Rossignol, 1901 : Communier.
Avaler le disque
Boule de Siam
Delvau, 1866 : s. f. Tête ridicule, figure grotesque, ayant quelque ressemblance avec le disque percé de deux trous qui sert au jeu de quilles.
Disque
France, 1907 : Pièce de monnaie ou postérieur. Allusion à la forme ronde.
— Nom de Dieu ! eh ! Polyte… reluque donc ce pétard ? Quel beau disque !
(Henry Monnier)
Émigrant
France, 1907 : Sorte de jeu de salon à l’époque de la Révolution, qui se composait d’un disque de buis poli.
Payer (se)
Delvau, 1866 : v. réfl. S’offrir, se donner, se procurer, — dans l’argot des petites dames et des faubouriens. Se payer un homme. Avoir un caprice pour lui. Se payer une bosse de plaisir. S’amuser beaucoup.
Rigaud, 1881 : Se passer une fantaisie.
France, 1907 : Se passer une fantaisie. « Voilà une petite femme que je me payerais volontiers. »
Hue ! nom de Dieu !… v’là qu’ j’ai l’hoquet !
Ça s’rait du prop’ que j’dégobille ;
Si j’trouve encore un mastroquet
D’ouvert, je m’ paye eun’ petit’ fille,
Ça m’débarbouill’ra l’cœur et pis
D’abord, ej’suis rond comme un disque,
J’m’arrondirai pas pus que j’suis.
(Aristide Bruant, Dans la Rue)
Petite fille
Delvau, 1866 : s. f. Bouteille. Argot des faubouriens.
Virmaître, 1894 : Demi-bouteille.
— Viens-tu boire une bouteille ?
— Non, une petite fille suffira (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Demi-bouteille de vin.
France, 1907 : Demi-bouteille de vin.
Les petites files que j’aime
D’un amour extrême,
Ah ! ah ! ah !
C’est les petites filles vermeilles,
Les petit’s demi-bouteilles.
dit une chanson du faubourg.
Hu’ ! nom de Dieu !… v’là qu’j’ai l’hoquet !
Ça s’rait du prop’ que j’dégobille ;
Si j’trouve encore un mastroquet
D’ouvert, je m’paye un’ petit’ fille,
Ça m’débarbouill’ra l’cœur et pis
D’abord, ej’ suis rond comme un disque,
J’m’arronidirai pas pus que j’suis !
Hu ! pis j’m’en fous, moi, qu’est-c’ que j’risque ?
(Aristide Bruant, Dans la Rue)
Pirouette sur le nombril (faire une)
Delvau, 1864 : Faire l’acte vénérien.
Quand j’ rencontre un’ gourgande,
J’ brave encor le péril,
Et j’ lui fais faire, si j’bande,
La pirouett’ sur l’ nombril.
(Chanton d’étudiant)
Cette expression, très ancienne, serait plus juste, si elle donnait à penser que la femme fait le dessus. Exemple :
Jusqu’à ce que Vénus passe sur le disque du soleil, ou que la sultane Moscha fasse une pirouette sur le nombril de Sa Hautesse ; ce qui revient au même.
(Compère Mathieu)
Siffler
d’Hautel, 1808 : Faire siffler la linote à quelqu’un. Le faire attendre en plein air ; lui faire croquer le marmot.
Il n’a qu’à siffler. Pour dire, il est obéi à la parole.
Il n’y a qu’à siffler et remuer les doigts. Pour dire, c’est une chose fort aisée.
Larchey, 1865 : Boire.
Il a sifflé pour dire : il a bu, parce que les lèvres ont à peu près le même mouvement.
(Le Duchat, 1738)
Tiens, vieux chéri, siffle-moi ça, ça va te remettre.
(E. Sue)
Delvau, 1866 : v. a. et n. Boire ou manger, mais surtout boire, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe depuis plus d’un siècle, comme le prouvent ces vers d’une chanson du commencement du XVIIe siècle :
Lorsque je tiens une lampée
Pleine de vin, le long de la journée,
Je siffle autant que trois.
Delvau, 1866 : v. a. Dépenser. Avoir tout sifflé. Être ruiné.
Rigaud, 1881 : Boire d’un coup, boire promptement.
La Rue, 1894 : Boire. Dépenser. Siffler au disque, attendre, se morfondre.
France, 1907 : Boire.
J’avais ma place réservée à une table de bois blanc dans l’angle de la grande salle commune, et je restais là à fumer pipe, en rêvassant, en regardant les gens du bourg qui, près de moi, sifflaient des bouteilles ou jouaient au billard.
(Fernand Vandérem)
Siffler au disque
Rigaud, 1881 : Se morfondre. Allusion à la manœuvre des mécaniciens des chemins de fer. Avait primitivement le sens restreint d’attendre de l’argent.
Virmaître, 1894 : Demander de l’argent à quelqu’un ; le solliciter d’ouvrir son porte-monnaie. Allusion au mécanicien qui siffle au disque pour demander l’ouverture de la voie (Argot du peuple).
France, 1907 : Attendre, demander principalement de l’argent ; allusion au mécanicien d’une locomotive qui siffle au disque pour demander passage.
— Rien à faire de cette femme-là… J’air sifflé au disque assez longtemps… Pas mèche… La voie est barrée. — Nous savons votre façon de siffler au disque, dit Christian, quand il eut compris cette expression passée de l’argot des mécaniciens dans celui de la haute gomme.
(Alphonse Daudet)
Tal
Rigaud, 1881 : Derrière. — Tapeuse du tal, fille publique qui en remontrerait à la femme de Loth. Taper dans le tal, faire rétrograder Eros.
La Rue, 1894 : Le postérieur.
Rossignol, 1901 : Voir troufignon.
Hayard, 1907 : Postérieur.
France, 1907 : Le derrière. L’étymologie de ce mot est inconnue. « Il se trouve, nous écrit Gustave Fustier, dans une des éditions de Lorédan Larchey (1880), qui s’appuie sur l’autorité de M. Macé, l’ancien chef de la Sûreté, et a été reproduit par Rigaud (1881), et par Delesalle (1896). Virmaître ne le donne pas (1894) non plus que dans son supplément. Pour moi, qui en vue de mon baccalauréat ès lettres argotiques, ai fréquenté et fréquente dans le peuple — et le bas — je ne l’ai jamais entendu prononcer. » Nous ajouterons à ce renseignement qu’a bien voulu nous donner le continuateur d’Alfred Delvau : « Ni nous non plus. » Mais nous nous rallions à la conclusion de Gustave Fustier : « Ne pensez-vous pas que ce soit un mot tout à la fois à apocopé et déformé ?… Le mot primitif pourrait bien être ballon, qui a pu fort bien par apocope devenir bal, puis ce mot recueilli par un lexicographe où une personne quelconque à l’oreille paresseuse, ou encore mal écrit ou mal imprimé est devenu tal au lieu de bal, cas fréquent en langue argotique. » Quoi qu’il en soit, les synonymes sont nombreux, ce qui prouve combien maître Luc est sujet aux plaisanteries populaires. Nous croyons bon de les rappeler :
Artiche, arrière-train, as de pique, ballon, banlieue du dos, baril de moutarde, Bernard, blair, boîte à gaz, borgne, cadet, cadran, canonnière, captif, contrebasse, croupion, culasse, cyclope, disque, doubleblanc, faubourg, fignard, figne, fla, flaque, foiron, garde-manger, giberne, lune, maître Luc, médaille, médaillon, moutardier, n’a qu’un œil, obusier, oignon, panier à crottes, papan, pétard, petit bourgeois, prépondérance à la culasse, ruelle aux vesses, salle de danse, soufflet, tirelire, triffois, trou de balle, troufignon, troussequin, tunnel. Voir Vénérable.
Vasistas
d’Hautel, 1808 : Petite partie d’une porte ou d’une fenêtre qui s’ouvre à volonté. Mot presque toujours défiguré. Beaucoup de personnel disent, vagislas, pour vasistas.
Rigaud, 1881 : Monocle, — dans le jargon des voyous.
Bon, je retire ma provocation et mon vasistas.
(P. Mahalin, Les Monstres de Paris)
France, 1907 : Le derrière. Les dénominations argotiques de cette partie de notre individu sont nombreuses, nous les résumons ici : Arrière-train, as de pique, ballon, baril de moutarde, Bernard, bien séant, blaire, borgne, cadet, cadran, canonnière, contrebasse, cyclope, démoc, département du Bas-Rhin, disque, double-blanc, double-six, face au Grand Turc, faubourg figure, fignard, figne, fla, fleurant, foiron, foiroux, garde-manger, giberne, gingla, Luc, lune, machine à moulures, médaillon, messire Luc, moule à merde, moulin à vent, moutardier, n’a qu’un œil, naze, obusier, oignon, panier aux crottes, pétard, pedzouille, pétrousquin, piffe, ponant, proye, pronos, Prussien, rose des vents, ruelle aux vesses, salle de danse, schaffouse, schlingophone, soufflet, tabatière, tal, tirelire, tortillon, trèfle, troufignon, troussequin, verre de montre, vénérable, visage de campagne, visage sans nez.
France, 1907 : Monocle.
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