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Avale-tout-cru

Rigaud, 1881 : Voleur qui exploite les bijoutiers. Il est myope, paraît-il, car il examine de si près les diamants non montés, qu’il lui arrive toujours d’en avaler un ou deux parmi les plus beaux. Mais il les rend… chez lui, avec ou sans le secours d’un purgatif, suivant qu’il est plus ou moins pressé.

La Rue, 1894 : Voleur qui exploite les bijoutiers. Il avale les diamants.

Virmaître, 1894 : Synonyme de Va de la gueule, Gueulard, Bouffe-tout et Ventre a tous grains. Ces expressions, dans le peuple, signifient : gros mangeur. Une certaine catégorie de voleurs se sont emparés de l’expression : Avale-tout-cru, pour désigner un genre de vol assez original. Le voleur se fait montrer par le bijoutier des diamants non montés, sur carte ; il paraît avoir la vue basse, il les regarde de près et d’un coup de langue habile il en avale quelques-uns (Argot des voleurs).

Becqueter

un détenu, 1846 : Manger avec faim.

Larchey, 1865 : Manger. De bec.

J’ai vendu ce que j’avais pour becqueter.

(Lynol)

Boutmy, 1883 : v. a. Manger ; synonyme de boulotter.

La Rue, 1894 : Manger. Becquetance, nourriture.

Virmaître, 1894 : Manger.
— J’ai encore cent ronds à becqueter. Viens-tu manger une friture à Auteuil (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Manger.

France, 1907 : Manger.

Les yeux éraillés et rougis, la lèvre molle, un plat sourire collé sur la face, voûtés, rachitiques, puant l’ylang-ylang, des bagues aux doigts, des diamants à la chemise. Rassemblés pour becqueter finement ensemble, et tâchant, par le vin et la boustifaille, de combler le creux, le vide, le trou de leur existence bêtement gâchée. Pas de femmes. Les femmes, c’est gênant.

Biche (forte)

Rigaud, 1881 : Premier sujet du monde galant ; fille à diamants, hôtel, laquais et voiture.

Bicherie

Rigaud, 1881 : Le monde de la galanterie. Haute bicherie, le grand monde de la galanterie, le monde des femmes qui, à quarante ans, vendent à prix d’or et de diamants ce qu’à vingt ans elles donnaient pour un dîner de trente sous.

France, 1907 : Le mode des petites dames ou biches.

On voit défiler, avec un frou-frou de soie, la haute et la basse bicherie en quête d’une proie, quærens quem devoret.

(Frébault, La Vie à Paris)

Briau

La Rue, 1894 : Diamant.

France, 1907 : Corruption de brillant.

Broquillage

France, 1907 : Vol commis par certains bijoutiers, qui remplacent par du strass ou des pierres fausses les diamants ou pierres fines qui leur ont été confiés.

Broquillage, vol à la broquille

Rigaud, 1881 : Vol à la substitution. Vol qui consiste à substituer un objet sans valeur à un objet de prix : le cuivre à l’or, le stras au diamant.

Broquilleur

La Rue, 1894 : Voleur substituant du strass au diamant.

France, 1907 : Voleur au broquillage.

Casse-vitre

France, 1907 : Diamant.

Chausser

d’Hautel, 1808 : Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. Signifie que les ouvriers négligent ordinairement pour eux-mêmes les avantages que leur donne leur profession.
Elles chaussent le même point. Se dit de deux personnes qui ont mêmes inclinations, mêmes sentimens.

Larchey, 1865 : Convenir (d’Hautel, 1808).

Les diamants ! ça me chausse, ça me botte.

(Mélesville)

Delvau, 1866 : v. a. Convenir, — dans l’argot des bourgeois, qui n’osent pas dire botter.

Rigaud, 1881 : Convenir. Vieux mot ; autrefois on disait se chausser au point, en parlant de deux amoureux.

Toutes en fait d’amour se chaussent en un point.

(Régnier)

France, 1907 : Convenir : même sens que botter.

— Alors, mon garçon, qui dit, j’pourrai pas m’occuper d’vot’ affaire avant mardi. — Ça me chausse et ça me botte, que j’y dis.

(Henry Monnier)

Coup de fusil

Virmaître, 1894 : Vendre à n’importe quel prix (Argot des camelots).

Rossignol, 1901 : Acheter à très bon compte des marchandises escroquées. Voir Fusilleur.

Hayard, 1907 : Voler.

France, 1907 : Mauvais diner, On dit aussi fusiller.

France, 1907 : Vente à bas prix d’objets volés.

La bande noire possède dans le neuvième et dans le dixième arrondissement deux maisons spécialement affectées aux coups de fusil. Dans ces entrepôts de la flibuste on trouve tout : bas de soie, chronomètres, vases de nuit, éventail, galoches, ombrelles, pianos, raisiné, photographies obscènes, clysopompes, diamants et bonnets de coton… c’est un capharnaüm indescriptible.

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on flibuste)

Décrocher

Larchey, 1865 : Faire tomber d’un coup de fusil.

Larchey, 1865 : Retirer du Mont-de-Piété. V. Clou — On dit aussi Déclouer.

Les révolutions m’ont réduite à mettre au clou les diamants de ma famille… faudra que tu me décroches ça, mon chéri.

(Lefils)

M. Auguste s’habille au décroche moi cela ce qui veut dire en français chez le fripier.

(Privat d’Anglemont)

Au Temple, un Décrochez-moi ça est un chapeau de femme d’occasion. — J’ai vu au carré du Palais-Royal (du Temple) des Décrochez-moi ça qu’on eût pu facilement accrocher au passage du Saumon.

(Mornand)

Delvau, 1866 : v. a. Dégager un objet du mont-de-piété, — dans l’argot des ouvriers.

Delvau, 1866 : v. a. Tuer d’un coup de fusil, — dans l’argot des troupiers. Ils disent aussi Descendre.

France, 1907 : Sonner, voler à la tire. Abattre d’un coup de fusil. Se dit aussi pour retirer un objet du mont-de-piété, c’est-à-dire décrocher ce qui est au clou.

Déliquescent

France, 1907 : Poète qui se dit délicat, et qui n’est le plus souvent qu’incompréhensible et assommant.

Eugénie Forestier sort de la geôle pour reprendre son métier de fille entretenue. Le jury a fait preuve envers elle d’une indulgence extraordinaire. On avait parlé à l’audience de la possibilité de la ramener au bien. O le joli pied de nez qu’elle fait, la belle fille, à ces humanitaires déliquescents ! L’écrou levé elle reprend le collier de travail et de diamants.

(Edmond Deschaumes)

Diamant

Delvau, 1866 : s. m. Voix de la plus belle eau, — dans l’argot des coulisses.

Rigaud, 1881 : Clou de soulier, — dans le jargon des troupiers. Prends garde d’user les diamants de tes godillots, prends garde de trop marcher.

Rigaud, 1881 : Pavé. (L. Larchey)

France, 1907 : Belle voix.

France, 1907 : Pavé.

Diamants

Halbert, 1849 : Pavés.

Duraille

Delvau, 1866 : s. f. Pierre, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Dure. Dure à briquemon. Pierre à briquet. Ils disent aussi Dure à riffle. Duraille sur mince. Diamant sur papier.

La Rue, 1894 : Pierre. Duraille sur mince, diamants sur papier.

Virmaître, 1894 : Pierre (Argot des voleurs).

France, 1907 : Pierre.

Duraille d’orphelin

France, 1907 : Diamant (orphelin, pour orfèvre). Duraille sur mince, diamant sur papier.

Duraille sur mince

Virmaître, 1894 : Diamant sur carte (Argot des voleurs). N.

Écornage (vol à l’)

Rigaud, 1881 : Vol au boulon. Ce vol consiste à s’approprier, au moyen d’un fil de fer passé par le trou du boulon, des objets renfermés dans une montre ou en étalage. (L. Paillet.) Le même résultat s’obtient encore en pratiquant, à l’aide d’un diamant, une ouverture dans l’angle inférieur d’une vitre de magasin. (L. Larchey)

Faire

d’Hautel, 1808 : Pour tromper, duper, attraper, friponner ; filouter, voler.
Je suis fait. Pour dire attrapé, on m’a trompé.
Faire de l’eau. Pour dire uriner, pisser. Hors de ce cas, c’est un terme de marine qui signifie relâcher en quelqu’endroit pour faire provision d’eau.
Faire de nécessité vertu. Se conformer sans rien dire aux circonstances.
Faire et défaire, c’est toujours travailler. Se dit par ironie à celui qui a mal fait un ouvrage quelconque, et qu’on oblige à le recommencer.
Quand on fait ce qu’on peut, on fait ce qu’on doit. Signifie qu’il faut savoir gré à celui qui marque du zèle et de l’ardeur dans une affaire, lors même qu’elle vient à ne pas réussir.
Paris ne s’est pas fait en un jour. Signifie qu’il faut du temps à un petit établissement pour devenir considérable ; qu’il faut commencer par de petites affaires avant que d’en faire de grandes.
Allez vous faire faire. Pour allez au diable ; allez vous promener, vous m’impatientez. Ce mot couvre un jurement très-grossier.
Le bon oiseau se fait de lui-même. Signifie qu’un bon sujet fait son sort par lui-même.
Faire et dire sont deux. Signifie qu’il est différent de faire les choses en paroles et de les exécuter.
Il n’en fait qu’à sa tête. Se dit d’un homme entier, opiniâtre, qui se dirige absolument d’après sa volonté.
Qui fait le plus fait le moins. Pour dire qu’un homme qui s’adonne à faire de grandes choses, peut sans contredit exécuter les plus petites.
Faire ses orges. S’enrichir aux dépens des autres s’en donner à bride abattue.
Faire le diable à quatre. Signifie faire des siennes, faire des fredaines ; un bruit qui dégénère en tintamare.
Faire les yeux doux. Regarder avec des yeux tendres et passionnés.
Faire son paquet. S’en aller ; sortir précipitamment d’une maison où l’on étoit engagé.
Faire la vie. Mener une vie honteuse et débauchée.
Il en fait métier et marchandise. Se dit en mauvaise part, pour c’est son habitude ; il n’est pas autrement.
Faire la sauce, et plus communément donner une sauce, etc. Signifie faire de vifs reproches à quelqu’un.
Faire d’une mouche un éléphant. Exagérer un malheur ; faire un grand mystère de peu de chose.
L’occasion fait le larron. C’est-à-dire, que l’occasion suffit souvent pour égarer un honnête homme.
Ce qui est fait n’est pas à faire. Signifie que quand on peut faire une chose sur-le-champ, il ne faut pas la remettre au lendemain.
Allez vous faire paître. Pour allez vous promener.
Les première et seconde personnes du pluriel du présent de l’indicatif de ce verbe sont altérées dans le langage du peuple. À la première personne il dit, par une espèce de syncope, nous fons, au lieu de nous faisons ; et à la seconde, vous faisez, au lieu de vous faites.

Larchey, 1865 : Faire la place, commercialement parlant.

De tous les points de Paris, une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.

(Balzac)

Je suis heureux d’avoir pris ce jour-ci pour faire la vallée de l’Oise.

(Id.)

Larchey, 1865 : Nouer une intrigue galante.

Est-ce qu’un homme qui a la main large peut prétendre à faire des femmes ?

(Ed. Lemoine)

Dans une bouche féminine, le mot faire indique de plus une arrière-pensée de lucre. C’est l’amour uni au commerce.

Et toi, ma petite, où donc as-tu volé les boutons de diamant que tu as aux oreilles ? As-tu fait un prince indien ?

(Balzac)

Tu as donc fait ton journaliste ? répondit Florine. — Non, ma chère, je l’aime, répliqua Coralie.

(id.)

Larchey, 1865 : Risquer au jeu.

Nous faisions l’absinthe au piquet à trois.

(Noriac)

Faire dans la quincaillerie, l’épicerie, la banque, etc. ; Faire des affaires dans la quincaillerie, etc.

Larchey, 1865 : Voler.

Nous sommes arrivés à faire les montres avec la plus grande facilité.

(Bertall)

Son fils qui fait le foulard à ses moments perdus.

(Commerson)

Delvau, 1866 : s. m. Façon d’écrire ou de peindre, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes.

Delvau, 1866 : v. a. Dépecer un animal, — dans l’argot des bouchers, qui font un veau, comme les vaudevillistes un ours.

Delvau, 1866 : v. a. Visiter tel quartier commerçant, telle ville commerçante, pour y offrir des marchandises, — dans l’argot des commis voyageurs et des petits marchands.

Delvau, 1866 : v. a. Voler, et même Tuer, — dans l’argot des prisons. Faire le foulard. Voler des mouchoirs de poche. Faire des poivrots ou des gavés. Voler des gens ivres. Faire une maison entière. En assassiner tous les habitants sans exception et y voler tout ce qui s’y trouve.

Delvau, 1866 : v. n. Cacare, — dans l’argot à moitié chaste des bourgeois. Faire dans ses bas. Se conduire en enfant, ou comme un vieillard en enfance ; ne plus savoir ce qu’on fait.

Delvau, 1866 : v. n. Jouer, — dans l’argot des bohèmes. Faire son absinthe. Jouer son absinthe contre quelqu’un, afin de la boire sans la payer. On fait de même son dîner, son café, le billard, et le reste.

Delvau, 1866 : v. n. Travailler, être ceci ou cela, — dans l’argot des bourgeois. Faire dans l’épicerie. Être épicier. Faire dans la banque. Travailler chez un banquier.

Rigaud, 1881 : Dérober. — Faire le mouchoir, faire la montre. L’expression date de loin. M. Ch. Nisard l’a relevée dans Apulée.

Vous êtes de ces discrets voleurs, bons pour les filouteries domestiques, qui se glissent dans les taudis des vieilles femmes pour faire quelque méchante loque. (Scutariam facitis)

Rigaud, 1881 : Distribuer les cartes, — dans le jargon des joueurs de whist. — Jouer des consommations, soit aux cartes, soit au billard. Faire le café en vingt points, — dans le jargon des piliers de café.

Rigaud, 1881 : Exploiter, duper. — Faire faire, trahir. Il m’a fait faire, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Faire le commerce de ; être employé dans une branche quelconque du commerce. — Faire les huiles, les cafés, les cotons. Mot à mot : faire le commerce des huiles, des cotons, etc.

Rigaud, 1881 : Guillotiner, — dans le langage de l’exécuteur des hautes-œuvres.

M. Roch (le bourreau de Paris) se sert d’une expression très pittoresque pour définir son opération. Les criminels qu’il exécute, il les fait.

(Imbert.)

Rigaud, 1881 : Parcourir un quartier au point de vue de la clientèle, — dans l’argot des filles. Elles font le Boulevard, le Bois, les Champs-Élysées, comme les placières font la place.

Rigaud, 1881 : Séduire.

La puissante étreinte de la misère qui mordait au sang Valérie, le jour où, selon l’expression de Marneffe, elle avait fait Hulot.

(Balzac, La Cousine Bette)

L’artiste qui, la veille, avait voulu faire madame Marneffe.

(Idem)

Faire une femme, c’est mot à mot : faire la conquête d’une femme.

Le temps de faire deux bébés que nous ramènerons souper ; j’ai le sac.

(Jean Rousseau, Paris-Dansant)

Quand une femme dit qu’elle a fait un homme, cela veut dire qu’elle fonde des espérances pécuniaires sur celui qu’elle a séduit, qu’elle a fait une affaire avec un homme. — Les bals publics sont des lieux où les femmes vont faire des hommes, mot à mot : le commerce des hommes.

Rigaud, 1881 : Tuer, — dans le jargon des bouchers : faire un bœuf, tuer un bœuf et le dépecer.

Rigaud, 1881 : Vaincre, terrasser, — dans l’argot des lutteurs.

Il ajouta qu’en se glorifiant d’avoir fait le Crâne-des-Crânes, certains saltimbanques en avaient menti.

(Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)

Fustier, 1889 : Arrêter. Argot des voleurs. Être fait, être arrêté.

Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin… puis il part. Dans l’après-midi il était fait.

(Gil Blas, juin, 1886.)

La Rue, 1894 : Exploiter, duper. Arrêter. Jouer. Trahir. Séduire : faire une femme, faire un homme. Raccrocher. Dérober. Tuer. Vaincre, terrasser. Guillotiner.

Virmaître, 1894 : Les bouchers font un animal à l’abattoir. Faire : tuer, voler. Faire quelqu’un : le lever. Faire : synonyme de fabriquer (Argot du peuple et des voleurs).

France, 1907 : Exploiter.

Elles faisaient les bains de mer et les villes d’eaux, émigrant suivant la saison, comme les bohémiens, comme les hirondelles, des falaises grises de la Manche qu’un gazon plat encapuchonne aux côtes méditerranéennes où la blancheur luit dans l’azur.

(Paul Arène)

France, 1907 : Voler.

Deux filous causent de la future Exposition :
— C’est une bonne affaire pour nous… Ça fournit des occupations…
— Qu’est-ce que tu y faisais en 1869 ?
— Les montres.

(Le Journal)

Il lançait de vastes affaires sur le marché, comme la Caisse d’Algérie, et il ne dédaignait pas de vulgaires filouteries. Ses opérations se trouvèrent ainsi embrasser tous les cercles de la vie de Paris. Il ne dédaignait aucun coup à tenter. Il faisait le million aux riches gogos et le porte-monnaie aux passants.

(Edmond Lepelletier)

Un monsieur, très pressé, court dans la rue.
Un quidam le rejoint, lui frappe sur l’épaule et lui demande impérieusement :
— Où allez-vous ?
— Qu’est-ce que ça peut vous faire ? répond le monsieur furieux.
— Ça me fait beaucoup… on vient de me voler !
— Et vous m’accusez ?
— Oui.
— C’est trop fort !
— N’essayez pas de m’en imposer.
— Mais fouillez-moi, espèce de crétin !
Le quidam fouille le monsieur, et se retire en présentant de plates excuses.
Quand Le monsieur se fouille à son tour, il s’aperçoit qu’on lui a fait sa montre et son porte-monnaie.

(Gil Blas)

À la correctionnelle :
— Alors, dit familièrement le président au prévenu, vous vous vantez de faire la montre aves une remarquable dextérité ?
— Aussi bien que personne ici !
Puis il ajoute courtoisement :
— Soit dit sans vous offenser.

Faire fi

France, 1907 : Dédaigner, Dom Carpentier, cité par Charles Nisard, croit que l’expression fi, fi, par laquelle on exprime le dégoût ou le mépris qu’inspire une personne, vient de ficus ou figue. C’est très probable, ajoute l’auteur des Curiosités de l’étymologie française : mais ce qui est certain, c’est que les expressions je m’en fiche, pour je m’en moque, va te faire fiche, en viennent également. Voir Faire la figue.

Le programme des revendications me semble formel ! Plus d’ostracisme ! Étant assujetties au devoir envers les hommes, les dames réclament tous les droits.
Autrefois nous avions l’habitude de récompenser leurs complaisances et leurs gentillesses eu petits cadeaux et en sacrifices de toutes sortes, mais ce n’est plus de cette façon qu’elles l’entendent. Elles dédaigneront les diamants, mépriseront les toilettes et feront fi des chapeaux neufs. Ce qu’elles exigeront à partir du 1er janvier prochain est de devenir sénateurs, receveurs d’enregistrement, payeurs généraux et même plénipotentiaires… près la tribu des Amazones ou chargés d’affaires à Mytilène.

(Louis Davyl)

Gras (il y a)

Larchey, 1865 : Voir Graisse, Train.

Faire tant d’embarras, Quand dans le gousset y n’i a pas gras.

(Metay, Chansons)

Rigaud, 1881 : Il y a de l’argent.

M. Vervelle présentait un diamant de mille écus à sa chemise. Fougères regarda Magus et dit : — Il y a gras !

(Balzac)

Virmaître, 1894 : Il y a beaucoup d’argent.
— Nous pouvons nettoyer le gonce, il y a gras dans sa cambrousse.
C’est de cette expression, gras, qu’est née celle de dégraisseur (le garçon de banque), pour exprimer qu’il enlève le gras (Argot des voleurs). N.

Grue

d’Hautel, 1808 : Faire le pied de grue. S’humilier ; faire des soumissions devant quelqu’un ; monter la garde dans les antichambres d’un homme puissant.
Avoir un cou de grue. Avoir le cou long.
Il est planté là comme une grue. Pour, il ne sait quelle contenance tenir ; il croque le marmot.

Delvau, 1864 : Fille entretenue, parce que les filles de cette espèce sont souvent plus bêtes que belles — ce qui fait qu’on ne s’explique pas les folies que les gandins font pour elles.

Dans certains théâtres, on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels ; cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

(Joachim Duflot)

Larchey, 1865 : « Pour qualifier une fille aux jambes maigres aux gros yeux à fleur de tête, à l’intelligence épaisse, on dit : C’est une grue. » — Scholl. — « Mme Croquoison : Nous sommes tous des grues. » — Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Delvau, 1866 : s. f. Femme entretenue, que la Nature a douée d’autant de bêtise que de beauté, et qui abuse de celle-ci pour faire accepter celle-là. C’est un mot heureux que les gens de lettres ont trouvé là pour répondre à l’insolence des filles envers les honnêtes femmes. Bécasses ! disaient-elles. Grues ! leur répond-on. Mais ce mot, dans ce sens péjoratif, n’est pas né d’hier, il y a longtemps que le peuple l’emploie pour désigner un niais, un sot, un prétentieux.

Rigaud, 1881 : Femme sotte et prétentieuse. — Dans le dictionnaire de l’Académie, grue est donné dans le sens de niais. — Dans le jargon des comédiens, c’est une demoiselle qui possède de la beauté, de l’argent et des toilettes en quantité suffisante pour obtenir un bout de rôle où elle montre ses épaules, ses diamants et sa bêtise. Elle lève les gentilshommes de l’orchestre, comme la grue lève les fardeaux ; d’où son surnom.

La Rue, 1894 : Bête. Femme entretenue. V. Biche.

Virmaître, 1894 : Fille publique, jolie mais bête à manger du foin. De cette allusion est né un mauvais calembourg : Les camelots crient : Demandez l’Indicateur des grues de Paris pour rues (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Fille de bas étage.

Hayard, 1907 : Fille publique.

France, 1907 : « Bête marécageuse qui plume les gros pigeons et nourrit les petits poissons », dit la Vie Parisienne. Fille ou femme de mœurs légères ; nom que donnent les femmes à leurs rivales ou simplement à celles qu’elles n’aiment pas.
D’après Lorédan Larchey, grue viendrait non de l’oiseau à longues jambes, mais du vieux français grus, qui a perdu son orthographe primitive en passant à travers les âges.

J’avais donné précédemment grue avec le sens de marcheuse, dit-il, c’est-à-dire de figurante faisant commerce d’amour à l’ombre du théâtre. Je croyais que le mot était éclos, il y a trente ans, dans les corps de ballet, où les femmes paraissent montées sur des jambes d’autant plus longues que leurs jupes sont plus courtes. Mais le Dictionnaire de Godefroy vient de me donner fort à penser. J’y trouve grus comme mot injurieux, signifiant ribaude au moyen âge. En voici un exemple justificatif daté de 1415… « Ellui Girart appela la suppliante deux ou trois fois grus ! grus ! Et pour ce qu’elle n’entendoit pas ce que c’estoit à dire de telles paroles, demanda audit Girart que c’estoit. Lequel Girart lui dit que c’estoit à dire ribaude, en l’appelant par plusieurs fois : grus : ribaude ! grus : ribaude ! »

 

— Figure-toi que, sans savoir ni pourquoi ni comment, je m’étais amourachée de lui : ce jour-là, j’ai fait un joli coup ! Pas beau, pas d’esprit, pas d’argent : rien, quoi ! Par-dessus le marché, Monsieur me trompait avec la première grue venue ; on n’a pas idée de ça !

(Jules Noriac, Le Grain de sable)

Gladiola, dans la délicieuse revue de Blondel et Montreau, nous montre avec beaucoup de talent sa superbe poitrine et son dos ensorceleur. Ses admirables jambes, qui ne mesurent pas moins de soixante-dix centimètres vers la région communément appelée cuisse, ont été rappelées quatre fois. C’est un vrai triomphe pour la charmante jeune grue.

(George Auriol, Le Journal)

— Et quand elle a parlé des tableaux vivants… J’ai eu une envie de rire… elle qui a montré ses jambes pendant quinze ans dans toutes les revues : car c’est une ancienne actrice.
— Une actrice ! pas même… une ancienne grue.

(Maurice Donnay, Chère Madame)

La dame : une trentaine d’années, plutôt très jolie, mais l’air un peu grue et surtout très dinde.

(Alphonse Allais, La Vie drôle)

Fille de petits brocanteurs juifs, elle avait l’ambition et la ténacité des femmes de sa race ; jetée à seize ans sur les planches aux figurations et aux féeries, elle avait vite eu honte de ce métier de grue.

(Henry Bauër, Une Comédienne)

— Les jeunes filles nous servent d’éprouvette. On s’apprend à flirter et à aimer avec elles, pour de rire, à blanc, en attendant qu’on s’attaque plus tard sérieusement aux vraies femmes, aux femmes mariées. Comprenez-vous ? Les jeunes filles, pour moi, c’est comme le volontariat de l’amour. Une première étape, avant les grandes manœuvres que vous faisons ensuite avec les grues, et la guerre sanglante avec les dames du monde.

(Henri Lavedan)

Et puis, aussi bien je m’ennuie :
La grue, aux yeux couleur de jais,
Dans laquelle je me plongeais,
Depuis ce matin est enfuie
Et m’a laissé d’autres sujets
De tracas et de rêverie.

(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)

Les frimas remplacent la brise ;
Tombant comme d’un encensoir,
La neige sur la terre grise
Étend son vaste et blanc mouchoir,
Sous le ciel inclément et noir,
Malgré les rafales bourrues,
Des filles vont errant le soir…
L’hiver est rude aux pauvres grues !
Princesses, heureuses d’avoir
Chambre bien close et rentes drues,
Ne condamnez pas sans savoir…
L’hiver est rude aux pauvres grues !

(Georges Gillet)

Lachard

Virmaître, 1894 : Diamant de vitrier (Argot des voleurs). N.

Hayard, 1907 : Diamant à couper le verre.

France, 1907 : Diamant de vitrier. On dit aussi lacheton.

Lachard, lacheton

La Rue, 1894 : Diamant de vitrier.

Lacheton

Virmaître, 1894 : Diamant de vitrier (Argot du peuple). V. Lachard.

France, 1907 : Voir Lachard.

Loupeur

Delvau, 1866 : s. m. Flâneur, vagabond, ouvrier qui se dérange.

Virmaître, 1894 : Désigne le voleur qui, à la tombée de la nuit, vole des diamants chez les bijoutiers au moyen d’une loupe à deux branches (Argot des voleurs).

Virmaître, 1894 : Mauvais ouvrier qui flâne, qui tue le temps en loupant pour attendre l’heure de la sortie et qui a plus souvent les yeux fixés sur la pendule que sur son ouvrage. En 1848, un marchand de vins, boulevard de Belleville, avait pris pour enseigne : Au camp de la loupe, tenu par Feignant (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Un individu peu courageux au travail, qui n’aime qu’à flâner, est un loupeur.

Nourrisson

Fustier, 1889 : Argot des employés de la Banque de France qui désignent ainsi le négociant gêné qui ne demande que du temps pour rétablir son crédit et auquel un banquier a prêté de l’argent.

Rossignol, 1901 : C’est un diamant que l’ouvrier sertisseur engraisse au dépend de son patron ou des clients. Il achète un diamant du poids d’un grain et même plus petit ; lorsque l’occasion s’en présente il met son diamant à la place d’un autre plus gros et de plus belle eau qu’on lui donne à monter. Cela renouvèle souvent, son nourrisson d’un grain finit par engraisser et peser un carat et quelquefois plus.

Orfèvre, monsieur Josse (vous êtes)

France, 1907 : C’est ainsi qu’on répond aux gens qui vous donnent des avis, non pour vous obliger, mais pour servir leurs propres intérêts. Le dicton est tiré de l’Amour médecin de Molière, où un orfèvre nommé Josse cherche à persuader un bourgeois nommé Sganarelle, dont la fille est malade d’amour, qu’une belle garniture de diamants, de rubis on d’émeraudes la guérira. Sganarelle comprend que le conseil n’est pas désintéressé et répond : « Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse, et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise. »

Paysage (faire bien dans le)

Rigaud, 1881 : Concourir au coup d’œil général, produire bon effet, rehausser une toilette. — Pour les mondaines, un bracelet en diamants fait bien dans le paysage, les soirs d’Opéra. Pour un ivrogne, une rangée de bouteilles sur le dressoir fait bien dans le paysage.

Performance

France, 1907 : Représentation, exhibition, exécution d’une chose. Vieux mot, du latin performare, tombé en désuétude et passé dans la langue anglaise, d’où il nous est revenu par l’argot des théâtres.

Ah ! jeunes gens, vos paroles, vos manifestes, quand nous vous connaissons si bien par les performances de vos pères ! C’est au point que, pour vous évoquer radieux de rêves, pétris d’amour, nous devrions vous supposer bâtards. Hypothèse doublement folle : trop peu de bourgeoises étant dignes des joies de l’adultère, et le nombre des étalons de vertu n’étant pas moins restreint.

(Joseph Caraguel)

Se dit aussi pour la tenue, l’extérieur d’une personne.

— Que cherchez-vous comme ça ? leur demanda la blonde ?
— Une femme, répliqua John.
— Une femme honnête ?
— Non. Nous serions vraiment trop volés.
— Insolent !… Quelle femme alors ?
— Oh ! une perle, un diamant, une femme belle, élégante, spirituelle, de la tenue la plus distinguée, d’une performance parfaite et au besoin d’un entrain endiablé. Nous ne voyons pas ici cet article de luxe. Nous irons le chercher ailleurs.

(Yveling Rambaud, Haine à mort)

Au pluriel. C’est l’ensemble des résultats obtenus par un cheval de course sur le turf.

Petillards

Virmaître, 1894 : Diamants. Pétiller est dit pour briller. C’en est le superlatif.
— Les durailles de la gonzesse sont pétillants aux pendus glacés (Argot des voleurs). N.

Pétillards

France, 1907 : Diamants ; argot des voleurs.

Petite Conservatoire

France, 1907 : Jeune fille élève du Conservatoire.

Ah ! la plaisante jérémiade habituelle sur la démoralisation par le livre où il est parlé d’amour, par la gravure où s’embrassent des couples ! Ce n’est pas cela qui pourrit le cœur des trottins, des corsagières ou des petites Conservatoire. C’est la victoria de Mlle X…, c’est l’hôtel, c’est les diamants de toutes les autres.

(Marcel Prévost)

Porcelaine (noces de)

France, 1907 : Nom donné au 20e anniversaire du mariage. Voici les différentes autres appellations de ces anniversaires : 1re année, noces de coton ; 2e année, noces de papier ; 3e année, noces de cuir ; 4e année, noces de bois ; 7e année, noces de laine ; 10e année, noces d’étain ; 12e année, noces de soie ; 15e année, noces de cristal ; 20e année, noces de porcelaine ; 25e année, noces d’argent ; 30e année, noces de perles ; 40e année, noces de rubis ; 50e année, noces d’or ; 75e année, noces de diamant.

Pourchas

France, 1907 : Poursuite, action de suivre, de pourchasser. Vieux mot.

Quand je connus Sainte-Beuve, une vague aspiration vers l’Académie le contenait déjà dans ses vagabondages poétiquement amoureux.
Je dis poétiquement, car la première venue lui inspirait les hémistiches bleus, quoiqu’il aimât le terre-à-terre. Il était toujours au pourchas de quelque fillette du pays latin, une désœuvrée ou une boutiquière, ce qui ne l’empêchait pas de jeter d’autres hémistiches plus endiamantés chez les femmes du monde soutachées de littérature ; mais le pur bas-bleu, il ne l’aimait pas.

(Arsène Houssaye, Souvenirs de jeunesse)

Rape d’orient

La Rue, 1894 : Diamant.

Râpe d’orient

France, 1907 : Diamant.

Sidonie

France, 1907 : Tête de carton ou de bois sur laquelle les modistes ajustent leurs chapeaux et les coiffeurs leurs perruques. Mannequin de couturière.

De toutes les personnes peu accoutumées à la vertu quotidienne, il n’y en a guère qui le soient moins que les vieilles ou jeunes dames qui, maquillées jusqu’a la ressemblance parfaite avec les sidonies des coiffeurs de banlieue et trainant des robes louées par la marchande à la toilette, où s’accrochent des diamants prêtés par l’entremetteuse, se promènent dans les promenoirs des music-halls ou des jardins où l’on danse.

(Catulle Mendès)

Soupente

Delvau, 1866 : s. f. Le ventre, — dans l’argot des faubouriens. Le mot a été recueilli par Traviès.

Rigaud, 1881 : Ventre. — Je t’vas défoncer la soupente à coups de sorlots à diamants.

La Rue, 1894 : Le ventre. Vieille femme sale.

France, 1907 : Ventre. Jeu de mot sur soupe.

France, 1907 : Vieille femme malpropre, vieille prostituée.

Souvent femme varie, bien fol est que s’y fie

France, 1907 : Proverbe qu’en vers de mirliton François Ier écrivit un jour avec le diamant de sa bague sur une fenêtre du château de Chambord. Sa sœur, la reine Marguerite de Navarre, qui entrait au même instant, protesta, et le roi se laissant convaincre, cassa, dit-on, le carreau. Le dicton n’en courut pas moins, bien qu’il fût loin d’être neuf, car sans parler des adages des Grecs et des Romains sur la tromperie et l’inconstance féminine, les vieux dictons français abondaient. En voici quelques-uns :

Cœur de femme trompe le monde,
Car en luy malice abonde ;
Femme rit quand elle peut,
Et pleure quand elle veut.

 

Femme se plaint,
Femme se deult,
Est malade quand elle veut,
Et par sainte Marie,
Quand elle veut,
Elle est guérie.

 

Pleur femme, crocodille semble ;
Qui femme croit est asne même,
Son corps ne sera jà sans peine.

Inutile d’ajouter que chez tous les peuples on retrouve contre la femme les mêmes épigrammes.

Toc (en)

France, 1907 : Faux bijoux, faux diamants.

Trapignon, trapillon

France, 1907 : Petite trappe ; argot théâtral.

S’arracher à l’enivrement d’une salle enfiévrée, ne plus sentir les puanteurs des coulisses, ne plus respirer le goût fade qui monte de partout, ne plus marcher grelottante, à demi nue, parée d’oripeaux et constellée de diamants, évitant les trapillons, coudoyée par la cotte graisseuse du machiniste, et dévorée par l’œil émerillonné du pompier de service, sont, parait-il, choses au-dessus des forces humaines.

(Pompon, Gil Blas)

Venterne

Vidocq, 1837 : s. m. — Fenêtre.

Clémens, 1840 : Croisée.

Larchey, 1865 : Fenêtre. — Elle donne accès au vent. — Venternier : Voleur s’introduisant par les fenêtres d’une maison (Vidocq). — V. Pieu.

Delvau, 1866 : s. f. Fenêtre par où passe le vent, — dans l’argot des voleurs. Doubles venternes. Lunettes.

Virmaître, 1894 : La fenêtre (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Fenêtre.

France, 1907 : Fenêtre : elle livre passage au vent. Argot des voleurs.

Par la venterne on te déporte ?
Au claq renquille par la porte.

(Hogier-Grison)

Vol à la venterne, vol pratiqué par la fenêtre. Il est de deux espèces, celui des rez-de-chaussée et boutiques et celui des entresols et premiers étages. Pour les boutiques et rez-de-chaussée, les voleurs ont avec eux un jeune garçon mince et agile, qu’ils soulèvent à hauteur de l’imposte, qui n’est fermée que par un carreau ; le jeune voleur coupe la vitre à l’aide d’un diamant et d’un peu de poix pour lui retenir et la fuit passer à ses complices, puis s’introduit par l’imposte dans la maison. Une fois dans la place, l’anquille, ainsi qu’on l’appelle, fouille les tiroirs ou bien ouvre la porte aux camarades. Quand c’est dans les entresols ou les premiers étages, les venterniers entrent purement et simplement par les fenêtres à l’aide d’une échelle.

Voler à la graisse

Larchey, 1865 : Se faire prêter sur des lingots d’or et sur des diamants qui ne sont que du cuivre et du strass. (Vidocq).

Vrilleurs

Virmaître, 1894 : Les vrilleurs sont des voleurs de nuit qui dévalisent les boutiques des bijoutiers. Ce vol nécessite une audace extraordinaire. Avec l’avant-courrier (mèche), ils percent la devanture en tôle de plusieurs trous en carré ; avec une scie fine introduite dans l’un des trous, ils scient la tôle et pratiquent une ouverture assez large pour y passer le bras. À l’aide d’un diamant, ils coupent la glace en carré également, pour que les débris ne fassent pas de bruit en tombant ; préalablement, ils appliquent sur la partie coupée un fort tampon de mastic, après quoi, à l’aide d’une tringle d’acier, ils attirent à eux tous les bijoux qu’ils peuvent. Ils en est qui raflent tout un étalage en quelques minutes (Argot des voleurs). N.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique