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Basta

Merlin, 1888 : Assez, — de l’espagnol. On dit aussi Barka, — de l’arabe.

France, 1907 : Assez ; mot rapporté par les troupiers d’Algérie.

— Vous pouvez nous fouiller, vous m’avez fait flanquer deux semaines à l’ours et vous avez le toupet de me réclamer de l’argent ! Vous vous montez joliment le bourrichon. J’ai soupé de votre fiole, mon bon ami, basta !

(Hector France, L’Homme qui tue)

Boire de l’encre

Rigaud, 1881 : Arriver lorsqu’une tournée a été déjà absorbée ou qu’il ne reste plus rien dans un litre. (Argot des typographes).

Boutmy, 1883 : C’est la situation fâcheuse à laquelle parait réduit un frère qui, invité à prendre sa part d’une consommation, arrive quand la fiole a été vidée rubis sur l’ongle. Dans son désappointement, il ne manque pas de s’écrier : Est-ce que vous croyez que je vais boire de l’encre ? Non, car on fait alors apporter aussitôt une autre fiole.

Bon

d’Hautel, 1808 : Il est bon, mais c’est quand il dort. Se dit par plaisanterie, en parlant d’un enfant turbulent, espiègle et difficile à conduire.
Il est bon par où je le tiens. Se dit à-peu-près dans le même sens, pour exprimer qu’un enfant a la mine trompeuse ; qu’il est plus dégoisé qu’il le paroît.
Il est bon là. Manière ironique qui équivaut à, il est sans façon, sans gêne ; je l’aime encore bien de cette façon.
Il est bon là. Signifie aussi, il est bien capable de faire face à cette affaire ; il est bon pour en répondre.
Il est si bon qu’il en pue ; il est si bon qu’il en est bête. Se dit trivialement et incivilement d’une personne foible et pusillanime, et qui n’inspire aucun respect.
Il est bon comme du bon pain. Se dit d’une personne qui, par défaut de jugement, ou par foiblesse, se laisse aller à toutes les volontés.
Les bons pâtissent pour les mauvais. Signifie que les innocens portent souvent la peine des coupables.
Les bons maîtres font les bons valets. C’est-à-dire qu’il faut que les maîtres donnent l’exemple de la douceur et de la complaisance à leurs domestiques.
Quand on est trop bon le loup vous mange. Signifie qu’un excès de bonté est toujours nuisible.
À tout bon compte revenir. Veut dire qu’entre honnêtes gens, erreur ne fait pas compte.
Jouer bon jeu bon argent. Jouer loyalement, franchement.
Faire bonne mine et mauvais jeu. Dissimuler les peines, les chagrins que l’on ressent ; le mauvais état de ses affaires.
Avoir bon pied bon œil. Être frais, gaillard et dispos ; prendre garde à tout.
Faire le bon valet. Faire plus que l’on ne commande ; flatter, carresser quelqu’un pour gagner ses faveurs, et en tirer avantage.
Il a une bonne main pour chanter et une bonne voix pour écrire. Raillerie qui signifie qu’une personne n’est habile dans aucun de ces arts.
À bon chat bon rat. Se dit lorsque dans une affaire, un homme fin et subtil rencontre un adversaire aussi rusé que lui.
Ce qui est bon à prendre est bon à rendre. Se dit de ceux qui, provisoirement, et sous un prétexte quelconque, s’emparent du bien d’autrui, sauf à le restituer ensuite, s’il y a lieu. Le peuple, traduit ainsi ce proverbe : Ce qui est bon à prendre est bon à garder, parce qu’on ne rend jamais, ou du moins bien rarement, ce dont on s’est emparé.
Bon jour, bon œuvre. Veut dire que les gens vertueux saisissent l’occasion des grandes fêtes pour faire de bonnes actions ; et les méchans pour commettre leurs crimes.
Mettre quelqu’un sur le bon pied. C’est-à-dire, ne pas lui laisser prendre d’empire sur soi, en agir librement avec lui.
À quelque chose malheur est bon. Signifie que souvent d’un accident il résulte un grand bien.
N’être bon ni à rôtir ni à bouillir ; n’être bon à aucune sauce. C’est n’être propre à aucun emploi ; n’être bon à rien.
Il n’est pas bon à jeter aux chiens. Se dit d’un homme contre lequel on a conçu une grande animadversion ; ou qui, d’une haute faveur, est tombé tout-à-coup dans la disgrace la plus complète.
Tout cela est bel et bon, mais l’argent vaut mieux. Se dit à ceux qui allèguent des excuses, des prétextes, pour ne point remplir leurs engagemens.
Un bon Gaulois. Pour dire un homme qui tient aux anciennes modes, aux anciens usages.
S’expliquer en bon Français. C’est parler ouvertement, sans rien déguiser.
Une bonne fuite vaut mieux qu’une mauvaise attente.
C’est un bon diable ; un bon garçon ; un bon enfant ; un bon vivant ; un bon luron.
Termes familiers, qui se prennent communément en bonne part, à l’exception cependant du second et du troisième, qui s’emploient quelquefois dans un sens ironique.
Après bon vin bon cheval. Signifie que quand on a fait bonne chère, on se remet en route plus aisément.
Faire bon pour quelqu’un. S’engager à payer pour lui, se rendre sa caution.
Trouver bon ; coûter bon. Approuver tout ; payer quelque chose fort cher.
Tenir bon. C’est résister avec courage et fermeté.
Se fâcher pour tout de bon. Bouder, être sérieusement fâché.
On ne peut rien tirer de cet homme que par le bon bout. C’est-à-dire, que par la rigueur, par les voies judiciaires.
C’est un bon Israélite. Se dit par raillerie d’un homme simple et dénué d’esprit.
Rester sur la bonne bouche. C’est-à-dire, sur son appétit ; ne pas manger selon sa faim.
Faire bonne bouche. Flatter, endormir quelqu’un par de belles paroles.
Garder une chose pour la bonne bouche. La réserver pour la fin, comme étant la plus agréable et la plus facile.
C’est bon et chaud. Pour exprimer que ce que l’on mange est brûlant.
Mon bon. Ma bonne. Noms caressans et flatteurs que les bourgeoises de Paris donnent à leurs maris. Les personnes de qualité se servent aussi de ces mots, par bienveillance ou par hauteur, en parlant à leurs inferieurs.

Larchey, 1865 : Bon apôtre, hypocrite.

Vous n’êtes bons ! vous… N’allons, vous n’avez fait vos farces !

(Balzac)

C’est un bon : C’est un homme solide, à toute épreuve.

Ce sont des bons. Ils feront désormais le service avec vous.

(Chenu)

Pour un agent de police, un homme bon est bon à arrêter.
Être des bons : Avoir bonne chance.

Delvau, 1866 : s. m. Homme sur lequel on peut compter, — dans l’argot du peuple, à qui l’adjectif ne suffisait pas, paraît-il.

Rigaud, 1881 : Agent des mœurs, — dans l’argot des filles et des voleurs. Le bon me fiole, l’agent des mœurs me dévisage.

Boutmy, 1883 : s. m. Épreuve sur laquelle l’auteur a écrit : Bon à tirer, c’est-à-dire bon à imprimer. Cette épreuve est lue une dernière fois, après l’auteur, par le correcteur en seconde ou en bon.

La Rue, 1894 : Homme bon à voler. Agent des mœurs. Le bon me fiole, l’agent me regarde. Avoir bon, prendre en flagrant délit.

France, 1907 : Naïf, bon à voler. Être le bon, être arrêté à bon escient ; vous êtes bons, vous, vous êtes un farceur ; bon jeune homme, garçon candide ; être des bons, avoir bonne chance ; il est bon, il est amusant ; c’est un bon, c’est un homme sur lequel on peut compter. Bon endroit, le derrière, le podex.

Elle reçut un maître coup de soulier juste au bon endroit.

(Zola)

Bon pour Bernard, bon pour les cabinets d’aisance.

Chougner

France, 1907 : Manger ; argot des canuts.

— Pardi ! vous êtes encore les gentils, vous ! Vous aimeriez mieux vous tanti-bardaner toute la sainte journée et vous escaner aux Brotteaux comme vous faites tous les dimanches, pour chougner votre miche et fioler à l’aise.

(Joanny Augier, Le Canut)

Connaissance

Delvau, 1864 : Maîtresse, concubine.

Ah ! vous avez une connaissance, monsieur !

(De Leuven)

Larchey, 1865 : Maîtresse.

Ah ! vous avez une connaissance, monsieur !

(De Leuven)

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des ouvriers, qui veulent connaître une fille avant de la prendre pour femme.

Rigaud, 1881 : Amant, maîtresse ; fiancé, fiancée, — dans le jargon des ouvriers, des militaires et des bonnes d’enfants.

T’nez M’sieu, j’aime mieux vous dire tout d’ suite, j’ai z’une connaissance.

(Grévin)

France, 1907 : Bonne amie, maîtresse.

— Tu l’aim’s donc bien, c’te connaissance ?
— N’m’en parl’ donc pas, j’m’en frais crever !

(Chant d’atelier)

La connaissance est la compagne obligatoire du pioupiou et même du cavalier et du pompier. C’est elle qui vous fait passer agréablement les heures de promenade entre la soupe et la retraite ; elle qui vous refile une petite fiole de fine et de la bonne, prélevée sur la bouteille du bourgeois ; elle qui vous fait pénétrer dans la boîte par l’escalier de service, afin de vous donner le tendre bécot qu’elles n’a pas épanché sur votre joue aux Tuileries ; elle qui vous nourrit du quartier de poulet qu’elle mis en réserve à votre intention et qu’elle arrose, la chère amie, d’une bouteille de vin cacheté et de ses plus ineffables tendresses ; elle qui vous donne la clé de sa chambre lorsque vous avez la permission de la nuit ; elle qui vous paye de bons cigares avec son sou du franc, si toutefois son singe ne fume pas ; elle encore que vous verrez au premier rang de la foule, derrière le cipal, aux jours de revue, fière de vous voir si beau sous l’uniforme, admirant votre air crâne et martial, et vous électrisant avec ses œillades pleines de promesses.

(Traité de civilité militaire et d’honnêteté, enseignée par Dache)

Le boursier X…, l’homme le plus riche, mais le plus connu pour sa paillardise, allait rendre le dernier soupir.
Son neveu arrive en toute hâte de Nice pour le voir une dernière fois.
— Savez-vous, demande-t-il au valet de chambre, si mon oncle a encore sa connaissance ?
— Certainement, monsieur, ils sont même ensemble depuis ce matin.

(Tintamarre)

— Laisse-moi parler ; tu vois bien que c’est la dernière fois que j’t’embête… Dis donc, Albert, comment que ça se fait que tu parles toujours de tes connaissances, et qu’j’aurais pas eu l’droit d’aimer aussi, moi…

(L.-V. Meunier, Chair à plaisir)

Coup du malade

Virmaître, 1894 : Le voleur va chez un bijoutier choisir des bijoux ; il demande qu’on lui porte sa commande à son appartement ; il s’en va, et, aussitôt rentré, il se couche en attendant le commis et simule un mal subit. Quand le commis arrive il trouve l’acheteur entouré de fioles et de pommades, gémissant, il paraît souffrir mille douleurs. Il renvoie le commis chercher un autre objet qu’il dit avoir commandé la veille ; le commis part sans défiance en laissant les bijoux sur la cheminée ; aussitôt le malade se lève et se sauve au plus vite. Quand le commis revient, visage de bois (Argot des voleurs).

France, 1907 : Un escroc fait des emplettes chez un bijoutier et demande qu’ou les lui porte à son domicile, un hôtel généralement. Il se hâte de rentrer chez lui et se met au lit : quand le commis arrive avec son paquet, il trouve le client se tordant dans d’affreuses douleurs. Cependant elles se calment un peu et il demande au commis si tout est bien dans le paquet et si l’un n’a pas oublié les objets achetés la veille. Le commis, qui ignore si l’on a acheté la veille, retourne à sa boutique pour s’enquérir, en laissant le paquet. Inutile d’ajouter que lorsqu’il revient, client et bijouterie ont disparu.

Coupe-file

Fustier, 1889 : Carte délivrée par la Préfecture de police aux membres du corps diplomatique, aux ministres, aux personnages de distinction et qui sert à couper les files de voitures, à circuler ou à stationner dans des endroits où le public ne peut ni circuler, ni stationner.

Tu ne verras pas, conduisant
Leur bois peint, tout frais reluisant,
Un groom en croupe,
Avec un coupe-file, au Bois,
Des gens qui faisaient autrefois
Filer la coupe !

(Clairon, 1882)

France, 1907 : Carte délivrée à un fonctionnaire ou à un agent de police, qui lui permet de passer par les endroits interdits à la foule.

— Les journalistes, disait Deibler, pour gagner la place de la Roquette, ont besoin de coupe-files. Moi, je m’en passe. N’ai-je point mon coupe-fioles ?

Donner (la)

Rigaud, 1881 : Chanter, — dans l’argot des barrières. C’est-à-dire : donner de la voix. — Entends-tu comme le gossier la donne ? entends-tu comme le particulier chante ?

Rigaud, 1881 : Regarder, dans le jargon des voleurs. — Le roublard la donne sur nos fioles, l’agent regarde nos physionomies. — La donne souffle mal, le regard d’un tel n’est pas franc, locution employée par les voleurs lorsqu’ils se sentent devinés soit par un agent, soit par n’importe qui. — La donner sur la croustille, n’avoir que du pain à manger ; c’est-à-dire tomber sur le pain.

Fustier, 1889 : Penser, croire, juger. Argot des voyous.

La Rue, 1894 : Regarder. Le roublard la donne sur nos fioles. L’agent regarde nos visages. Signifie aussi comprendre.

France, 1907 : Regarder. Le « flic donne sur nos fioles. » La donner à la bourbonnaise, regarder d’un mauvais œil.

Étui

d’Hautel, 1808 : Un visage à étui. Pour dire un laid visage qu’il faut cacher.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, — dans laquelle l’homme fourre sa grosse aiguille.

Elle ne voulut oncques que le marié le mit en son étui.

(B. Desperriers)

— Se dit aussi du membre viril, à cause de sa forme :

Vous qui, pour charmer vos ennuis,
Empoignez… des aiguilles,
Venez, je fournis des étuis
Qui vont à tout’s les filles…

(Chanson anonyme moderne)

Delvau, 1866 : s. m. La peau du corps, — dans l’argot du peuple, qui a l’honneur de se rencontrer avec Shakespeare (case). Se dit aussi pour Vêtements.

Virmaître, 1894 : V. Cuir.

France, 1907 : Peau.

— C’est bon !… Tu sais que je t’ai dans l’étui et tu voulais te payer ma fiole ! Mais ouvre l’œil, et le bon !…

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Fiole

Halbert, 1849 : Figure. On dit aussi fertille.

Larchey, 1865 : Bouteille de vin.

Nous avons presque entièrement vidé nos fioles.

(Frémy)

Fioler, c’est boire avec excès.

(d’Hautel, 1808)

C’est un mot de langue romane. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. f. Bouteille de vin, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas être si près de la véritable étymologie : φιάλη, (vase à boire).

Rigaud, 1881 : Tête, figure, — dans le jargon des voleurs. Fiole à cubèbe, à copahu, physionomie malsaine, figure de syphilitique.

Fustier, 1889 : Souper de la fiole de quelqu’un, en être fatigué, importuné.

La Rue, 1894 : Physionomie. Fioler, dévisager.

Rossignol, 1901 : Visage.

Je ne veux plus de toi comme maîtresse, j’ai soupé de ta fiole.

France, 1907 : Bouteille de vin ; du grec phialé, vase à boire.

France, 1907 : Figure, tête.

Sacré boutiquier ! Si t’avais la cervelle moines racornie, tu saisirais que, puisque personne ne crèvera plus de faim, on ne fera pas une exception pour ta fiole. Sache donc qu’une fois tes actions tombées en capilotade, tu auras, grâce à la Sociale, de quoi croûter sur tes vieux jours. M’est avis même que tu te la couleras plus heureuse qu’avec tes revenus.

(Père Peinard)

Oui, je l’sais ben, j’ai-z’une sal’ fiole,
J’ai vraiment pas l’air d’un rupin.
Aussi, bon Dieu, j’fais pas l’mariolle,
Ej’ cranott’ pas comme un youpin.

(Aristide Bruant)

Fiole (soupé de la)

France, 1907 : En avoir assez de quelqu’un ; être dégoûté d’une personne ; la prendre en grippe.

Mais j’ai mon plan, ej’ suis mariolle :
Quand les jug’ auront assez d’moi
Et qu’ils auront soupé d’ma fiole,
Faura ben qu’i’s m’appliqu’nt la loi ;
Vous savez ben, la loi nouvelle
Qui condamne l’gouvernement
À m’envoyer à la Nouvelle…
V’là porquoi que j’cherche un log’ment.

(Aristide Bruant)

Se payer la fiole de quelqu’un, s’en moquer.

Et si quelqu’un a l’air
De nous r’garder d’traviole,
Nous mettons sabre au clair
Pour pas qu’on s’pay’ not’ fiole.

(Blédort)

Fiole (souper de la)

Merlin, 1888 : J’ai soupé de votre fiole. Expression qui signifie : Je sais à quoi m’en tenir sur votre compte, ce que valent vos paroles ou vos actes ; donc, brisons là ! Se ficher de la fiole de quelqu’un, veut dire se moquer de lui.

Fioler

d’Hautel, 1808 : Pour boire avec excès, s’enivrer ; synonyme de Pinter, siroter, etc.

Delvau, 1866 : v. a. Boire, vider une ou plusieurs fioles de vin. Fioler le rogome. Boire de l’eau-de-vie.

Rigaud, 1881 : Boire.

Rigaud, 1881 : Envisager. — Qu’est-ce qu’il a ce pante, à me fioler ?

Fustier, 1889 : Dévisager.

France, 1907 : Boire, mettre le nez à la fiole.

France, 1907 : Dévisager.

Fioleur

Delvau, 1866 : s. m. Ivrogne.

France, 1907 : Ivrogne.

Foutre le camp

Delvau, 1866 : Déguerpir, s’enfuir au plus vite. Signifie aussi : Disparaître, — en parlant des choses, « Le torchon blanc a foutu le camp ! » s’écrie le concierge de la comtesse Dorand dans le roman cité plus haut.

France, 1907 : S’en aller, se sauver.

— Vous pensez ! Mais ça lui était bien égal ! Il n’a aucune pudeur… Et il vociférait, hurlait… Vous savez comme il est mal embouché ? — Fous-moi le camp ! Fous-moi le camp ! Ah ! Il faut que tu déblatères sans cesse contre les hommes ! Ah ! nous ne sommes que des lâches, des goujats, de la crapule ! Ah ! nous ne valons pas mieux que les pourceaux nos frères ! Eh bien, j’en ai assez, j’en ai trop, de tes compliments et de tes gentillesses, et, cette fois, nom de Dieu, tu crieras pour quelque chose !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

— Tu pourras aller dire d’ma part à Pie IX que j’me fous d’sa fiole et d’tous les autres Pie d’son espèce.
Là-d’sus mon capucin fout le camp en m’faisant des yeux comme des clous d’souliers.

(Gustave Grison, Les Aventures du colonel Ronchonnot)

Glierr

Virmaître, 1894 : Le diable. Quand quelqu’un vous embête par trop, on dit dans le peuple :
— Va-t’en aux cinq cents diables,
— Que le diable t’emporte.
— Que le diable te patafiole.
Dans le monde des prisons on dit :
— Que le glier t’entôle en son patelin.
Patelin
(l’enfer), le pays du diable (Argot des voleurs).

Gondoler (se)

Fustier, 1889 : C’est, dans l’argot courant, l’équivalent exact de notre expression familière : rire à se tordre.

La Rue, 1894 : Rire avec excès.

Virmaître, 1894 : Se tordre de rire. Rire à s’en mordre l’œil. C’est gondolant (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Rire.

France, 1907 : Rire à se tordre.

Votre histoire d’omnibus, surtout, nous a beaucoup gondolées, car nous les connaissons, les omnibus, et surtout le personnel des omnibus, qui se venge bêtement sur les voyageurs et les pauvres petites voyageuses des tracasseries et de l’exploitation des grosses légumes capitalistes.

(Alphonse Allais)

Ah ! qu’j’y fais, je m’gondole
En r’luquant ta coupole !
Tu ris ! moi, je rigole ;
Bon vieux, j’épous’ ta fiole :
Aboul’ les monacos !

(Jules Célès)

Grinchir à la fiole

France, 1907 : Donner à quelqu’un un stupéfiant pour le dévaliser à l’aise.

J’en ai mon pied

Virmaître, 1894 : J’en ai assez. J’en ai soupé signifie la même chose. J’ai soupe de ta fiole, de même. Donne-moi mon pied veut dire : Donnez-moi ma part. Ça fait le pied, synonyme de ça fait le joint (l’affaire) (Argot des voleurs). N.

Mario, mariole, mariolle

France, 1907 : Malin, rusé. Les écrivains qui emploient ce mot ne se sont pas encore entendus sur son orthographe.

Il y a deux camps parmi les petits colons, deux camps ennemis.
Le pante, en argot ordinaire, c’est la dupe, la victime. Le mariolle, c’est le malin, celui qui sait se tirer d’affaire. Donc, à la Colonie, le pante et le mariolle sont tout simplement le bon et le mauvais sujet. Le pante, flétri de ce nom par les autres comme d’un ridicule et d’une infamie, se soumet sans résistance à la dure discipline, tâche de faire de son mieux, est laborieux et obéissant. Il est rare ; et, parfois, il faut le dire, le pante n’est qu’un hypocrite, qui fuit le chien couchant auprès des gardiens, dénonce et trahit ses camarades…
Quant aux mariolles, ce sont les indomptables, les incorrigibles. Pareils aux fruits véreux que l’entassement achève de corrompre, ils sont entrés vicieux dans le bagne ; ils en sortiront scélérats. C’est l’histoire de presque tous ces malheureux enfants, et c’est la condamnation de l’absurde régime de promiscuité qu’on leur impose. Les pénitenciers d’enfants sont des pépinières de voleurs et d’assassins. On les enferme, pendant de longues années, avec l’espoir — oh ! bien faible — de les amender ; puis, un beau jour, on les lâche, exaspérés contre le sort, perfectionnés dans le mal, mûrs pour le crime.

(François Coppée, Le Coupable)

Toujours le même fourbi : se dispenser d’agir et croire à une intervention supérieure et extra-humaine.
Et donc, il n’y eut rien de changé : les prêtres de l’État remplacèrent les représentants de Dieu. À leur tour, ces birbes-là bénéficièrent de la nigauderie populaire, vivant bien et tirant riche profit des préjugés et de l’ignorance.
Or, de même que, dans le cours de la kyrielle de siècles que l’humanité a égrenés, les hommes avaient changé de Dieu, — croyant tomber sur le vrai, — le seul, l’unique — assez mariol pour faire leur bonheur ;
De même, quand ils eurent changé d’idolâtrie, remplace la croyance en Dieu par la superstition de l’État, ils changèrent de « forme » gouvernementale, comme ils avaient souvent changé de « forme » divine.

(Le Père Peinard)

I’s aurons beau fair’ leur mariole
Sous prétesque qu’i’s ont l’pognon,
J’en ai soupé, moi, d’leur sal’ fiole.
En attendant d’leur fout’ des gnons
Sur la gueul’, j’vais crier c’que j’pense !
Tant que l’populo sommeill’ra,
J’emmerd’rai les ceuss’ qu’a d’la panse ;
Et l’jour d’la révoltes on verra.

(Aristide Bruant)

Mézigo

Delvau, 1866 : pron. pers. Moi, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Mézigue, Mézère, et Ma fiole.

Rossignol, 1901 : Moi.

Mince

d’Hautel, 1808 : Des minces. On appeloit ainsi vulgairement le papier monnoie, connu sous le nom d’assignats, quand il étoit en émission ; c’est maintenant le nom que le peuple donne aux billets de banque.
Mince comme la langue d’un chat. Se dit par mépris d’une chose peu épaisse, qui n’a de valeur qu’autant qu’il y a beaucoup de matière.
Il est assez mince. Pour dire, il n’est pas trop à son aise.
Avoir l’esprit mince. Pour avoir peu d’esprit, être borné.

Ansiaume, 1821 : Papier.

Pour chomir les bocaux, il faut appliquer du mince bien plaqué pour ne pas attirer la raille.

Vidocq, 1837 : s. m. — Papier à lettre.

Larchey, 1865 : Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.

Delvau, 1866 : s. m. De peu de valeur, morale ou physique, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des gens et des choses. Mince alors !

Delvau, 1866 : s. m. Papier à lettres, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.

Boutmy, 1883 : adj. Pris adverbialement Beaucoup, sans doute par antiphrase. Il a mince la barbe, il est complètement ivre. Commun à plusieurs argots.

La Rue, 1894 : Papier. Billet de banque. Mince ! Beaucoup, très.

Virmaître, 1894 : Rien. Mais, dans le peuple, cette expression sert à manifester l’étonnement.
— Ah ! mince alors, elle en a une nichée dans la paillasse (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Ce mot sert à marquer l’étonnement, et signifie beaucoup.

Vois ce que j’ai pris de poisson ! Mince alors. — Le patron offre à dîner : mince ce que nous allons nous les caler.

France, 1907 : Beaucoup. Mince de chic ! Mince de potin ! Mince de colle ! Mince de rigolade ! Mince de pelle !

Depuis qu’nous somme on république,
On fourr’ ces mots un peu partout.
Nos gouvernants sont ironiques,
Ils la connaiss’nt pour s’fout’ de nous,
Sur les monuments, les écoles,
Les mairies, on voit ces trois mots,
Comm’ si qu’c’était vrai. Minc’ de colle !
C’qu’on te gourr’, mon vieux populo !

(Le Père Peinard)

Je r’viens d’un’ noce aux Batignolles,
Minc’ de rigolade ! Ah ! chaleur !
Les invités avaient des fioles
À fair’ pâmer un saul’ pleureurs 
Y avait d’quoi rir’ comm’ un’ baleine
En voyant parents et mariés.

(Jeanne Bloch)

France, 1907 : Papier à lettres ; argot des voleurs.

Panais

Virmaître, 1894 : Pan de chemise. Être en panais, être en chemise. Dans le peuple, panais est employé comme négation.
— Veux-tu me prêter cent sous ?
— Des panais, tu le fouterais de ma fiole (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Chemise ; pan de chemise.

Patafiole

d’Hautel, 1808 : Mot baroque et interjectif qui marque l’impatience et le mécontentement.
Que le bon Dieu te patafiole. Pour, que le bon Dieu te bénisse.

Patafioler

Larchey, 1865 : Confondre.

Aux gardes du commerce !… Que le bon Dieu les patafiole !…

(Gavarni)

V. pour l’étymologie de ce mot le Magasin pittoresque, t. II, p. 247.

Delvau, 1866 : v. a. Confondre — dans l’argot du peuple. Ce verbe ne s’emploie ordinairement que comme malédiction bénigne, à la troisième personne de l’indicatif : — « Que le bon Dieu vous patafiole ! »

Rigaud, 1881 : Confondre. — Que le bon Dieu vous patafiole ! — Enlever. Que le diable le patafiole !

La Rue, 1894 : Confondre.

France, 1907 : Écraser, anéantir. Ce mot employé dans nombre de provinces, outre Paris, est l’antiphrase de bénir. L’on s’en sert presque exclusivement dans cette phrase : « Que le bon lieu vous patafiole ! » En Bourgogne, patafioler signifie ennuyer. Le même patois a également affioler pour faire enrager, rendre fou, corruption évidente d’affoler. Charles Nisard explique la syllabe pat par cette expression : « Que le bon Dieu ne pas t’affiole. » Ce qui serait justement le sens contraire de ce qu’on lui donne.

Payer sa fiole, sa hure, sa tête (se)

France, 1907 : Se moquer de quelqu’un.

Tous ces conscrits auraient bougrement envie de pleurer, — mais, tous, ravalent leurs larmes, crainte que les camaros se payent leur fiole et aussi pour montrer qu’on est un homme.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Amédée de Saint-Gapour crut comprendre, à ce moment, que la dame se payait sa tête.
Très vexé et fou d’amour, il se précipita sur elle en imitant, à s’y méprendre, le cri du carme.
(Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.)

(Alphonse Allais)

Quelqu’un veut se payer ma tête…
Mais j’ai bon œil et bon poignet,
Et d’une aventure aussi bête
Avant peu j’aurai le cœur net !

(Jules Célès)

Peau

d’Hautel, 1808 : Il crève dans sa peau. Se dit de quelqu’un qui éprouve une jalousie intérieure, un dépit secret.
La peau lui démange. Se dit d’un querelleur, d’un homme qui cherche dispute sans fondement ; qui s’expose à se faire battre.
Elle a envie de sa peau. Se dit d’une femme qui recherche un homme en mariage.
Je ne voudrois pas être dans sa peau. Signifie qu’on ne voudroit pas être à la place de quelqu’un qui s’est attiré une mauvaise affaire.
Il ne changera pas de peau ; il mourra dans sa peau. Se dit d’un homme incorrigible.

Larchey, 1865 : Laide ou vieille prostituée.

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de très mauvaise vie, — dans l’argot des faubouriens. C’est le jeu de mots latins : pellex et pellis. On dit aussi Peau de chien.

Rigaud, 1881 : Prostituée de rebut.

La Rue, 1894 : Basse prostituée. De la peau ! Non, rien.

France, 1907 : Prostituée, fille ou femme de mauvaise vie ; argot populaire. On dit aussi dans le même sens ; peau de chien ou peau de requin.

Quelle est donc cette petite peau de chien que vous veniez de lever l’autre jour sur le boulevard ?
— C’est ma sœur !

(Henri Rochefort)

— L’grand Joseph, du boulevard Barbès, payait-i’ pas l’aut’ soir à diner et d’son pognon, à la grande Irma, du Joubert, et Albertine du Grand-Seize, deux peaux de requins qui n’marchent qu’ensemble et qui s’sont bien offert sa fiole au restaurant d’la Pêche miraculeuse ?

(Jean Lorrain)

Pisser dans un violon

France, 1907 : Perdre son temps ; se donner du mal pour n’arriver à rien.

— Tu as beau faire l’œil en coulisse, roucouler et manger tous les soirs la botte, elle se fiche de ta fiole… C’est comme si tu pissais dans un violon.

(Les Joyeusetés du régiment)

Pistolet

d’Hautel, 1808 : Si ses yeux étoient pistolets, ils me tueroient. Se dit d’un homme qui manifeste sa colère, en lançant des regards irrités, foudroyans sur quelqu’un.
Il s’en est allé après avoir tiré son coup de pistolet. Se dit lorsque quelqu’un s’est retiré d’une conversation, d’une dispute, après avoir lâché une apostrophe vive et piquante.

Delvau, 1864 : Le vit.

Une fille de village
M’a prins en affection ;
Je luy donnay mon pistolet
Qu’elle a mis comme relique
Dans le tronc de sa boutique.

(Chansons folastres)

Larchey, 1865 : Demi-bouteille de champagne. Double allusion au petit calibre de la fiole et à l’explosion de son contenu. — C’est aussi un homme singulier.

On rit avec toi et tu te fâches… En voilà un drôle de pistolet !

(Gavarni)

Delvau, 1866 : s. m. Demi-bouteille de Champagne.

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne fait rien comme personne. On dit aussi Drôle de pistolet.

Rigaud, 1881 : Demi-bouteille de vin de Champagne.

La Rue, 1894 : Demi-bouteille de Champagne. Homme singulier.

France, 1907 : Demi-bouteille de vin de Champagne.

France, 1907 : Individu quelconque. Le mot est employé en mauvaise part. « Un drôle de pistolet ! » — « Qui m’a fichu un pistolet pareil ? »

Roquille

Rigaud, 1881 : Demi-setier, alias polichinelle.

France, 1907 : Petite fiole dans laquelle les cabaretiers servaient l’eau-de-vie et qu’on trouve encore dans certains comptoirs de campagne. De même qu’on dit boire chopine quand il s’agit de vin, on disait boire roquille quand il s’agissait d’eau-de-vie. La roquille contient environ un huitième de litre.

Saute-rondelles

Virmaître, 1894 : V. Fafioleur.

France, 1907 : Banquier.

Se fiche de sa fiole

Rossignol, 1901 : Se moquer de quelqu’un est se fiche de sa fiole, sa figure.

Sextant

France, 1907 : Fiole à liqueur, ainsi nommée parce que pour la boire on forme avec le coude un angle de soixante degrés ; argot de l’École navale.

Soupe (en avoir)

France, 1907 : En avoir assez, en être dégoûté, las.

Le populo en a radicalement soupé d’être exploité, de même qu’il ne veut plus être gouverné — pas plus par des opportunards, des radicaux que des socialos.
De même il n’en pince plus pour être exploité — pas plus par les richards chrétiens que par les capitalos juifs.

(Le Père Peinard)

On dit dans le même sens : souper de la fiole de quelqu’un.

Mais j’ai mon plan, ej’ suis mariolle :
Quand les jug’ auront assez d’moi
Et qu’i’s auront soupé d’ma fiole,
Faudra ben qu’i’s m’appliqu’nt la loi ;
Vous savez ben, la loi nouvell’
Qui condamne l’gouvernement
À m’envoyer à la Nouvelle…

(Aristide Bruant)

Cette expression n’est pas récente, on la trouve dans un couplet de Désaugiers :

Mais c’est quand nous quittons la ville
Qu’il faut voir l’effet des adieux…
Et toutes les femm’s à la file
Se lamenter à qui mieux mieux.
C’est un’ rivière que leurs yeux :
« Reviens donc bien vite…
— Oui-da, ma petite. »
Le plus souvent !
J’ai soupé pour le sentiment.

Soupe de ta fiole

Virmaître, 1894 : Jai assez de ta figure (Argot du peuple). N.

Soupé de ta fiole

Rossignol, 1901 : Figure. Voir Soupé.

Soupé de ta tranche (avoir)

Rigaud, 1881 : Être ennuyé par un camarade, avoir assez de lui, — dans l’argot du régiment. — J’ai soupé de ta tranche, tu m’ennuies. — Variante : Avoir soupé de ta fiole.

Tirer (se)

France, 1907 : S’en aller. On dit aussi se la tirer.

Les hommes, c’est d’la mauvais graine,
C’est à peu près comme l’melon,
Faudrait en avoir six douzaines
Pour en trouver un de bon
Fuyez Léon, Paul, Anatole
Vous que j’eus le tort d’adorer.
Maintenant qu’j’ai soupé d’vot’ fiole.
Vous pouvez vraiment vous tirer.

(René Esse)

Se tirer des flûtes, s’en aller.

Aux Buttes-Chaumont.
La grande sœur. — Où est Mimile ?
Le petit frère. — I’ vient d’f… le camp.
— Tu sais bien qu’on t’a défendu de dire des gros mots.
— Comment qu’i’ faut dire, alors ?
— Il faut dire : il a décanillé, il s’est esbigné, ou mieux il s’est tiré les flûtes.

Se tirer à la douce, s’esquiver rapidement et sans bruit.

À ce moment, un coup de sifflet retentit au dehors.
Tous tressaillirent.
— Attention ! dit Mille-Pattes, c’est ma femme qui avertit… et, vous savez, elle à le nez creux, la Sardine…
— C’est les fliques !… dit Peau-de-Zébi, qui avait entr’ouvert la porte… Ils n’osent pas avancer… tirons-nous à la douce par le jardin…

(Edmond Lepelletier)

Se tirer des pattes, s’en aller, se sauver.

Deux amis de collège, qui ne se sont pas vus depuis le bahut, se rencontrent, en wagon, sur la ligne du Nord.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je suis dans le commerce… Je me tire d’affaire, Et toi ?
— Moi, je suis dans la finance, et je me tire des pattes.

Se tirer des pieds, même sens.

Dans l’musée qu’était solitaire,
Soudain, j’dis à Pascal tout bas :
Regard’ donc cett’ Vénus en pierre,
Comment qu’ça s’fait qu’a n’a pas de bras ?
Il m’fait : Ça c’est une sale histoire,
Mon vieux, faut nous tirer des pieds.
Si on nous voit là, on va croire
Qu’c’est nous qui les avons cassés.

(Eugène Rimbault)

Vitrioler

France, 1907 : Lancer du vitriol au visage de quelqu’un, généralement une rivale ou un amant lâcheur, car c’est une spécialité presque exclusivement féminine. Je dis presque exclusivement, car d’après un document de la prévôté de Paris portant la date de 1639, il résulte que le verbe vitrioler se conjuguait déjà il y a deux cent cinquante ans et fut mis en pratique par des hommes, sous l’instigation d’une femme, il est vrai.
Il est question, dans cette note, d’un attentat étrange commis par cinq hommes masqués, sur Mme la duchesse de Chaunes, à laquelle, ayant arrêté son carrosse, ils jetèrent une fiole pleine d’eau-forte au visage.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique