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Cambrioleur

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui dévalise les chambres, principalement les chambres de domestiques, en l’absence de leurs locataires. Cambrioleur à la flan. Voleur de chambre au hasard.

La Rue, 1894 : Dévaliseur de chambres.

Virmaître, 1894 : Vol à la cambriotte. Ce vol fut célébré par B. Maurice :

Travaillant d’ordinaire,
La sorgue dans Pantin,
Pour mainte et mainte affaire,
Faisant très bon chopin.
Ma gente cambriotte,
Rendoublée de camelotte,
De la dalle au flaquet.
Je vivais sans disgrâce,
Sans regout ni morace,
Sans taf et sans regret.
Le quart-d’œil lui jabotte :
Mange sur tes nonneurs ;
Lui tire une carotte.
Lui montrant la couleur.
L’on vient, l’on me ligotte,
Adieu, ma cainbriotte,
Mon beau pieu. mes dardants.
Je monte à la Cigogne.
On me gerbe à la grotte,
Au tap et pour douze ans.

France, 1907 : Voleur dont la spécialité est de faire main basse dans les appartements ou les villas en l’absence des propriétaires. Cambrioleur à la flan, voleur de chambres au hasard.

On estime, à la Sûreté, que sur vingt-cinq mille individus n’ayant à Paris d’autre moyen d’existence que le vol, dix mille au moins sont des cambrioleurs, soit professionnels, soit occasionnels.

(Guy Tomel, Le Bas du Pavé parisien)

Coquer le poivre

Vidocq, 1837 : v. a. — Empoisonner.

Larchey, 1865 : Empoisonner. — Coquer le rifle : Mettre le feu.

Girofle largue, depuis le reluit où j’ai gambillé avec tezigue et remouché tes chasses et ta frime d’altèque, le dardant a coqué le rifle dans mon palpitant qui n’aquige plus que pour tezigue.

(Vidocq)

Coquer : Donner. V. Ravignolé.

France, 1907 : Empoisonner.

Dardant

anon., 1827 : L’Amour.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Amour.

Bras-de-Fer, 1829 : L’amour.

Vidocq, 1837 : s. m. — Amour.

Halbert, 1849 : L’amour.

Larchey, 1865 : L’amour. — C’est l’archerot de nos anciens poètes, c’est Cupidon dardant son trait. — V. Coquer.

Icicaille est le théâtre Du petit Dardant ; Fonçons à ce mion folâtre Notre palpitant.

(Grandval, 1723)

Delvau, 1866 : s. m. L’amour, — dans l’argot des voleurs, qui aiment la femme avec excès.

La Rue, 1894 : L’amour. Liaison amoureuse.

Rossignol, 1901 : Soleil.

France, 1907 : L’Amour.

Ici-caille est le théâtre
Du petit dardant ;
onçons à ce mien folâtre
Notre palpitant.

(Grandval, 1725)

Le mot s’emploie aussi au pluriel dans le sens de « mes amours ».

L’on vient, l’on me ligotte,
Adieu ma cambriole,
Mon beau pieu, mes dardants !

(Winter, forçat, 1829)

Dardant (le)

Hayard, 1907 : L’amour.

Dardant, le petit dardant

Rigaud, 1881 : L’amour, — dans le jargon des voleurs.

Dardants

Virmaître, 1894 : Mes amours (Argot des voleurs).

Daronne

Ansiaume, 1821 : Mère.

La bonne daronne avale souvent le luron.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Maîtresse, mère.

Delvau, 1866 : s. f. Mère. Daronne du Dardant. Vénus, mère de l’Amour. Daronne du grand Aure. la Sainte Vierge, mère de Dieu.

Virmaître, 1894 : Mère ; dans le peuple on dit la dabuche (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mère.

France, 1907 : Prune.

Daronne du dardant

Vidocq, 1837 : s. f. — Vénus.

Virmaître, 1894 : La déesse Vénus. Daronne, mère ; dardant, amour. Mot à mot : la mère des amours (Argot des voleurs).

France, 1907 : La mère de l’amour, Vénus.

Foncer

d’Hautel, 1808 : Il est foncé. Pour dire, il a beaucoup d’argent, il est fortune ; il peut faire face à cette entreprise.

Bras-de-Fer, 1829 / M.D., 1844 : Donner.

Larchey, 1865 : Se précipiter. — Abrév. d’enfoncer.

Trois coquins de railles sur mesigue ont foncé.

(Vidocq)

Foncer, foncer à l’appointement : Payer. — Foncer : Donner. V. Dardant. — Foncer un babillard : Adresser une pétition. V. Babillard.

Delvau, 1866 : v. n. Courir, s’abattre, se précipiter, — dans l’argot des écoliers.

Delvau, 1866 : v. n. Donner de l’argent, fournir des fonds.

S’il plaist, s’il est beau, il suffit.
S’il est prodigue de ses biens,
Que pour le plaisir et déduit
Il fonce et qu’il n’espargne rien.

trouve-t-on dans G. Coquillard, poète du XVe siècle. Les bourgeois disent, eux : Foncer à l’appointement.

Rigaud, 1881 : Payer, compter. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Foncer à l’appointement.

C’est une coutume fort établie à Paris, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l’appointement, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le bufle.

(Le Roux, Dict. comique, 1750.)

La Rue, 1894 : Payer. Donner.

France, 1907 : Courir, se précipiter, secouer.

Et si tezig tient à sa boule,
Fonce ta largue et qu’elle aboule…

(Jean Richepin)

France, 1907 : Donner de l’argent, payer. Foncer à l’appointement est une vieille expression signifiant fournir aux dépenses de quelqu’un, subvenir à ses besoins, à son entretien. « C’est une coutume fort établie à Paris, dit Pierre J. Leroux, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l’appointement, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le buffle ; une maîtresse en fait souvent autant de son amant, qui quelquefois achète de petites faveurs fort cher. Aimez-vous une personne de quelque rang qu’elle puisse être, si vous ne foncez à l’appointement pour acheter des robes à la mode ou des bijoux, votre maîtresse vous casse net comme un verre. »
Je crois qu’il en est encore aujourd’hui comme au temps dont parle le bon Leroux.

Icicaille

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Ici, tout près de nous.

France, 1907 : Ici ; argot des voleurs.

lcicaille est le théâtre
Du petit dardant ;
Fonçons à ce mion folâtre
Notre palpitant :
Pitanchons pivois chenâtre
Jusques au luisant.

(Nicolas R. de Grandval)

Icicaille, icigo

Larchey, 1865 : Voir Dardant, Go.

Icigo

M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Ici.

Delvau, 1866 : adv. Ici, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Icicaille.

Virmaître, 1894 : Ici. On dit aussi icicaille. Icicaille est un vieux mot français ; on le trouve en effet dans une édition du Jargon, imprimée à Troyes, de 1686 à 1711.

Icicaille est le théâtre
Du petit Dardant.

On avait attribué cet opuscule à Cartouche, le célèbre voleur, mais M. Marcel Schwob détruit cette légende. Il faut croire que les voleurs ont le respect de la tradition, puisque le mot icicaille est encore en usage (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Ici.

France, 1907 : Ici ; argot des voleurs.

— Au fait, fit la mère Gougeard, vous pouvez encore bâcher une semaine icigo, puisque est carmé… C’est votre droit, si vous voulez…

(Aristide Bruant, Les Bas-fonds de Paris)

À la Chapelle, à la Roquette,
Et dans tous les coins d’icigo,
Avec des macs à rouflaquette,
Il apprit à parler l’argot.

(Aristide Bruant)

Mioche, mion

Larchey, 1865 : Bambin. — Mion est un mot de langue romane (V. Roquefort) dont mioche serait le diminutif. — V. Dardant.

C’est à moi que reviendra le droit d’être le parrain de tous les mioches.

(Bourget)

Rigaud, 1881 : Petit enfant, petit garçon. — Mion de gonesse. Adolescent. — Mion de boule, voleur.

Morfiller le dardant (se)

Delvau, 1866 : Se faire du mauvais sang, se manger le cœur.

Virmaître, 1894 : Se faire du mauvais sang, se manger le cœur. A. D. Morfiller veut bien dire manger, mais dardant signifie amour. C’est morfiller le vermeil (sang) ou le palpitant (cœur) (Argot des voleurs).

Pagnoter (se)

La Rue, 1894 : Se coucher.

Virmaître, 1894 : Se coucher. Malgré le double emploi, ou dit dans le peuple :
— Je vais me pagnoter dans mon pieu avec mes dardants (Argot du peuple).

Soudardant

France, 1907 : Qui a rapport au soudard ; Vieil argot.

Tezière, tézigue

France, 1907 : Toi ; argot des voleurs.

Le dardant a coqué le rifle dans mon palpitant qui n’aquige plus que pour tézigue.

(Mémoires de Vidocq)

Quand t’auras bourré comme un zigue,
Étouffe d’affût pour tézigue.

(Hogier-Grison)

On dit aussi tezigo.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique