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Casser

d’Hautel, 1808 : Se casser le ventre. Terme badin et militaire ; se passer de dîner, ou de manger aux heures accoutumées.
Casser les vitres. Signifie ne plus garder de mesures dans une affaire ; en venir aux gros mots, aux termes injurieux.
Je t’en casse, Minette. Manière badine et plaisante de parler, qui signifie, ce n’est pas pour toi ; tu n’auras rien de ce que tu demandes.
Il est cassé aux gages. Pour, il est tombé en défaveur en disgrace. Se dit aussi d’un domestique que l’on a congédié.
Se casser le cou ou le nez. Se blouser dans des spéculations, dans une affaire ; faire un faux calcul.
Qui casse les verres les paye. Vieille maxime, fort peu mise à exécution ; car la plupart du temps ceux qui cassent les verres ne sont pas ceux qui les payent.
Elle a cassé ses œufs. Manière basse et triviale de dire qu’une femme a fait une fausse couche.

Vidocq, 1837 : v. a. — Couper.

un détenu, 1846 : Rompre. Casser sa canne : rompre son ban. Casser sur quelqu’un : révéler.

Delvau, 1866 : v. a. Couper, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : v. n. Mourir, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Chiffonner un sac de bonbons en le préparant, — dans le jargon des confiseurs.

Rigaud, 1881 : Dire du mal, par abréviation de casser du sucre.

Rigaud, 1881 : Frapper, battre. — Je te vas casser. — Casser la gueule, casser la margoulette, casser la figure.

Rigaud, 1881 : Manger. Le mot date du XVIIIe siècle. On dit, dans le langage courant : « Casser une croûte », pour manger un morceau. — Casser le cou à un lapin, manger un lapin.

La Rue, 1894 : Mourir. Dénoncer. Manger. Se la casser, se sauver.

Rossignol, 1901 : Dire, avouer. Un détenu qui a fait des aveux a cassé. Dire une chose est casser.

Il me l’a dit, il me l’a cassé.

France, 1907 : Le verbe a de nombreuses significations : manger, dénoncer, avouer, couper, mourir.

— Voyons, Nib, pas tant de magnes !… On vous dit qu’on n’est pas des assassins… si vous faites du mal à la petite môme…. tant pis pour vous, nous casserons…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Casser son œuf

La Rue, 1894 / France, 1907 : Faire une fausse couche.

Couche

d’Hautel, 1808 : Faire une fausse couche. Avorter dans une entreprise, s’y blouser.

Faire une fausse couche

Delvau, 1864 : Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.

… Je bandais, et si fort, sur ma couche étendue,
Que j’en fis une fausse…

(Louis Protat)

Fausse couche

Virmaître, 1894 : Homme petit, chétif, qui n’a pas été terminé. Terme de mépris employé dans les ateliers (Argot du peuple). V. Avorton.

France, 1907 : L’antithèse du bel homme.

— Tonnerre de Dieu ! c’est-y que tu n’es pas un homme ? Qui c’est qui m’a bâti une fausse couche pareille ! Allez, allez, comptez-vous quatre, et en route, hein ! que ça ne traîne pas ! — Pas plan, qu’y dit ? Eh bien ! mon vieux !… nom d’un chien, nous le verrons bien si y a pas plan !

(Georges Courteline, La Vie de caserne)

Fausse joie

France, 1907 : Fausse couche, avortement.

Je vous demandais simplement si vous n’aviez jamais eu de fausse… joie.

(Albert Cim)

Momignardage à l’anglaise ou en purée

France, 1907 : Fausse couche.

Œuf (casser son)

Rigaud, 1881 : Faire une fausse couche. (L. Larchey)

France, 1907 : Faire une fausse couche ; argot populaire.

Œuf (plein comme un)

Larchey, 1865 : Soul. — Casser son œuf : Faire une fausse couche.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique