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Bricole

d’Hautel, 1808 : Meuterie, gasconnade, raillerie, subterfuge.
Un ami de bricole. Signifie un ami de rencontre et sur lequel on ne peut faire aucun fonds.
Une fortune de bricole. Un bien que l’on a amassé de côté et d’autre, souvent d’une manière illicite.
Donner une bricole à quelqu’un. Faire entendre une chose pour une autre.
Jouer de bricole. Tricher, ne pas jouer de bonne foi.

Larchey, 1865 : Petit travail mal rétribué.
Bricoler : « M. Jannier bricolait à la Halle, c’est-à-dire qu’il y faisait à peu près tout ce qu’on voulait, qu’il était au service de qui désirait l’occuper. » — Privat d’Anglemont. — Vient de bricole : harnais qui fait de l’homme qui le porte une sorte de cheval bon à tout traîner.
Bricoler : Faire effort, donner un coup de collier ou bricole.

Et bricolons tout plus vite que ça, car j’ai les pieds dans l’huile bouillante.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise affaire, affaire d’un produit médiocre. Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Travail de peu d’importance ; travail mal rétribué, fait à temps perdu.

Le soir même, le zingueur amena des camarades, un maçon, un menuisier, un peintre, de bonszigs, qui feraient cette bricole après leur journée.

(É. Zola)

Au XVIIIe siècle, bricole avait le sens de mauvaise excuse, menterie.

France, 1907 : Petit travail de peu de profit.

Grâce à son travail — lequel consistait le plus souvent en bricoles — il eut presque constamment de quoi se nourrir et se vêtir.

(Flor O’Squarr, Les Coulisses de l’anarchie)

Se dit aussi dans le sens d’équipe : Toute la bricole est en bordée.

Cassé la patte à Coco (ne pas avoir)

Rigaud, 1881 : Ne pas être malin, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Coco est pris dans le sens de cheval. Pour exprimer la même idée, on dit dans le civil : N’avoir pas inventé le fil à couper le beurre.

Cheval

d’Hautel, 1808 : Il se tient à cheval comme une pincette sur le dos d’un âne. Se dit par dérision d’un mauvais écuyer ; d’un homme à qui l’art du manège est absolument inconnu.
Monter sur ses grands chevaux. Se fâcher ; prendre un ton menaçant, colère, et quelquefois injurieux.
Faire voir à quelqu’un que son cheval n’est qu’une bête. Convaincre un sot, un présomptueux de son ignorance et de son inhabileté.
C’est un bon cheval de trompette. Se dit d’un homme que les cris et les emportemens ne peuvent émouvoir.
Changer son cheval borgne pour un aveugle. Voy. Aveugle.
Il fait bon tenir son cheval par la bride. C’est à-dire, gouverner son bien par ses propres mains.
Il est aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. Pour dire qu’on endure bien de petites incommodités, quand on peut s’en délivrer à volonté.
N’avoir ni cheval ni mule. Être dans une condition médiocre ; être contraint d’aller à pied.
C’est un cheval échappé. Se dit d’un jeune homme fougueux qui se laisse aller à de grands déportemens.
L’œil du maître engraisse le cheval. Pour dire que la vigilance du maître ajoute à la valeur de son bien.
À cheval hargneux, étable à part. Signifie qu’il faut écarter les gens querelleurs de la bonne société.
Parler cheval. Pour dire, baragouiner ; s’exprimer d’une manière inintelligible.
Un coup de pied de jument ne fait point de mal au cheval. Pour dire qu’il faut prendre gracieusement tout ce que disent les femmes, quelque piquant que cela soit.
Un cheval de bât. Voy. Bât.
Des hommes et des chevaux, il n’en est point sans défauts. Proverbe que l’expérience n’a point encore démenti.
À jeune cheval vieux cavalier. C’est-à-dire, qu’il faut un cavalier expérimenté pour monter un cheval mutin et indompté.
On dit d’un parasite qui ne sait pas monter à cheval, qu’Il se tient mieux à table qu’à cheval.
Qui a de beaux chevaux, si ce n’est le roi ?
Se dit quand on voit des choses de grand prix dans les mains d’un homme très-opulent.
Une selle à tous chevaux. Chose qui peut servir à plusieurs usages ; remède que les empiriques emploient pour toutes sortes de maladies.
C’est l’ambassade de Viarron, trois chevaux et une mule. Se dit par dérision d’un train en désordre.
Une médecine de cheval. Se dit d’une médecine dont les effets sont très-violens.
Un travail de cheval. C’est-à-dire, très-pénible, très-fatigant, et souvent peu lucratif.
Il est bien temps de fermer l’écurie, quand le cheval est échappé. Se dit à quelqu’un dont la négligence a entraîné quelque malheur, et qui prend des précautions quand il n’y a plus de remède.
Écrire à quelqu’un une lettre à cheval. Lui écrire d’une manière menaçante et injurieuse.
Une fièvre de cheval. Une fièvre dévorante. Voy. Bataille.
Les enfans appellent un cheval un Dada. Voy. Broncher, brider.

Larchey, 1865 : Homme brusque, grossier.

Rigaud, 1881 : Les figures et les dix au jeu de baccarat. — Il n’y a donc que des chevaux au tirage.

France, 1907 : Rustre, brutal, grossier.

France, 1907 : Terme de joueurs de roulette. Un cheval est une mise placée sur deux numéros : l’enjeu est par le fait à cheval c’est-à-dire au milieu de la ligne qui sépare les deux cases Pour un cheval gagnant, la banque paye dix-sept fois la mise.

Chevalier d’industrie

Vidocq, 1837 : s. m. — Les chevaliers d’industrie, quelles que soient d’ailleurs les qualités qu’ils possèdent, n’ont pas marché avec le siècle, ils sont restés stationnaires au milieu des changemens qui s’opéraient autour d’eux, je crois même qu’ils ont reculé au lieu d’avancer ; car j’ai beau regarder autour de moi, je ne reconnais pas, parmi les illustrations comtemporaines, les dignes successeurs des Cagliostro, des comte de Saint-Germain, des Casanova, des chevalier de la Morlière, et de cent autres dont les noms m’échappent.
Ces messieurs de l’ancien régime étaient pour la plupart des cadets de famille, mousquetaires, chevau-légers ou chevaliers de Malte, qui, avant de devenir fripons, avaient commencé par être dupes. Ils portaient la cravate, le jabot et les manchettes de point de Bruxelles, l’habit nacarat, la veste gorge de pigeon, la culotte noire, les bas de soie blancs et les souliers à talons rouges ; l’or et les pierreries étincelaient sur toute leur personne ; ils étaient toujours pimpans, frisés, musqués et poudrés, et lorsqu’il le fallait ils savaient se servir de l’épée qui leur battait le mollet. Un nom illustre, un titre quelconque, qui leur appartenait réellement, ou qu’ils savaient prendre, leur ouvrait toutes les portes ; aussi on les rencontrait quelquefois à l’œil de bœuf, au petit lever, ou dans les salons de la favorite ; comme les plus grands seigneurs ils avaient leur petite maison, ils entretenaient des filles d’opéra ; et le matin avant de sortir, ils demandaient à leur valet s’il avait mis de l’or dans leurs poches, le Chevalier à la Mode de Dancourt, le marquis du Joueur ; et celui de l’École des Bourgeois, sont des types que le lecteur connaît aussi bien que moi.
À cette époque un homme de bonne compagnie devait nécessairement avoir des dettes, et surtout ne pas les payer ; Don Juan faisait des politesses à M. Dimanche, mais Don Juan est une spécialité. Les grands seigneurs et les chevaliers d’industrie du dix-huitième siècle faisaient rosser par leurs gens ou jeter par les fenêtres ceux de leurs créanciers qui se montraient récalcitrants. Les chevaliers d’industrie de l’époque actuelle sont, sauf les qualités qu’ils ne possèdent pas, à-peu-près ce qu’étaient leurs prédécesseurs ; l’humeur des créanciers est plus changée que tout le reste ; ces messieurs, maintenant, ne se laissent ni battre, ni jeter par la fenêtre, mais ils se laissent duper : les chevaliers spéculateurs n’en demandent pas davantage.
Voici l’exposé des qualités physiques et morales que doit absolument posséder celui qui veut suivre les traces des grands hommes de la corporation :
Un esprit vif et cultivé, une bravoure à toute épreuve, une présence d’esprit inaltérable, une physionomie à la fois agréable et imposante, une taille élevée et bien prise.
Le chevalier qui possède ces diverses qualités n’est encore qu’un pauvre sire, s’il ne sait pas les faire valoir ; ainsi il devra, avant de se lancer sur la scène, s’être muni d’un nom d’honnête homme ; un chevalier d’industrie ne peut se nommer ni Pierre Lelong, ni Eustache Lecourt.
Sa carrière est manquée s’il est assez sot pour se donner un nom du genre de ceux-ci : Saint-Léon, Saint-Clair, Saint-Firmin, ou quelque autre saint que ce soit ; le saint est usé jusqu’à la corde.
Pourvu d’un nom, l’aspirant doit se pourvoir d’un tailleur. Ses habits, coupés dans le dernier goût, sortiront des ateliers de Humann, de Barde ou de Chevreuil : le reste à l’avenant ; il prendra ses gants chez Valker, son chapeau chez Bandoni, ses bottes chez Concanon, sa canne chez Thomassin ; il ne se servira que de foulards de l’Inde, et de mouchoirs de fine batiste ; il conservera ses cigares dans une boîte élégante, des magasins de Susse ou de Giroux.
Il se logera dans une des rues nouvelles de la Chaussée-d’Antin. Des meubles de palissandre, des draperies élégantes, des bronzes, des globes magnifiques, des tapis de Lamornaix, garniront ses appartements.
Ses chevaux, seront anglais, son tilbury du carrossier à la mode.
Son domestique ne sera ni trop jeune ni trop vieux ; perspicace, prévoyant, audacieux et fluet, il saura, à propos, parler des propriétés de monsieur, de ses riches et vieux parents, etc., etc.
Lorsque l’aspirant se sera procuré tout cela, sans débourser un sou, il aura gagné ses éperons de chevalier.
Un portier complaisant est la première nécessité d’un chevalier d’industrie, aussi le sien sera choyé, adulé, et surtout généreusement payé.
Lorsque toutes ses mesures sont prises, le chevalier entre en lice et attaque l’ennemi avec l’espoir du succès ; alors les marchands et les fournisseurs attendent dans son antichambre qu’il veuille bien les recevoir ; quelquefois même un escompteur délicat apporte lui-même de l’argent au grand personnage ; à la vérité, cet honnête usurier vend ses écus au poids de l’or, il ne prend que 4 ou 5 p. % par mois, et l’intérêt en dedans, de sorte que l’emprunteur ne reçoit que très-peu de chose, mais toujours est-il qu’il reçoit, tandis qu’il est positif que le marchand d’argent ne recevra jamais rien.

Cinquième rêne

Rigaud, 1881 : Crinière de cheval. — Attraper la cinquième rêne, attraper la crinière de peur de tomber quand un cheval se cabre ou trotte trop dur, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Coltiner

Clémens, 1840 : Porter, saisir, conduire.

Halbert, 1849 : Porter un fardeau.

Delvau, 1866 : v. n. Traîner une charrette avec un licol, comme font les hommes de peine, qui remplacent ainsi les bêtes de somme.

Rigaud, 1881 : Faire un métier de cheval en tirant sur la bricole d’une charrette à bras ; et, par extension, faire de gros ouvrages.

Coucou

Bras-de-Fer, 1829 : Montre.

Vidocq, 1837 : s. f. — Montre. Terme des Floueurs.

Delvau, 1864 : Oiseau jaune, de la race des cocus, aussi féconde que celle des mirmidons.

Les coucous sont gras,
Mais on n’en tue guère ;
Les coucous sont gras,
Mais on n’en tue pas ;
La crainte qu’on a de manger son père,
Son cousin germain, son oncle ou son frère.
Fait qu’on n’en tue guère,
Fait qu’on n’en tue pas.

(Vieille chanson)

Larchey, 1865 : Cocu.

Une simple amourette Rend un mari coucou.

(Chansons. impr. Chassaignon, 1851)

En 1350, un mari trompé s’appelait déjà en bas latin cucullus (prononcez coucoullous), et, en langue romane, cous. V. Du Cange.

Delvau, 1866 : s. m. Cocu, — par antiphrase. Faire coucou. Tromper un homme avec sa femme. On dit aussi Faire cornette, quand c’est la femme qui est trompée.

Delvau, 1866 : s. m. Montre, — dans l’argot des voleurs, qui confondent à dessein avec les horloges de la Forêt-Noire. Ils disent mieux Bogue.

France, 1907 : Ancienne voiture des environs de Paris où grisettes et commis se faisaient véhiculer à la campagne, le dimanche, au bon temps des romans de Paul de Kock, L. Couailhac, dans Les Français peints par eux-mêmes, a ainsi décrit cette humble boîte à compartiments que trainait un cheval poussif :

On y est si bien pressé, si bien serré, si bien étouffé ! Elle rappelle si bien l’époque où les Des Grieux des gardes françaises et de la basoche allaient manger une matelote à la Râpée avec les Manon Lescaut des piliers des Halles. Comme tout ce bon attirail de cheval et de voiture unis ensemble respire le parfum de la galanterie joyeuse, vive et folle du bon temps, du temps ou les grisettes portaient les jupes courtes, faisaient gaiement claquer leurs galoches sur le pavé, se décolletaient comme des marquises et se moquaient de tout avec Madelon Friquet ! Oh ! la charmante voiture ! comme le coude touche le coude, comme le genou presse le genou, comme la taille des jeunes filles est abandonnée sans défense aux entreprises des audacieux !

On appelle aussi coucou, par ironie, la machine à vapeur.

France, 1907 : Cocu. Faire coucou, tromper un mari avec sa femme.

Il y a des syllabes qui portent en elles une vertu magique de rire ou de larmes, comme les plantes que les nécromanciens recueillent au clair de lune empoisonnent où guérissent. Ce petit mot de cocu, plein et sonore comme une tierce de clairon, sonne pour notre race une fanfare toujours joyeuse.

(Hugues Le Roux)

France, 1907 : Montre. Allusion aux horloges de bois fabriquées en Suisse et appelées ainsi à cause du petit oiseau qui les surmonte et chante coucou à toutes les heures.

Couper à…

France, 1907 : Éviter une chose ; couper à la corvée.

La seule manière d’échapper à ce terrible examen eût été de couper à la manœuvre et d’être exempt de cheval : mais comment ? Le médecin-major Mouillac était inaccessible aux carottes, et les connaissait toutes dans les coins.

(Pompon, Gil Blas)

Alors, la chambrée s’étire, et, sous les charpentes, c’est un va-et-vient de frileuses guiboles, sous les liquettes fendues. Les zouaves, qui la veille fanfaronnaient pour couper aux marches, ont lancé polochons et couvertures, et ils s’habillent en braillant…

(Georges d’Esparbès)

Embrouillamini

Delvau, 1866 : s. m. Confusion de choses ou de mots, — embrouillement. Voilà un des mots de notre langue qui ont le plus perdu en grandissant et se sont le plus corrompus en vieillissant. L’auteur du Code orthographique, — fort bon livre d’ailleurs, — prétend qu’il ne faut pas dire embrouillamini, parce que ce mot n’est pas français, mais bien brouillamini, — qui n’est pas plus français, j’ai le regret de le déclarer à M. Hétrel et à l’Académie, son autorité. On a commencé par dire Bol d’Arménie, et le bol d’Arménie était un remède de cheval fort compliqué, fort embrouillé ; de Bol d’Arménie on a fait Brouillamini, puis Embrouillamini : Molière a employé le premier dans son Bourgeois Gentilhomme, et Voltaire s’est servi du second dans sa Lettre à d’Argental. Maintenant, Voltaire et Molière écartés, comment le peuple dit-il, lui, — puisque c’est le Dictionnaire du peuple que je fais ici ? Le peuple prononce Embrouillamini. Cela me suffit.
Embrouillamini du diable. Confusion extrême, embarras dont on ne peut sortir.

France, 1907 : Voir Brouillamini.

Étouffé dans la filasse

France, 1907 : Pendu.

Ton père a été étouffé dans la filasse ; il est mort en l’air avec un bonnet de nuit de cheval au cou, en faisant une grimace devant le Pont-Rouge.

(Vadé)

Faire un poulain

Rigaud, 1881 : Tomber de cheval, — dans le jargon des régiments de cavalerie ; jeu de mot hippique ; c’est-à-dire : mettre bas son cavalier.

Fier-à-bras

d’Hautel, 1808 : Bravache, matamore, homme présomptueux qui veut faire quelque chose au-dessus de ses forces, ou qui cherche à en imposer par ses menaces et ses rodomontades.

Delvau, 1866 : s. m. Fanfaron, bravache, qui menace de tout casser, — et qui est souvent obligé de se la casser.

France, 1907 : Fanfaron. Fierabras est un géant des romans de chevalerie, Les Douze Pairs, qui, dans son combat coutre Olivier, guérissait immédiatement les blessures les plus mortelles au moyen d’un baume merveilleux. Cervantes a retenu ce nom de Fierabras dans Don Quichotte.

Flamberge

d’Hautel, 1808 : Épée longue que portent les bretteurs, les spadassins.

Vidocq, 1837 : s. — Épée, sabre de cavalerie.

Delvau, 1866 : s. f. Épée, — dans l’argot du peuple, qui a conservé bon souvenir du fameux bran d’acier de Renaud de Montauban. Mettre flamberge au vent. Dégainer. Se dit aussi pour Montrer « la figure de campagne », et pour Jeter au vent l’aniterge dont on vient de se servir.

France, 1907 : Épée, sabre. « Mettre flamberge au vent. » Du nom de l’épée de Renaud de Montauban, l’un des héros du célèbre roman de chevalerie Les Quatre Fils Aymon.

Fournée

d’Hautel, 1808 : Nom donné par le peuple aux charretées d’individus condamnés par le tribunal révolutionnaire à subir le supplice de la Guillotine. ACAD. Supplém.
Il n’est pas de cette fournée.
Pour, il n’est pas de ce nombre.
Prendre un pain sur la fournée. Séduire une fille avant le mariage.

Delvau, 1866 : s. f. Promotions périodiques à des grades on à des distinctions honorifiques. Argot des troupiers. Le mot a deux cents ans de noblesse : Saint-Siméon parle quelque part de « l’étrange fournée » de ducs et pairs de 1663.

France, 1907 : Promotion faite à certaines époques à des grades ou des distinctions honorifiques. « Une fournée de chevaliers de la Légion d’honneur, d’officiers d’Académie. »

Gabatine

d’Hautel, 1808 : Fourberie ; subtilité ; menterie ; phrases flatteuses et galantes ; cajoleries.
Donner de la gabatine. Pour dire, tromper quelqu’un ; chercher à lui en faire accroire.

Delvau, 1866 : s. f. Plaisanterie, — dans l’argot du peuple, héritier des anciens gabeurs, dont il a lu les prouesses dans les romans de chevalerie de la Bibliothèque Bleue. Donner de la gabatine. Se moquer de quelqu’un, le faire aller, en s’en moquant.

Rigaud, 1881 : Raillerie, plaisanterie, tromperie ; vieux mot français.

La gabatine est franche et la ruse subtile.

(Le Docteur amoureux, comédie)

Il est vrai, notre nation
Donne souvent la gabatine.

(Scarron. Poésies)

Galans fiéfés, donneurs de gabatine.

(Deshouillères)

La Rue, 1894 : Raillerie.

France, 1907 : Raillerie, plaisanterie ; du vieux français gabe, farce. Donner de la gabatine, railler, tromper.

Gentilhomme à lièvre

France, 1907 : Hobereau qui passe son temps à chasser dans ses terres ; gentilhomme campagnard de petite fortune et de petite noblesse.

Ce mot vient d’une aventure plaisante racontée par le greffier Tillet en ses Mémoires : « Les armées de Philippe V, roy de France, et d’Édouard, troisième roy d’Angleterre, estant sur le point de donner bataille, un lièvre se donna près du camp des François. Les soldats les plus proches firent, en le voyant, un si grand bruit, que ceux qui estoient à l’arrière-garde crurent qu’on estoit aux mains. Quelques écuyers, ayant eu cette pensée, vinrent se jeter aux pieds du roy pour lui demander l’accolade de chevaliers ; mais n’y ayant point eu de combat, et l’alarme se trouvant avoir esté seulement causée par un lièvre, on nomma par raillerie ceux qui avoient esté faits chevaliers, les chevaliers du lièvre. On a depuis appliqué ce proverbe aux gentilshommes casaniers et qui passent leur vie à la chasse. »

(Fleury de Bellingen, Étym. des prov. franç.)

Grand-montant-tropical

France, 1907 : Pantalon de cheval.

Grignon

d’Hautel, 1808 : Un grignon de pain. Pour une croûte, une bribe de pain.

Delvau, 1866 : s. m. Morceau, de pain spécialement.

France, 1907 : Juge, sans doute pour grognon.

France, 1907 : Morceau de pain sec.

C’était de nouveau un labeur de cheval que le sien : depuis quinze jours, il ne connaissait plus le lit, roupillait tout habillé une heure ou deux dans la cahière, mangeait son grignon debout, comte un portefaix entre deux coups de force.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

France, 1907 : Petit cheval.

Or, un jour — c’était du temps des papes — que le saint-père et la reine Jeanne, le saint-père sur sa mule blanche, portant l’anneau et la tiare, Jeanne sur un grignon camargue et coiffée d’un chapeau de fleurs, allaient chevauchant par ces parages…

(Paul Arène)

France, 1907 : Poire.

Horse-steak

Rigaud, 1881 : Bifteck de cheval ; mot fabriqué pendant le siège de Paris, à l’époque où l’on mangeait tant de cheval.

Maquart

France, 1907 : Viande. Bifteck de Maquart, viande de cheval, du nom d’un équarrisseur.

Merveilleux

France, 1907 : Surnom des ancêtres, sous le Directoire, de nos boudinés et gommeux actuels, ce qu’on appelait la jeunesse dorée et qui n’est plus que la jeunesse demi-dorée. Théophile Gautier a décrit ainsi le merveilleux :

À l’avant-scène se prélassait un jeune merveilleux, agitant avec nonchalance un binocle d’or émaillé. Un habit de coupe singulière. hardiment débraillé et doublé de velours, laissait voir un gilet d’une couleur éclatante et taillé en manière de pourpoint ; un pantalon noir collant dessinait exactement ses hanches : une chaine d’or pareille à un ordre de chevalerie chatoyait sur sa poitrine ; sa tête sortait immédiatement de sa cravate de satin sous le liséré blanc de rigueur à cette époque… Les cheveux rasés à la Henri III, la bouche en éventail, les sourcils troussés vers les tempes, la main longue et blanche, avec une large chevalière ornée à la gothique, rien n’y manquait.

Pacha à trois queues

France, 1907 : Cette expression, fort usitée autrefois, l’est encore en certaines provinces pour désigner un riche oisif qui passe sa vie dans une douce mollesse, comme l’on représente les pachas de l’Orient. La queue de cheval est le signe distinctif des pachas, qui la font porter devant eux au bout d’une hampe surmontée d’un croissant. C’est le fanion de nos généraux commandant un corps d’armée. Le dignitaire le plus élevé dans la hiérarchie militaire de l’empire turc est le pacha à trois queues. C’est pour célébrer une victoire remportée grâce à une queue de cheval que le général turc fit attacher à une lance en signe de ralliement, alors que ses troupes étaient en pleine déroute, que cet appendice est devenu un signe d’honneur parant les étendards. Un journal comique relate cette petite scène conjugale :

Le mari au lit, lisant son journal :
Dis donc, Lolotte, le pacha de Trébizonde qui a six cents femmes. C’est un pacha à trois queues.
La femme : Oh ! mon pauvre Joseph, quel triste pacha tu ferais !

Peloton de chasse

Rigaud, 1881 : Peloton de punition. (L. Larchey)

Merlin, 1888 : Peloton de punition, le bal.

France, 1907 : Exercice supplémentaire imposé aux hommes punis ; argot militaire.

Deux ou trois fois par jour, le trompette de garde sonnait au pélolenr de chinsse : Sur quoi les hommes punis se hâtaient de se mettre en tenue, pantalon de cheval et dolman, et de prendre leur mousqueton au râtelier. Flick, dans la cour, les attendait. Il les faisait placer en file, le nez au mur, et leur faisait exécuter une heure et demie de maniement d’armes en décomposant chaque mouvement.

(Georges Courteline, Les Gaietés de l’escadron)

Adieu l’clou, la sall’ de police ;
La grand’ boîte, le lazaaro
Où l’adjudant (qu’Dieu le bénisse !…)
Se faisait, hélas ! mon bourreau ;
Je dis zut au p’loton de chasse,
Mon cauchemar, mon désespoir,
V’là que nous sommes de la classe
Et que la classe part ce soir !…

(Chanson de régiment)

On dit aussi pelote : « Faire la pelote. »

Piquer l’étrangère

Merlin, 1888 : Rêvasser, être distrait.

Fustier, 1889 : Argot du régiment. Tomber de cheval.

France, 1907 : Avoir la pensée ailleurs qu’à la besogne qu’on fait. Voyager au pays des chimères. Argot de Saint-Cyr et de l’École polytechnique.

J’étais devenu incapable d’aucune application, d’aucun travail sérieux, passant de longues heures à révasser, ou, comme nous disions dans notre argot spécial, à piquer l’étrangère.

(Pompon, Gil Blas)

Pendant les longs pansages, on reconnait l’Alsacien à sa mine affairée. Au milieu de tous ces hommes qui accomplissent ces soins par devoir, mais dont assurément l’esprit voyage, courant après les choses lointaines, et pour me servir d’une charmante expression de l’école militaire, piquent l’étrangère, l’Alsacien est le seul qui soit corps et âme à sa besogne.

(E. Billaudel, Les Hommes d’épée)

Pissat de cheval ou pissat de vache

France, 1907 : Mauvaise bière.

Pissin de cheval

Rigaud, 1881 : Mauvaise bière chaude.

Poireau (ordre du)

France, 1907 : Ordre du Mérite agricole. Ce nouvel ordre a été créé par M. Maline le 7 juillet 1883. Il fixait à mille le nombre des chevaliers et à 500 celui des officiers, et décidait qu’il ne pourrait être fait plus de 350 nominations de chevaliers par semestre. D’après le décret de création, pour être admis dans l’ordre du Mérite agricole, il faut avoir exercé pendant quinze ans au moins, avec distinction, des fonctions se rattachant à l’agriculture, ou compter au moins quinze ans de pratique agricole.
Un conseil de l’ordre du Mérite agricole est établi près le ministre de l’agriculture.
Il est composé du ministre de l’agriculture, président ; de huit membres de l’ordre nommés par le président de la République et d’un secrétaire à la nomination du ministre.
Les directeurs du ministère de l’agriculture, le chef de la division du secrétariat, de la comptabilité et le chef du cabinet du ministre font partie de droit de ce conseil qui se réunit à la fin de chaque trimestre et aussi souvent que le ministre le juge utile.
Mais devant le nombre toujours croissant des demandes, le chiffre primitif s’est trouvé insuffisant. Il est à remarquer que depuis la République, il y a beaucoup plus de décorations que sous le régime impérial. C’est que l’amour des distinctions, qui nous vient des Gaulois, nos pères, se manifeste autant chez les républicains que chez les monarchistes. Aussi un décret du 18 juin 1887 a-t-il, pour donner de plus larges satisfactions, porté à 3.000 le nombre des chevaliers du Mérite agricole. Ce dernier chiffre a probablement été augmenté depuis. Un décret du 11 mars 1893 a institué un conseil de discipline de l’ordre du Poireau.

Poulain (faire un)

France, 1907 : Tomber de cheval ; argot militaire.

Queue (faire la)

Larchey, 1865 : Escroquer. V. Perruque.

Giromont finissait de compter son argent et disait : le scélérat m’a fait la queue.

(E. Sue)

Faire la queue : Tromper.

Il faut se contraindre et vous avez un fameux toupet si vous parvenez à lui faire la queue.

(Phys. de la Chaumière. 1841)

Queue : Infidélité galante.

Je connais un général à qui on a fait des queues avec pas mal de particuliers.

(Gavarni)

Queue romantique : Jeu de mots altérant le sens raisonnable de la phrase. Murger a ridiculisé cet exercice dans sa Vie de Bohème. Dès 1751 paraissait une Histoire du prince Camouflet qui peut passer pour un recueil complet de ces stériles tours de force. C’est de là que datent « je le crains de cheval, — sous un beau ciel de lit bassiné, » etc.
Ruban de queue : « Comme ces grandes routes ruban de queue de quatre ou cinq lieues de long qui rien qu’à les voir toujours toutes droites, vous cassent les jambes. » — E. Sue.
Queue-rouge : Paillasse grotesque dont la perruque est nouée par un ruban rouge.

Le public préfère généralement le lazzi au mot et la queue-rouge au comédien.

(De la Fizelière)

Queue de rat : Tabatière dont le couvercle de bois était soulevé par une longue et étroite lanière de cuir.

Une de ces ignobles tabatières de bois vulgairement appelées queues de rat.

(Ch. Hugo)

Queue de renard : Trace de vomissement. V. Renard.

Rigaud, 1881 : Tromper en matière de payement.

Raccrocher

d’Hautel, 1808 : Raccrocher quelqu’un. L’arrêter en passant, l’accoster librement ; il ne se dit, guères que des prostituées qui arrêtent les passans dans les rues.
Se raccrocher aux branches. Regagner en tout ou en partie les avantages que l’on avoit perdus.

Delvau, 1864 : Arrêter un homme sur le trottoir, la nuit, et l’inviter à monter pour baiser et jouir.

J’ai été un an à l’hôpital. Une autre que moi, en sortant de là, aurait raccroché.

(Rétif de la Bretonne)

Delvau, 1866 : v. a. Se promener sur le trottoir en robe décolletée et en bas bien tirés, — dans l’argot du peuple.

La Rue, 1894 : Appeler les hommes dans la rue, dans l’argot des filles.

France, 1907 : Arrêter les hommes pour les convier à fêter Vénus.

La prostituée qui raccroche sur les bancs, la femme adultère où la concubine qui trompent soit le mari, soit l’amant, et la courtisane de haute marque qui descend de cheval à l’avenue des Poteaux, se fait trainer au Bois dans son équipage ou assiste à toutes les premières dans l’avant-scène de gauche, toutes ces créatures sont du même monde, du même acabit et finiront toutes par puer le même relent.

(Louis Davyl)

Ramasser un bouchon

Merlin, 1888 : Tomber de cheval. — On dit aussi : prendre mesure d’une schabraque.

Ratafiat de grenouille

Delvau, 1866 : s. m. L’eau, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Anisette de barbillon et Bourgogne de cheval.

Rechigner

d’Hautel, 1808 : Regimber ; avoir de l’aversion pour quelque chose, y répugner ; le faire avec humeur ; grogner, gronder, murmurer entre ses dents.
Un visage rechigné. Pour dire, un air dur, revêche ; une figure rebutante et refrognée.

France, 1907 : Hésiter ; exécuter une chose de mauvaise grâce.

Un jour, pendant des manœuvres aux environs de Neufchâteau, où il était colonel, le régiment se trouva obligé de traverser à gué une petite rivière. Voyant que les hommes et les officiers avaient l’air de rechigner un peu, le colonel descend de cheval, se place au milieu de la rivière et, dans l’eau jusqu’à la ceinture, il regarde défiler son régiment jusqu’à la dernière compagnie. Le soir, il alla faire un tour au cercle des officiers, et ceux-ci purent remarquer que le colonel, voulant leur donner une leçon, n’avait changé ni sa culotte ni ses bottes.

(Alex. Tisserand, Le Voltaire)

Ressort (se casser le)

Merlin, 1888 : Se tuer en tombant de cheval.

Rhume, rhume de chat

France, 1907 : Blennorrhée.

Elle s’est enrhumée !
Le gros Mond-Mond, d’un bond,
Court chez la bien-aimée,
La gronde, furibond :
« Toujours des imprudences !…
… Pris froid, hier soir, au bal !
Et, comme conséquences,
Des rhumes de cheval ! »
Alors, elle, adorable,
Répond : « Dam’ ! mon gros rat !
C’est encor préférable
À des rhumes de chat ! »

(Gil Blas)

S’y frotte s’y pique (qui)

France, 1907 : C’était autrefois la devise de nombre de chevaliers avec un chardon pour emblème. Ce chardon se retrouve dans les armes de Nancy accompagné de cette légende : non inultus premor. On applique ce dicton aux gens irascibles et pointilleux.

Sauter à la capahut

Vidocq, 1837 : Assassiner son complice pour lui enlever sa part de butin. L’origine de ce terme est assez curieuse. Un voleur, nommé Capahut, qui a désolé fort long-temps Paris et les environs, et qui a terminé sa carrière sur la place de l’Hôtel-de-Ville, avait l’habitude de ne jamais voyager qu’à cheval.
Lorsqu’il revenait du travail (de voler), et qu’il était accompagné d’un de ses complices, malheur à celui-ci si les partages étaient faits ; lorsque Capahut et son complice étaient arrivés dans un lieu écarté, le premier laissait tomber quelque chose sur la route, puis il piquait son cheval de manière à le faire caracoler, ce qui le mettait dans l’impossibilité de ramasser l’objet qu’il avait fait tomber ; son camarade se baissait pour lui éviter la peine de descendre de cheval, Capahut saisissait un pistolet, et son complice avait cessé de vivre ; l’assassin s’emparaît de tout ce qu’il avait sur lui ; puis, s’il en avait la possibilité, il jetait le corps dans la rivière.

Virmaître, 1894 : Tuer un complice pour ne pas lui donner sa part de vol. C’est un fait assez rare, car chez les voleurs il existe une sorte de probité que l’on ne trouve pas chez certains qui se disent honnêtes gens (Argot des voleurs).

Sept-à-neuf

France, 1907 : Costume de cheval du matin ; argot des sportsmen.

Sous-pied

Rigaud, 1881 : Viande coriace qu’on prendrait pour un morceau de cuir, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Merlin, 1888 : Mauvais morceau de viande, fait de nerfs et dur comme le cuir des sous-pieds, Ramasser son sous-pied veut dire tomber de cheval.

Sportsman

Delvau, 1866 : s. m. Homme de cheval, habitué des courses.

France, 1907 : Homme qui s’occupe de sports.
Le pluriel est sportsmen.

Les jours du Grand Prix de Paris, Mabille était envahi par une foule de sportsmen, et suivant la nationalité du cheval qui avait remporté la victoire, Anglais ou Français la célébraient en buvant d’énormes quantités de champagne, accompagnées d’une grêle de coups de poings.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Tire-fiacre

Rigaud, 1881 : Viande aussi coriace que de la viande de cheval.

Rossignol, 1901 : Viande de cheval.

N’allons pas chez ce gargotier, c’est du tire-fiacre qu’il vend pour du bœuf.

France, 1907 : Bœuf bouilli ; viande coriace ; allusion à la viande de cheval. Argot populaire.

Travail

d’Hautel, 1808 : C’est un travail de cheval. C’est à-dire très-fatigant, très-pénible.

Delvau, 1864 : Prostitution ; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête,
À ton flâneur donne de l’agrément ;
Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette,
Que t’es pas là pour ton amusement.

(L. Festeau)

Que tu travailles bien aussi !… fort ! fort !, ma mignonne, tu me ravis !…

(La Popelinière)

Tu passes toutes tes soirées
Chez Dautun le marchand, de vin :
Les autres femmes, plus rusées,
Travaillent du soir au matin.

(Dumoulin)

Épous’s d’ultras,
Nièc’s de prélats,
Tout ça travaille et n’se numérot’ pas.

(Béranger)

O femelle divine,
Crois-moi !
Fais travailler ma pine
Sur toi !

(Eug. Vachette)

Delvau, 1866 : s. m. Action de manger, — dans l’argot des francs-maçons.

Delvau, 1866 : s. m. Chose difficile à faire, — dans l’argot des saltimbanques. Beau travail. Tour extraordinaire ou nouveau.

Rigaud, 1881 : Exercices de saltimbanque. — Atelier de modiste.

Rigaud, 1881 : Littérature à la vapeur, confection politico-littéraire à l’usage des revues, — dans l’argot des journalistes. Le travail consiste à enlever à la force du poignet quatre ou cinq feuilles de copie dans le même numéro. — Grand travail sur Vextinction du paupérisme ; grand travail sur les caisses d’épargne ; grand travail sur les enfants assistés ; grand travail sur l’influence du théâtre, etc., etc.

Rigaud, 1881 : Vol ; assassinat ; commerce de la prostitution, — dans le jargon des voleurs et des filles.

La Rue, 1894 : Vol. Assassinat. Exercice de saltimbanque. Prostitution.

Tripotailler

France, 1907 : S’occuper d’affaires louches, de combinaisons financières où l’argent des gogos passe dans la poche du tripotailleur.

L’honneur ?… Bigre ! Je le croyais passé, le temps des romanceros ; et nos mœurs s’accommodent mal de cette farouche austérité. Le mari qui tripotaille à la Bourse, filoute les petites gens, et flatte les autres, me semble en mauvaise posture de chevalier demandant à sa dame d’être sans reproche comme il est sans peur. Les chasses élevées, à qui ce genre de prétexte est ordinairement dévolu, n’y ont vraiment plus droit. Elles ne sont pas à la hauteur — le niveau a baissé !

(Séverine)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique