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Arme de l’homme (l’)

Delvau, 1864 : Son outil à génération, avec lequel il blesse souvent les femmes, — heureuses d’être ainsi blessées.

À ces mots me relevant,
Plus dispos qu’auparavant,
Je me saisis de mon arme.

(La France galante)

Elle me rappelait le tambour de ma compagnie à astiquer et fourbir ainsi mon arme.

(Lemercier)

Astiquer

Delvau, 1864 : Faire l’amour, — dans l’argot des filles et des maquereaux, l’astic pour eux étant une épée, et l’épée piquant.

Larchey, 1865 : Nettoyer.

Quand son fusil et sa giberne sont bien astiqués.

(1833, Vidal)

Un troupier dira de bourgeois élégants : Ce sont des civils bien astiqués. La marine donne à ce mot de nombreux synonymes :

Peste ! maître Margat, vous avez l’air d’un Dom Juan… — Un peu, que je dis ! on a paré la coque… On s’a pavoisé dans le grand genre ! On est suifé et astiqué proprement.

(Capendu)

Astiquer : Battre.

Sinon je t’astique, je te tombe sur la bosse.

(Paillet)

Du vieux mot estiquer : frapper d’estoc ou de la pointe. V. Du Cange. — Nous croyons cette étymologie commune à l’autre sens. L’homme qui frappe droit exécute le même mouvement qu’un fourbisseur en exercice.

Fustier, 1889 : Fourbir, nettoyer, se pomponner.

C’est qu’on est un peu beau, mon vieux,
Quand on s’astique.

(Le Caïd, opéra-bouffon, act. I, sc. X)

Baiser

d’Hautel, 1808 : Baiser le cul de la vieille. Signifie en terme de jeu, ne pas prendre un point dans toute la partie ; et en terme de commerce, ne pas étrenner de la journée.
Il devroit baiser les pas par où elle passe. Se dit d’un homme ingrat, qui cherche à dénigrer une personne à laquelle il a de grandes obligations.
Baiser à la pincette. C’est pincer avec les doigts les deux joues de la personne que l’on veut embrasser sur la bouche ; ce que les enfans appellent Baiser à la godinette.

Delvau, 1864 : Verbe excessivement actif, que l’humanité passa son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. — Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

…Et l’homme marié
Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

(Protat)

…Le galant, en effet,
Crut que par là baiserait la commère.

(La Fontaine)

Parbleu, qu’un autre la baise.
J’aime mieux baiser mes sœurs.

(Collé)

Chaud de boisson, certain docteur en droit,
Voulant un jour baiser sa chambrière,
Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

(Piron)

Battre

d’Hautel, 1808 : Quand il n’y a pas de foin au ratelier, les ânes se battent. Voyez Âne.
Ils se battent comme chiens et chats. Pour ils sont toujours à se quereller ; ils vivent dans la plus mauvaise intelligence.
Il vaudroit autant se battre contre un mur. Pour dire que la peine qu’on se donneroit pour faire entendre raison à un obstiné, seroit absolument inutile.
Battre quelqu’un comme plâtre. Le battre fréquemment ; l’abîmer de coups.
Battre le pavé. Mener une vie oisive et vagabonde ; ne faire œuvre de ses dix croigts ; rôder perpétuellement.
Battre le fer. Ferrailler, s’escrimer souvent. On dit d’un homme très-exercé dans une profession, qu’Il y a long-temps qu’il bat le fer.
Battre aux champs. S’esquiver, prendre la fuite, se sauver à toutes jambes.
Il faut battre le fer tandis qu’il est chaud. Signifie qu’il ne faut pas laisser échapper une occasion favorable, lorsqu’elle se présente.
Battre le chien devant le loup. Reprendre d’une faute un subalterne devant un supérieur qui s’en rend fort souvent coupable, à dessein de lui donner indirectement une leçon.
Battre le grand prévôt. Ne savoir que faire ; être d’une apathie, d’une paresse insupportables.
Se battre de l’épée qui est chez le fourbisseur. C. à. d. d’une chose qui est incertaine et éloignée.
Battre la campagne. Avoir le transport ; ne savoir ce que l’on dit ; tenir des propos ridicules.
S’en battre l’œil, les flancs ou les fesses. Se mettre peu en peine du résultat d’une affaire ; n’avoir aucune considération pour quelqu’un ; s’inquiéter nullement de lui être ou non agréable.
Se battre les flancs. Ne savoir que faire, être à charge aux autres et à soi-même.
Battre la semelle. Parcourir les pays étrangers ; voyager, chercher des aventures ; rôder.
Autant vaut bien battu que mal battu. C’est-à-dire qu’il ne faut rien faire à demi, quelle que soit la peine ou le dommage qui doive en résulter.
À battre faut l’amour. Signifie que les mauvais traitemens, les duretés, mettent en fuite l’amour et l’amitié.
Nous avons battu les buissons, et les autres ont pris les oiseaux. Pour dire les autres ont retiré le profit de nos peines et de notre travail. C’est le Sic vos non vobis de Virgile.

Bras-de-Fer, 1829 : Dissimuler.

Rigaud, 1881 : Dissimuler, — dans le jargon des saltimbanques.

France, 1907 : Parler ; argot des voleurs.

— Assez battu, Pâtissier ! dit d’une voix brève Mille-Pattes… il y a assez de Nib-de-Blair dans les environs, il est la Terreur du Pont-de-Flandre, moi l’on me reconnait partout pour la Terreur du Combat, ça suffit avec nous deux… il n’y a pas de place pour toi.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Biribi

La Rue, 1894 : Médaillon. Le bataillon de discipline.

Rossignol, 1901 : Compagnies de discipline. À la suite d’un certain nombre de punitions, le militaire est envoyé après conseil de corps à biribi ; si là il se conduit mal, il est expédié dans une compagnie coloniale que l’on nomme les Cocos. À biribi il n’a rien de la tenue militaire, il porte veste, pantalon et képi en drap noir, il a les cheveux courts et la figure entièrement rasée ; c’est la différence qu’il y a entre le militaire envoyé aux travaux publics à la suite d’un conseil de guerre, car celui-ci porte toute sa barbe et a la tête entièrement rasée, de là le nom de « tête-de-veau ». Le travail du disciplinaire consiste à casser des cailloux et à faire du terrassement, mais tous trouvent la terre trop basse et qu’il serait plus facile de la travailler si elle était sur un billard. Ils feraient certainement autant de travail si on leur faisait botteler du sable ou piler du liège.

Rossignol, 1901 : Jeu qui se joue dans le genre du bonneteau, mais avec trois quilles creuses, trois coquilles de noix, ou encore trois dés à coudre et une petite boule de liège. À ce jeu bien connu des Arabes, il y a toujours escroquerie puisque la boule que l’on croit être sous une des coquilles, qu’il faut découvrir pour gagner, reste le plus souvent entre les doigts du teneur.

Hayard, 1907 : Les compagnies de discipline.

France, 1907 : Compagnie de discipline.

Un auteur, encouragé sans doute par les succès de Descaves, profita de son passage involontaire aux compagnies de discipline pour faire un livre à sensation. Il se plaint avec fracas du régime auquel on l’a soumis, et s’étonne que certains sous-officiers aient pu se départir vis-à-vis de lui de la plus exquise politesse. Biribi, à l’en croire, est un enfer effroyable où, sous le couvert de l’uniforme et avec la permission de l’État, des hommes peuvent impunément supplicier d’autres hommes et exercer leur pouvoir sans contrôle avec des raffinements de cruauté chinoise.

(Marzac, Gil Blas)

Y en a qui font la mauvais’ tête
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À biribi.

(Aristide Bruant)

Chaudron

d’Hautel, 1808 : Récurer le chaudron. Se purger, prendre des médicamens après une maladie.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, — vase que la pine de l’homme se charge de fourbir et de laver.

Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron tel que le sien.

(Le Synode nocturne des tribades)

Delvau, 1866 : s. f. Mauvais piano qui rend des sons discordants, — dans l’argot des bourgeois. Taper sur le chaudron. Jouer du piano, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Vieux et mauvais piano.

France, 1907 : Piano. Taper sur le chaudron, jouer du piano, Se dit aussi pour cuirasse.

Condice

France, 1907 : Cage dans laquelle les condamnés sont enfermés pendant leur traversée pour les colonies pénitentiaires.
Se dit aussi pour maison. Diminutif de condition, maison.

— T’as raison, La Gaule… Je marche bien pour le fourbi… je suis avec toi et les autres pour fabriquer tout ce qu’il a dans la condice : quant à estrangouiller cette gonzesse, je n’en suis pas… j’ai les pieds nickelés !…

(Edmond Lepelletier)

Coup de pouce

Rigaud, 1881 : Effraction, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Faux poids obtenu au moyen d’une légère et vive application du pouce sur celui des plateaux de la balance où repose la marchandise. — Être fort sur le coup de pouce, avoir l’habitude de vendre à faux poids.

Virmaître, 1894 : Systeme employé par certains commerçants pour aider la balance à pencher du côté de la pesée. Les bouchers jouissent d’une grande habileté pour le coup de pouce (Argot du peuple).

France, 1907 : Coup que donnent à la balance les boutiquiers peu scrupuleux, destiné à augmenter le poids.

France, 1907 : Petit fourbi des fourriers consistant à tenir le quart avec lequel ils font la distribution de vin ou d’eau-de-vie de façon à y enfoncer le pouce, ce qui diminue d’autan à leur profit la part de chaque homme.

Cupidonnier

France, 1907 : Chevalier d’industrie qui, après être parvenu à s’introduire dans les bonnes grâces d’une femme, principalement d’une femme galante, se fait remettre ses économies sous prétexte de les faire fructifier, soit dans des opérations de bourse ou de commerce, et disparait avec. Quand c’est une femme mariée, il conseille à sa victime de fuir avec lui, en puisant dans le coffre-fort marital la grosse somme qu’il croque en sa compagnie, puis, le sac vide, disparait pour d’autres conquêtes : c’est le cupidonnier à l’adultère.

Cupidonnier, m’fais pas d’épates,
Aux patins j’t’ai vu des savates…
T’avais un paillasse assez toc,
Qui coulait ses jornes au bloc…
Tu grinchis aux horizontales
Faffiots, râpes d’orient et malles
Pour ce sal’ fourbi de marquant
Faut pas avoir de palpitant…

(Chanson d’un vieux voleur recueillie par Hogier-Grison)

Débattre

d’Hautel, 1808 : Il ne faut pas se débattre de l’épée qui est chez le fourbisseur. C’est-à-dire, se disputer sur une chose que l’on ne possède pas, ou sur un événement qui n’est pas encore arrivé. Voyez Chape.

Débectant

Fustier, 1889 : Ennuyeux, désagréable.

Mentor qui connaissait tout le fourbi, dit alors à Télémaque : C’est débectant, mais au fond, ça ne fait rien…

(A. Leroy : Les mistouf’s de Télémaque)

France, 1907 : Ennuyeux, sale, dégoûtant.

Épée

d’Hautel, 1808 : Pousser une épée de longueur. Donner indirectement des atteintes de quelque chose qu’on ne veut pas dire ouvertement ; sonder la façon de penser de quelqu’un, tâcher de lui arracher finement son secret.
Un nœud d’épée. Le peuple appelle ainsi les paquets de couenne que vendent les charcutiers.
Jouer l’épée à deux talons. Reculer, montrer le dos, s’enfuir.
Mettre quelque chose du côté de l’épée. Signifie détourner secrètement quelque chose, se l’approprier.
Il est brave comme l’épée qu’il porte. Se dit souvent en dérision d’un homme qui ne porte point d’épée, et qui est très-poltron.
Il a couché dans son fourreau comme l’épée du roi. Pour il a couché tout habillé.
Il se fait blanc de son épée. Signifie il compte sur son crédit, sur sa force, pour réussir dans une affaire.
Il s’est passé son épée au travers du corps. Se dit en plaisantant d’un soldat qui a vendu son épée pour boire.
À vaillant homme courte épée. Se dit d’un homme fort brave qui ne fait pas parade de son épée.
Se débattre de l’épée qui est chez le fourbisseur. Voyez Débattre.
On appelle aussi trivialement une épée une rouillarde.

Fourbi

Vidocq, 1837 : s. m. — Toute espèce de jeu qui cache un piège.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Clémens, 1840 : Poste, emploi ; on le dit assez aussi quand on a un mauvais jeu : Quel mauvais fourbi !

Delvau, 1866 : s. m. Piège ; malice, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pourtant pas que le fourby (le Trompé) était un des 214 jeux de Gargantua. Connaître le fourbi. Être malin. Connaître son fourbi. Être aguerri contre les malices des hommes et des choses.

Rigaud, 1881 : Petite filouterie ; peccadille ; maraudage ; pour fourberie. — Connaître le fourbi, connaître une foule de petites ficelles, de trucs à l’usage des militaires peu scrupuleux, — en terme de troupiers.

Merlin, 1888 : Du vieux mot français fourby, espèce de jeu. Fourbi a deux acceptions : tantôt il veut dire : détournement, gain illicite ; tantôt : choses, travaux, matériel, etc.

La Rue, 1894 : Piège, malice. Métier. Jeu. Ficelle. Truc. Petit bénéfice plus ou moins licite.

Virmaître, 1894 : Piège, malice. A. D. C’est une erreur. Cette expression très usitée vient du régiment, où le caporal chargé de l’ordinaire gratte sur la nourriture des hommes. Fourbi signifie bénéfice (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Ce que l’on possède.

J’ai mis tout mon fourbi dans une malle.

Hayard, 1907 : Voir flambeau et flanche.

France, 1907 : Affaire, travail. Connaître le fourbi, être malin, habile.

Oui, ça prouve, nom de Dieu ! que quoi qu’on dise, les idées ont marché. Le populo en a plein le cul, de turbiner pour les richards, il voudrait à son tour flânocher un brin. Seulement il s’y prend mal ; sale fourbi que celui de huit heures.
Comprends-moi bien, petit : je ne suis pas contre. Foutre non ! moins les pauvres bougres bûcheront, plus il leur restera de temps pour ruminer sur leur sort.

(Père Peinard)

Y en a qui font la mauvais’ tête,
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À Biribi.

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Petit larcin, volerie, rapine : mot rapporté par les soldats d’Afrique.

— Dans les hospices ils s’entendent bien pour faire du fourbi aux dépens des malades ! dit Peau-de-Zébi sentencieusement, renversant en arrière sa chéchia comme pour accentuer son opinion.

(Edmond Lepelletier)

Les fourriers qui, en faisant la distribution de vin ou d’eau-de-vie, mettent leur pouce dans le quart distributeur, commettent un petit fourbi.
Mais il en est de gros et ils ont des conséquences graves. Je pourrai citer l’exemple des godillots à semelles de carton qu’on donna à plusieurs régiments pendant la malheureuse guerre de 1870 ; mais ces temps sont encore trop proches ; qu’il me suffise de raconter celui que rapporte le Mémorial de Sainte-Hélène pendant la campagne d’Égypte.

C’était l’apothicaire en chef de l’armée. On lui avait accordé cinq chameaux pour apporter du Caire les médicaments nécessaires pendant l’expédition de Syrie. Cet infâme eut la scélératesse de les charger de vin, de sucre, de café, de comestibles qu’il vendit dans le désert à des prix très élevés. Quand le général Bonaparte sut la fraude, il devint furieux, et le misérable fut condamné à être fusillé. C’était beaucoup trop d’honneur, il devait mourir sous la bastonnade pour assassinats prémédités, car il avait spéculé sur la vie des malades. Des centaines d’entre eux ont péri faute de médicaments. On leur donnait une boisson nauséabonde, faite avec des feuilles, pour leur faire croire qu’ils prenaient quelque remède…

(A. Longuet, Méditations de caserne)

Fourbir une femme

Delvau, 1864 : La baiser, frotter de la queue les parois de son vagin pour les dérouiller, — ce qui la rend non-seulement polie, mais très contente.

Comme s’il fallait que je lui donnasse du salaire pour avoir fourbi cette gaupe.

(Ch. Sorel)

Puis vous fourbit l’agréable femelle
Qui l’occupait.

(Grécourt)

Fourbis

Rigaud, 1881 : Métier. — Jeu.

A c’fourbis-là, mon vieux garçon, — Qu’vous m’direz — on n’fait pas fortune, Faut une marmite, — et n’en faut qu’une ; Y a pas d’fix’ pour un paillasson.

(La Muse à Bibi, Le Paillasson.)

Fourbisseur

d’Hautel, 1808 : Se battre de l’épée qui est chez le fourbisseur. Voy. Épée.
Être tête à tête comme des fourbisseurs. Conférer. Par allusion avec les fourbisseurs qui sont l’un devant l’autre quand ils travaillent.

Gargot

Delvau, 1866 : s. m. Petit restaurant où l’on mange à bon marché et mal. On dit aussi Gargote.

Rigaud, 1881 : Entrepreneur d’abatage pour bouchers et charcutiers. Celui qui débite de la viande aux bouchers et aux charcutiers.

Rigaud, 1881 : Restaurant de bas étage.

France, 1907 : Petit restaurant. Abréviation de gargotte, du latin gargustium, mauvaise hôtellerie. Le Duchat fait venir ce mot de l’allemand Garküche, cuisine toujours prête.

Elle tenait un gargot
À Maisons-Laffitte,
Chez elle le cheminot
Trouvait table et gîte.

(Jules Célès)

On appelle aussi gargot le restaurateur.

Un autre fourbi qui se pratique en grand dans les prisons de la Seine, c’est ce qu’on pourrait appeler « le truc des quartiers d’hiver ».
Quand le frio s’amène, le pauvre bougre qui se trouve sans feu ni lieu se fait poisser pour une couillonnade quelconque. Habituellement, le type s’en va dans une gargotte, s’appuie un bon gueuleton et, quand vient le quart d’heure de Rabelais, il appelle le patron et le prie d’aller quérir les sergots.
Si le purotin est par hasard tombé sur un bon frère qui l’envoie se faire pendre ailleurs, il en est quitte pour recommencer chez le gargot d’à côté. La muflerie commerçante est si répandue qu’il est rare que l’empileur ait besoin de s’y reprendre à trois fois.

(La Sociale)

Girond

Rigaud, 1881 : Bien mis. Être girond, faire son girond, faire le beau, poser. C’est un diminutif de girondin, dans le sens de beau. (Jargon des voyous.)

Rossignol, 1901 : Beau, synonyme de chatte. Une belle fille est gironde. Tout ce qui est beau est girond. Dans les régiments de zouaves, on nomme un girond le jeune soldat, beau garçon, qui campe avec un vieux. En route, le vieux a toutes les prévenances pour lui, il lui lave son linge, lui fait ses guêtres, lui porte ses cartouches et lui astique son fourbi. Un jour, un zouave faisait une réclamation parce que l’on voulait que le campement fût par trois et non par deux. « Laissez-les donc, dit le général qui entendait, la réclamation, camper comme bon leur semblera ; on sait bien ce que c’est que les petits ménages. » Voir Chatte.

