Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Berdouille

Halbert, 1849 : Ventre.

Delvau, 1866 : s. f. Ventre, — dans l’argot des faubouriens.

Virmaître, 1894 : Ventre.
— Que boulottes-tu donc, mon vieux, pour avoir une sacrée berdouille comme ça ?
On dit aussi bedaine (Argot du peuple).

France, 1907 : Ventre.

— T’as bouffé des haricots que t’en as la berdouille gonflée.

(Jean Richepin, Le Pavé)

Farobier

France, 1907 : Grand arbre du Sénégal et de Gambie qui produit des gousses semblables à celles des haricots.

Fayots (avoir bouffé des)

Rigaud, 1881 : Être enceinte, — dans l’argot des marins. C’est une locution provençale répandue parmi les matelots. Mot à mot : avoir mangé des haricots. Allusion à la réputation qu’ont les haricots de gonfler celui qui en mange.

Garbure

France, 1907 : Soupe épaisse composée de choux hachés, de croûtes de pain et de lard salé que l’on sert dans le Midi ; de l’espagnol garbias, ragoût. On y met aussi, selon la saison, des haricots, des fèves et des pois.

Après nous être réconfortés avec la traditionnelle garbure, potage excellent du reste, surtout quand on a fait à jeun trois heures de chemin de fer, et avec le non moins traditionnel jambon de Bayonne couvert d’un grand nombre d’œufs, nous nous risquâmes à franchir sous un soleil équatorial le pont de l’Adour…

(J. Grison-Poncelet)

On dit aussi garburre.

Gardes nationaux

Rigaud, 1881 : « C’est ainsi qu’à Mazas, on a baptisé les haricots. » (Figaro du 15 sept. 1880)

France, 1907 : On appelait ainsi les haricots au temps où l’on mettait les soldats citoyens manquant à leurs devoirs militaires à la prison qui leur était spécialement destinée dite Hôtel des Haricots.

Haricots

Delvau, 1866 : s. m. pl. Maison d’arrêt de la garde nationale, où il est de tradition — fausse — que l’ordinaire de cette prison pour rire se compose de légumes, comme celui des prisons sérieuses. On dit aussi l’Hôtel des Haricots. Aug. Villemot prétend que cette expression est une corruption l’Hôtel Darricau. Il a peut-être raison.

Rossignol, 1901 : Les jambes. On dit d’une personne qui a les jambes torses qu’elle les a en forme de haricots verts.

France, 1907 : Voir Fayots.

Haricots (être condamné aux)

Larchey, 1865 : être condamné à la prison pour manque de service de la garde nationale.

À midi, j’arrive à la prison de la garde nationale, hôtel Darricaud, vulgairement appelé des haricots.

(Villemot)

M. Albert de Lasalle a publié en 1864 une histoire de l’hôtel aujourd’hui démoli.

Haricots (hôtel des)

Rigaud, 1881 : Ancienne prison de l’ancienne garde nationale. — Primitivement ce local, sur l’emplacement duquel a été bâtie, en 1843, la bibliothèque Sainte-Geneviève, fut affecté au collège Montaigu surnommé plaisamment « le collège des haricots » par allusion à la maigre cuisine qu’on y faisait ; car le jeûne y était en permanence. (V. Rabelais, Gargantua, l. 1, ch. XXXVII)

Le collège des Haricots fut supprimé en 1792 et ses bâtiments servirent de prison militaire et de prison de la garde nationale pendant la Révolution.

(A. de Lasalle, l’Hôtel des haricots)

Après la Révolution, l’Hôtel des haricots émigra à l’hôtel Bazancourt, rue des Fossés Saint-Bernard, et fut enfin transféré, vers 1838, rue de Boulainvilliers, en face le pont de Grenelle ; c’est là qu’il s’éteignit avec la garde nationale.

Hôtel de la modestie

Delvau, 1866 : s. m. Hôtel garni, mauvaise auberge, — dans l’argot des faubouriens, qui savent que les locataires de ces maisons-là n’ont pas le droit de faire les fiers. Ils disent aussi Être logé à l’enseigne des Haricots.

France, 1907 : Mauvaise auberge ouverte aux bourses médiocres.

Hôtel des haricots

France, 1907 : Ancienne prison de la garde nationale parisienne appelée ainsi non de ce qu’on y faisait abus de haricots mais de ce que cette maison d’arrêt occupait l’ancien hôtel Darricaud.

Marche

France, 1907 : Système pour gagner au jeu, appelé ainsi parce qu’il est progressif et procède comme une marche. Il est peu d’habitués des tables de roulette et de trente et quarante qui n’aient une marche spéciale qui doit leur assurer de gros gains à un moment donné ; mais la ruine complète précède généralement ce moment.

— Ma profession n’est pas incompatible avec le goût des beaux-arts : je suis professeur de roulette… j’enseigne une martingale absolument infaillible… Monte-Carlo ne tiendrait pas debout trois semaines si je pouvais l’attaquer avec mon système.
— L’avez-vous essayé, votre système ?
— Cent fois, mille fois !…
— À Monaco !
— Non, Monsieur… c’est trop loin et le voyage coûte trop cher… j’ai expérimenté ma marche absolument certaine chez des amis…
— Et vous jouiez quelle mise ?
— L’unité de départ était de cinq haricots représentant cinq francs…
— Oh ! je la connais votre martingale ; malheureusement, elle ne réussit que lorsqu’on joue des haricots…

(Edmond Lepelletier)

Panaché

d’Hautel, 1808 : Ma petite parole panachée. Locution ridicule qui a été long-temps très à la mode parmi les petits-maîtres de Paris, qui s’en servoient continuellement dans un sens affirmatif, pour persuader que ce qu’ils disoient étoit digne de foi, qu’on devoit les en croire sur parole.

Fustier, 1889 : Plat de haricots verts et de flageolets mélangés.

Dans l’estomac de la victime on a trouvé des haricots verts et des flageolets. Si le plat se composait de ces deux légumes, un panaché, comme on dit…

(Figaro, 1882)

Peteux (des)

M.D., 1844 : Des haricots.

Piano du pauvre (le)

Virmaître, 1894 : Des haricots. Allusion au bruit du lendemain (Argot du peuple).

Soissoné

Larchey, 1865 : Haricot (Vidocq, 1837). — Soissons est la patrie des haricots.

Soissonnais

Delvau, 1866 : s. m. pl. Haricots, — dans l’argot des voleurs, qui savent que Soissons est la patrie de ce farineux.

Virmaître, 1894 : Des haricots (Argot des voleurs).

Soissonné

Vidocq, 1837 : s. m. — Haricot.

Rigaud, 1881 : Haricot. Un souvenir de reconnaissance à l’adresse de la ville de Soissons, patrie des haricots, haricots plus célèbres cent fois que tous les comtes également de Soissons, et qui, plus qu’eux, ont fait du bruit dans le monde, sans compter celui qu’ils feront encore.

Systémier

France, 1907 : Joueur qui suit un système pour gagner à la roulette spécialement. On donne aussi ce nom à ceux qui font profession d’enseigner ces systèmes.

J’ai connu à Monte-Carlo nombre de systémiers qui expérimentaient en chambre avec des jetons, des haricots ou de petits cailloux. Ils gagnaient des sommes folles. Mais sur le tapis vert du casino la scène changeait ; et les espèces sonnantes disparaissaient rapidement sous le râteau du croupier.

(Hector France, Au pays de Cocagne)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique