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Bille, billemont, billon

Larchey, 1865 : Espèces monnayées. — Billemont et billon sont des diminutifs de bille qui, comme balle, fait allusion à la forme ronde de la monnaie. V. Attache, Flacul.

L’argent au Temple est de la braise, ou de la thune, ou de la bille.

(Mornand)

Nous attendions la sorgue, voulant poisser des bogues, pour faire du billon.

Flac

M.D., 1844 : Boni quelconque.

un détenu, 1846 : Argent.

Delvau, 1866 : s. m. Sac, — dans l’argot des voleurs, qui ont voulu rendre la flaccidité de cette enveloppe. Flac d’al. Sacoche à argent. Ils disent aussi Flacul.

France, 1907 : Sac.

Vivent le flac,
Le pognon, le fricot, le pèse,
Le plâtre, les pélots, la braise,
Millets en sac !
Vive le flac !
C’est su’ terr’ la seul’ marchandise
Pour qui que l’cœur du vrai barbize
Bat son tic tac,
Vive le flac !
Qu’i’vienn’ d’un gibier qui trimarde
Ou ben encor d’un mômignarde
Qui marne en clac.

(Blédort, Ronde du flac)

Flac, flacul

Rigaud, 1881 : Sac. — Lit. — Argent, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Lit. Sac. Argent.

Flacul

Vidocq, 1837 : s. m. — Sac.

Larchey, 1865 : Lit.

Je raplique au flacul qui m’attend.

(Vidocq)

Jeu de mots ; c’est sur le lit qu’on faque son c-l.

Larchey, 1865 : Sac d’argent. — Diminutif du vieux mot Flac : flacon. V. Roquefort. — Il y a ressemblance de forme.

Le vioque a des flaculs pleins de bille ; s’il va à Niort, il faut lui riffauder les paturons.

(Vidocq)

France, 1907 : Sac.

Le vioque a des flaculs pleins de bille.

(Mémoires de Vidocq)

Niort (aller à)

Ansiaume, 1821 : Nier.

Le cardeuil m’a mandé, mais j’ai été à Niort et de l’avant.

Larchey, 1865 : Nier. — Jeu de mots. — V. Flacul.

Je vois bien qu’il n’y a pas moyen d’aller à Niort.

(Canler)

Rigaud, 1881 : Nier. — Envoyer à Niort, refuser quelque chose, — dans le jargon des voleurs.

Quoique je prisse toujours le chemin de Niort.

(Aventures burlesques)

anon., 1907 : Nier.

Paturon

Vidocq, 1837 : s. m. — Pied.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Pied.

Larchey, 1865 : Pied, pas. — Terme hippique. — V. Flacul, Rebâtir.

Rappliquer

Clémens, 1840 : Revenir.

Larchey, 1865 : Revenir (V. Flacul), Répliquer (V. Suage).

Rigaud, 1881 : Retourner, revenir, rentrer. Rappliquer à la taule, rentrer à la maison.

Merlin, 1888 : Arriver, revenir. — On rapplique à la caserne, à l’exercice, à la soupe, etc.

La Rue, 1894 : Retourner, revenir.

Virmaître, 1894 : Revenir.
— Depuis huit jornes que je suis en bordée, je rapplique à la piaule, mince de suif à la clé (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Venir, aller, se rendre.

Hayard, 1907 : Revenir.

France, 1907 : Revenir, rentrer.

Ratinel marie sa fille au petit de la Rochepurée ; on convient qu’on achètera le mobilier à frais communs. Ils vont chez le tapissier, le beau-père et le gendre : ils discutent, choisissent ce qu’il y a de mieux, se font faire un prix approximatif ; ils s’en vont et, dix minutes après leur départ, le tapissier voit arriver le beau- père qui lui dit : « Ce n’est pas tout ça, je vous ai amené mon gendre » et il demande une commission de vingt mille francs. L’autre est épaté, lorsque, dix minutes après le beau-père, il voit rappliquer le gendre, qui lui dit : « Ce n’est pas tout ça, je vous ai amené mon beau-père et il réclame une commission de trente mille francs. »

(Maurice Donnay)

Riffauder

Ansiaume, 1821 : Brûler.

Il est gerbé à vioc pour avoir riffaudé les paturons à un messière.

Vidocq, 1837 : v. a. — Brûler, chauffer.

Clémens, 1840 : Incendier.

Larchey, 1865 : Brûler. V. Flacul. — Rifle : Feu flamme. — V. Coquer.

Je remouche au coin du rifle un sinve qui roupillait. J’ai sondé dans ses profondes.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Incendier, brûler.

Virmaître, 1894 : Brûler. Riffaudante : flamme. Une vieille chanson qui date au moins de cinquante ans, bien connue des voleurs, dit :

L’autre jour, fumant ma bayadaise,
Je rifflaudais, la fumant dans un coin.

Rifflauder voudrait donc dire sommeiller (Argot des voleurs).

France, 1907 : Allumer, incendier, chauffer, cuire. Riffauder la criolle, cuire la viande. Se riffauder, se chauffer. Riffauder un cheval, un chien, le fouetter.

Vioque

Clémens, 1840 : Vie.

Larchey, 1865 : Vieux. — Corruption de mot. — V. Flacul. Vioque : Vie.

Quelle vioque je ferais avec mon fade de carle.

(Balzac)

France, 1907 : La vie ; argot des voleurs.

France, 1907 : Vieux ; argot des voleurs.

— Il a passe une babillarde à un vioque richard de son patelin… un loufoque qui s’amène à Paris pour faire la noce et courir les mômes… il l’a connu dans le temps, en Russie ; l’ayant filé aux environs de Paris, dans le tram qui le brouettait, il a fait remettre au pantre un mot d’écrit par un homme du chemin de fer… Le vioque est à nous…

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Les objets mêm’ les pus moraux
Les pus vioques, n’ont quèqu’chose qui jase
Et gn’a pas jusqu’aux becs de gaz
Qui n’ont envie d’finir poireaux !

(Jehan Rictus, Les Soliloques du Pauvre)

Voir vioc.


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