France, 1907 : Joli, beau.

Ô quel minois girond !
Ô quel pif admirable !
Excusez, beau tendron,
Un zig impressionnable
Dont le cœur irritable
Est chipé par vos feux.
— Le français, dit la fable,
Est la langue des dieux.

(Alfred L. Marquiset, Rasures et Ramandons)

Lansque

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Lansquenet, — dans l’argot de Breda-Street. Faire un petit lansque. Jouer une partie de lansquenet.

France, 1907 : Apocope de lansquenet ; argot des joueurs.

France, 1907 : Eau.

— Y avait des mecs qui m’ont appelée pour un fourbi, qu’ils disaient que c’était un velours… Y s’agissait de glisser un machabée au fil de la lansque. On devait avoir l’air de faire tranquillement la noce. Je m’ai sauvée…

(Louise Michel, Les Microbes humains)

Mario, mariole, mariolle

France, 1907 : Malin, rusé. Les écrivains qui emploient ce mot ne se sont pas encore entendus sur son orthographe.

Il y a deux camps parmi les petits colons, deux camps ennemis.
Le pante, en argot ordinaire, c’est la dupe, la victime. Le mariolle, c’est le malin, celui qui sait se tirer d’affaire. Donc, à la Colonie, le pante et le mariolle sont tout simplement le bon et le mauvais sujet. Le pante, flétri de ce nom par les autres comme d’un ridicule et d’une infamie, se soumet sans résistance à la dure discipline, tâche de faire de son mieux, est laborieux et obéissant. Il est rare ; et, parfois, il faut le dire, le pante n’est qu’un hypocrite, qui fuit le chien couchant auprès des gardiens, dénonce et trahit ses camarades…
Quant aux mariolles, ce sont les indomptables, les incorrigibles. Pareils aux fruits véreux que l’entassement achève de corrompre, ils sont entrés vicieux dans le bagne ; ils en sortiront scélérats. C’est l’histoire de presque tous ces malheureux enfants, et c’est la condamnation de l’absurde régime de promiscuité qu’on leur impose. Les pénitenciers d’enfants sont des pépinières de voleurs et d’assassins. On les enferme, pendant de longues années, avec l’espoir — oh ! bien faible — de les amender ; puis, un beau jour, on les lâche, exaspérés contre le sort, perfectionnés dans le mal, mûrs pour le crime.

(François Coppée, Le Coupable)

Toujours le même fourbi : se dispenser d’agir et croire à une intervention supérieure et extra-humaine.
Et donc, il n’y eut rien de changé : les prêtres de l’État remplacèrent les représentants de Dieu. À leur tour, ces birbes-là bénéficièrent de la nigauderie populaire, vivant bien et tirant riche profit des préjugés et de l’ignorance.
Or, de même que, dans le cours de la kyrielle de siècles que l’humanité a égrenés, les hommes avaient changé de Dieu, — croyant tomber sur le vrai, — le seul, l’unique — assez mariol pour faire leur bonheur ;
De même, quand ils eurent changé d’idolâtrie, remplace la croyance en Dieu par la superstition de l’État, ils changèrent de « forme » gouvernementale, comme ils avaient souvent changé de « forme » divine.

(Le Père Peinard)

I’s aurons beau fair’ leur mariole
Sous prétesque qu’i’s ont l’pognon,
J’en ai soupé, moi, d’leur sal’ fiole.
En attendant d’leur fout’ des gnons
Sur la gueul’, j’vais crier c’que j’pense !
Tant que l’populo sommeill’ra,
J’emmerd’rai les ceuss’ qu’a d’la panse ;
Et l’jour d’la révoltes on verra.

(Aristide Bruant)

Peau de zébi

France, 1907 : Rien. Même sens que peau de balle, peau de tambour. Argot rapporté des troupiers d’Afrique. Zébi est en arabe le membre viril.

À Biribi c’est là qu’on marche,
Faut pas flancher ;
Quand l’chaouch crie : « En avant ! marche ! »
I’faut marcher,
Et quand on veut fair’ des épates,
C’est peau d’zébi :
On vous fout les fers aux quat’ pattes,
À Biribi !

(Aristide Bruant)

Allons, y a trop longtemps qu’on t’gourre !
Vieux populo, soupé cett’ fois.
Dis au politicard qu’il t’courre
Sur l’haricot avec ses lois !
Dis-lui : J’ai maré d’la pestaille,
Frocards, jugeurs et autr’ fourbis
Du mêm’ tonneau, qui font ripaille,
Quand moi que j’trim’ j’ai peau d’zébi !

(Le Père Peinard)

Pierrot

Larchey, 1865 : Collerette à grands plis comme celle du pierrot des Funambules.

Mme Pochard a vu les doigts mignons d’Anne aplatir sur son corsage les mille plis d’un pierrot taillé dans le dernier goût.

(Ricard, 1820)

Larchey, 1865 : Niais. — Même allusion funambulesque.

Le valet de cantine se fait rincer l’bec par les pierrots.

(Wado, Chansons)

Delvau, 1866 : s. m. Collerette à larges plis, du genre de celle que Debureau a rendue classique.

Delvau, 1866 : s. m. Couche de savon appliquée à l’aide du blaireau sur la figure de quelqu’un, — dans l’argot des coiffeurs, qui emploient ce moyen pour débarbouiller un peu leurs pratiques malpropres, auxquelles ils veulent éviter le masque de crasse que laisserait le passage du rasoir. Le pierrot n’est en usage que dans les faubourgs, où la propreté est une sainte que l’on ne fête pas souvent.

Delvau, 1866 : s. m. Vin blanc, — dans l’argot des faubouriens. Asphyxier le pierrot. Boire un canon de vin blanc.

Rigaud, 1881 : Au bout d’une année de présence sous les drapeaux, de « bleu » qu’il était, le soldat reçoit le sobriquet de pierrot, qu’il conservera jusqu’à la quatrième année, époque à laquelle il obtient le surnom de « la classe ».

Rigaud, 1881 : Le mâle de la pierrette, personnage de carnaval.

Merlin, 1888 : Terme injurieux et méprisant ; épithète donnée au mauvais soldat.

Fustier, 1889 : Argot d’école. Dans les écoles d’arts et métiers on désigne ainsi l’élève de première année.

Les anciens ont tous démissionné. Nous ne sommes plus que des pierrots et des conscrits.

(Univers, 1886)

France, 1907 : Collerette à larges plis.

France, 1907 : Conscrit ; argot militaire.
Quand les loustics d’une chambrée out affaire à un pierrot dont la physionomie offre tous les caractères du parfait du Jean-Jean, ils s’empressent de le rendre victime d’un certain nombre de plaisanteries, pas bien méchantes, pas bien spirituelles, mais qui prennent toujours. Elles consistent à l’envoyer chercher un objet quelconque qui n’existe que dans leur imagination et paré d’un nom plus ou moins abracadabrant. Le pauvre pierrot s’en va en répétant le nom, crainte de l’oublier, et il erre de chambre en chambre, de peloton en peloton, toujours renvoyé plus loin, faisant balle parfois, jusqu’au moment où il revient à son point de départ, bredouille naturellement, et salué à sa rentrée par les rires homériques de ses mystificateurs.

C’est ainsi qu’il part à la recherche :
De la boite à guillemets ;
De la boite à matriculer les pompons ;
Du moulin à rata ;
Du parapluie de l’escadron ;
De la clé du terrain de manœuvre ;
De la selle de la cantinière ;
Du surfaix de voltige du cheval de bois ;
De la croupière de la cantinière, etc.

France, 1907 : Couche de savon que le coiffeur applique sur le visage d’un client malpropre qui a oublié de se le laver en venant se faire faire la barbe, afin de ne pas laisser par le passage du rasoir une marque de crasse. « Le pierrot, dit Alfred Delvau, n’est en usage que dans les faubourgs, où la propreté est une sainte que l’on ne fête pas souvent. »

France, 1907 : Individu quelconque. Terme de mépris.

Les opportunards ont eu le pouvoir et ils n’ont fait rien de rien, — à part s’engraisser.
Après eux, la radicaille s’est assise autour de l’assiette au beurre — et ça a été le même fourbi : l’emplissage des poches par toute la racaille dirigeante.
Et on a eu de grands et fantastiques tripotages : le Tonkin, les Conventions scélérates, le Panama… Et des pierrots qui, la veille, s’en allaient le cul à l’air, se sont retrouvées millionnaires !…

(Le Père Peinard)

France, 1907 : Nom vulgaire du moineau franc. Georges d’Esparbès à fait une comparaison charmante entre le pierrot oiseau et le pierrot conscrit, au moment de l’appel.

Ce sont des voix niaises, des voix lestes qui me répondent, et d’escouade en escouade, ces cris voltigent par-dessus nos sacs, au ras des fusils, comme un essaim d’alouettes. Ha, ces petits noms ! ils arrivent du chaume et de l’impasse, et lorsqu’ils éclatent, lancés dans le silence des rangs, toute la joie libre des plaines et la gaminerie des squares chante en eux ! Ce sont les oiseaux des villes en cage avec ceux des bois. Ils se tiennent serrés, l’aile contre leur Lebel, hardis et frileux, avec du grain et des cartouches dans leur sac, de quoi picorer, de quoi se battre, et pendant que l’oiseleur au képi d’or attend l’appel, pour voir si les pierrots sont là, prêts à voler en campagne, la bande entière secoue ses plumes, raidit ses pattes rouges, et finalement s’immobilise, impatiente, le bec ouvert.

France, 1907 : Petit verre de vin blanc pris le matin à jeun ; argot militaire. Asphyxier un pierrot, boire un verre de vin blanc.

