. Le peuple dit : Foutre le camp.

France, 1907 : S’en aller, fuir.

L’heure de retourner au gîte
Venant pour eux un peu trop vite,
Il fallut payer sur-le-champ,
Et, comme on dit, ficher le camp.

(J.J. Vadé)

Foutre le camp

Delvau, 1866 : Déguerpir, s’enfuir au plus vite. Signifie aussi : Disparaître, — en parlant des choses, « Le torchon blanc a foutu le camp ! » s’écrie le concierge de la comtesse Dorand dans le roman cité plus haut.

France, 1907 : S’en aller, se sauver.

— Vous pensez ! Mais ça lui était bien égal ! Il n’a aucune pudeur… Et il vociférait, hurlait… Vous savez comme il est mal embouché ? — Fous-moi le camp ! Fous-moi le camp ! Ah ! Il faut que tu déblatères sans cesse contre les hommes ! Ah ! nous ne sommes que des lâches, des goujats, de la crapule ! Ah ! nous ne valons pas mieux que les pourceaux nos frères ! Eh bien, j’en ai assez, j’en ai trop, de tes compliments et de tes gentillesses, et, cette fois, nom de Dieu, tu crieras pour quelque chose !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

— Tu pourras aller dire d’ma part à Pie IX que j’me fous d’sa fiole et d’tous les autres Pie d’son espèce.
Là-d’sus mon capucin fout le camp en m’faisant des yeux comme des clous d’souliers.

(Gustave Grison, Les Aventures du colonel Ronchonnot)

Manger de la vache enragée

Delvau, 1866 : v. a. Pâtir beaucoup ; souffrir du froid, de la soif et de la faim ; n’avoir ni sou ni maille, ni feu ni lieu ; vivre enfin dans la misère en attendant la richesse, dans le chagrin en attendant le bonheur. Cette expression est de l’argot du peuple et de celui des bohèmes, qui en sont réduits beaucoup trop souvent, pour se nourrir, à se tailler des beefsteaks invraisemblables dans les flancs imaginaires de cette bête apocalyptique.

Virmaître, 1894 : Malheureux qui ne mange pas tous les jours.
— Ah ! tu ne veux pas travailler, propre à rien, tu vas foutre le camp, tu mangeras de la vache enragée (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Ne pas arriver, tout en travaillant beaucoup à ne pouvoir se donner le strict nécessaire.

France, 1907 : Souffrir de misère et de privations. « C’est très bon pour les jeunes gens de manger un peu de vache enragée. Ça leur apprend à vivre. »

Tout le monde, je parle de ceux qui ont porté le noble harnais militaire, a goûté, plus ou moins, à la vache enragée, mais il n’en est qu’un très petit nombre qui se soient trouvés dans le cas des officiers et sous-officiers du 4e escadron du 3e spahis, de s’en empiffrer avec délectation. Et par le fait, si nous fûmes réduits à dévorer la vache traditionnelle, c’était un peu de notre faute.

(Hector France, Sous le burnous)

Patatrot (faire le)

France, 1907 : Décamper, se sauver ; corruption de pattes au trot. « Faire un patatrot », poursuivre à grande vitesse.
Les synonymes sont nombreux ; en voici les principaux :

Jouer la fille de l’air, faire le lézard, le jat jat, la paire, cric, gilles ; se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la couvrir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, bandrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarer, exhiber son prussien, démurger, désarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courante à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esballonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, camper.


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Dictionnaire d’argot classique