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À d’autres, dénicheur de merles !

France, 1907 : « Essayez de duper d’autres personnes ; quant à moi, je vous connais, vous ne m’attraperez plus. » Vieux dicton.

Un jeune paysan se confessait d’avoir endommagé la haie d’un voisin pour s’emparer d’un nid de merles.
— Avez-vous au moins pris les petits ? lui demanda le curé. — Non, je les ai laissés dans le nid, ils étaient trop jeunes encore. J’irai les prendre samedi prochain.
Le curé lui donna l’absolution en l’engageant à ne plus trouer les haies. Le samedi arrive, le villageois court à son nid, mais le trouva vide… Bon, se dit-il, le curé m’a prévenu. — Quelque temps après, il revint en confesse. Cette fois ce n’était plus une haie qu’il avait endommagée.
— Oh ! oh ! dit le curé, quel âge a-t-elle ? — Seize ans. — Jolie ? — La plus jolie du village. — La plus jolie ! Oh ! oh ! J’en connais beaucoup de jolies. Comment s’appelle-t-elle ? Où demeure-t-elle ? — Comment elle se nomme ? Où elle demeure ? s’écrie le paysan indigné. À d’autres, dénicheur de merles !
Et il sortit aussitôt du confessionnal.

Dénicheur

d’Hautel, 1808 : Dénicheur de merles, de fauvettes. Chevalier d’industrie fort ardent à rechercher tout ce qui peut contribuer à ses plaisirs ; coureur de bonnes fortunes.

Dénicheur de fauvettes

Delvau, 1864 : Libertin, dont l’unique occupation est de faire la chasse aux connins, de dénicher les pucelages pour son propre compte.

Delvau, 1866 : s. m. Coureur de filles, — dans l’argot du peuple.

Virmaître, 1894 : Terme ironique employé pour se moquer d’un individu qui se vante de prendre la virginité des filles (Argot du peuple). V. Dépuceleur de nourrices.

France, 1907 : Coureur de jeunes filles.

Grand dénicheur de fauvettes, il allait gaiement à travers la vie, vidant les bouteilles et emplissant les filles.

Dénicheur de pigeons ou de moineaux

France, 1907 : Chevalier d’industrie qui va chercher quelque bon nid, un gogo qui lui confie son argent ou une femme à exploiter.

Au café de l’allumage, le pigeon était jaugé sur la mine par une douzaine de grecs, qui en achetaient aux enchères, dans un langage convenu, la propriété au dénicheur.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Fauvette

d’Hautel, 1808 : Un dénicheur de fauvettes. Chevalier d’industrie, qui fait de bonnes découvertes, de bonnes fortunes en amour.

Merle

d’Hautel, 1808 : Un fin merle. Un rusé, un homme adroit, un fripon.
Si vous faites cela, je vous donnerai un merle blanc. Se dit pour exprimer qu’on ne croit pas qu’une chose puisse se faire.
Un dénicheur de merles. Un hâbleur.

France, 1907 : Mot qui, dans la bouche des gens polis, remplace celui de Cambronne.

Sur la plage, entre deux vieilles gardes :
— Vois-tu, ma chère, les jeunes gens d’aujourd’hui sont bien mal élevés. Ainsi le petit Arthur, je l’adore, n’est-ce pas ? et c’est le cas de dire pour ses beaux yeux. Eh bien, l’autre soir, je lui demandais de me dire des noms d’oiseaux : il m’a répondu : Merle.

France, 1907 : Nom d’oiseau employé comme épithète injurieuse précédé généralement de vilain ou de beau. « C’est un beau merle que mon mari ! » Un merle blanc est la chose introuvable, mais si l’on veut voir de vilains merles jacasser comme des pies, il faut aller dans les réunions publiques. Un dénicheur de merles est un gaillard habile à se procurer ce dont il a besoin, et quand il ne trouve pas, faute de grives, il doit se contenter de merles.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique