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Calège

Vidocq, 1837 : s. f. — Quoiqu’on ne rencontre pas la Calège sur la voie publique, elle n’est pas cependant une femme honnête ; ses appas sent la marchandise qu’elle débite, mais elle vend très-cher ce que la Ponante et la Dossière (voir ces mots), livrent à un prix modéré ; sa toilette est plus fraîche, ses manières plus polies, mais ses mœurs sont les mêmes ; la Ponante danse le chahut à la Courtille ; la Calège danse le cancan au bal Musard ; l’une boit du vin à quinze et se grise ; l’autre boit du champagne et s’énivre ; la première a pour amant un Cambriolleur ou un Roulotier ; l’amant de la seconde est faiseur ou escroc. Il ne faut pas juger sur l’étiquette du sac.

Larchey, 1865 : Prostituée élégante, et associée à des hommes dangereux.

Elle vend très-cher ce que la ponante et la dossière livrent à des prix modérés. Sa toilette est plus fraîche ; ses manières plus polies. Elle a pour amant un faiseur ou un escroc, tandis que les autres sont associées à un cambriolleur ou à un roulotier.

(Vidocq)

Vient de cale, qui signifiait grisette au dix-septième siècle.

Gombault, qui se piquait de n’aimer qu’en bon lieu, cajolait une petite cale crasseuse.

(Tallemant des Réaux)

Rigaud, 1881 : Fille richement entretenue, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire fille calée, par altération.

La Rue, 1894 : Fille entretenue richement.

Daussière, dossière

France, 1907 : Fille publique ; féminin de dos, souteneur.

Dossière

Vidocq, 1837 : s. f. — Fille publique du dernier étage.

Delvau, 1866 : s. f. Fille publique, — dans l’argot des voleurs, qui n’ont certainement pas voulu dire, comme le prétend un étymologiste, « femme sur laquelle tout le monde peut s’asseoir ». Quelle étymologie alors ? Ah ! voilà ! Difficile dictu. Une dossière, c’est une femme qui joue souvent le rôle de supin.

Rigaud, 1881 : Poche assujétie dans toute la longueur du dos d’un paletot et particulière aux voleurs à la détourne qui s’en servent comme d’une besace.

Tous ces objets (un coupon de soie, un portefeuille, une tabatière en argent, une douzaine de mouchoirs) étaient dissimulés dans une poche pratiquée dans le dos du pardessus.

(Petit Journal du 30 juin 1880)

Rigaud, 1881 : Prostituée qui gagne sa vie à genoux. Fellatrix.

Virmaître, 1894 : Chaise (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Fille publique. Elle s’étend facilement sur le dos.

Dossière de salle

France, 1907 : Siège ; chaise ou fauteuil.

Dossière de satte

Vidocq, 1837 : s. f. — Chaise.

Larchey, 1865 : Chaise de bois. — Dossière : Prostituée de dernier ordre. — Mot à mot : femme sur laquelle tout le monde peut s’asseoir. V. Calège.

Delvau, 1866 : s. f. Chaise, fauteuil, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Chaise.

Dossières

Clémens, 1840 : Filles qui font le commerce honteux.

Éponge

d’Hautel, 1808 : Boire comme une éponge. Boire avec excès ; s’enivrer.
Passer l’éponge sur quelque chose. Pardonner ; oublier noblement une mauvaise action ; une offense.
Presser l’éponge. C’est faire rendre à quel qu’un ce qu’il a pris ; le faire regorger.

Delvau, 1864 : Femme. Épouse ou maîtresse qui vous éponge, en manœuvrant au cul, le trop plein de vos couilles.

Delvau, 1866 : s. f. Ivrogne, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des voyous, qui révèlent ainsi d’un mot tout un détail de mœurs. Autrefois (il n’y a pas longtemps) les filles et leurs souteneurs hantaient certains cabarets borgnes connus de la police. Ces messieurs consommaient, en inscrivait sur l’ardoise, ces dames payaient, et le cabaretier acquittait la note d’un coup d’éponge.

Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur.

Mais, pardon, tiens, que je te fasse voir mon éponge, poursuivit-il, en tirant à lui Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Femme de souteneur. Éponge d’or, avoué.

France, 1907 : Ivrogne. La périphrase s’explique de soi.

France, 1907 : Maîtresse ; argot des souteneurs.

Me v’là, Laur’, l’éponge à Polyte,
C’est un beurr’ comm’ nous nous aimons,
Mon homme et moi, nous somm’s l’élite,
La fleur, la crèm’ des butt’s Chaumont,
C’est dimanch’ dernier, au bastringue,
Qui m’a plu Polyte, et qu’j’y plus ;
La grande Irma, c’t’espèc’ de bringue,
Était sa marmite, ell’ l’est pus,
Dès qu’j’en suis d’venue amoureuse,
Y m’a dit : Toc, ça t’va, ça m’va !
C’est vraiment chouett’ pour un’ pierreuse
D’avoir un mec comm’ celui-là.

(André Gill, L’Éponge à Polyte)

Voici en bloc les noms donnés aux prostituées de basse catégorie : asticot, autel du besoin, avale-tout, baleine, blanchisseuse de tuyau de pipe, bourdon, brancard, cambrouse, camelotte, carogne, catau, catin, chausson, chiasse, dossière, fesse, gadoue, galupe, gaupe, gerse, gouge, gouine, gourgandine, grognasse, moellonneuse, morue, outil de nécessité, paillasse, passade, pétasse, pierreuse, ponante, ponifle, pontonnière, pouffiasse, punaise, roubion, rouchie, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, rullière, taupe, trainée, trouillarde, truqueuse, vadrouille, voirie, volaille, wagon à bestiaux.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique