France, 1907 : Chemin du repentir, de la conversion : allusion à celle de saint Paul, l’apôtre des Gentils, qui, élevé à Jérusalem dans les principes du pharisaïsme, fut d’abord un des plus ardents persécuteurs des chrétiens. Mais, un jour qu’il se rendait à Damas, pour y prendre, d’après l’ordre du prince des prêtres, tous les chrétiens qui s’y trouvaient et les amener liés à Jérusalem, il fut, dit la légende, environné d’une lumière éclatante qui le renversa par terre — la dynamite de ce temps-là — et il entendit une voix qui, l’appelant par son nom de Juif, lui disait : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? — Qui êtes-vous, Seigneur ? répondit-il. — Je suis Jésus, » répondit la voix. Et Saül, tout tremblant, s’écria : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? — Croire en moi, » dit Jésus. Ce que fit aussitôt Saül, D’où il suit que se repentir, c’est faire le chemin de Damas.
Chemin de Damas
Masculiniser (se)
France, 1907 : Maladie fort à la mode de nos jours dans un certain clan féminin qui s’ingénie à se rendre odieux et ridicule.
Ah ! gardons-nous comme d’une peste des lionnes à tous crins qui se masculinisent et s’ingèrent d’endosser la défroque usée jusqu’à la trame des Clorinde et des Bradamante !
(Albert Dubrujeaud)
Myophage
France, 1907 : Mangeur de rats.
Il est étonnant, après toutes les étrangetés dévorées à Paris pendant le siège, que certaines chairs soient encore rejetées de l’alimentation. Un pâté de souris vaut un pâté de grenouilles, et tous ceux qui, en 1870, ont mangé du rat le déclarent égal, sinon supérieur au lapin. Les insulaires de l’archipel d’Andaman sont myophages. Aux rats, ils ajoutent comme ordinaire des serpents et des lézards qu’ils accommodent finement d’une sauce aux mollusques.
(Hector France, Les Cuisines excentriques)
Pomponnette
France, 1907 : Chanson grivoise.
Le second candidat, député sortant, est le docteur Dumuffle, opportuniste ou radical, on ne sait pas au juste — en tout cas, personnage officiel.
Enfant du pays, il s’est, jadis, longtemps attardé au quartier Latin, où personne ne lui damait le pion pour chanter une pomponnette jusqu’à 2 heures du matin, au fond d’une brasserie, devant une pile de ronds de feutre rappelant l’architecture de la colonne Trajane.
(François Coppée)
Prune
d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas pour des prunes. C’est-à-dire, ce n’est pas pour rien, pour peu de chose, etc.
Delvau, 1866 : s. f. Balle ou boulet, — dans l’argot des soldats, qui ne se battent vraiment que pour des prunes. Le mot a des chevrons. Un jour, Sully, accourant pour prévenir Henri IV des manœuvres de l’ennemi, le trouve en train de secouer un beau prunier de damas blanc : « Pardieu ! Sire ! lui cria-t-il du plus loin qu’il l’aperçut, nous venons de voir passer des gens qui semblent avoir dessein de vous préparer une collection de bien autres prunes que celles-ci, et un peu plus dures à digérer. » On dit aussi Pruneau. Gober la prune. Recevoir une blessure mortelle.
Delvau, 1866 : s. f. Griserie, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis la création de rétablissement de la Mère Moreaux, c’est-à-dire depuis 1798. Avoir sa prune. Être saoul.
France, 1907 : Balle ; allusion à la forme des anciennes balles.
Au même moment, un grand juif hollandais accourait armé d’une fourche. Cela donna du cœur au « singe », qui me dit : « Si tu ne te rends pas immédiatement, je te tue. »Je lui répliquai : « Décampe, ou tu es mort. » Il essaya de me saisir. Je lui envoyai alors dans l’épaule une prune qui le roula par terre.
(Hector France, Chez les Indiens)
On dit aussi dragée, pruneau.
Un jeune maréchal des logis du 11e dragons, fils du général Henry, chef d’état-major du 6e corps, a la tête brisée par un éclat d’obus ; l’aide de camp du commandant du 4e corps, le capitaine de la Tour-du-Pin, s’empare du fanion, pendant que tombe le pauvre enfant :
— Permettez-moi, mon général, dit-il, de prendre la place du maréchal des logis.
Et c’est M. de la Tour-du-Pin qui, jusqu’à la fin de la bataille, porta le fanion tricolore, ce qui faisait dire aux soldats qui passaient :
— Pour sûr, en v’là un qui aime les pruneaux.
(Commandant X, La Nation)
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