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Blond

d’Hautel, 1808 : Un beau blond. Phœbus, damoiseau ; joli garçon à blonde chevelure.
Délicat et blond. Se dit d’un farfadet, d’un pédant ; d’un homme qui s’en fait trop accroire.
Blond d’Égypte. Terme ironique, qui se dit d’une personne qui a la peau brune et basanée.

Farfadet

d’Hautel, 1808 : Nom injurieux que l’on donne à un sot, un petit maître, un fat ; à un homme dont l’humeur est fière et hautaine.

Delvau, 1864 : Nom qu’on donnait au XVIIIe siècle à une variété de maquereaux ; témoin ce passage du Colporteur de Chevrier :

Croirait-on que quand ce guerluchon ne suffit pas, il est dupé lui-même par une troisième espèce appelée farfadet ?

Voir Milord Pot-au-feu.

Milord

Delvau, 1864 : L’entreteneur — anglais ou toulousain — d’une femme galante.

Le notaire est son milord.

(H. de Balzac)

J’allons fair’ sauter les sacoches
De ce bon mossieu, son milord.

(L. Festeau)

Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement Mylord Pot-au-feu. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons ; un Guerluchon, c’est un amant qu’elle paye ; un Farfadet, c’est un complaisant ; et un Qu’importe est une personne qui vient de temps en temps, qui est sans conséquence ! et paye au besoin les petites dettes criardes.

(Correspondance d’Eutylie, 1,132)

Larchey, 1865 : Cabriolet à quatre roues.

On vote vingt-deux sous à Clémence pour un cabriolet milord.

(Méry)

Larchey, 1865 : On donne moins ce nom aux Anglais qu’à ceux dont les largesses rappellent l’opulence britannique. Au moyen âge, milourt avait déjà le même sens, avec une acception plus ironique encore. C’est, comme Anglais, un fruit de nos anciennes guerres.

Ce sont milourdz qui ne voulsissent point d’hostes avoir.

(Cretin, Épitre à Charles VIII)

Et je vous attise un beau feu au dessoubs et vous flambois mon milourt comme on faict les harencs sorets à la cheminée.

(Rabelais, Ch., 14)

Le gros tailleur se dit négociant. À sa tournure il n’est pas milord russe.

(Sénéchal, Ch., 1852)

Être sur le boulevard de Gand, se donner un air milord.

(Ed. Lemoine)

Milord est souvent synonyme du miché sérieux décrit plus haut. exemple :

Le notaire est son milord.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. m. Cabriolet à quatre roues, — dans l’argot des cochers.

Delvau, 1866 : s. m. Entreteneur, — dans l’argot des petites dames. Leurs mères, plus prosaïques et moins vaniteuses, disaient Milord pot-au-feu, comme en témoigne ce couplet de Désaugiers :

Lorsque nous aimons,
Nous finançons
Afin de plaire.
D’où vient qu’en tout lieu
On dit : « Un milord pot-au-feu. »

Delvau, 1866 : s. m. Homme riche, en apparence du moins, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis l’occupation de Paris par les Anglais.

Rigaud, 1881 : Entreteneur, à l’époque où les Anglais passaient our être généreux avec les dames qui vivent de la générosité publique.

France, 1907 : Cabriolet à quatre roues

France, 1907 : Entreteneur d’une petite dame.

J’allons faire sauter les sacoches
De ce bon monsieur, ton milord.

(Festeau)

On disait autrefois de l’entreteneur : Milord Pot-au-feu ; c’est en effet lui qui fait bouillir la marmite.

Lorsque nous aimons,
Nous finançons
Afin de plaire ;
D’où vient qu’en tout lieu
On dit : Um milord Pot-au-feu.

(Désaugiers)

France, 1907 : Nom que les voyous donnent à tout Anglais ou tout Américain qui paraît riche.

Nouer l’aiguillette

Delvau, 1864 : Empêcher un mari ou un amant de consommer l’agréable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le croyait autrefois, mais en épuisant complètement son stock de foutre, de sorte qu’on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte d’infidélité.

Il avait peut-être l’aiguillette nouée.

(Moyen de parvenir)

Lequel ayant eu l’aiguillette nouée la première nuit de ses noces.

(Brantôme)

Ami lecteur, vous avez quelquefois
Ouï conter qu’on nouait l’aiguillette.

(Voltaire)

France, 1907 : Empêcher par un maléfice la consommation du mariage. La croyance populaire attribuait aux sorciers le pouvoir de nouer l’aiguillette aux nouveaux mariés et de les empêcher d’accomplir ce que l’Église appelle l’œuvre de chair. On désignait ces sorciers sous le nom de noueux d’aiguillettes.

Il presse sa jeune épouse, mais soit l’émotion, soit l’excès d’amour,
Trop d’amour peut nuire à l’amour même,
il s’aperçoit avec terreur qu’il à l’aiguillette nouée.

(Les Propos du Commandeur)

Et vous qui présidez aux mystères funèbres,
Esprits noirs et malins, Habitans des Ténèbres,
Qui pour suivre mes Loix êtes toûjours sur piés,
Qui nouez l’aiguillette aux nouveaux mariés,
Qui prodiguez aux miens, d’une main bienfaisante,
Talisman, Trefle à quatre et Pistole volante ;
Vous, que j’ai pour mon Art employés tant de fois,
Farfadets et Lutins, accourez à ma voix.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique