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Arnaque

Halbert, 1849 : Agent de sûreté.

Virmaître, 1894 : Nom d’un jeu qui se joue sur la voie publique et sur les boulevards extérieurs ; il est connu également sous le nom de tourne-vire. Ce jeu consiste en une roue posée à plat sur un pivot, la table est composée de trois planches mobiles, supportées par deux tréteaux ; ces planches sont recouvertes d’une toile cirée ; cette toile est divisée en carrés qui forment cases, ces cases se distinguent par des emblèmes différents, les quatre rois : trèfle, cœur, pique et carreau, une ancre, un cœur, un dé et un soleil. Les joueurs misent sur une case, la roue tourne et celui qui gagne reçoit dix fois sa mise. En évidence, sur la table, il y a des paquets de tabac, des cigares, des pipes et autres objets, mais c’est pour la frime, le tenancier du jeu paie le gagnant en monnaie. Ce jeu est un vol. Autour de la table, il y a toujours deux ou trois engayeurs, ils sont de préférence à chaque bout (la table est un carré long) ; au moment ou la plume va s’arrêter sur une case, par un mouvement imperceptible, un des engayeurs s’appuie sur la planche mobile du milieu, la plume dévie et le tour est joué ; si c’est un engayeur qui gagne, il partage avec ses complices (Argot des camelots). N.

Rossignol, 1901 : Veut dire truc. Les jeux de hasard tels que : La boule Orientale, le billard à cheminée, le billard américain, la jarretière, la ratière, le malo ou mal au ventre, sont arnaqués parce qu’il y a des trucs qui empêchent de gagner.

Bonneteau

Rigaud, 1881 : Toute espèce de jeux de cartes tenus dans les foires, où le public est naturellement dupe. L’antique jeu de bonneteau consiste à faire deviner une carte parmi trois que manie avec une maladresse affectée le bonneteur. On ne devine jamais, grâce à une substitution.

La Rue, 1894 : Jeu de cartes où le public est toujours dupe.

Virmaître, 1894 : Jeu des trois cartes. Ce jeu ou plutôt ce vol s’exécute à Auteuil, Saint-Ouen et dans les wagons de chemin de fer. M. Marcel Schwob, pour arriver à expliquer l’expression de bonneteur dit qu’il faut passer par des intermédiaires : bonnet. bonneteur, lingerie. Bonnet, dans les ateliers, signifie se réunir plusieurs pour former une coterie, résister au patron ou aux autres camarades. Les bonneteurs sont généralement trois pour opérer : le bonneleur qui tient le jeu, l’engayeur qui ponte pour allécher les naïfs, le nonneur qui est en gaffe pour avertir si la rousse dévale. Ce trio forme donc bien un bonnet, et bonneteur en dérive tout naturellement, et il n’est nullement question de lingerie. Bonnet et bonneteur sont deux expressions en circulation depuis plus de cinquante ans ; Vidocq en parle dans ses Voleurs (Argot du peuple).

France, 1907 : Sorte de jeu de cartes dont se servent certains filous pour attraper les naïfs. En voici une description minutieuse dans un arrêt du tribunal de Compiègne.

Le jeu des trois cartes, dit de bonneteau, qui consiste en un pari sur la place occupée par telle ou telle des cartes que le banquier a montrées à découvert et que les joueurs croient pouvoir suivre et désigner à coup sûr, constitue une escroquerie lorsque, par un tour de main pratiqué avec dextérité, le banquier est parvenu à substituer aux deux autres une carte de couleur différente sur laquelle il avait fixé l’attention des compères, et à déjouer ainsi l’attention de celui qui a parié avec lui.
En opérant ainsi, il modifie à sa volonté les conditions de l’aléa qui forme l’essence du jeu, et s’assure à l’avance un gain illicite.

Jouer sur une borne ou sur une petite tablette, le nom est bonneteau. En wagon, on appelle ce même jeu consolation, car c’est généralement en revenant des courses que les bonneteurs cherchent la victime parmi les perdants.

Engayeur

Virmaître, 1894 : Complice qui attire le trèpe (la foule) pendant que son complice explore les poches des badauds. L’engayeur est indispensable à tous les camelots ; c’est lui qui le premier achète l’objet mis en vente, pour entraîner les acheteurs. L’engayeur est le complice du bonneteur ; il mise pour engager les pontes à jouer (Argot des camelots).

Rossignol, 1901 : Individu qui par ses plaisanteries arrive à faire mettre quelqu’un en colère. Engayer est synonyme de faire endéver, taquiner.

Quatre-vingt-dix

Delvau, 1866 : s. m. Truc, secret du métier, — dans l’argot des marchands forains. Vendre le quatre-vingt-dix. Révéler le secret.

Rigaud, 1881 : Loterie foraine à lots de porcelaine. Elle se tire au moyen d’une grande roue munie de 90 numéros ; d’où le nom de quatre-vingt-dix.

Virmaître, 1894 : Truc, secret de métier. Vendre le quatre-vingt-dix : révéler le secret. A. D. Le quatre-vingt-dix est une loterie composée de quatre-vingt-dix billets qui sont contenus dans un sac ; le 90 gagne le gros lot. Les 90 numéros sont divisés par 30 cartons qui sont placés dans le public, deux compères (engayeurs) prennent deux cartons ; le tenancier du jeu s’arrange de façon à les faire gagner par un truc ingénieux ; le public volé n’y voit que du feu (Argot des saltimbanques). N.

France, 1907 : Loterie foraine appelée ainsi parce qu’elle à quatre-vingt-dix numéros.

Ce jeu est une espèce de loto, et l’un des spectateurs se charge de remplir l’office du destin : il plonge la main dans un sac et en retire le numéro qui doit faire un heureux. On y gagne ordinairement de la porcelaine. Vous y voyez des déjeuners, des vases superbes, de belles pendules, etc.
Le quatre-vingt-dix a droit à une pièce au choix du gagnant, mais ce gagnant est presque toujours un compère… qui remet l’objet au banquiste.

(A. Privat d’Anglemont)

C’est aussi, dans l’argot des forains, un secret de métier. Vendre le quatre-vingt-dix, révéler un secret.

Voyageur

Delvau, 1866 : s. m. Amateur, — dans l’argot des saltimbanques, qui donnent ce nom à celui des spectateurs qui consent à leur servir de compère dans un tour de force ou d’adresse.

Delvau, 1866 : s. m. Insecte parasite, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Saltimbanque. — C’est, par euphémisme, le nom sous lequel les saltimbanques se désignent.

Rigaud, 1881 : Voyageur de commerce. — L’illustre Gaudissart a été le Napoléon des voyageurs. (V. Le roman de Balzac)

Virmaître, 1894 : L’engayeur qui bat comtois, qui fait le compère à la porte des baraques de lutteurs se nomme le voyageur (Argot des saltimbanques).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique