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Flirtation

Rigaud, 1881 : Action de filer, ou mieux de filtrer le sentiment, de raffiner l’art de faire la cour.

Dans les affaires de cœur, les Françaises ne connaissent pas de milieu entre l’amour et l’indifférence ; elles peuvent avoir des hommes pour amis, mais la flirtation leur est inconnue.

(Lady Morgan, la France, 1817)

Le mot n’est guère répandu que depuis 1875. C’est M. Sardou qui l’a lancé dans la circulation parisienne :

ROBERT : — Ah !… je la connais maintenant leur flirtation ; mais pour la pratiquer sans s’y brûler… juste Dieu ! ces Américaines… en quoi sont-elles ?

(L’Oncle Sam, acte III, sc. VII.)

Flirter

Rigaud, 1881 : Filtrer le sentiment ; courtiser avec raffinement ; mot ; d’importation américaine.

On ! commence par flirter avec une jolie fille.

(E. Augier, Les Fours hambault)

France, 1907 : Badiner amoureusement avec une femme ou une fille. C’est notre vieux mot fleureter, passé dans la langue anglaise où il est devenu le verbe to flirt, et que nous avons repris sous cette forme.

On se frôle, on se renvoie par la même glace, comme aux devantures des magasins, le regard aguichant et l’œillade passionnée.
À la tasse de thé où elle a bu, si peu, le cavalier servant, l’ayant conquise, feignant un air distrait, appuie longuement ses lèvres.
C’est flirter et rien de plus.

(Le Journal)

Plus tard, quand les marmots informes se sont transformés en garçonnets et en fillettes, nous sourions de les voir se faire des mines, prendre des attitudes étudiées et — la chose n’est pas rare, parait-il, dans un certain monde — de flirter, tout comme les grandes sœurs et les grands frères. Ces manières nous amusent : comment ne nous apercevons-nous pas qu’ils sont la preuve d’un éveil prématuré des sens, de l’imagination et de l’esprit, et qu’à l’âge où l’on ne doit faire que l’ange, cette jeunesse fait déjà la bête ?

(Pierre Domerc, La Nation)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique