d’Hautel, 1808 : Donner l’aubade à quelqu’un. Le gourmander, le traiter durement, se porter sur lui à des voies de fait.
Aubade
Calotte
d’Hautel, 1808 : Donner une calotte ou des calottes à quelqu’un. Signifie, en terme populaire, le frapper durement à la tête ; se porter sur lui à des voies de fait.
Il se passe bien des choses sous la calotte des cieux, pour dire sur la terre.
Il n’a pas encore la calotte de plomb. Pour dire il n’a pas encore atteint l’âge de l’expérience. C’est un écervelé, un étourdi, un fou.
Il auroit besoin de la calotte de plomb. Pour il auroit besoin des conseils de l’expérience.
Halbert, 1849 : Teigneuse.
Delvau, 1866 : s. f. Soufflet, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Assiette à soupe, — dans le jargon des voleurs.
Et il déposa sur la table un saladier de faïence écorné, balafré, rapiécé, une douzaine de morceaux de sucre dans une calotte.
(P. Mahalin, Les Monstres de Paris)
Fustier, 1889 : Assiette creuse. Sorte de pâtisserie où il entre des confitures.
Vous vous imaginez peut-être qu’il est question de quelques petites friandises dont on nous donnait de nombreuses indigestions durant notre jeunesse et qui portaient ce nom si joli, si gracieux, si adorable de petites calottes ; il y avait là-dedans des confitures.
(Gazette des Tribunaux)
Pot de confiture ayant la forme d’une grande calotte sans anse ni oreilles. (Littré)
Les calottes dont nous nous entretenons sont des pots de confitures.
(Gazette des Tribunaux, avril 1874)
France, 1907 : Le clergé. On dit aussi le régiment de la calotte.
Charogne
d’Hautel, 1808 : Il pue comme une charogne. Se dit grossièrement d’un homme qui exhale une odeur désagréable, ou qui est sujet à lâcher de mauvais vents.
Delvau, 1866 : s. f. Homme difficile à vivre, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi Homme roué, corrompu.
Virmaître, 1894 : Individu rugueux, difficile à vivre, être insociable. On dit aussi de quelqu’un qui sent mauvais :
— Tu pues comme une charogne.
De charogne on a fait charognard.
Généralement les patrons ou les contremaîtres qui commandent durement sont qualifiés tels par les ouvriers (Argot du peuple). X.
France, 1907 : Personne désagréable, acariâtre, dont on s’éloigne comme d’un chat crevé. Se dit aussi pour un homme vicieux, corrompu.
Croupière (tailler une)
Merlin, 1888 : Mener, commander durement ; punir.
Danser
d’Hautel, 1808 : Faire danser la danse de l’ours à quelqu’un. Le mener à la baguette ; lui donner les étrivières.
Faire danser quelqu’un. Le mener durement ; lui jouer quelque mauvais tours.
Danser le branle de sortie. S’en aller malgré soi d’un lieu où l’on se plaisoit.
Du vin à faire danser les chèvres. Pour dire du vin dur et vert, de la ripopée.
Il paie les violons et les autres dansent. Se dit de quelqu’un qui fait tous les frais d’une affaire, dont les autres retirent le profit.
Il en dansera. Menace que l’on fait à quelqu’un pour dire qu’on se vengera de lui.
Toujours va qui danse. Signifie qu’on pardonne volontiers à celui qui ne sait pas danser, en faveur de la complaisance qu’il met à faire danser les autres.
Larchey, 1865 : Payer. — Mot à mot : danser de ses écus.
C’étaient d’assez bons pantres. Enfin ils savaient danser.
(De Lynol)
Delvau, 1866 : v. n. Exhaler une insupportable odeur, — dans l’argot des faubouriens. Danser du bec. Avoir une haleine douteuse. Danser des arpions. Avoir des chaussettes sales.
Delvau, 1866 : v. n. Perdre de l’argent ; payer ce qu’on ne doit pas. On dit aussi, à propos d’une somme perdue, volée, ou donnée : La danser de tant. Faire danser quelqu’un. Se faire offrir quelque chose par lui.
Rigaud, 1881 : Sentir mauvais ; principalement en parlant du fromage.
La Rue, 1894 : Payer. Mourir.
Virmaître, 1894 : Faire danser quelqu’un. Synonyme de faire payer (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Payer pour les amis.
Voilà plusieurs fois que je règle les dépenses, c’est toujours moi qui danse.
France, 1907 : Mourir.
France, 1907 : Payer. Il a dansé de dix ronds. Se dit aussi en parlant des écus.
Elle avait neuf frères ; on peut s’imaginer si mes écus dansèrent ; plus de cent cinquante dollars firent le saut.
(Hector France, Chez les Indiens)
France, 1907 : Sentir mauvais ; allusion au fromage rempli de vers. Danser du bec, avoir mauvaise haleine.
Débiteur, débitrice
France, 1907 : Personne employée, dans les magasins au détail, au débit, enfin les vendeurs et les vendeuses.
Certes, je ne vais pas jusqu’à dire que les chefs de rayon font marcher leur personnel à coups de trique, et que les inspecteurs passent leur temps à enfoncer des aiguilles sous les ongles des débitrices…
Mais si tous les patrons ne sont pas des hourreaux, je vous certifie que toutes les vendeuses sent des victimes.
Il n’est pas de métier plus ingrat, de sort plus dur, de situation plus pénible que celle de ces jeunes femmes gagnant à peine et si durement leur maigre vie.
(Jacqueline, Gil Blas)
Dureme
Vidocq, 1837 : s. m. — Fromage.
Durème
Larchey, 1865 : Fromage (Vidocq).
Virmaître, 1894 : Fromage blanc (Argot des voleurs).
France, 1907 : Fromage blanc.
Durême
Delvau, 1866 : s. m. Fromage blanc, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Fromage, — dans l’ancien argot. Eau de moule. Absinthe très claire coupée avec beaucoup d’eau ; elle arbore la couleur vert-clair de l’eau dans laquelle nagent les moules cuites.
Envoyer
d’Hautel, 1808 : Je l’ai envoyé paître, promener, au diable. Pour dire que l’on a congédié durement un importun, un fâcheux.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Injurier, se moquer, critiquer, — dans l’argot du peuple. C’est bien envoyé ! Se dit d’une repartie piquante ou d’une impertinence réussie.
Rigaud, 1881 : Dire, répondre, lancer la réplique. C’est rien envoyé ! c’est bien répondu.
Rigaud, 1881 : Pour envoyer le mot, la phrase à l’acteur. C’est le rôle du souffleur. Un souffleur qui envoie bien est précieux.
Rossignol, 1901 : Voir appuyer.
Faffiot, fafiot
France, 1907 : Même sens que faffe. Fafiot femelle, billet de cinq cents francs ; fafiot mâle, billet de mille ; fafiot en bas âge, billet de cent francs.
Quelque malheureux officier, pauvre sans doute, qui, aux abois, à la veille de passer pour dettes devant un conseil de discipline, de perdre les galons si durement payés par des années de continuel labeur, d’austères privations, de périls surhumains, seul, sans protections, sans fortune, sans ces amitiés qu’on appelle à son aide lorsqu’on se sent perdu, avait écouté les histoires fabuleuses de banque qui saute, de fafiots bleus qui affluent soudain vers les doigts extasiés.
(René Maizeroy, Âmes tendres)
Pour affiner fafiots et carme
Chassons loin du mess, du gendarme.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Le billet de mille francs est un fafiot mâle, le billet de cinq cents francs le fafiot femelle.
(Balzac)
Marcher au pas
Delvau, 1866 : Obéir, filer doux, — dans le même argot [du peuple]. Faire marcher quelqu’un au pas. Agir de rigueur envers lui. On dit aussi : Mettre au pas.
Rigaud, 1881 : Obéir, être mené militairement. Faire marcher quelqu’un au pas, contraindre quelqu’un à l’obéissance, le mener durement.
France, 1907 : Être discipliné. « Je vous ferai marcher au pas, je vous apprendrai l’obéissance. »
Rème
Clémens, 1840 : Fromage, faire connaître un complot.
M.D., 1844 : Fromage.
France, 1907 : Fromage ; abréviation de durème.
Saucer
d’Hautel, 1808 : Être saucé. Pour mouillé, traversé par la pluie, surpris par un orage.
Saucer quelqu’un dans la boue, dans le ruisseau. Pour, le trainer dans la boue, dans le ruisseau ; le traiter durement, avec le plus grand mépris.
d’Hautel, 1808 : Saucer quelqu’un. Pour dire le gronder, lui donner une mercuriale ; le réprimander d’une manière vive et sensible.
Delvau, 1866 : v. a. Réprimander. On disait autrefois Faire la sauce à quelqu’un.
Rossignol, 1901 : Voir rouscailler.
Turbin
Delvau, 1866 : s. m. Travail ; besogne en général, — dans l’argot des faubouriens et des voleurs. Aller au turbin. Aller travailler. On dit aussi Turbinement et Turbinage.
Rigaud, 1881 : Travail. — Ce mot, primitivement employé par les voleurs, a passé bientôt dans le langage populaire. Les ouvriers disent couramment le turbin pour le travail, aller au turbin pour aller travailler.
La Rue, 1894 : Travail. Artisan. Emploi. Turbiner, travailler. Turbineur, ouvrier.
Virmaître, 1894 : Tout travail, quel qu’il soit. Turbiner, c’est durement travailler. Aller au turbin, c’est aller à l’atelier. Turbineur : celui qui travaille. Turbineur : qui met en mouvement la turbine, de là, turbin, turbiner (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Travail.
France, 1907 : Travail, emploi ; et surtout peine, fatigue, de l’espagnol turbio, trouble, fâcheux.
Si nous sommes énergiques, le patron file doux et n’ose pas rogner les salaires et allonger les heures de turbin. Au contraire, plus nous serrons les fesses, plus nous baissons le caquet, plus l’exploiteur le prend de haut, et moins il s’épate pour nous mener au bâton.
(Almanach du Père Peinard, 1894)
Aller au turbin, aller racoler les hommes sur la voie publique ; argot des souteneurs et des filles. Voir Turbiner.
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