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Avoir dans le nez

Ansiaume, 1821 : En vouloir à quelqu’un.

J’ai beau faire, le cardeuil m’a dans le nez.

M.D., 1844 : Détesté.

Larchey, 1865 : Détester quelqu’un. — Mot à mot : être infecté par ses actes, par ses manières. — C’est ainsi qu’on appelle puant un homme qu’on ne peut supporter. V. Macaron.

Delvau, 1866 : v. a. Ne pas pouvoir sentir quelqu’un ou quelque chose.

En avoir plein l’dos

Rossignol, 1901 : (R.) son pied, ou plein son sac, c’est être fatigué, rassasié d’une chose et ne plus en vouloir.

Enfonceur

d’Hautel, 1808 : Enfonceur de portes ouvertes. Hâbleur, fanfaron qui se vante de choses qu’il n’a pas faites, et qu’il est même incapable de faire.

Vidocq, 1837 : s. m. — Agent d’affaires, payeur de rentes, etc. On peut fort bien ne pas être partisan des privilèges, et cependant s’élever contre les abus qui résultent presque toujours d’une trop grande liberté. Il serait injuste sans doute de mettre des entraves au libre exercice de telle ou telle industrie ; mais, je crois que dans l’intérêt de la sécurité publique, on pourrait sans inconvénient en soumettre la pratique à certaines conditions.
Chacun, aujourd’hui, peut, sans contrôle, s’établir agent d’affaire ou receveur de rentes, aussi une foule d’individus, qui ne sont ni capables, ni moraux, ni solvables, puisqu’un grand nombre d’entre eux sont logés en garni, ont ouvert boutique, et se sont mis à faire les affaires de leurs concitoyens. L’incapacité notoire de ces individus cause quelquefois à leurs cliens un préjudice considérable ; mais cet inconvénient, tout grave qu’il est, est le moindre. Presque tous les agents d’affaires, receveurs de rentes sont d’insignes fripons ; je ne crains pas de m’exprimer ainsi, l’expérience a malheureusement prouvé ce que j’avance ; et au moment où j’écris, j’ai entre les mains un grand nombre de dossiers contre plusieurs agens d’affaires qui sont disparus furtivement de leur domicile, en enlevant à leurs cliens des sommes assez considérables.
Pour remédier aux maux que je signale, il faudrait que ceux qui se présentent pour exercer la profession d’agens d’affaires fussent forcés de se soumettre à un examen propre à donner la mesure de leur capacité, et tenus de déposer à la Caisse des Consignations un cautionnement proportionné à la classe à laquelle ils voudraient appartenir, et au loyer du local occupé par eux. Cette mesure ne déplairait qu’aux fripons ; ceux qui exercent leur profession avec loyauté et intelligence l’accueilleraient, au contraire, avec un vif plaisir. (Voir Ogre.)

Larchey, 1865 : Agent d’affaires, faiseur (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Mercadet gros ou petit, agent suspect d’affaires véreuses.

Rigaud, 1881 : Faiseur. (Vidocq.) — Critique violent. — Enfonceur de portes ouvertes. Celui qui fait plus de bruit que de besogne. — Homme qui cherche à faire croire qu’il a inauguré les faveurs d’une femme, et qui, en réalité, n’a été admis que bien longtemps après l’inauguration.

La Rue, 1894 : Faiseur. Escroc.

Virmaître, 1894 : Banquier qui promet 50 % par mois aux imbéciles et qui termine ses opérations en emportant la grenouille à l’étranger (Argot du peuple).

France, 1907 : Trompeur, homme d’affaires véreuses.

Toute la bande, voleurs et recéleur, fut écrouée à la Force dans l’expectation du jugement.
Là ils ne tardèrent pas à apprendre que le camarade qui avait joué le personnage de Vidocq enfoncé était Vidocq l’enfonceur.
Grande fut leur surprise ; comme ils durent s’en vouloir de s’être enferrés d’eux-mêmes avec un comédien aussi fort !

(Marc Mario et Louis Launay)

Entendre

d’Hautel, 1808 : Je t’entends bien, mais je ne l’écoute guères. Trivialité, pour faire comprendre à quelqu’un que l’on n’est pas sa dupe, qu’il perd son temps à vouloir vous enjôler.
Entendre corne. Se méprendre sur ce que l’on dit ; jouer sans le vouloir au propos interrompu.
Il n’y a point de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Signifie que l’on ne peut jamais faire entendre un homme qui détourne à dessein les paroles qu’on lui adresse.
Ils s’entendent comme larrons en foire. Se dit toujours en mauvaise part de gens qui forment une coterie, une clique.
N’entendre ni rime ni raison. Ne pas se rendre aux discours raisonnables, ne rien vouloir entendre.
Chacun fait comme il l’entend. Pour dire suivant ses volontés.
Cela s’entend : c’est entendu. Cela doit être ainsi ; c’est bien compris.
Entendre dur. Avoir l’ouïe épaisse et obstruée ne point entendre ce que l’on dit à voix basse.

Mâcher (ne pas le)

Larchey, 1865 : Parler franchement sans murmurer entre ses dents.

Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche !

(De Longchamps, Ch., 1809)

Pif (avoir dans le)

Ansiaume, 1821 : En vouloir à quelqu’un.

Il a mangé sur moi, mais aussi je l’ai dans le pif.

Renifler

un détenu, 1846 : Avouer, reconnaître. Renifler quelqu’un.

Larchey, 1865 : Refuser d’aller plus avant.

Si ce n’avait pas été l’heure, j’aurais reniflé.

(Monselet)

Larchey, 1865 : Sentir deviner (Vidocq). V. Pante.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Boire. Il faudrait n’avoir pas été enfant pour ne pas se rappeler le maternel :

Renifle, Pierrot,
Y a du beurre au pot.

Delvau, 1866 : v. a. Respirer, sentir. Signifie aussi, au figuré : Pressentir, deviner, avoir soupçon de…

Delvau, 1866 : v. n. Faire un effet rétrograde, — dans l’argot des joueurs de billard.

Delvau, 1866 : v. n. Reculer, se refuser à faire une chose, — dans l’argot des faubouriens, qui ont eu l’occasion d’observer les chevaux peureux.

Rigaud, 1881 : Boire d’un trait. — Pressentir.

Fustier, 1889 : Aspirer, prendre l’eau.

La plus jeune avait… des bottines qui reniflaient l’eau.

(Goncourt : La Faustin.)

La Rue, 1894 : Boire. Reculer. Pressentir. Refuser. Moucharder.

Virmaître, 1894 : Ne rien vouloir faire.
— Tu renifles sur le truc.
Mot à mot ; rebuter (Argot des voleurs).

France, 1907 : Boire.

Allez, parlementaires,
Renifler dans vos terres,
Il est temps, Dieu merci ;
Allez, ceux de Pologne,
Les cadets de Gascogne,
Les Auvergnats aussi.

(Raoul Ponchon)

France, 1907 : Deviner, pressentir. « Renifler un bon coup. »

France, 1907 : Espionner.

France, 1907 : Ne rien faire. Renifler sur le truc, refuser de travailler.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique