France, 1907 : Élève de première année à l’École navale. On dit aussi fistot. Voir Bordache.
Fistaille
Fistot
Fustier, 1889 : Élève de première année à l’École navale.
Les anciens attendaient leurs fistots pour les piloter et commencer leur éducation maritime.
(Illustration, octobre 1885)
France, 1907 : Élève de première année à l’École navale. Voir Bordache.
Le Borda, d’où le surnom bordache donné aux élèves de l’École navale, est un ancien vaisseau de ligne hors de service qui servait de vaisseau-école et restait stationnaire en rade de Brest. C’est là où, pendant deux ans, nos futurs officiers de marine faisaient leur apprentissage de marin. Les élèves forment deux divisions : ceux de la deuxième année, constituant la division des anciens, et ceux de première année, la division des fistots.
En outre du Borda, il existe deux bâtiments annexes, le James, corvette à voiles, et le Bougainville, transport mixte.
C’est sur ce dernier bâtiment qu’embarquent les fistots vers la fin du mois de juillet pour faire leur premier voyage, pendant que les anciens partent pour deux mois de congé avant de s’embarquer sur l’Iphigénie avec le grade d’aspirant de deuxième classe.
Le vovage du Bougainville se partage en deux. Du 20 juillet au 5 ou 6 août, il fait ce que l’on appelle la campagne des baies, c’est-à-dire visite chaque jour les baies si curieuses et si pittoresques situées à l’extrémité du Finistère, et revient tous les soirs au mouillage en rade de Brest. Enfin, le 6 août, grand appareillage pour le voyage des côtes durant environ un mois.
Grand C
France, 1907 : Dans l’argot de l’École navale, le « grand C » est le chiffre algébrique correspondant au numéro matricule le plus élevé de la promotion et qui sert à établir le calendrier spécial du bord.
Matériellement, le « grand C » est représenté par un mannequin, antiréglementaire dans tous les détails de sa tenue, qu’on fait passer en jugement et que, finalement, on jette par-dessus bord avec — d’aucuns disent sans — 51 sous dans sa poche.
L’explication de ces 51 sous du « grand C » consiste dans la défense qui est faite aux pauvres « bordaches » d’avoir jamais plus de cinquante sous dans leur poche.
Le jour où le « grand C » devient « un homme à la mer », a lieu aussi « l’adoration du sextant », — un vieux sextant en bois baptisé du nom d’Antoine.
Telles sont les gaietés du bord, qui n’empêcheront pas nos « fistots » de devenir plus tard de brillants et savants officiers de marine et de vaillants défenseurs de la patrie.
Voir Bordache, Fistot.
Midship-ça !
France, 1907 : Exclamation des élèves de l’École navale à la clôture d’un cours.
Quelle que soit l’application déployée par les élèves dans leurs différents cours, on comprend facilement qu’ils en voient arriver la fin avec plaisir.
Pour les uns, c’est l’année de fistot qui se termine ; pour les autres, c’est le galon d’aspirant qui s’approche. Ainsi, toutes les fois qu’un cours est clôturé, les fistots, pour témoigner leur joie, dès que le professeur a quitté l’amphithéâtre, crient-ils par trois fois : Ancien-ça ! expression elliptique signifiant : Désormais nous n’assisterons plus à un cours de même nature qu’en qualité d’ancien.
De leur côté, les anciens, à la fin de chaque cours, crient par trois fois : Midship-ça ! midship étant le nom anglais des aspirants de marine.
(Un ancien officier, Histoire de l’École navale)
Parisienne
France, 1907 : « Vergue placée à une petite hauteur au-dessus du pont, et sur laquelle sont d’abord exercés les fistots, incapables naturellement de manœuvrer sur les vergues ordinaires, avant d’avoir pris de l’aplomb et s’être débarrassés du vertige.
Ce nom de Parisienne vient de la piètre estime dans laquelle tout matelot tient les recrues nées à Paris, loin de la mer, et qui sont considérées comme peu aptes à faire de bons gabiers. »
(Un ancien officier, Histoire de l’École navale)
France, 1907 : Pantalon de grosse toile que les ouvriers passent par-dessus leur pantalon ordinaire pour le garantir pendant le travail.
Patin (jouer du)
France, 1907 : Se dépêcher. Quand un ancien crie à un fistot : « Patin ! » cela veut dire : dépêche-toi. Argot du Borda.
Quette
France, 1907 : Abréviation de casquette ; argot du Borda.
Quette ! Quette ! tel est le cri impératif qui accueille celui d’entre les nouveaux élèves se présentant devant ses anciens la tête couverte de sa casquette. Petite brimade bien innocente, ayant pour objet de faire comprendre aux fistots la dose de respect que les anciens exigent d’eux.
(Histoire de l’École navale, par un ancien officier)
Rasqueux
France, 1907 : Sale ; argot du Borda.
De tout temps, la propreté la plus scrupuleuse était exigée des élèves, mais autrefois, malgré le règlement, il était de bon goût d’avoir une vareuse et un pantalon aussi tachés de goudron que possible. À cette seule condition, on paraissait loup de mer, et c’était sentir le fistot d’une lieue que de paraitre sur le pont en gris propre. Aujourd’hui les parfums les plus divers embaument le réfectoire pendant la toilette, et, sauf la casquette rasqueuse et les bichons avachis toujours en honneur, nos futurs officiers de vaisseau pourraient en remontrer à l’élégant le plus raffiné sous le rapport de la propreté, sinon de la coupe de leurs vêtements.
(Histoire de l’École navale)
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