Rigaud, 1881 : Évasion, départ précipité, poudre d’escampette, — dans le jargon des voleurs. Déformation d’escampette. Camper, se sauver en toute hâte ; pour décamper. C’est le mot français camper, quitter, à peine détourné de son acception.
Campage, campe
Esbigner (s’)
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Se sauver. Esbignez-vous, les marsoins ! contrebandiers, sauvez-vous !
Halbert, 1849 : S’enfuir, s’en aller.
Larchey, 1865 : S’enfuir.
Et l’amant qui s’sent morveux, Voyant qu’on crie à la garde, S’esbigne en disant : Si j’tarde, Nous la gobons tous les deux.
(Désaugiers)
Delvau, 1866 : v. réfl. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens, à qui Désaugiers a emprunté cette expression.
Rigaud, 1881 : Se sauver. Celui qui s’esbigne, se sauve pour ne pas rendre un service, ou pour ne pas être reconnu.
La Rue, 1894 : Partir, s’esquiver. Voler.
Virmaître, 1894 : Se sauver. Dans les faubourgs, quand un voyou sait qu’il va recevoir une maîtresse correction, il s’esbigne (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Se sauver.
France, 1907 : Se sauver, s’esquiver, s’enfuir.
La raclée devait être divisée en douze leçons. Après la troisième, je pris la poudre d’escampette.
Elles devenaient de plus en plus chaudes chaque fois, et commençant à me demander ce que pourrait bien être la douzième, je jugeai préférable de m’esbigner avant l’échéance.
(Hector France, Chez les Indiens)
Plus tard, la chance s’ensuivant,
S’il ne se fait pas prendre avant
Ou ne s’esbigne,
Notre homme, par un coup savant,
Nous supprime le plus souvent…
Comble de guigne !
(Blédort)
Escampette
d’Hautel, 1808 : Il a pris la poudre d’escampette. Pour dire, qu’un homme, poursuivi par la justice ou par de nombreux créanciers, s’est prudemment enfui.
Mesurer de l’avoine (pas fait pour)
France, 1907 : Expression populaire, employée comme critique d’une fille ou d’une femme qui repousse les amoureux. Ce n’est pourtant pas fait pour mesurer de l’avoine, dit-on en parlant du déduit d’amour.
Guérigny est un patelin de la Nièvre où les bigottes qui ne sont pas encore aussi racornies que des peaux de bique sont dans la désolation.
Elles avaient un curé qui, en compagnie de son vicaire et d’un ratichon ami, menait une vie de patachon. C’est foutre pas ces trois frocards qui ont contribué à la dépopulation de la France !
Ces corbeaux-là se payaient des noces à tout casser, — et ils n’oubliaient pas le sexe !
La supérieure du couvent, une vieille guenon, plus laide que les sept péchés capitaux, et chipie en diable, est allée casser du sucre à mossieu l’évêque.
Sur ce, le curé et le vicaire ont été fichus à la porte.
Mais, avant de prendre la poudre d’escampette, le ratichon est monté en chaire et s’est fendu d’un sermon gondolant :
« Mes très chers frères, qu’il a dégoisé, la supérieure, jalouse de ma popularité, m’a débiné parce que je ne fréquente pas les riches et que j’en pince pour les bonheurs terrestres. Dame, je crache pas dessus… on m’a dit que c’était pas fait pour mesurer de l’avoine, et j’ai voulu m’en rendre compte, malgré mes jupons… »
(Le Père Peinard)
Poudre
d’Hautel, 1808 : Il n’a pas inventé la poudre. Se dit d’un homme peu intelligent ; d’un esprit simple et borné.
Jeter de la poudre aux yeux. C’est le fait des charlatans, qui éblouissent le public par de vaines paroles, par des discours artificieux, par des gestes audacieux et enthousiastes.
La poudre à perlin pinpin. Poudre que les charlatans emploient pour toutes sortes de maladies, et à laquelle ils supposent la vertu de guérir tous les maux.
Prendre la poudre d’escampette. Pour s’esquiver, se sauver, s’enfuir à toutes jambes.
Tirer sa poudre aux moineaux. Pour dire faire beaucoup d’embarras, prendre beaucoup de peine pour une chose qui ne le mérite pas.
La Rue, 1894 : Bruit fait autour d’une affaire : Il n’y a pas de poudre dans les numéros, on ne parle de rien dans les journaux.
Poudre d’escampette
Delvau, 1866 : s. f. Fuite. Prendre la poudre d’escampette. S’enfuir. C’est ce qu’on appelait autrefois Faire escampativos.
Poudre d’escampette (prendre la)
Larchey, 1865 : Décamper. — Jadis, on disait escamper pour décamper.
Prendre Jacques Déloge pour son procureur
France, 1907 : S’enfuir ; jeu de mot sur déloger. La fuite pour une personne menacée par la justice est encore le défenseur le plus sûr. « Cette expression, dit Francisque Michel, qui est encore usitée avec ces autres : prendre de la poudre d’escampette, lever le paturon, dire adieu tout bas, avait déjà cours au XIIe siècle. »
Prendre la poudre d’escampette
France, 1907 : Se sauver, senfuir, du vieux verbe escamper, prendre les champs, qui vient lui-même de l’italien scampare, même signification ; on dit aussi : prendre la clef des champs.
Valser
d’Hautel, 1808 : Au propre, danser une valse ; au figuré, se sauver, prendre la poudre d’escampette.
Larchey, 1865 : Courir. V. Cheval.
Delvau, 1866 : v. n. S’enfuir, ou seulement s’en aller. Faire valser quelqu’un. Le mettre brutalement à la porte.
Rigaud, 1881 : Décamper.
Virmaître, 1894 : Battre quelqu’un.
— Je vais te faire valser sans musique.
Ce qui arrive souvent le samedi de paye, quand le mari rentre au logis plus qu’éméché : il fait faire un tour de valse à sa ménagère si elle ronchonne (Argot du peuple).
France, 1907 : S’en aller, s’enfuir. Faire valser quelqu’un, le mettre à la porte, ou le battre.
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