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Batteur

d’Hautel, 1808 : Terme de mépris ; bretteur, spadassin ; homme hargneux et querelleur ; vaurien qui cherche continuellement noise à ceux qui lui sont inférieurs en force.
Batteur de pavé. Vagabond, qui passe son temps et sa vie à rôder.

un détenu, 1846 : Un désœuvré, fainéant, tapageur, coureur des rues.

Halbert, 1849 : Menteur.

Delvau, 1866 : s. m. Menteur ; fourbe. C’est plus spécialement le tiers qui bat comtois pour lever le pante.

Boutmy, 1883 : s. m. Qui fait des mensonges, des battages.

La Rue, 1894 : Menteur. Escroc. Normand.

France, 1907 : Enjôleur.

France, 1907 : Menteur ; argot des voleurs.

— Parbleu ! tu dois faire tes chopins à la sourdine.
— Pas du tout.
— Tu n’affures rien ?
— Ma solde me suffit.
— Batteur !
— Je suis nourri, habillé, blanchi ; je ne manque de rien.
— Pourtant, il y a ici des grinches.
— N’y en a-t-il pas partout ?

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Batteur d’antif, voleur qui amorce les pantes par son bagout ; argot des prisons. Batteur de flanche, fainéant.

Même aux yeux du peuple qui l’aime,
Il passe un peu pour une flemme,
Gouapeur moins homme que gamin,
Artisse, quoi ! batteur de flanche,
Cheveux trop bouclés, peau trop blanche,
Main trop propre, et poil dans la main.

(Jean Richepin)

Bouder au turbin

Virmaître, 1894 : Ouvrier qui cherche tous les moyens possibles pour ne pas travailler. Fille publique qui ne veut plus turbiner pour son souteneur (Argot des souteneurs). Dans la fameuse chanson : Lamentations d’un souteneur, on lit :

Quoi ? C’est éteint… Tu r’buttes au flanche,
Y’a pu de trottinage à la clé,
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassé.
Pour parer c’gnon qui m’met su’l’ sable,
Comme ta peau n’veut plus qu’feignanter,
J’vas me rcoller avec ta dabe,
Qui ne r’foul’ pas pour turbiner.

Brèmes

Virmaître, 1894 : Les cartes (Argot des filles).

France, 1907 : Cartes à jouer.

Que donc que tu veux faire, toi ? S’il y avait des brèmes, on pourrait flancher.

(Vidocq)

Ce salon se nommait le « Marché » ; les souteneurs l’appelaient la « Halle aux veaux ». C’était là que les filles débattaient le prix de leurs charmes et que les maquilleurs de brêmes venaient racoler des clients.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Maquiller la brème, travailler la carte. Faire les trois brèmes, tenir un jeu de bonneteau composé de trois cartes. Brème de paquelins, carte géographique.

Charger la brème

Rigaud, 1881 : Filouter au jeu, marquer une carte, substituer une carte à une autre, — en terme de grec. — C’est un fameux travailleur qui charge rudement la brème et qui a toujours l’air de flancher à la bonne.

Enfonceur de flancheurs de gadin

France, 1907 : Voleur qui dépouille de leurs sous les joueurs au bouchon.

Entraver

Ansiaume, 1821 : Comprendre.

Reprenons le trimard, exbalançons-nous, car le messière vient de nous entraver.

Clémens, 1840 : Comprendre.

M.D., 1844 : Entendre.

un détenu, 1846 : Comprendre. Il entrave l’argus : il comprend l’argot.

Larchey, 1865 : Voir enterver.

Delvau, 1866 : v. a. Comprendre, entendre, — dans l’argot des voleurs, qui emploient là un des plus vieux mots de la langue des honnêtes gens, car ils disent aussi Enterver comme Rutebeuf et l’auteur d’Ogier le Danois. Entraver bigorne ou arguche. Comprendre et parler l’argot. Signifie aussi : Embarrasser la police. Entraver nibergue ou niente. N’y entendre rien.

Rigaud, 1881 : Parler, comprendre, — dans le jargon des voleurs. — Entraver le jars, parler argot.

La Rue, 1894 : Parler, comprendre. Entraver le jars, parler argot.

Virmaître, 1894 : Empêcher une affaire. Mettre des bâtons dans les roues. Entraver : comprendre.
— J’entrave bigorne.
Mot à mot : Je comprends l’argot et non pas je le parle.
Entraver a un double sens :
— J’entrave nibergue ou niente.
Je n’entends rien, je ne comprends pas (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Comprendre.

France, 1907 : Comprendre, parler, entendre. Entraver bigorne, comprendre l’argot. J’entrave pas ton flanche, je ne sais ce que tu dis.

… Le grand Agamemnon
Fit fleurir dans Argot cet éloquent jargon,
Comme la Cour était alors des plus brillantes,
Les dames de son temps s’y rendirent savantes ;
Électre le parloit, dit-on, divinement,
Iphigénie aussi l’entravoit gourdement.

(Nicolas R. de Grandval)

Fifi-lolo

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui fait la bête ou l’enfant, — dans l’argot des faubouriens.

France, 1907 : Niais ou qui fait le niais.

— Tiens, tu ne flanches plus ? Tu ne fais plus le fifi-lolo ? Tu as raison, va ! C’est bon pour les juges et les vaches, mais ça ne pouvait pas prendre avec moi…

(Hector France, La Mort du Czar)

Flambeau, flanche

Hayard, 1907 : Chose quelconque que l’on connaît.

Flanche

Clémens, 1840 : Pas.

un détenu, 1846 : Chose mauvaise, de mauvais goût.

Larchey, 1865 : Jeu de roulette. — Flancher : Jouer franchement (Vidocq). — Flancher, Flacher : Plaisanter (Bailly). — Flanche : Plaisanterie.

Delvau, 1866 : s. f. La roulette et le trente-et-un, — dans l’argot des voleurs. Grande flanche. Grand jeu.

Delvau, 1866 : s. m. Affaire, — dans le même argot [des voleurs]. S’emploie ordinairement avec l’adjectif comparatif mauvais. « C’est un mauvais flanche », pour : C’est une mauvaise affaire.

Delvau, 1866 : s. m. Truc, secret, ruse, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Jeu ; ruse ; plaisanterie. — Affaire. — Reculade. — Grande flanche, jeu de la roulette, jeu du trente et quarante.

La Rue, 1894 : Jeu, ruse, plaisanterie. Affaire. Peur, reculade. Pas. Flancher, jouer, se moquer, reculer, s’effrayer, tricher.

Virmaître, 1894 : Affaire.
— Si tu veux, mon vieil aminche, nous avons un rude flanche en vue ?
— Je le connais ton flanche à la manque (Argot des voleurs).

France, 1907 : Affaire, truc, ruse, secret. Un sale flanche, une mauvaise affaire. Connaître le flanche, connaître son affaire. C’est flanche, tout va bien. Accoucher d’un flanche, écrire un article.

Il va pistonner un journaleux qui accoucha d’un flanche dégueulasse.

(La Sociale)

France, 1907 : Jeu de cartes. La grande flanche, la roulette et le trente et un. « J’ai joué la grande flanche. »

Flanche (être marlou au)

Clémens, 1840 : Être adroit au jeu.

Flanche, grand flanche

Vidocq, 1837 : s. f. — Le jeu de la roulette et du trente-et-un.

Flancher

Vidocq, 1837 : v. a. — Jouer franchement.

un détenu, 1846 : Blaguer, parler, etc.

Delvau, 1866 : v. n. Jouer franchement.

Delvau, 1866 : v. n. Se moquer, — dans l’argot des voyous.

Rigaud, 1881 : Faiblir, reculer, avoir peur.

Tu flanches, pitchou !

(L. Cladel, Ompdrailles)

Rigaud, 1881 : Jouer aux cartes.

Est-ce que des pantes à la manque ont flanché au bègue avec ces brèmes ? Est-ce que de faux honnêtes joueurs ont joué au bezigue avec ces cartes ?

(A. de Caston, Les Tricheurs)

Rigaud, 1881 : Plaisanter. — Parles-tu sérieusement ou flanches-tu ?

Virmaître, 1894 : Avoir peur (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Jouer sur les places publiques au bouchon (radin) on à l’anglaise (monac). En général de tous jeux on dit flancher (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Jouer aux cartes ou à tout autre jeu. Flancher veut aussi dire plaisanter.

Ce que tu me dis est une plaisanterie, tu flanches.

Flancher veut aussi dire : avoir peur, ne pas oser faire une chose.

Tu hésites, tu flanches.

Hayard, 1907 : Avoir peur.

France, 1907 : Jouer.

France, 1907 : Reculer, faiblir, avoir peur.

— … Nomme seulement ceux qui ont fait le coup et tu es sauvé. — Toujours sur la défensive, il riposta très sombre : Il ne s’agit pas de savoir si je serai fauché, mais si j’suis un homme. Ils m’ont attaché les mains l’autre jour… ils me ligotteront les pieds… ils me couperont les cheveux… ils m’arracheront le col de ma chemise… ils ne me feront pas dire ce que je ne veux pas dire. Personne ne contera jamais qu’Orlando a flanché.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

C’est un vrai zig, not’ député,
Mais faut pas qui flanche !
C’est moi que j’suis son comité
Et j’ai carte blanche.
Aussi, chaqu’ soir, après dîner,
Je r’lis son programme ;
Et quand il a mal turbiné :
V’là ! j’y vote un blâme.

(V. Meusy, Chansons d’hier et d’aujourd’hui)

anon., 1907 : Avoir peur.

Flanchet

d’Hautel, 1808 : Dérivé de flanc, côté.
Il est sur le flanchet. Se dit d’un homme dangereusement blessé.
On dit aussi en terme de boucherie, un morceau de flanchet, pour un morceau pris sur le côté.

Delvau, 1866 : s. m. Part, lot, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Part, participation, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Part dans une affaire.

Virmaître, 1894 : Part de vol. Lot qui échoit à un brocanteur. Morceau de viande qui forme la pointe dans l’intérieur du bœuf (Divers Argots).

France, 1907 : Lot, sort, part de vol.

Tout passe dans la tigne
Et, quoiqu’on en jaspine,
C’est un foutu flanchet
Douz’ longes de tirade
Pour un moment d’attrait.

(Vidocq)

Flancheur

Virmaître, 1894 : Qui flanche (Argot du peuple).

France, 1907 : Hésitant, peureux.

Une nuit, l’angoisse fut si forte qu’il ne put résister à son inquiétude. Et, se levant, il réveilla Sautreuil.
— J’ai bien réfléchi, dit-il, ma grâce ne viendra pas. Celui qui a tué par le fer, périra par le fer. C’est la loi. Mais ce qui me chiffonne, c’est qu’on me préviendra au dernier moment. J’ai jamais eu chaleur de rien, j’voudrais pas commencer à faire le flancheur. J’donnerais tout pour avoir deux heures à moi avant de sortir.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

France, 1907 : Joueur.

Flancheur, flanchard

Rigaud, 1881 : Joueur. — Flancheuse, flancharde, joueuse.

Fourbi

Vidocq, 1837 : s. m. — Toute espèce de jeu qui cache un piège.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Clémens, 1840 : Poste, emploi ; on le dit assez aussi quand on a un mauvais jeu : Quel mauvais fourbi !

Delvau, 1866 : s. m. Piège ; malice, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pourtant pas que le fourby (le Trompé) était un des 214 jeux de Gargantua. Connaître le fourbi. Être malin. Connaître son fourbi. Être aguerri contre les malices des hommes et des choses.

Rigaud, 1881 : Petite filouterie ; peccadille ; maraudage ; pour fourberie. — Connaître le fourbi, connaître une foule de petites ficelles, de trucs à l’usage des militaires peu scrupuleux, — en terme de troupiers.

Merlin, 1888 : Du vieux mot français fourby, espèce de jeu. Fourbi a deux acceptions : tantôt il veut dire : détournement, gain illicite ; tantôt : choses, travaux, matériel, etc.

La Rue, 1894 : Piège, malice. Métier. Jeu. Ficelle. Truc. Petit bénéfice plus ou moins licite.

Virmaître, 1894 : Piège, malice. A. D. C’est une erreur. Cette expression très usitée vient du régiment, où le caporal chargé de l’ordinaire gratte sur la nourriture des hommes. Fourbi signifie bénéfice (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Ce que l’on possède.

J’ai mis tout mon fourbi dans une malle.

Hayard, 1907 : Voir flambeau et flanche.

France, 1907 : Affaire, travail. Connaître le fourbi, être malin, habile.

Oui, ça prouve, nom de Dieu ! que quoi qu’on dise, les idées ont marché. Le populo en a plein le cul, de turbiner pour les richards, il voudrait à son tour flânocher un brin. Seulement il s’y prend mal ; sale fourbi que celui de huit heures.
Comprends-moi bien, petit : je ne suis pas contre. Foutre non ! moins les pauvres bougres bûcheront, plus il leur restera de temps pour ruminer sur leur sort.

(Père Peinard)

Y en a qui font la mauvais’ tête,
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À Biribi.

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Petit larcin, volerie, rapine : mot rapporté par les soldats d’Afrique.

— Dans les hospices ils s’entendent bien pour faire du fourbi aux dépens des malades ! dit Peau-de-Zébi sentencieusement, renversant en arrière sa chéchia comme pour accentuer son opinion.

(Edmond Lepelletier)

Les fourriers qui, en faisant la distribution de vin ou d’eau-de-vie, mettent leur pouce dans le quart distributeur, commettent un petit fourbi.
Mais il en est de gros et ils ont des conséquences graves. Je pourrai citer l’exemple des godillots à semelles de carton qu’on donna à plusieurs régiments pendant la malheureuse guerre de 1870 ; mais ces temps sont encore trop proches ; qu’il me suffise de raconter celui que rapporte le Mémorial de Sainte-Hélène pendant la campagne d’Égypte.

C’était l’apothicaire en chef de l’armée. On lui avait accordé cinq chameaux pour apporter du Caire les médicaments nécessaires pendant l’expédition de Syrie. Cet infâme eut la scélératesse de les charger de vin, de sucre, de café, de comestibles qu’il vendit dans le désert à des prix très élevés. Quand le général Bonaparte sut la fraude, il devint furieux, et le misérable fut condamné à être fusillé. C’était beaucoup trop d’honneur, il devait mourir sous la bastonnade pour assassinats prémédités, car il avait spéculé sur la vie des malades. Des centaines d’entre eux ont péri faute de médicaments. On leur donnait une boisson nauséabonde, faite avec des feuilles, pour leur faire croire qu’ils prenaient quelque remède…

(A. Longuet, Méditations de caserne)

Gadin

Delvau, 1866 : s. m. Bouchon, — dans l’argot des voyous. Flancher au gadin. Jouer au bouchon.

Delvau, 1866 : s. m. Vieux chapeau qui tombe en loques. Argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Bouchon, — dans l’ancien argot.

Rigaud, 1881 : Chapeau délabré, chapeau qui arbore des tons roux.

Rigaud, 1881 : Soulier ; abréviation de rigadin.

La Rue, 1894 : Bouchon. Chapeau usé. Soulier.

Virmaître, 1894 : Vieux chapeau. L. L. Le gadin est un bouchon. Le jeu qui consiste à abattre le bouchon chargé de gros sous se nomme gadiner. Il y a plus de cinquante ans que cette expression est populaire (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Bouchon. Une personne qui tombe ramasse un gadin.

France, 1907 : Vieux chapeau, vieux soulier, bouchon. Flancher au gadin, jouer au bouchon.

Jobarder

Delvau, 1866 : v. a. Tromper, se moquer ; duper. Se faire jobarder. Faire rire à ses dépens.

Rigaud, 1881 : Duper, mystifier, rire aux dépens de.

France, 1907 : Tromper, mystifier. Se faire jobarder, faire rire à ses dépens.
Le nombre de vocables et d’expressions désignant le fait de duper son prochain est très considérable, ce qui prouve combien cet art est devenu commun. Citons-en quelques-uns : affûter, amarrer, allumer, bouler, battre l’antif, conter des mistoufles, donner un pont à faucher, emblèmer, empaumer, enfoncer, entortiller, faire la barbe, faire la queue, faire voir le tour, faire à l’oseille (la), flancher, gourrer, hisser un gandin, juiffer, mener en bateau, monter un bateau, mettre dedans, promener quelqu’un, pigeonner, refaire, refaire au même, rouster, etc.

Maqui, maquis

France, 1907 : Rouge, fard ; corruption de masque.

Ma largue n’s’ra plus gironde,
Je serai vioc aussi :
Faudra, pour plaire au monde,
Clinquant, frusque, maquis,
Tout passe dans la tigne (monde)
Et quoiqu’on en jaspine,
C’est un foutu flanchet.

(Winter, forçat, 1829)

Marlou à la mie de pain

Virmaître, 1894 : Marlou qui ne sait pas faire travailler sa marmite ou qui en a une récalcitrante. Je lis dans les Lamentations d’un souteneur :

Quoi ? C’est éteint… tu r’buttes au flanche.
Y’a pu de trottinage à la clé.
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassée. (Argot des souteneurs). N.

France, 1907 : Souteneur qui ne sait ou ne peut tirer parti de sa marmite.

Misloque

Larchey, 1865 : Comédie (Vidocq).

Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. f. Théâtre, — dans l’argot des voleurs. Jouer la misloque. Jouer la comédie.

Rigaud, 1881 : Comédie, — dans le jargon des voleurs. — Flancher la misloque, jouer la comédie. — Misloquier, misloquière, acteur, actrice. — Misloquier schpil, très bon acteur.

La Rue, 1894 : Théâtre, comédie.

Virmaître, 1894 : Théâtre (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Théâtre.

Pagne

Vidocq, 1837 : s. m. — Assistance que les voleurs reçoivent de leurs camarades lorsqu’ils sont prisonniers.

un détenu, 1846 : Assistance, secours que se portent les voleurs entre eux.

Larchey, 1865 : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Provisions que le malade ou le prisonnier reçoit du dehors et qu’on lui porte ordinairement dans un panier. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Don en argent ou en nature fait à un détenu.

Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.

La Rue, 1894 : Lit. Don fait à un détenu, argent ou provisions.

Virmaître, 1894 : Lit. Allusion au pagne qui entoure la taille des sauvages ; les draps cachent également la nudité de l’homme et de la femme (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Provision.

On n’les but’plus, car c’est un mauvais flanche,
Y en a toujours qui sont paumés marrons,
Mais sans r’niffler, pour eux on fait la manche,
On leur envoie le pagne au violon.
(Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Lit.

France, 1907 : Lit. Abréviation de panier ; le pagne à puces. Voir Paillot.

Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’ rester dans mon pagne,
Moi, j’m’ai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la rue d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su l’tas,
Et maint’nant j’tir’ de la prévence ME
À Mazas.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

France, 1907 : Provisions ; de l’italien pagnotta, pain.

— J’ai un bon cœur ; tu l’as vu lorsque je lui portais le pagne à la Force.

(Mémoires de Vidocq)

C’est aussi, par extension, un prêt d’argent à un voleur arrêté.

Pavois

Larchey, 1865 : « Être pavois, c’est être dans la vigne du Seigneur, dans toute la joie de Bacchus, atteindre le parfait bonheur, c’est enfin être au pavois. » — Ch. Coligny.

Delvau, 1866 : adj. et s. En état d’ivresse. Être pavois. Être gris, déraisonner à faire croire que l’on est gris.

France, 1907 : Timbré ou ivre ; agité de mille pensées confuses et diverses comme les pavillons multiples et multicolores dont se pavoise un navire à certaines fêtes. Ces jours-là, il y a généralement ripaille à bord et les matelots sont pavoisés comme leur vaisseau.

Ne flanche pas si t’es pavois,
Tu n’affurerais que la poix.

(Hogier-Grison)

Peau de zébi

France, 1907 : Rien. Même sens que peau de balle, peau de tambour. Argot rapporté des troupiers d’Afrique. Zébi est en arabe le membre viril.

À Biribi c’est là qu’on marche,
Faut pas flancher ;
Quand l’chaouch crie : « En avant ! marche ! »
I’faut marcher,
Et quand on veut fair’ des épates,
C’est peau d’zébi :
On vous fout les fers aux quat’ pattes,
À Biribi !

(Aristide Bruant)

Allons, y a trop longtemps qu’on t’gourre !
Vieux populo, soupé cett’ fois.
Dis au politicard qu’il t’courre
Sur l’haricot avec ses lois !
Dis-lui : J’ai maré d’la pestaille,
Frocards, jugeurs et autr’ fourbis
Du mêm’ tonneau, qui font ripaille,
Quand moi que j’trim’ j’ai peau d’zébi !

(Le Père Peinard)

Picter, pictonner

Rigaud, 1881 : Boire. — La picter à la douce et la flancher au frotin, boire, sans se presser, une bouteille de vin et la jouer au billard.

Plancher

d’Hautel, 1808 : Le plancher des vaches. La terre ferme sur laquelle on marche.
Il n’est rien tel que de marcher sur le plancher des vaches. Pour dire, qu’il y a moins de risque à courir en voyageant sur terre que sur mer.
Il faut soulager le plancher. Se dit, pour inviter quelques personnes à sortir d’une chambre où il y a trop de monde.

d’Hautel, 1808 : Terme populaire qui équivaut à se moquer, se jouer de quelqu’un, le railler, le persiffler, le promener.
Est-ce que tu planches ? Pour te moques-tu de moi ?

Vidocq, 1837 : v. a. — Plaisanter.

Larchey, 1865 : Moquer.

Est-ce que tu planches ? pour : Te moques-tu de moi ?

(1808, d’Hautel)

Plancherie : Mauvaise plaisanterie.

I’me propose le bâton. Moi, j’lui dis : Allons donc ! Tu planches.

(Ch., Avignon, 1813)

Planché : Condamné.

Delvau, 1866 : v. n. Se moquer, rire, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. On dit aussi Flancher.

Rigaud, 1881 : Coucher à la salle de police, sur la planche du gouvernement. J’ai planché deux jours, — dans le jargon du régiment.

Rigaud, 1881 : Plaisanter. — Parles-tu sérieusement ou planches-tu ?

Rigaud, 1881 : Quitter un ami de prison, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Rire, se moquer. Condamner. Quitter un ami de prison.

France, 1907 : Avoir peur ; corruption de flancher.

France, 1907 : Laisser en plan ; argot des voleurs.

France, 1907 : Se moquer ; argot populaire.

— Tu planches, mon homme.

(Mémoires de Vidocq)

Raisin friot

France, 1907 : Sang-froid.

— Attention, les enfants, et préparons-nous à fabriquer le moscobos (voler le riche), car il nous faut à tous du raisin friot et ne as flancher sur le tas.

(Ed. Lepelletier)

Resaute

France, 1907 : Balle. Flancher à la resaute, jouer à la balle ; argot faubourien.

Tirer sa coupe sur le grand flanche

France, 1907 : Être transporté dans une colonie pénitentiaire.

Valoir l’os

France, 1907 : Mériter l’attention ; argot populaire.

Dans le flanche de cette sacrée Commission supérieure, quelques chiffres valent l’os.
Ainsi, les birbes ont constaté que le nombre les bagnes où les patrons exploitent des femmes et des gosses a augmenté : en 1895, il y en avait 285.000 et il y en a eu 296.000 en 1896.
Et, turellement aussi, le chiffre des gosses et les femmes qui triment dans ces maudits bagnes a augmenté en proportion.

(Le Père Peinard)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique