Delvau, 1864 : Qui a reçu tant d’assauts, ou qui a eu tant de maladies, qu’il porte en lui une odeur dont s’accommodent seuls les gens qui se sont pas dégoûtés. — On le dit aussi comme synonyme de vieille fille.
Con faisandé
Faisander (se)
Delvau, 1866 : v. réfl. Vieillir, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se font aucun scrupule d’assimiler l’homme au gibier. Ils disent aussi S’avarier.
France, 1907 : Vieillir.
Faisanderie
Rossignol, 1901 : Escroquer de la marchandise est faire de la faisanderie.
France, 1907 : La faisanderie ou bande noire comprend quatre catégories de fripons nécessaires à son confectionnement. C’est d’abord le courtier qui, au moyen de faux certificats, se donne comme agent d’une maison de commerce importante, négociant en vins, joaillier, négociant en denrées, facteur de la Halle. Il s’adresse à de petits marchands, appelés petits faisans ou frères de la côte et leur offre à bas prix des marchandises dont il prétend disposer.
— Il voulait faire mon éducation… il m’a engagé à chauffer des lettres que ma patronne écrivait un ancien étalier de chez nous… elle les mettait à la poste restante, et puis elle venait rechercher la réponse… j’ai pu mettre la main dessus… Ah ! ce qu’il a fait reluire le singe avec celle monnaie-là, je n’te dis qu’ça… V’là ce qui m’a donné le goût de la faisanderie…
(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Langue verte
Delvau, 1866 : s. f. Argot des joueurs, des amateurs de tapis vert. Il y a, dans les Nuits de la Seine, drame de Marc Fournier, un professeur de langue verte qui enseigne et pratique les tricheries ordinaires des grecs. Le sens du mot s’est étendu : on sait quel il est aujourd’hui. Langue verte ! Langue qui se forme, qui est en train de mûrir, parbleu !
Rigaud, 1881 : Argot des tricheurs, langue irrégulière, bas langage. Tantôt verte comme une pomme au mois d’août, tantôt verte comme un gibier trop faisandé.
France, 1907 : Nom donné primitivement à l’argot des joueurs à cause du tapis des tables de jeu, ordinairement vert. C’est, depuis le Dictionnaire de Delvau, l’argot en général. Ainsi le professeur de langue verte était un joueur ruiné, offrant ses conseils, et non un maître d’argot.
Passer l’arme à gauche
Delvau, 1866 : v. a. Mourir, — dans l’argot des troupiers et du peuple. On dit aussi Défiler la parade.
Virmaître, 1894 : Mourir (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Mourir.
France, 1907 : Mourir.
— Il est mort ?
— Oui, passé l’arme à gauche ce matin, et comme il était déjà pas mal faisandé, il parait qu’il trouillote, aussi c’est demain qu’on le porte au jardin des claqués. Monte à la chambre, on t’en dira des nouvelles.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Encore un que la mort fauche
Sans se lasser de faucher,
Un qui passe l’arme à gauche,
Sans pourtant être gaucher.
(Raoul Ponchon, Gazette rimée)
Terre jaune (amateur de)
France, 1907 : Pédéraste.
Certes, le Père Peinard ne parle pas le langage des aristos, des ostrogoths, des sacristains, des amateurs de terre jaune et autres mecs honorables. Cependant les putains de la haute, pas plus que les birbes faisandés ne sauraient en le lisant satisfaire leurs goûts pour les cochonneries.
(Père Peinard)
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