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Coup de fion

Virmaître, 1894 : Terminer un ouvrage (Argot du peuple). V. Fignoler.

Rossignol, 1901 : Bien essuyer et frotter un travail terminé est lui donner un coup de fion.

Fendant

d’Hautel, 1808 : Faire le fendant. C’est-à-dire, le petit-maître, l’olibrius ; prendre un air capable, tranchant et résolu ; se pavaner ; se carrer.

Larchey, 1865 : Faiseur d’embarras. V. Fignoler.

Ne fais donc pas tant ta fendante.

(1844, Catéch. Poissard)

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui marche d’un air conquérant, le chapeau sur le coin de l’oreille, les moustaches relevées en crocs, la main gauche sur la hanche, et de la droite manœuvrant une canne, — qui n’effraie personne. Il y a longtemps que le peuple emploie cette expression, comme le prouve ce passage de la Macette de Mathurin Régnier :

N’estant passe-volant, soldat ny capitaine,
Depuis les plus chétifs jusques aux plus fendants,
Qu’elle n’ait desconfits et mis dessus les dents.

Faire son fendant. Se donner des allures de matamore. Ou dit aussi Fendart.

France, 1907 : Matamore.

Fignole

Fustier, 1889 : Joli. (Richepin) V. Delvau, Fignoler.

Fignoler

Larchey, 1865 : Exécuter avec fion.

C’est qu’vous fignolait (la contredanse). Dame, il y allait de tête et de queue.

(Rétif, 1783)

Quel style ! comme c’est fignolé.

(Labiche)

C’est un fignoleux, mais il fait trop le fendant à cause qu’il a du bec.

(Vadé, 1788)

Delvau, 1866 : v. a. Achever avec soin, finir avec amour, — dans l’argot des ouvriers et des artistes. Certain étymologiste veut que ce mot signifie : « Exécuter avec fions. » C’est possible, mais j’ai entendu souvent prononcer Finioler : or, la première personne du verbe finire n’est-elle pas finio ? — V. aussi Fionner.

Virmaître, 1894 : Polir une pièce d’ouvrage, l’achever avec un soin tout particulier (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Un travail fait avec soin est fignolé.

France, 1907 : Faire quelque chose avec recherche, avec soin ; s’attacher aux détails.

— Eh ! dit la portière, vous n’êtes pas dégoûté ! Tous les empereurs et les rois des Turcs en voudraient aussi, s’ils savaient comme c’est fignolé ! Seulement, c’est moi qui le mangerai. Et pourquoi auriez-vous de mon miroton ?

(Théodore de Banville, Gil Blas)

Ce qu’on cherche chez nous, c’est à fignoler le client. Polissez-la sans cesse — la peau — et la repolissez, semble être la devise du barbier occupé à rendre nette la joue du patient qu’il travaille « jusqu’à l’ongle » pour ainsi dire.

(Le Record du rasoir)

Pignocher

d’Hautel, 1808 : Manger sans appétit, et avec dégoût, tripoter dans son assiette,

Delvau, 1866 : v. a. Peindre ou dessiner avec un soin méticuleux, — dans l’argot des artistes, ennemis de l’art chinois.

Delvau, 1866 : v. n. Manger avec dégoût, trier les morceaux qu’on a sur son assiette. Argot du peuple. On disait autrefois Épinocher.

Fustier, 1889 : Peindre minutieusement. Argot des artistes. — Manger du bout des dents.

Un soir qu’il pignochait des œufs qui sentaient la vesse.

(Huysmans, À vau-l’eau)

Virmaître, 1894 : Terme employé dans les ateliers de peintres pour désigner un artiste qui peint à petits coups de pinceau. Il pignoche sa toile. Meissonier était le roi des pignocheurs (Argot des artistes).

France, 1907 : Trop finir une œuvre, dans l’argot des artistes peintres ; synonyme de fignoler.

Trôleur

Rigaud, 1881 : Vagabond, rôdeur de barrière. — Marchand de peaux de lapins.

La Rue, 1894 : Commissionnaire. Vagabond. Marchand qui fait la trôle. Marchand de peaux de lapin.

France, 1907 : Artisan, marchand qui colporte ses propres produits. Il ne faut pas confondre le trôleur avec le camelot qui débite des journaux, la question ou le jouet du jour et qui n’est qu’un intermédiaire. Le trôleur vend les œuvres dont il est l’auteur. Mais son métier a de dures exigences. Il faut que ce petit fabricant vende de suite et à tout prix sa marchandise. La mère et les enfants attendent souvent pour dîner son retour. Aussi l’ouvrier n’a quelquefois pas le temps de fignoler son travail. Il l’offre tel


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique