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Béquillard

Delvau, 1866 : s. m. Vieillard, — dans l’argot des faubouriens, qui n’ont pas précisément pour la vieillesse le même respect que les Grecs.

Rigaud, 1881 : Bourreau. Béquillarde, guillotine.

Rigaud, 1881 : Vieillard. — Boiteux.

France, 1907 : Vieillard, boiteux.

Paris est une ville où rien ne manque.
En cherchant bien, on y trouverait aisément de tout : des béquillards qui, la nuit venue, courent comme des lapins ; de faux culs-de-jatte qui fourrent leurs jambes on ne sait où et des aveugles qui n’ont pas perdu la vue.
Le monde des mendiants est un abime insondable. Il défie toute analyse.

(Charles Mérouvel, Dent pour dent)

Jambes à son cou (prendre ses)

France, 1907 : S’enfuir, courir de toutes ses forces.

Manière de courir,
Pas commode du tout.

dit la chanson. C’était cependant la meilleure façon de se sauver pour ceux qui l’employaient, si l’on songe que les jambes dont il s’agit étaient des béquilles. Cette singulière locution vient, en effet, du temps de la fameuse Cour des miracles, réunion de tous les mendiants et malandrins de Paris. Dès que l’alerte était donnée, qu’on annonçait l’arrivée du guet ou de la maréchaussée, faux estropiés, faux culs-de-jatte, faux boiteux jetaient leurs béquilles sur leurs épaules, et faisant reprendre à leurs vraies jambes leur rôle naturel, couraient avec les fausses, pendues à leur cou.


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