France, 1907 : Sobriquet donné autrefois par les régiments de ligne aux soldats des gardes.

On choisit huit compagnies de grenadiers, tant du régiment du roi que d’autres régiments, qui tous méprisent fort les soldats des gardes qu’ils appellent pierrots.

(Lettre de Racine à Boileau, 1691)

Politicaillerie

France, 1907 : La politique.

N’est-il pas temps que le populo foute au rancart les politicailleries et s’occupe de la vraie question : du boulottage et de tout le fourbi qui s’en suit ?

(Le Père Peinard)

Poncer le créateur (se)

Rigaud, 1881 : Se livrer sur soi-même à une de ces manifestations familières à Diogène. L’expression a été fourbie par feu Grassot du Palais-Royal.

Rabiau

Delvau, 1866 : s. m. Malade qui, dans certains hôpitaux, rend certains services à ses camarades de salle, comme de faire leurs lits, de brosser leurs effets, etc. On lui donne quelquefois de l’argent et, le plus souvent, des restes de soupe.

Delvau, 1866 : s. m. Résidu ; reste de portion, — dans l’argot des faubouriens, qui ont emprunté ce mot à l’argot des marins. On dit aussi Rabiautage.

Delvau, 1866 : s. m. Temps qui reste à faire, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Surcroît de punition.

Rigaud, 1881 : Convalescent qui se plaît à donner ses soins à des camarades d’hôpital, comme M. Jourdain donnait des étoiles à ses amis.

Merlin, 1888 : Voyez fourbi (1re acception). — Rabiau signifie également le temps que peut être encore retenu sous les drapeaux le militaire dont l’heure de la libération est venue.

Fustier, 1889 : Bénéfice.

Les pourboires cachés ;… les rabiaus sur le fourrage…

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Convalescent qui rend des services à ses camarades d’hôpital. Résidu, reste de portion. Prolongation du service militaire. Supplément, excédent. Les petits bénéfices.

France, 1907 : Voir Rabiot.

Rabioter

France, 1907 : Faire des profits illicites.

C’est surtout en amour, faut l’dire,
Qu’il rabotte et fait du fourbi…
Il vous a — la belle en délire –
Un coup de pouce réussi.

(Griolet)

Razer

France, 1907 : Vieux mot des guerres d’Afrique ; de l’arabe razzia, enlever, prendre de force.

Il ne faut jamais avoir eu cent francs de dettes au café de la garnison ou chez la mère Lustucru, la cantinière, pour ne pas comprendre combien ce mot razer sonne agréablement à l’oreille. Une razzia ! c’est-à-dire des troupeaux, des armes, des burnous, des kaïks, des tapis, des tentes, vendus à la criée ; sans compter les petits fourbis, les bracelets d’argent, les anneaux de jambes les et ceux d’oreilles, que l’on ramasse par-ci par-là dans le tas des dames, et que l’on met dans sa poche sans rien dire. Autant de pris sur l’ennemi ; et vous savez le proverbe :
« Tout ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat. »

(Hector France, L’homme qui tue)

Rogneurs (les)

Merlin, 1888 : Les fourriers que l’on accuse, à tort ou à raison, de faire du fourbi, du rabiau. De là, les sobriquets de rogneurs de centimes, rogneurs de rations.

Tirer au cul

La Rue, 1894 : User de prétextes pour ne pas travailler.

France, 1907 : S’esquiver d’un travail, d’une corvée, d’un exercice ; argot militaire.

— Ah ! tu tires au cul, mon salaud, tu ne veux pas en foutre un coup : tu veux nous laisser crever tous à c’te nuit pendant que tu resteras au chaud ; hé bien ! attends voir un peu, tu verras ce que ça te coûte.

(Georges Courteline, Les Gaités de l’escadron)

Y en a qui font la mauvais’ tête
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ d’exercice
Et tout l’fourbi.
On les envoi’ fair’ leur service
À Biribi.

(Aristide Bruant)

Voir Tirer au flanc, tirer aux grenadiers.

Truc

Vidocq, 1837 : s. f. — Une des diverses manières de voler, profession d’un voleur.

un détenu, 1846 : Tout faire. Homme à truc : métier.

Halbert, 1849 : Industrie quelconque.

Larchey, 1865 : Manière de voler (Vidocq). — Du vieux mot truche (V. Roquefort). — La truche était l’art d’exploiter la pitié des gens charitables.

Grand Coësre, dabusche des argotiers et des trucheurs le grand maître, vivent les enfants de la truche ! vivent les enfants de l’argot !

(Vidocq)

Cette juxtaposition de truche et de argot confirme notre pensée sur l’origine de ce dernier mot… Argot n’est qu’une forme d’argue : ruse, subtilité. — Au moyen âge, les mots truffe, trulle et trut avaient le même sens de finesse et d’imposture. Ce dernier, qui ne diffère pas beaucoup de truc, se trouve, dès le quatorzième siècle, dans une chronique rimée du duc de Bretagne, Jean IV (Lobineau, t. II, col.730) :

François prenoient trop divers noms Pour faire paour aux Bretons, Mais ils avoient plus de viel Trut Que vueille truie qui est en rut.

V. Roustir, Lem. Notre société a adapté le mot truc, au théâtre c’est la machine destinée à produire un changement à vue, les féeries sont des pièces à trucs, pour un auteur dramatique, le truc est la science des détails. On dit d’un écrivain qui file la scène avec difficulté, qu’il manque de truc.

Delvau, 1866 : s. m. Ficelle, secret du métier, — dans l’argot des saltimbanques. Débiner le truc. Révéler le secret d’un tour.

Delvau, 1866 : s. m. Machine destinée à produire un changement à vue, — dans l’argot des coulisses. Signifie aussi Entente des détails et de la mise en scène.

Delvau, 1866 : s. m. Tromperie ; malice, — dans l’argot du peuple. Avoir du truc. Avoir un caractère ingénieux. Connaître le truc. Connaître le secret d’une chose.
Le truc était, au commencement du XVIIIe siècle, un billard particulier, plus long que les autres, et pour y jouer proprement il fallait en connaître le secret.

Rigaud, 1881 : Commerce infime en plein air, petit trafic de toute sorte d’objets sans valeur.

Le gamin de Paris fait tous les petits commerces qu’on désigne sous l’appellation de trucs. C’est sa qualité native.

(Ménetier, Les Binettes des cafés-concerts)

Rigaud, 1881 : Machine servant à produire un changement à vue au théâtre. — Le changement à vue lui-même. Les féeries sont des pièces à truc.

Rigaud, 1881 : Métier, — dans l’argot des voleurs. — À la Cour des Miracles le truc était un genre de vol qui consistait à dépouiller celui dont on implorait la charité.

Rigaud, 1881 : Ruse, mensonge ingénieux.

Est-ce que je ne connais pas toutes les couleurs ? J’ai le truc de chaque commerce.

(Balzac, L’Illustre Gaudissart)

Son chef-d’œuvre est l’invention du truc à l’amour.

(Mémoires de Thérésa)

Ce farceur de Mes-Bottes avait eu le truc d’épouser une dame très décatie.

(É. Zola)

Boutmy, 1883 : s. m. Façon d’agir, bonne ou mauvaise ; plus souvent synonyme de ruse, de tromperie : Tu sais, mon vieux, je n’aime pas ces trucs-là. Usité aussi dans d’autres argots. Piger le truc, découvrir la ficelle, la ruse. Rebiffer au truc, recommencer une chose déjà faite, à manger et à boire, par exemple.

La Rue, 1894 : Métier. Ruse, tromperie. Secret d’un métier, d’un tour. Petit commerce. Racolage.

Virmaître, 1894 : Connaître le truc, être malin. Avoir du truc, avoir les moyens de réussir. Truc : machine de théâtre employée dans les féeries pour un changement de décors à vue. Truc : moyen secret que possède un individu de faire quelque chose (Argot des camelots et des saltimbanques).

Hayard, 1907 : Signifie n’importe quoi, comme fourbi.

France, 1907 : Tromperie, ficelle, ruse, secret de métier. On appelait autrefois truc une sorte de billard qu’il fallait étudier et dont il était nécessaire de connaitre le secret pour pouvoir y jouer avec avantage.

— Si jamais Monsieur avait besoin de moi… et de mon associé, nous serions bons, là, pour n’importe quelle besogne… — et nous avons pas mal de trucs dans notre sac… et des fameux… — Il ne s’agit que d’y mettre le prix. — Monsieur nous trouverait à ses ordres.

(Xavier de Montépin, Le Mariage de Léone)

Lorsqu’un de ses protecteurs lui fait une scène et parle de la lâcher, la petite Simonne de L…, qui n’est pas une sotte, a trouvé un bon truc.
Elle se couche, absolument nue, devant la porte de son boudoir, en s’écriant d’une voix dramatique :
— Avant de sortir d’ici, Monsieur, vous me passerez sur le corps.
Ça lui a toujours réussi.

(Le Diable amoureux)

Turbine

France, 1907 : Machine, instrument de travail.

Aussi, vrai, j’me fous d’la turbine
À Deibler et d’tout son fourbi,
Sûr qu’il aura pas la bobine,
La tronche, la sorbonne à Bibi…

(Aristide Bruant)

Voleurs d’étiquettes

Merlin, 1888 : Chaque soldat doit être pourvu de deux étiquettes portant son nom et son numéro matricule et destinées à faire reconnaître ses vêtements et son fusil. Les fourriers sont chargés de les en munir ; mais les soldats les accusent souvent de faire du fourbi et de soustraire ces étiquettes, pour avoir, — contre rémunération, bien entendu, — à les remplacer et souvent… par les mêmes.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique