d’Hautel, 1808 : Il ressemble au cogne-fétu, il se tue et n’avance à rien. Se dit d’un homme qui semble suer sang et eau en travaillant, et qui n’est cependant rien moins qu’habile à l’ouvrage.
Avancer
Chose (le)
Delvau, 1864 : Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.
Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.
(Mililot)
Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on perçoit qu’il y est.
(Les Cent Nouvelles nouvelles)
Quand je l’eus lavé une pose,
Soudain je vis dresser son chose.
(Farces et Moralités)
Serait-il vrai, bouche de rose,
Ce que m’a dit un imprudent :
Que vous vous passez moins de chose
Qu’un espagnol de cure-dent ?
(Théophile)
O ! ouy, ma foi, elle a un chose
Qui ne bouge de la maison,
Ainsi que fait celuy Lison,
Ainsi fatelu et douillet.
(Ancien Théâtre français)
Ton chose, me dis-tu,
À si petite ouverture,
Qu’un vit moindre qu’un fêtu
Y serait à la torture.
(Cabinet satyrique)
Cogne-fêtu
d’Hautel, 1808 : Homme qui se donne beaucoup de peines, et qui n’avance à rien ; égoïste, avaricieux.
Fétu
d’Hautel, 1808 : Un cogne fétu. Celui qui se tue en travaillant, et qui ne fait rien qui vaille.
Tirer au court Fétu. C’est-à-dire à la courte paille.
Cela ne vaut pas un fétu. Pour, n’a aucune espèce de valeur.
Delvau, 1864 : Le membre viril.
De son fétu neuf pouces sont l’aunage.
(Piron)
Nouvelle
d’Hautel, 1808 : On n’en a eu ni vent ni nouvelle. Pour dire qu’on n’a plus entendu parler de quelqu’un, qu’on a perdu une affaire de vue.
On dit en parlant de l’autre monde, que personne n’en est revenu dire de nouvelles.
Rigaud, 1881 : Pour Nouvelle-Calédonie. Passer à la Nouvelle, être condamné à la déportation, — dans l’argot des voleurs.
France, 1907 : La Nouvelle-Calédonie. Passer à la Nouvelle, être transporté.
À quatorze ans fort souvent l’on se tâte
Et l’on se dits « Quel sera mon métier ?
Serai-je huissier ou délayeur de pâte,
Artiste peintre, évêque ou charretier ? »
Un jour soudain, un ami vous révèle
Que vous feriez un excellent colon…
« Tiens ! dites-vous, le conseil parait bon,
Essayons donc d’aller à la Nouelle ! »
(Georges Prud’homme)
Il en a pour vingt ans d’Nouvelle,
On n’en r’vient pas, de c’pat’lin-là,
Mais l’on part avec sa donzelle,
C’est tout c’qu’i’ faut pour vivr’ là-bas.
France, 1907 : Parcelle de la mèche ou fétu brûlant avec plus d’éclat, au milieu de la flamme d’une chandelle. C’est, dit-on, l’annonce d’une nouvelle. Si l’on frappe le flambeau sur la table et que la petite flammèche se détache et tombe, on en conclut que le messager est un cavalier, et, si elle persiste, que c’est un piéton.
(Cte Jaubert, Glossaire du Centre de la France)
Dans les campagnes lorraines, quand le feu se met à lancer des étincelles et à pétiller, c’est signe de visite.
Paille de fer
Larchey, 1865 : Dans le récit d’un combat, H. Monnier fait dire à un vieux sergent :
À toi, à moi la paille de fer.
Allusion singulièrement pittoresque au hasard qui expose chaque combattant à un coup mortel. N’est-ce pas un vrai jeu de courte-paille ? — Seulement, les fétus sont des pointes meurtrières.
Delvau, 1866 : s. f. Baïonnette, — dans l’argot des troupiers. Signifie aussi : Fleuret, Epée.
Merlin, 1888 : Baïonnette.
France, 1907 : Baïonnette, fleuret, épée.
Petits vits
Delvau, 1864 : Synonymes : l’asticot, la bibite, le fifre, guiguitte, la quéquette, le salsifis, etc., etc.
Ces petits vits desquels l’enflure
À peine garnit l’ouverture
Des cons, voire des plus petits,
Sont haïs de nous autres, filles,
Et les estimons inhabiles
À chatouiller nos appétits.
Ces petits vits à la douzaine
Ne rendent la nature pleine
Et ne donnent jusque au bout ;
Il semble qui l’on nous farfouille
Ou d’un fétu, ou d’une douille :
Il faut égalité partout
[…]
Ils vont vagabonds par la place,
Sans marquer ni chemin ni trace :
Les murs n’approchent nullement,
Le plancher sur leur chef se hausse,
C’est une volupté sans sauce :
Le plaisir vient du frottement.
(Le Sr de Sygognes)
Rompre la paille
France, 1907 : Rompre une amitié, renoncer à une union, se brouiller.
Cette locution remonte au moyen âge où l’on envoyait à une personne avec laquelle on voulait cesser toute relation, un fétu de paille brisé. Lorsque le propriétaire d’un fief était obligé d’y renoncer, le seigneur dont il était vassal faisait déposer sur le seuil de sa maison un fétu de paille brisé. « Quand les seigneurs français, dit Ch. Loubens, convoqués en champ de mai, voulurent reprocher à Charles le Simple les concessions faites aux Normands, ils eurent recours à ce signe pour manifester leurs sentiments. Ils s’avancèrent au pied du trône, brisèrent chacun une paille et en jetèrent les morceaux à leurs pieds. Cela voulait dire : Vous n’êtes plus notre roi, il n’y a plus rien de commun entre nous. »
Quand deux amis se sont brouillés,
On dit que la paille est rompue.
Cette comparaison dans le publie reçue
Sera-t’elle du goût des esprits ampoulés?
Je n’en sais rien. Vaille que vaille,
Il est certain que l’amitié,
Comme elle est aujourd’hui sur pié,
N’est pas plus forte qu’une paille.
(Vers cités par Didier Loubens)
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