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Biche, cocotte, grue, horizontale, persilleuse, bergeronnette, Louis XV

La Rue, 1894 : Fille galante, maîtresse. Les prostituées de basse catégorie ont reçu beaucoup de noms : crevette, bourdon, passade, fesse, galupe, catau, catin, gerse, gaupe, ruttière, gouge, gouine, baleine, chausson, roubion, grognasse, gourgandine, truqueuse, asticot, morue, brancard, autel ou outil de besoin, dossiers, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, traînée, trouillarde, camelotte, volaille, carogne, blanchisseuse de tuyaux de pipes, pouffiasse, moellonneuse, pontonnière, pilasse, ponante, ponifle, pierreuse, vadrouille, chiasse, avale-tout, taupe, paillasse, cambrouse, wagon à bestiaux, voirie, rouchie, gadoue, etc.

Bouffiasse

France, 1907 : Joufflue.

Capatrat

France, 1907 : Tête ; argot des voleurs.

La bataille allait prendre une tournure plus sérieuse, car Nib avait dit à voix basse à ses acolytes, parodiant, sans le connaître, le mot de César recommandant à ses soldats de frapper au visage :
— Escarpez à la capatrat, vieux fiasses !… (Tapez à la tête vieux frères).
Ses compagnons, suivant ce conseil, s’efforçaient d’atteindre le comte à la tête avec leurs bouteilles et leurs verres lancés à toute volée.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Contre-temps

Delvau, 1864 : Fiasco amoureux.

À l’amant vieux et blême
Que tourmente Vénus,
Qui dit encor qu’il aime
Et ne le prouve plus.
Tu promets assistance
Contre les contre-temps.

(Collé)

Éponge

d’Hautel, 1808 : Boire comme une éponge. Boire avec excès ; s’enivrer.
Passer l’éponge sur quelque chose. Pardonner ; oublier noblement une mauvaise action ; une offense.
Presser l’éponge. C’est faire rendre à quel qu’un ce qu’il a pris ; le faire regorger.

Delvau, 1864 : Femme. Épouse ou maîtresse qui vous éponge, en manœuvrant au cul, le trop plein de vos couilles.

Delvau, 1866 : s. f. Ivrogne, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des voyous, qui révèlent ainsi d’un mot tout un détail de mœurs. Autrefois (il n’y a pas longtemps) les filles et leurs souteneurs hantaient certains cabarets borgnes connus de la police. Ces messieurs consommaient, en inscrivait sur l’ardoise, ces dames payaient, et le cabaretier acquittait la note d’un coup d’éponge.

Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur.

Mais, pardon, tiens, que je te fasse voir mon éponge, poursuivit-il, en tirant à lui Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Femme de souteneur. Éponge d’or, avoué.

France, 1907 : Ivrogne. La périphrase s’explique de soi.

France, 1907 : Maîtresse ; argot des souteneurs.

Me v’là, Laur’, l’éponge à Polyte,
C’est un beurr’ comm’ nous nous aimons,
Mon homme et moi, nous somm’s l’élite,
La fleur, la crèm’ des butt’s Chaumont,
C’est dimanch’ dernier, au bastringue,
Qui m’a plu Polyte, et qu’j’y plus ;
La grande Irma, c’t’espèc’ de bringue,
Était sa marmite, ell’ l’est pus,
Dès qu’j’en suis d’venue amoureuse,
Y m’a dit : Toc, ça t’va, ça m’va !
C’est vraiment chouett’ pour un’ pierreuse
D’avoir un mec comm’ celui-là.

(André Gill, L’Éponge à Polyte)

Voici en bloc les noms donnés aux prostituées de basse catégorie : asticot, autel du besoin, avale-tout, baleine, blanchisseuse de tuyau de pipe, bourdon, brancard, cambrouse, camelotte, carogne, catau, catin, chausson, chiasse, dossière, fesse, gadoue, galupe, gaupe, gerse, gouge, gouine, gourgandine, grognasse, moellonneuse, morue, outil de nécessité, paillasse, passade, pétasse, pierreuse, ponante, ponifle, pontonnière, pouffiasse, punaise, roubion, rouchie, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, rullière, taupe, trainée, trouillarde, truqueuse, vadrouille, voirie, volaille, wagon à bestiaux.

Faire fiasco

France, 1907 : Échouer complètement.
L’expression vient d’Italie, Ludovico Fiasco, que nous appelons Fiesque, était un gentilhomme de Gênes qui, en 1547, ourdit avec l’aide de la France et du pape Paul III une conspiration contre l’amiral Andreo Doria. Il parvint à l’aide de ses deux frères, à s’emparer des portes du port de Gênes, mais il se noya en montant sur son vaisseau, au moment peut-être de réussir.

En fait de chances déshonnêtes,
Nous comptions tout dernièrement
Sur Simon lisant les sornettes
Du grand pétitionnement ;
Mais, hélas ! cet Iscariote,
Ce politique à la Bosco,
Ce faux et louche patriote,
N’a fait qu’un immense fiasco !

(Julien Fauque, Ce que disent les Jésuites)

Les Allemands ont la même expression : Fiasco machen.

Fiasco

Delvau, 1864 : Insuccès amoureux. — Faire fiasco. Ne pas pouvoir bander au moment où il le faut.

Delvau, 1866 : s. m. Insuccès, — dans l’argot des coulisses et des petits journaux. Faire fiasco. Échouer dans une entreprise amoureuse ; avoir sa pièce sifflée ; faire un mauvais article. Se dit aussi pour Manquer de parole.

France, 1907 : Échec. Voir Faire fiasco.

Fiasse

France, 1907 : Frère.

Nib, pour stimuler ses compagnons, leur promit de leur abandonner l’argent qu’on devait trouver chez la vieille.
— Pour sûr elle devait avoir du jonc caché quelque part, la mère la Nippe a un magot… à nous de le flairer, vieux fiasses !…

(Edmond Lepelletier)

Fiâsses (les)

Hayard, 1907 : Éux.

Flûtes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Jambes. Jouer des flûtes. Courir, se sauver. Astiquer ses flûtes. Danser.

Rigaud, 1881 : Jambes et principalement jambes maigres. — Se tirer des flûtes, se sauver.

Faut s’ tirer des flûtes.

(G. Marot, L’Enfant de la Morgue, 1880)

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Jambes.

France, 1907 : Jambes maigres On dit aussi flageolets.

La petite pouffiasse était assez garnie en croupe, mais il ne fallait pas regarder ses flûtes.

(Les Propos du Commandeur)

Astiquer ses flûtes, danser.

anon., 1907 : Jambes.

Impair

Delvau, 1866 : s. m. Insuccès, fiasco, — dans l’argot des artistes.

La Rue, 1894 : Insuccès. Maladresse.

Virmaître, 1894 : Commettre un impair : se couper dans un interrogatoire et dire ce qu’il ne faudrait pas. Faire un impair à quelqu’un, c’est lui manquer de respect. Impair : commettre une faute, se tromper dans l’appréciation de la valeur d’une affaire. Aller un peu trop de l’avant, c’est commettre un impair (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Se tromper, indélicatesse.

Nous ne sommes plus, des amis, depuis qu’il m’a fait un impair.

Pouffiasbourg

Delvau, 1866 : n. d. v. Asnières, — dans l’argot des faubouriens, qui savent que ce village est le rendez-vous de la Haute-Bicherie parisienne. On dit aussi plus élégamment : Gadoûville.

Pouffiasse

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de mauvaise vie.

La Rue, 1894 : Femme vile, prostituée.

Hayard, 1907 : Vieille fille publique.

Pouffiasser

Delvau, 1866 : v. n. Mener une conduite déréglée — quand on est femme. Fréquenter avec les drôlesses — quand on est homme.

Poufiasbourg

France, 1907 : Sobriquet donné à Asnières près Paris, à cause du nombre de femmes de mœurs légères qui viennent y résider.

Poufiasse

Rossignol, 1901 : Prostituée.

France, 1907 : Sale femme, prostituée de bas étage ; argot populaire qui se trouve dans le parler béarnais.

Le directeur du bagne lui paya une chopine d’arnica, pour panser ses hochons, puis exigeant de la poufiasse qu’elle porte plainte, il rédigea pour elle une déposition.
Mais quand il s’est agi de dégotter des témoins, bernique ! personne n’a voulu marcher.

(Le Père Peinard)

Si j’ai pas l’rond, mon surin bouge,
Or quand la poufiasse a truqué,
Chez moi son beurre est pomaqué :
Mieux vaut bouffer du blanc qu’du rouge.

(Jean Richepin)

Poufiasser

France, 1907 : Mener une vie de débauché ou de poufiasse.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique