Rigaud, 1881 : Art de mettre en scène des masses chorégraphiques, et d’en composer la figuration.
Perrot était de première force sur le ballabile.
(Ch. de Boigne)
Ballabile
Rigaud, 1881 : Art de mettre en scène des masses chorégraphiques, et d’en composer la figuration.
Perrot était de première force sur le ballabile.
(Ch. de Boigne)
Béguin carabiné
Virmaître, 1894 : Avoir un amour de première force auquel il est impossible de résister (Argot du peuple). N.
Carabiné
Larchey, 1865 : De première force. — Terme de marine. On sait qu’un vent carabiné est très-fort.
Rigaud, 1881 : Violent, très fort ; mot emprunté au vocabulaire des marins. Une déveine carabinée, une forte déveine.
Rossignol, 1901 : Un liquide fort en degrés d’alcool est carabiné. Une absinthe forte est carabinée. Celui qui est atteint sérieusement d’une maladie qui, dit-on, a été rapportée par Christophe Colomb, est carabiné.
France, 1907 : Excessif, violent, de première force. Terme de marine ; on dit : vent carabiné, comme mal de tête carabiné.
Je commençais à me repentir de ma visite : mais il se radoucit, alla lui-même chercher une bouteille et deux verres, et me versa ce que nous appelions une absinthe carabinée.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Carabiné, ée
Delvau, 1866 : adj. De première force ou de qualité supérieure. Argot du peuple. Plaisanterie carabinée. Difficile à accepter, parce qu’excessive.
Di primo cartello
France, 1907 : De premier ordre de première force ; italianisme.
Miss Bouchon n’est pas seulement une fort jolie femme, c’est encore un poète di primo cartello, si j’en juge par ces vers qu’elle a adressés ces jours-ci au prince de G…, et que voici :
Je serai, si tu veux, ton esclave fidèle,
Pourvu que ton regard brille à mes yeux ravis !
Reste, ô jeune étranger, reste, je serai belle !
Mais tu n’aimes qu’un jour, comme notre hirondelle !
Moi, je t’aime comme je vis !
(Gil Blas)
Fort ou fort de la halle
France, 1907 : Déchargeur.
Jules Vallès, Auvergnat de première force, — c’est lui qui le dit — se plaint joyeusement, amèrement un peu aussi, de n’avoir pu dégoter les porteurs des Halles et d’avoir fait vainement concurrence aux forts du pavillon des légumes. Il eut beau exhiber ses membres solides de paysan et dissimuler sou diplôme de bachelier, il n’obtint pas pratique. Ses livres lui rapportèrent plus que ses biceps.
(Paul Buquet, Le Parti ouvrier)
Jeannot
d’Hautel, 1808 : Un Jeannot, un grand Jeannot. Terme d’injure et de mépris qui se dit d’un homme simple, borné et innocent. On donne aussi ce nom à un mari trop complaisant, ou qui se mêle des plus petits détails du ménage.
France, 1907 : Lapin.
Un sien cousin possédait des connaissances spéciales si développées, qu’il avait retenu toute la généalogie des lapins, dans la région qu’il habitait. Il savait, par exemple, que tel Jeannot était le propre neveu de tel autre, qui se trouvait parent par alliance de celui-ci ou de celui-là. Et comme il n’était pas de première force à la chasse, il exploitait à son profit cette érudition généalogique.
(Maxime Boucheron)
Lascar
Larchey, 1865 : Fantassin.
Vient de l’arabe el-askir qui a la même signification. Date sans doute de l’expédition d’Égypte.
(De Vauvineux)
A-t-il du toupet, le vieux Lascar ! dit l’invalide dans son langage pittoresque.
(Balzac)
Delvau, 1866 : s. m. Nom que — dans l’argot des troupiers et du peuple — on donne à tout homme de mauvaises mœurs, à tout réfractaire, à tout insurgé contre la loi, la morale et les choses établies. C’est une allusion aux mœurs des matelots indiens, malais ou autres, qui naviguent sur des bâtiments européens, hollandais principalement, et qui, tirés de la classe des parias, ne passent pas pour de parfaits honnêtes gens.
Rigaud, 1881 : Soldat qui a longtemps servi, soldat qui connaît toutes les ficelles du métier.
Ah ! le lascar ! se dit Max, il est de première force, je suis perdu.
(Balzac, Un Ménage de garçon)
La Rue, 1894 : Homme roué, qui connaît toutes les ficelles.
France, 1907 : Le mot a des significations diverses et contradictoires. Il signifie un malin, habile, solide au poste, un bon salut et aussi un fainéant, un tireur au flanc.
Le commandant, un vieux lascar
Dont le sang a payé les grades,
Me dis : Merci, c’est bien, moutard !
Bientôt, comme les camarades,
Je te ferai passer gabier,
Et qui sait ?… Enfant, persévère,
Un jour tu seras officier :
Devant toi s’ouvre la carriére.
— Qu’est-ce qui m’a foutu un tas de lascars comme ça… des fricoteurs qui ne songent qu’à gobeloter ? Allons, à l’ours, et vivement !
(Les Joyeusetés du régiment)
Il signifie aussi camarade, compagnon, dans l’argot des voleurs :
— Tous les lascars de l’atelier pouvaient turbiner à leur gré. Moi, je n’avais pas plus tôt le dos tourné à mon ouvrage pour grignoter mon lartif ou pour chiquer mon Saint-Père (tabac), que le louchon était sur mon dos pour m’écoper.
(Mémoires de M. Claude)
Primitivement, lascar signifiait simplement fantassin, de l’arabe el askir, même sens.
Père François
Rossignol, 1901 : Le coup du père François est de mettre autour du cou d’un passant un foulard ou une courroie au moment où il tourne le dos à l’agresseur. Celui qui a passé le foulard fait aussitôt un demi-tour et, tout en retenant les deux bouts, se courbe en avant ; de ce fait la victime perd pied, et instinctivement prend avec les deux mains l’objet qui l’étrangle, ce qui permet au complice de fouiller les poches tout à son aise. En plaisantant J’ai fait un jour le coup du père François à un de mes amis, un Italien de première force. Je ne l’ai tenu sur mes épaules que le temps de le soulever de terre, ce qui ne l’a pas empêché de tomber inerte ; et il a été un moment avant de reprendre connaissance. Je me suis bien juré de ne jamais recommencer, et je ne conseille à personne de jouer de la sorte.
France, 1907 : Célèbre inventeur du coup fameux qui a gardé son nom. Ce bandit légendaire étranglait encore à soixante ans. Il travaillait en solitaire, sans complice ni recéleur : d’où sa longue impunité. Quand il fut pris, il avait atteint l’âge où la peine de mort n’est plus appliquée.
— Jamais vous ne verrez opérer le « coup du père François » dans les rues de Constantinople. Le lutteur pour la vie, que vous y pouvez rencontrer, vous demande poliment de renoncer à votre bourse à son profit. Si vous lui prouvez que vous n’en avez point, il n’insiste pas, et il ne vous tue que si vous tentez de lui résister, ce qui est bien le moins, n’est-il pas vrai ?
(Simon Boubée, Le Testament d’un martyr)
Prunes (pas pour des)
France, 1907 : Pour quelque chose.
Le dîner débuta gaiement. Ils avaient un sujet de conversation qui prêtait à la médisance et, là-dessus, on pouvait pêcher au hasard : dans le monde officiel, pas une personne que ne fût de première force. Ce n’était pas pour des prunes la quintessence de la province.
(Edgar Monteil)
Une ancienne horizontale demande un fonds de liquoriste bien achalandé de jeunes gens… qui ne viendraient pas là pour des prunes.
(Écho de Paris)
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