Delvau, 1864 : Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.
Baiser à la florentine
Botte florentine
Delvau, 1864 : Enculage d’un homme ou d’une femme, — par allusion aux habitudes pédérastiques vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.
Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme… fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.
(Les Aphrodites)
Faire mettre (se le)
Delvau, 1864 : Sous-entendu : le membre viril dans le vagin ou dans le cul.
Le Florentin lui dit :
Ne m’en fais pas reproche,
Car dans une bamboche
Tu te l’ fais mettre aussi.
(Joachim Duflot)
Lotte de Saint-Florentin
France, 1907 : Les lottes ou barbotes de Saint-Florentin, ville de Champagne, département de l’Yonne, fort estimées, ont donné lieu au dicton suivant :
Pour la moitié d’une lotte
Une fille trousse sa cotte.
Machiavélisme
France, 1907 : Mot employé pour exprimer la mauvaise foi, l’astuce, la théorie du crime politique et de la tyrannie.
Cette opinion a été basée sur la réputation que des traditions contemporaines avaient faite à l’œuvre de Machiavel. En effet., dans son traité du Prince, l’illustre Florentin, en examinant ce qu’est une principauté, combien il y en a d’espèces, comment on les conserve et comment on les perd, enseigne que les mots de bonne foi, de justice, de clémence et d’humanité doivent être constamment dans la bouche des princes, mais qu’ils ne sont tenus de ne faire que ce qu’ils jugent nécessaire à la conservation de leur pouvoir.
Le prince a donc le droit de tromper, d’empoisonner, d’égorger, pourvu que tout se fasse habilement. Mais une lecture attentive montre que le livre de Machiavel est un avertissement pour les peuples. « J’ai, dit-il, enseigné aux princes à être tyrans, mais j’ai aussi enseigné aux peuples à détruire les tyrans. »
Nymphe de Guinée
Delvau, 1866 : s. f. Négresse, — dans l’argot des faubouriens.
France, 1907 : Négresse. On dit en anglais dans le même sens : morceau d’ébène.
C’était une fort belle fille dont la croupe énorme faisait loucher Arabes et colons. Ses cheveux crépus et courts se cachaient sous un madras jaune, et à ses chevilles nues cliquetaient des anneaux d’argent. Sa peau reluisait au soleil comme un bronze florentin. Elle était sage, disait-on, n’ayant encore eu, malgré ses dix-huit ans passés, qu’une demi-douzaine d’amants à qui elle restait fidèle jusqu’au lâchage fatal. Un soir, je devins possesseur de ses charmes. Mais je me lassai après une semaine à cause de l’odeur pénétrante de cette nymphe de Guinée.
(Les Propos du Commandeur)
Piaffe
d’Hautel, 1808 : Hâblerie, fanfaronnade ; éclat emprunté.
Tout en lui n’est que piaffe. Pour, il n’a qu’un luxe imposteur ; tout en lui n’est que faux brillant.
Delvau, 1866 : s. f. Orgueil, vantardise, esbrouffe.
France, 1907 : Orgueil, ostentation. Vantardise, « Faire de la piaffe. » Argot populaire.
De l’éducation ébauchée par une mère qui était Florentine, qui avait dans l’être toutes les ardeurs dévotieuses, toutes les croyances étroites de cette race italienne si étrange, à la fois jouisseuse, affolée de plaisir, de piaffe, de chimères et hantée par l’effroi de l’au-delà, par le remords du péché.
(R. Maizeroy, Vieux garçon)
Vénitien (servir un)
France, 1907 : Accomplir une chose difficile, s’il faut s’en rapporter au vieux dicton : Quatre choses sont difficiles : cuire un œuf, faire le lit d’un chien, enseigner un Florentin et servir un Vénitien.
Argot classique, le livre • Telegram