Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Cabinet de lumière

Rigaud, 1881 : « Le sanctuaire du magasin (de nouveautés.) C’est une petite pièce carrée, sans aucune fenêtre : comme meubles, un divan de velours vert ou grenat, souvent une psyché au lieu de glace ; au milieu, un guéridon où l’on fait chatoyer sous la lumière du lustre les nuances tendres ou vives qui feront fureur demain. » (Commis et demoiselles de magasin, 1868.) C’est dans ce cabinet que les élégantes jugent de l’effet que produiront aux lumières les robes d’apparat.

Invitation à la valse

France, 1907 : Excitation à un certain acte qu’il est bienséant de ne commettre qu’à deux.

— Eh bien ! Mademoiselle, votre belle et blanche amie est toujours un ange.
— Je crois bien ; hier je lui ai proposé cinq louis pour être d’un souper où il y aurait des hommes très bien et des femmes à falbalas. J’ai eu beau la prier, c’était un roc de glace. Ceci ne nous à pas empêchés de souper gaiement, et nous recommencerons ce soir. Vous comprenez, Monsieur, c’est une invitation à la valse.

(Arsène Houssaye)

Lâcher la mousseline

France, 1907 : Neiger.

Le ciel restait d’une vilaine couleur de plomb, et la neige, amassée là-haut, coiffait le quartier d’une calotte de glace… Gervaise levait le nez en priant le bon Dieu de ne pas lâcher la mousseline de suite.

(Émile Zola, L’Assommoir)

Lingue, lingre

France, 1907 : Couteau. Déformation de la ville de Langres, renommée pour sa coutellerie. On dit aussi linve, surin, scion, pliant, coupe-sifflet, trente-deux ou vingt-deux, allusion au prix. Jouer du lingue, donner des coups de couteau.

— Nom de Dieu ! j’y touche presque ! Attends ! Ça n’y est pas ! Passez-moi un lingue.
Orlando tira de sa poche un de ces longs couteaux qu’une virole change en poignard et dont ne se sépare jamais l’Italien du peuple.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

S’i’ veut ben s’laisser faire, on fait pas d’mal au pantre,
Mais quand i’ veut r’ssauter où ben fair du potin. Cu y fout génliinent un puit coup dlingu dans l’ventre, Pour y approndre à gueuler à deux heur’s du matin.

(Aristide Bruant)

— Comment voulez-vous qu’on ait le cœur de ficher un coup de lingue, me disait un jour une « terreur » de la « Butte », quand on n’a rien mangé depuis trois jours ?
Il parait qu’il est plus facile de donner un coup de pioche qu’un coup de lingue, car mes casseurs de glace piochaient à jeun dans le ruisseau ; ils piochaient lentement ; ils piochaient tout de même.

(Hugues Le Roux)

… Les bandits avaient repris leur vie en commun de maraudes, de pillages, de pardessus volés, et au besoin d’appartements visités et de villas escaladées, sans parler du casuel, un bon coup de lingue servi au pantre qui s’amusait à crier quand on le barbottait au détour d’une rue déserte.

(Edmond Lepelletier)

Qui moult se mire peu file

France, 1907 : Ce vieux dicton, toujours vrai, date de la quatrième croisade d’où les croisés rapportèrent d’Orient des miroirs de glace étamée jusqu’alors inconnus en Europe, où l’on ne se servait que de miroirs en métal poli. Ces glaces, fabriquées à Sidon, eurent un tel succès près des dames et châtelaines qu’elles abandonnèrent pour la plupart fuseaux et rouet pour s’admirer. Venise perfectionna les miroirs de Sidon, et plus tard la fabrique de Saint-Gobain, établie en 1690 en Picardie, surpassa celle de Venise.

Saints de glace

France, 1907 : On appelle ainsi saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais dont les fêtes tombent les 11, 12 et 13 mai, jours auxquels il se fait spécialement dans le centre de la France et en Allemagne des froids qui ne sont pas de saison.
Les météorologistes expliquent ainsi les intempéries dans cette période lunaire qui commence en avril et finit en mai :

Chaque année la terre, dans le parcours de son vaste orbite autour du soleil, passe par deux points critiques : les saints de glace et l’été de la Saint-Martin (novembre-décembre et avril-mai).
Lorsque la terre est à l’extrémité de cet axe oblique correspondant à l’été de la Saint-Martin, elle reçoit, comme le ferait un réflecteur, toutes les tiédeurs du rayonnement solaire.
Mais quand elle est à l’autre extrémité, là où demeurent les saints de glace légendaires, par une combinaison céleste spéciale, il se rencontre entre la terre et le soleil un paquet de pulvéries, de nébuleuses, de quelque matière cosmique, d’astéroïdes, peut-être, qui forme écran entre notre planète et notre grand calorifère. Alors ce sont, dès que le ciel est clair, les abaissements de température, les gelées nocturnes, les accidents variés, que redoutent si fort, et à si juste titre, les agriculteurs, et dont on dit, faute de mieux, afin de tâcher d’en prendre son parti : « C’est la lune rousse ! »

Sérieux

d’Hautel, 1808 : Il est sérieux comme un âne qui boit dans un seau. Location ironique. Se dit d’une personne qui affecte un air grave et important.
Il est d’un sérieux de glace. Pour dire, il est sombre, taciturne, mélancolique ; il ne se déride pas facilement.

Delvau, 1866 : adj. Excellent, convenable, — dans l’argot des gens de lettres et des petites dames. Homme sérieux. Qui ne refuse rien aux femmes qui ne refusent rien aux hommes — riches. Souper sérieux. Où rien ne manque de ce qui doit en faire l’attrait : vins exquis, chère non-pareille, femmes charmantes, nommes d’esprit, etc. Le peuple emploie aussi cet adjectif dans l’acception de Copieux : un beefsteak sérieux, un dessert sérieux, etc.

France, 1907 : Double bock ; expression lorraine.

France, 1907 : Médecin ; argot des voleurs.

Timbre (salle du)

Rigaud, 1881 : Salle voisine de la cuisine où la viande et le poisson reposent sur des dalles maintenues fraîches par de la glace.

Dans les grands établissements, le timbre consomme en moyenne trois cents livres de glace par jour.

(Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1867)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique