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Copurchisme

France, 1907 : La suprême élégance.

Les gommeux anglais vont adopter le bracelet. Ce sera bientôt le dernier cri du copurchisme.
Les familiers du prince de Galles ont remarqué, en effet, que le promoteur de toutes les élégances portait au poignet gauche un bracelet d’or. Ce bracelet a une histoire : il a longtemps appartenu à Maximilien, le malheureux empereur du Mexique, et c’est un souvenir auquel le prince de Galles tient beaucoup.

(La Nation)

Éteint

Fustier, 1889 : Une des dernières incarnations du bon jeune homme à la mode.

Rastaquouères fraîchement débarqués, jeunes éteints du dernier cri, millionnaires sans le sou…

(France libre, juillet 1885.)

Fleur

Delvau, 1864 : Pucelage, — que la femme est censée donner à son époux la première nuit des noces.

Qu’au dernier cri de douleur,
Je suis maître de la fleur
Qui pour moi seul est éclose,
Je suppose,
Je suppose,
Irma, je suppose.

(L. Festeau)

Cessez donc de pleurer un sort digne d’envie,
Et ne regrettez plus la plus belle des fleurs ;
Si ne la garder pas, c’est faire une folie,
On goûte en la perdant mille et mille douceurs.

(Bussy-Rabutin)

Te laisser vierge, c’est te faire sentir de la façon la plus cruelle que ta fleur ne vaut pas la peine qu’on se donnerait pour la cueillir.

(Louvet)

Il est bon de garder sa fleur,
Mais pour l’avoir perdue, il ne faut pas se pendre.

(La Fontaine)

Cette fleur, qui avait été réservée pour le beau prince de Massa-Carrera, me fut ravie par le capitaine corsaire.

(Voltaire)

Pour eux ne brille cette fleur,
Qu’amour, diligent moissonneur,
Sait recueillir avant la fête
Que le tardif hymen s’apprête.

(Piron)

Philistin

Larchey, 1865 : « À propos, qu’est-ce qu’un Philistin ? — Autrefois, en Grèce, il s’appelait béotien ; on le nomme cokney en Angleterre ; épicier ou Joseph Prud’homme à Paris, et les étudiants d’Allemagne lui ont conféré l’appellation de Philistin. » — Neuville.

Delvau, 1866 : s. m. Bourgeois, — dans l’argot des romantiques.

Delvau, 1866 : s. m. Vieil ouvrier abruti, — dans l’argot des tailleurs.

Rigaud, 1881 : Ouvrier abruti par la boisson, — dans le jargon des tailleurs.

Fustier, 1889 : Ouvrier tailleur.

Les ouvriers aux pièces, les plus gais, ont la qualification de philistins.

(Henri IV, 1882)

La Rue, 1894 : Bourgeois n’aimant ni les arts, ni les lettres.

France, 1907 : Terme de mépris par lequel les étudiants allemands désignent les gens étrangers aux universités, principalement les marchands, et qui est passé chez nous avec le sens d’ignorant, de bourgeois, d’étranger aux choses de l’art.

À propos, qu’est-ce qu’un philistin ? Autrefois, en Grèce, il s’appelait Béotien ; on le nomme cockney en Angleterre, épicier ou Joseph Prudhomme à Paris, et les étudiants d’Allemagne lui ont conféré l’appellation de philistin.

(L. de Neuville)

À tout prix, on ne veut pas être confondu avec un philistin ou — comme dit énergiquement l’argot moderne — aves un « mufle ». Le moindre bourgeois prétend désormais au titre de dilettante. Mais, comme il n’a pas, en ces matières difficiles, de goût spécial, de préférence personnelle, il accepte avec obéissances le dernier caprice de la mode, il répond passivement à l’appel du dernier cri, il s’embarque, sans dire « ouf » sur le dernier bateau. Bien vite, le plus ordinairement, la mode change, le cri s’éteint, le bateau fait naufrage. Qu’importe ! Le faux artiste, le snob, en est quitte pour changer d’avis, pour demander le nouveau mot d’ordre et se conformer à la consigne la plus récente.

(François Coppée)

France, 1907 : Vieil ouvrier abruti ; argot des tailleurs.
On dit, par plaisanterie, de quelqu’un qui s’appuie la mâchoire sur sa main : « Il se prépare à faire la guerre aux philistins », c’est-à-dire « Il est un âne » ; allusion à la fameuse mâchoire dont se servit Samson contre ces ennemis du peuple d’Israël et avec laquelle il en tua mille !

Smart

France, 1907 : Élégance, bel air, recherches de manières et de décors, distinction d’allure, dandysme, fashion ; néologisme venu de l’anglais.

En 1885, on était bécarre, comme on avait été raffiné sous Charles IX, libertin sous Louis XV, talon rouge sous la Régence et plus tard incroyable. Le parfait bécarre devait porter des bottes pointues, un pantalon étriqué, le gilet blanc très ouvert, n’avoir qu’un seul gant à la main gauche et surtout paraître très gourmé, très Anglais et très sanglé. Hier, nous avions des snobs d’essence particulière, dont la colonie fréquente de préférence aux environs de l’Are de l’Étoile. On les reconnaissait à leur costume prétentieux, enjuponnés qu’ils étaient, rapporte la chronique de 1896, de longues redingotes, le col enfoncé dans des collets en velours, les épaules remontées presque un niveau des oreilles par le relief des manches, et s’efforçant en leur démarche d’avoir un air 1830. Maintenant, nous avons les petits jeunes très modernes, très envoyés, à qui le smart américain vient de jeter son dernier cri.

(Frédéric Loliée)

Yankee Doodle

France, 1907 : Air national des États-Unis, littéralement Yankee niais. Rien de plus niais, en effet, que cette vieille chanson digne de prendre place dans les chants dont se servent les nourrices pour endormir leurs poupons. Les Yankees en ont fait cependant leur chant de guerre et marchent au combat aux accents de cet hymne que les soldats anglais, au temps de Charles Ier, chantaient pour humilier les révolutionnaires marchant sous les ordres de Cromwell. On célèbre dans cette chanson les aventures d’une sorte de Jocrisse, Yankee Doodle. Le poème débute ainsi ;

Yankee Doodle came to town,
Riding on a pony,
Stuck a feather in his cap
And said t’was macaroni.

Traduction : Yankee Doodle se rend en ville, monté sur un poney, il pique une plume à son chapeau, et dit que c’est du macaroni.
Au couplet suivant Yankee Doodle tue un porc et constate que cet animal tenait à la vie. D’autres couplets suivent tout aussi bizarres au point de vue littéraire et national.
Ajoutons qu’en parlant de macaroni, Yankee Doodle ne veut pas dire qu’il a orné son chapeau d’un bout de ces tubes de pâte si appréciés des sujets du roi Humbert. Le mot « macaroni » ainsi employé est une expression d’argot qui signifie élégant, chic, dernier cri.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique