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Banque

Delvau, 1866 : s. f. Escroquerie, ou seulement mensonge afin de tromper, — dans l’argot du peuple, qui connaît son Robert Macaire par cœur. Faire une banque. Imaginer un expédient — d’une honnêteté douteuse — pour gagner de l’argent.

Delvau, 1866 : s. f. Paye, — dans l’argot des typographes.

Delvau, 1866 : s. f. Tout le monde des saltimbanques, des banquistes. Truc de banque ! Mot de passe et de ralliement qui sert d’entrée gratuite aux artistes forains dans les baraques de leurs confrères. On les dispense de donner à la quête faite par les banquistes d’une autre spécialité que la leur.

Rigaud, 1881 : Association entre escrocs. Art de flouer son prochain. Faire une banque, combiner une escroquerie.

Rigaud, 1881 : Métier du saltimbanque.

Rigaud, 1881 : Paye des ouvriers typographes.

Rigaud, 1881 : Ruse, frime.

C’est une banque.

(Scribe, L’honneur de ma fille, 1836)

Rigaud, 1881 : Troupe de théâtre, — dans l’ancien, argot des comédiens.

Le gonze qui est à votre ordre est-il de la banque ? Celui qui est à côté de vous est-il un comédien ?

(Mémoires de Dumesnil)

Boutmy, 1883 : s. f. Paye des ouvriers. Le prote fait la banque aux metteurs en pages, qui à leur tour la font aux paquetiers. Ce mot entre dans plusieurs locutions. Par exemple on dit : La banque a fouaillé, pour indiquer que le patron n’a pas payé au jour dit. Être bloqué à la banque, c’est ne rien recevoir. Faire banque blèche s’emploie dans le même sens.

La Rue, 1894 : Troupe de théâtre. Métier de saltimbanque. Ruse, frime. Paye des ouvriers typographes. Association entre voleurs : Faire une banque, être de la banque.

Virmaître, 1894 : Les voleurs qui se partagent le produit d’un vol emploient cette expression (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Les forains propriétaires des grandes baraques, Pezon, Bidel, Marquetti, Corvi, sont ce que l’on nomme dans les fêtes la Banque, parce qu’ils sont riches.

France, 1907 : Escroquerie, duperie ; paiement, dans l’argot des ouvriers imprimeurs ; réunion de saltimbanques. Être de la banque, faire partie d’une bande d’escrocs ; faire la banque, allécher le client ; faire une banque, imaginer, préparer une escroquerie. Tailler une banque, tenir les cartes au baccara.

Brêmes

Ansiaume, 1821 : cartes à jouer.

Veux-lu me prêter tes brêmes pour flouer ?

anon., 1827 : Cartes.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Cartes. Maquiller les brêmes, jouer aux cartes.

Bras-de-Fer, 1829 : Cartes.

Delvau, 1866 : s. f. pl. Cartes à jouer, dans l’argot des voleurs et des petites dames. Brême de paclin. Carte géographique. Maquiller les brêmes. Se servir, pour jouer, de cartes biseautées.

Rossignol, 1901 : Cartes. Les faiseurs sont des maquilleurs de brêmes. La fille publique est en brême parce qu’elle a une carte délivrée par la préfecture de police sur laquelle est mis un visa lorsqu’elle se présente à ses visites sanitaires. L’agent de la sûreté qui a une carte de réquisition est aussi en brême.

Hayard, 1907 : Cartes à jouer ; (être en) fille inscrite à la préfecture.

anon., 1907 : Cartes à jouer.

Défleurir la picouse

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler le linge étendu sur les haies.

Larchey, 1865 : Voler du linge qui sèche sur une haie. — Allusion à la couleur tranchante des objets étendus et aux épines de la haie.

Delvau, 1866 : v. a. Voler le linge étendu dans les prés ou sur les haies. Argot des prisons.

France, 1907 : Voler du linge qui sèche au dehors des maisons. On dit aussi : déflouer la picouse.

Défleurir ou déflouer la picouse

Virmaître, 1894 : Voler le linge qui sèche dans les campagnes, sur des haies (Argot des voleurs). V. Batousier.

Déflouer la picouse

Halbert, 1849 : Voler chez un blanchisseur le linge étendu.

Floue

Delvau, 1866 : s. f. Foule, — dans l’argot des voleurs, qui peuvent s’y fluer et y flouer à leur aise.

Virmaître, 1894 : La foule. Quand la foule est nombreuse, les voleurs peuvent travailler à leur aise (Argot des voleurs).

France, 1907 : Foule.

Flouer

Ansiaume, 1821 : Jouer.

À toute plombe du reluis tu le vois flouer.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voler au jeu.

Vidocq, 1837 : v. a. — Filouter au jeu.

Clémens, 1840 / M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Jouer.

Larchey, 1865 : Flouer n’est pas voler brutalement, c’est plutôt escroquer. On dit Flouer des actionnaires mais on ne dit jamais Flouer un couvert d’argent. — Flouerie : Escroquerie.

Tous les frères flouent plus ou moins leur sœur.

(Balzac)

Du vieux mot fluer (couler) pris dans le sens actif. V. Roquefort. — Flouer : Voler au jeu (Vidocq). — Flouerie : Escroquerie. — Floueur : Escroc.

Bien que notre époque ait donné naissance à une effrayante quantité de floueurs de toute espèce.

(A. Dubuisson)

Floueur : Grec (Vidocq).

Delvau, 1866 : v. a. et n. Jouer, — dans le même argot [des voleurs]. Flouer grand flouant. Jouer gros jeu, risquer sa liberté ou sa vie.

Delvau, 1866 : v. a. Tricher au jeu ; voler, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Jouer, en terme de grecs. — Filouter au jeu.

La Rue, 1894 : Jouer. Voler au jeu ou autrement.

Rossignol, 1901 : Voler, tricher au jeu.

France, 1907 : Voler, tromper, ou simplement jouer.

C’est du commerce comme en ferait Robert Macaire, seulement on escamote un navire et sa cargaison, au lieu de travailler dans la société en commandite ; on floue un assureur au lieu de flouer un actionnaire.

(G. de La Landelie)

Il arrive au sommet de la perfection lorsqu’il a lieu de se persuader qu’il a été floué par des courtisanes, qu’il a fait une orgie satanique avec des viveurs, et qu’il pourrait avoir obtenu quelques bonnes fortunes dans la haute.

(Eugène de Valbezen, Le Rhétoricien)

Flouerie

Delvau, 1866 : s. f. Tricherie ; escroquerie, vol pour ainsi dire légal. Signifie aussi dans le sens figuré : Duperie.

Rigaud, 1881 : Vol adroit ; espièglerie doublée de vol.

France, 1907 : Escroquerie.

La flouerie est au vol ce que la course est à la marche ; c’est le progrès, le perfectionnement scientifique.

(Le Tam-Tam)

Poser un lapin

Rigaud, 1881 : Flouer une femme. Poseur de lapins, homme qui floue les femmes.

Rigaud, 1881 : Mystifier, se moquer du pauvre monde. — Poseur de lapins, farceur, mystificateur.

Émile Zola n’est pas un naturaliste, c’est-à-dire un poseur de lapins.

(E. Bergerat, La Vie moderne, 21 fév. 1880)


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