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Belle enfant

Delvau, 1864 : Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire l’enfant, ou de faire un enfant.

Ma belle enfant !

Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la Pie voleuse, jusqu’à la Grâce de Dieu, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges : — La belle enfant !

Embarras (mettre une fille dans l’)

France, 1907 : Faire un enfant à une fille ; argot populaire.

— Le roi David, qui était saint et avait plus de soixante ans, ne devint-il pas amoureux de la petite Abisag de Sunam, qui n’en avait que douze… Dame ! c’est écrit dans l’Ancien Testament, le livre du bon Dieu… On y voit aussi que le patriarche Abraham, à l’âge de cent ans, mit dans l’embarras sa pauvre servante Agar, qui n’en avait pas seize ! Ah ! les gueux d’hommes ! Ils ne valaient pas mieux autrefois qu’aujourd’hui.

(Hector France, Marie Queue-de-Vache)

Engrosser

d’Hautel, 1808 : Ce mot ne s’emploie qu’en mauvaise part ; en parlant d’une fille à qui un séducteur a fait un enfant, on dit : elle s’est laissé engrosser.

Delvau, 1864 : Devenir enceinte par suite d’un coup tiré avec un homme de sperme prolifique. — Faire un enfant à une femme.

Il arriva à cette folle femme de se faire engrosser à un autre qu’à son mari.

(Brantôme)

Mais un plus grand malheur m’a-t-il jamais pu advenir : engrosser une fille du premier coup ?

(P. De Larivey)

Quelques-uns ayant engrossé des filles sont contraints de les épouser.

(Ch. Sorel)

Faire remplir (se)

Delvau, 1864 : Se faire faire un enfant.

L’un me remplit, l’autre me bourre…
Que puis-je désirer de plus ?

(Marcillac)

Géniteur

Delvau, 1864 : Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un enfant, — genitor.

Rigaud, 1881 : Père.

Trois ans se sont écoulés depuis que mon géniteur a cessé d’exister et de gouverner la France.

(Armand Charlemagne, Les trois B, 1809)

Greffer un tendron

Delvau, 1864 : Prendre une jeune fille pour un arbre, la grimper et lui faire un enfant.

Lorsque la charmille pousse,
D’une main légère et douce
Je lui donne une façon
Souvent je plante et je sème,
Mais, mon plaisir est extrême,
Lorsque je greffe un tendron.

(Vieille chanson anonyme)

Mettre une femme dans la circulation

Delvau, 1864 : La forcer — après l’avoir frappée à son effigie — à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter.

Peine (faire de la)

France, 1907 : Expression euphémique employée dans le centre de la France pour : mettre une fille dans l’embarras, c’est-à-dire lui faire un enfant

Retirer (se)

Delvau, 1864 : Sortir du con de la femme qu’on baise quand on craint d’être surpris, ou de lui faire un enfant ; — ou lorsque l’on a fini de baiser, ce qui n’est plus surprenant.

Thémire. feignant le contraire,
Disait toujours : Ménage-moi ;
J’ai peur de rencontrer… ma mère…
Ah ! cher Colin, retire-toi…

(G. Garnier)

Ah ! tu te retires !… Pourquoi ne l’as-tu pas laissée dans moi ! je ne l’aurais pas mangée, va !

(Henry Monnier)

Voulez-vous un ami prudent
Qui ménage vos craintes ;
Vite, ouvrez-moi vos… sentiments.
Je sais me retirer à temps.

(Chanson anonyme moderne)

Tablier lève (son)

Delvau, 1864 : Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique