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Bibles

France, 1907 : Papiers en général, notes, lettres ; argot des voleurs.

Il palpa un portefeuille de cuir usé, le tira, l’ouvrit et en examina le contenu rapidement :
— Des babillardes ! des bibles ! fit il dépité, en ne trouvant dans la poche du portefeuille que des quittances, des notes, des lettres.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Démonter

d’Hautel, 1808 : Pour, dépiter, impatienter, contrarier quelqu’un ; le contre-carrer dans ses projets.
Il se démonte le visage, suivant les circonstances. Pour, il fait paroître la joie ou la tristesse, selon que cela convient à ses intérêts.

Dépité

Virmaître, 1894 : Ennuyé, éprouver du dépit, dans le sens de déception. Dans le peuple on applique cette expression aux députés non réélus. Le mot français est devenu un mot d’argot.
— C’est un dépité de la Seine ou d’ailleurs.
On dit encore qu’il a été dépoté, prenant la Chambre pour un pot. Ou bien :
— Les électeurs l’ont enfin déporté (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Député non réélu.

Dépiter

d’Hautel, 1808 : Cela me dépite. Pour me contrarie, m’afflige, me fâche.
Se dépiter contre son ventre. Prendre de l’humeur contre soi-même ; agir, par dépit, contre ses propres intérêts.

Détester

d’Hautel, 1808 : Détester sa vie. Se dépiter ; se manger les sens ; maudire les misères de la vie.

Diable

d’Hautel, 1808 : Que le diable te ramasse ! Se dit en plaisantant à quelqu’un qui se baisse pour ramasser ce qu’il a laissé tomber.
Quand un homme bat sa femme, le diable s’en rit. Manière plaisante d’excuser les brutalités que certains hommes exercent sur leurs femmes.
On dit vulgairement, lorsqu’il pleut pendant que le soleil luit sur l’horizon, que c’est le diable qui bat sa femme.
Il a le diable au corps.
Se dit d’un homme qui fait des choses extravagantes et nuisibles à ses propres intérêts.
Que le diable m’emporte, si je lui cède ! Espèce de jurement pour affirmer qu’on est résolu de tenir tête à quelqu’un.
Le diable ne sera pas toujours à ma porte. Pour dire que l’on espère n’être pas éternellement malheureux.
Tirer le diable par la queue. Vivre péniblement, et avec une grande économie.
Il n’est pas si diable qu’il est noir. Pour, il, est meilleur qu’il ne le paroit.
On dit de quelqu’un qui n’a aucune succession à attendre, et auquel on ne fait jamais de don, que si le diable mouroit, il n’hériteroit pas même de ses cornes.
Diable ! comme il y’va !
Interjection qui marque la surprise et le mécontentement.
Je crois que le diable s’en mêle. Se dit d’une affaire dans laquelle on éprouve continuellement de nouveaux obstacles.
Se donner à tous les diables. S’impatienter, se dépiter, se dégoûter de quelque chose.
Cela s’en est allé à tous les diables. C’est-à dire, s’est dispersé, sans qu’on sache ce que c’est devenu.
Faire le diable à quatre. Faire du bruit, du tintamare ; mettre tout en désordre ; se déchaîner contre quelqu’un ; lui faire tout le mal possible.
En diable. Il a de l’argent en diable ; des dettes en diable. Pour dire, extraordinairement.
Que le diable t’emporte ! Imprécation que l’on fait contre quelqu’un, dans un mouvement d’humeur.
Qu’il s’en aille au diable ! Qu’il aille où il voudra, pourvu qu’il ne m’importune plus.
C’est un bon diable. Pour, un bon enfant, un bon vivant.
On dit aussi ironiquement, un pauvre diable, pour un misérable ; un homme de néant.
Un méchant diable ; un diable incarné ; un diable d’homme. Pour dire, un homme à craindre, et dont il faut se méfier.
Quand il dort, le diable le berce. Se dit d’un chicaneur, d’un méchant qui se plaît perpétuellement à troubler le repos des autres.
C’est un grand diable. Pour, c’est un homme d’une grande stature ; mal fait, mal bâti.
Un valet du diable. Celui qui fait plus qu’on ne lui commande.
Crever l’œil au diable. Faire le bien pour le mal ; se tirer d’affaire malgré l’envie.
Il est vaillant en diable ; il est savant en diable. Pour, il est très-courageux, très-savant.
Le diable n’y entend rien ; y perd son latin. Pour exprimer qu’une affaire est fort embrouillée ; que l’on ne peut s’y reconnoître.
Le diable étoit beau, quand il étoit jeune. Signifie que les agrémens de la jeunesse donnent des charmes à la laideur même.
Il vaut mieux tuer le diable que le diable ne vous tue. Pour, il vaut mieux tuer son ennemi que de s’en laisser tuer.
Le diable n’est pas toujours à la porte d’un pauvre homme. Pour dire que la mauvaise fortune a ses instans de relâche.
C’est là le diable ! Pour, voilà le point embarrassant ; le difficile de l’affaire.
Un ouvrage fait à la diable. C’est-à-dire à la hâte ; grossièrement ; sans goût ; sans intelligence.

Delvau, 1866 : s. m. Agent provocateur, — dans l’argot des voleurs, qui sont tentes devant lui du péché de colère.

Delvau, 1866 : s. m. L’attelabe, — dans l’argot des enfants, qui ont été frappés de la couleur noire de cet insecte et de ses deux mandibules cornées.

Rigaud, 1881 : Agent provocateur. (Moreau-Christophe.)

La Rue, 1894 : Agent provocateur. Coffre-fort.

Virmaître, 1894 : Agent provocateur. Malgré que ce mot fasse partie du vocabulaire des voleurs, il n’est pas d’usage que les agents de la sûreté provoquent les voleurs à commettre un vol ; ils n’ont pas besoin d’être stimulés pour cela. En politique c’est un fait constant, car, sous l’Empire, jamais il n’y a eu un complot sans que, parmi les pseudo-conspirateurs, il n’y se soient trouvés plusieurs agents de la préfecture de police. Il y en eut même un du service du fameux Lagrange dans l’affaire des bombes d’Orsini. Dans le peuple on dit simplement mouchard (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Agent qui provoque le vol ou l’assassinat.

France, 1907 : Agent provocateur.

France, 1907 : Coffre-fort.

Donner

d’Hautel, 1808 : Se donner du pied au cul. S’émanciper ; faire des siennes ; prendre de grandes libertés.
S’en donner à tire-larigot ; s’en donner à cœur-joie. Se rassasier de plaisir ; en prendre tout son soul.
Donner un pois pour avoir une fève ; un œuf pour avoir un bœuf. Semer pour recueillir ; faire un présent peu considérable dans le dessein d’en retirer un grand profit.
En donner de dures, de belles. Craquer, hâbler, exagérer.
À cheval donné, on ne regarde point à la bride. Voyez Cheval.
Se faire donner sur les doigts. Se faire corriger ; trouver son maître.
S’en donner de garde. Éviter de faire une chose.
On ne donne rien pour rien.
Il n’en donne pas sa part aux chiens.
Voyez Chiens.
Se donner à tous les diables. Se dépiter, se dégoûter de quelque chose quand on y trouve de grands obstacles ; se mettre en colère.
Donner de la gabatine. Tenir des propos ambigus ; faire des promesses que l’on ne veut point tenir.
Qui donne au commun ne donne pas à un. Signifie que personne ne vous tient compte de ce que vous donnez au public.
Donner de la tablature. C’est donner de la peine, du fil à retordre à quelqu’un dans une affaire ; mettre de grands obstacles à son succès.
Donner des verges pour se fouetter. Procurer à un ennemi les moyens de vous nuire.
Donner de cul et de tête dans une affaire. Pour dire y employer toute son industrie, tout son savoir.
Se donner du menu. Signifie prendre ses aises ; se divertir ; ne rien ménager à ses plaisirs.
Le peuple dit à l’impératif de ce verbe, donne moi-zen, il faut dire : donne-m’en, ou donne moi de cela.
Il donneroit jusqu’à sa chemise.
Se dit d’un homme généreux et libéral à l’excès.
À donner donner ; à vendre vendre. Signifie qu’il ne faut pas faire acheter ce que l’on veut donner, ni user d’une libéralité mal entendue lorsqu’on veut vendre.
Donnant, donnant. Pour dire de la main à la main ; ne livrer la marchandise qu’en en recevant l’argent.
Qui donne tôt, donne deux fois. Proverbe qui signifie que la manière de donner vaut souvent plus que ce que l’on donne.
Il ne faut pas se donner au diable pour deviner cela. Veut dire qu’une chose n’a rien de difficile, qu’on peut aisément la deviner.
Vous nous la donnez belle ! et plus communément encore : vous nous la baillez belle. Voyez Bailler.
Je donnerois ma tête à couper. Serment extravagant pour exprimer que l’on est très-sûr de ce que l’on dit.
Donner du nez en terre. Être ruiné dans ses espérances et dans ses entreprises.
Donner un coup de collier. Voyez Coup.

Delvau, 1866 : v. a. Dénoncer, — dans l’argot des voleurs. Être donné. Être dénoncé.

Rigaud, 1881 : Pour donner dans le piège ; abonder, — dans le jargon des filles.

Vous les retrouverez, si les hommes ne donnent pas, arpentant le terrain jusqu’à deux heures du matin.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris, 1874)

La Rue, 1894 : Dénoncer.

Virmaître, 1894 : Dénoncer. Les nonneurs en dénonçant, mot à mot : donnent (livrent) leurs complices à la justice (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Dénoncer.

Endêver

Delvau, 1866 : v. n. Enrager, être dépité. Faire endêver quelqu’un. Le taquiner, l’importuner de coups d’épingle. Caillières prétend que le mot est « du dernier bourgeois ». C’est possible, mais en attendant Rabelais et Jean-Jacques Rousseau s’en sont servis.

Estomaquer

d’Hautel, 1808 : S’estomaquer. Pour se fâcher, se dépiter, prendre de l’humeur ; se trouver offensé d’une légère plaisanterie.

France, 1907 : Étonner, confondre.

— Tu veux sérieusement que j’entre dans la rousse ?
— Je le désire.
— Tu en es ?
— Un peu.
— Je n’aurais jamais cru ça de toi.
— Que veux-tu, on se trompe dans la vie.
— Ah ! François ! tu m’estomaques !

(Marc Mario et Louis Launay)

Sans doute, le peuple s’attendait à être berné par les politiciens, il n’avait qu’une médiocre confiance en eux, mais l’événement a surpassé tout ce qu’il pouvait supposer. Après la commune, après la lutte de vingt-trois ans pour fonder la République démocratique et sociale, se réveiller sous le gouvernement du Casimir-Perrier d’Anzin et du Raynal des conventions !… C’est estomaquant tout de même.

(Édouard Drumont)

Faiseur de flanelle

France, 1907 : Amateur qui fréquente les débits de chair humaine sans toucher à la marchandise.

Tous les voyous, tous les faiseurs de flanelle, contre lesquels la maquerelle dépitée lâchait autrefois ses souteneurs, sont maintenant choyés et bien reçus, on leur paye à boire ; on les excite à aller faire du charivari chez la voisine triomphante ; on leur sert même des huitres, à la condition qu’ils iront lancer les coquilles contre les carreaux du lupanar possesseur de la beauté ravie.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Gond

d’Hautel, 1808 : Sortir des gonds. Pour s’impatienter, se dépiter ; sortir des bornes de son caractère.

Griller

d’Hautel, 1808 : Griller dans sa peau. Bouillir d’impatience, se dépiter d’attendre ; être exposé à l’intempérie de la chaleur.

Rigaud, 1881 : Faire une infidélité conjugale. — C’est moi qui ai grillé la bourgeoise hier soir.

La Rue, 1894 : Fumer. Dénoncer.

France, 1907 : Tromper, devancer.

Nunquam non paratus

France, 1907 : Toujours prêt. Locution latine ; littéralement : jamais non préparé.

Du résultat de cette visite dépendait l’avenir du mari, de tous les siens ; aussi, pour séduire le vieux sénateur, déploya-t-elle tous ses artifices. Coquettement vêtue d’un peignoir aux provocatrices transparences, elle le fit asseoir à ses côtés, et, à demi couchée sur l’ottomane, elle prenait les plus troublantes poses.
Il vit bien la manœuvre, mais se contenta de plonger un regard goulu dans l’échancrure du corsage et soupira.
— Eh bien, quoi ? lui demanda-t-elle à la fin, dépitée.
— Hélas ! Madame, si vous saviez le latin, je vous répondrais que le temps est passé où je disais fièrement aux dames : Nunquam non paratus.
— Je ne sais pas de latin, répliqua-t-elle, mais je comprends que vous voulez dire : « Petit bonhomme ne vit plus. »

(Les Propos du Commandeur)

Refrogné

d’Hautel, 1808 : Un visage refrogné. Pour dire bizarre, triste, mécontent, dépité, inquiet, chagrin.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique