Delvau, 1864 : Se sentir des démangeaisons amoureuses, être en disposition de baiser.
Te sens-tu en appétit ce soir ? — Un appétit énorme ! — Alors, allons à la Patte de chat.
(Lemercier)
Appétit (avoir)
Delvau, 1864 : Se sentir des démangeaisons amoureuses, être en disposition de baiser.
Te sens-tu en appétit ce soir ? — Un appétit énorme ! — Alors, allons à la Patte de chat.
(Lemercier)
Charmante
Halbert, 1849 : Gale.
Halbert, 1849 : Galeuse.
Larchey, 1865 : Gale.
La charmante y fait gratter bien des mains, aussi la visite était-elle rigoureuse.
(Vidal, 1833)
Delvau, 1866 : s. f. La gale, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : La gale, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : La gale.
Virmaître, 1894 : La gâle. Par allusion aux vives démangeaisons que cause cette maladie, on la nomme aussi la frotte (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : La gale.
Chienlit
Delvau, 1866 : s. m. Homme vêtu ridiculement, grotesquement, — dans l’argot du peuple, qui n’a pas été chercher midi à quatorze heures pour forger ce mot, que M. Charles Nisard suppose, pour les besoins de sa cause (Paradoxes philologiques), venir de si loin.
Remonter jusqu’au XVe siècle pour trouver — dans chéaulz, enfants, et lice, chienne — une étymologie que tous les petits polissons portent imprimée en capitales de onze sur le bas de leur chemise, c’est avoir une furieuse démangeaison de voyager et de faire voyager ses lecteurs, sans se soucier de leur fatigue. Le verbe cacare — en français — date du XIIIe siècle, et le mot qui en est naturellement sorti, celui qui nous occupe, n’a commencé à apparaître dans la littérature que vers le milieu du XVIIIe siècle ; mais il existait tout formé du jour où le verbe lui-même l’avait été, et l’on peut dire qu’il est né tout d’une pièce. Il est regrettable que M. Charles Nisard ait fait une si précieuse et si inutile dépense d’ingéniosité à ce propos ; mais aussi, son point de départ était par trop faux : « La manière de prononcer ce mot, chez les gamins de Paris, est chiaulit. Les gamins ont raison. » M. Nisard a tort, qu’il me permette de le lui dire : les gamins de Paris ont toujours prononcé chit-en-lit. Cette première hypothèse prouvée erronée, le reste s’écroule. Il est vrai que les morceaux en sont bons.
France, 1907 : Personnage ridicule et grotesque.
Être inintelligent, ce n’est qu’une guigne ; mais en faire parade, exhiber sa disgrâce, prétendre s’en faire une arme et un titre à dominer les autres !… Voilà qui est insoutenable et prête a rire ! Voilà qui ameute, contre les chienlits du parlementarisme, tout ce que la France a de graine de bon sens : sa jeunesse, ses artistes, ses plébéiens, et jusqu’aux gamins de ses rues, pépiant et gouaillant, les mains en entonnoir autour du bec, l’œil émerillonné, « reconduisant » les ministres.
(Séverine)
Claque
d’Hautel, 1808 : Il ne vaut pas une claque. Manière fort incivile de dire que quelqu’un ou quelque chose n’a ni mérite ni valeur.
Donner une claque. Pour, frapper avec la main, donner un soufflet.
Delvau, 1866 : s. f. Soufflet, — dans l’argot du peuple, qui aime les onomatopées. Figure à claques. Visage moqueur qui donne des démangeaisons à la main de celui qui le regarde.
Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Abréviation de claque-dents (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Maison de tolérance.
France, 1907 : Hôpital et, aussi, maison de prostitution.
— Je n’ai qu’un mot à vous dire : c’est pour cette nuit l’exécution. Rendez-vous vient d’être pris à la minute pour minuit au claque de la mère Poivre-et-Sel. Que pas un de vous ne manque. C’est dit, n’est-ce pas ? Au claque… à minuit !
(Michel Morphy, Les Mystères du crime)
France, 1907 : Restaurant de dernier ordre. On dit aussi, dans le même sens, claque-dents.
France, 1907 : Soufflet.
— J’voulais être aimée, moi. J’ai pas été heureuse, ici… Tiens.… si j’ai mal fait, c’est ta faute à toi, maman, et à toi aussi, p’pa. Vrai !… Qu’est-ce que vous avez fait pour que je vous aime ? Des claques, d’abord, et puis…
(L.-V. Meunier, Chair à plaisir)
Être en rut
Delvau, 1864 : Avoir des démangeaisons de baiser, qu’on soit femme ou homme ; avoir une ardeur furibonde.
… Cinq ans mit tout le peuple en rut !
dit Auguste Barbier dans sa rude langue, à propos de la révolution de 1789.
Galer
d’Hautel, 1808 : Pour gratter.
Il ne fait que se galer. Se dit de celui qui éprouve de fréquentes démangeaisons, et qui se gratte continuellement.
Gau picandi
Virmaître, 1894 : Pou qui pique. Quand il provoque des démangeaisons trop vives, qu’il pique trop fort, comme aux jours d’orages, par exemple, pour s’en débarrasser on le tue ; cela s’appelle : basourdir un gau (Argot du peuple).
Inquiétudes
Delvau, 1866 : s. f. pl. Démangeaisons, — dans l’argot des faubouriens. Avoir des inquiétudes dans le mollet. Avoir une crampe.
Main me démange (la)
France, 1907 : Cette expression se met dans la bouche d’une personne qui a une violente démangeaison de corriger quelqu’un.
Mie de pain
Vidocq, 1837 : s. m. — Pou.
Larchey, 1865 : Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.
Delvau, 1866 : s. f. Chose de peu de valeur, — dans l’argot des typographes. Ils disent cela à propos des gens qui ne leur conviennent pas.
Delvau, 1866 : s. f. Pou, — dans l’argot des voleurs, qui savent combien une miette de pain égarée sous la chemise cause de démangeaisons à la peau.
Rigaud, 1881 : Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant, — dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête, — dans le jargon des enfants.
Boutmy, 1883 : s. f. Chose de peu d’importance, de mince valeur Compositeur mie de pain, ouvrier peu habile. Metteur en pages mie de pain, celui qui n’a que des ouvrages de peu d’importance, ou qui n’est chargé que par occasion de la mise en pages d’un travail de cette sorte.
Virmaître, 1894 : Moins que rien. Les typos, par la grande habitude, savent, du premier coup d’œil, discerner un bon article d’un mauvais. Le mauvais, c’est de la mie de pain (Argot d’imprimerie).
Virmaître, 1894 : Pou. On sait combien une mie de pain est désagréable sur la peau ; le pou occasionne une démangeaison semblable (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Pou.
dis donc, Gugusse, quoiq’t’as sur le cou ? — C’est une mie de pain. — Une mie de pain ? ça marche !
France, 1907 : Chose de nulle valeur. Ouvrier mie de pain, mauvais ouvrier. Mac à la mie de pain, souteneur qui ne sait pas tirer profit de sa marmite.
Pègr’… mais pas pègre à la mie d’pain,
Pègre d’naissanc’, d’autor et d’riffe,
Pègre d’la haute et j’colle un paing
Au pantrio, quand i’ se r’biffe.
(Aristide Bruant, Dans la rue)
France, 1907 : Pou.
— Oui, hier, je me peignais avec les doigts, rapport que j’ai oublié mon démêloir dans mon dernier garni. Vlan ! Voilà que j’en ramène un. Saleté de bête ! que je dis, et j’allais l’écraser quand je vois un capitaine d’artillerie qui passe avec sa dame.
— Permettez, mon officier, que j’y fais.
— Quoi donc ?
— Là, sur votre dolman, une mie de pain, vous aurez coudoyé quelqu’un de sale.
Et je fais celui qui enlève le pou en ayant l’air de me cacher de la dame.
— Merci, mon ami, qui dit.
Et il m’allonge une pièce de vingt ronds.
(Guy Tomel, Le Bas du pavé parisien)
Morpion
Delvau, 1864 : Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles — d’où il est difficile de le déloger, à moitis d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.
Cent mille poux de forte taille
Sur ta motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions,
Portant écus et morions.
(Th. Gautier)
Delvau, 1866 : s. m. Gamin, enfant désagréable, irritant, — dans l’argot du peuple. On dit aussi, par respect humain, morbaque ; mais la première expression vaut mieux, parce qu’elle est plus franche. Elle se trouve avec son sens entomologique dans les Touches du seigneur des Accords, qui dit à Barbasson :
Tu as ta barbe si rude,
Et les cheveux si épais,
Qu’il semble avoir deux forêts
Où loge une multitude
De morpions et de poux,
Au lieu de cerfs et de loups.
Rigaud, 1881 : Personne dont on ne peut se débarrasser, importun qui s’attache à vos pas.
Virmaître, 1894 : Insecte qui occasionne des démangeaisons fort désagréables. Par analogie, on dit de quelqu’un dont on se débarrasse difficilement :
— Il colle comme un morpion.
On dit également : mille pattes (Argot du peuple).
Ôter le petit chapeau
Delvau, 1864 : Décalotter un homme en le branlant. — L’expression est moderne et imagée. Je ne saurais résister a la démangeaison que j’ai de citer l’anecdote qui y a trait. Un vieux monsieur croit apprendre a une ingénue la manœuvre de la masturbation.
Ôte le petit chapeau, lui dit-il ; remets le petit chapeau ; ôte le petit chapeau ; remets, etc.
Après le Capitole et la roche Tarpéienne, l’ingénue s’écrie :
Il fallait donc me dire tout de suite de vous branler !
Remuer du cul ou du croupion
Delvau, 1864 : Se trémousser de plaisir sous l’homme.
Et tandis qu’elles font bien leur devoir de remuer du croupion et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en sorte…
(Mililot)
Sur son lit d’acajou,
Cette jeune ingénue
Fort gentiment remue
Du cul pour un bijou.
(J. Duflot)
Enfin, à force de frotter et de remuer le cul de part et d’autre, il arrive que tous deux viennent à s’échauffer d’aise par une petite démangeaison et chatouillement qui leur vient le long des conduits.
(Mililot)
Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l’espérance d’y bien remuer les fesses.
(D’Ouville)
Le garçon en avertit la fille et elle le garçon : cela les oblige à frotter plus fort et à remuer plus vite les fesses.
(Mililot)
Que j’étais jeune, que j’avais les reins souples et que je les pouvais remuer.
(P. De Larivey)
Tous vos baisers sont contraints ;
Mais remuez donc les reins !
Que faites-vous de vos mains ?
(Béranger)
Rougeaud
d’Hautel, 1808 : Un gros rougeaud, une grosse rougeaude. Homme et femme qui ont le teint vermeil et fort animé.
France, 1907 : Sorte de petite araignée presque imperceptible, de couleur rouge et du genre des acarus, qui s’attache à la peau et cause de vives démangeaisons.
Toison
Delvau, 1864 : Les poils qui garnissent l’entrée du con.
Pour garder certaine toison,
On a beau faire sentinelle.
C’est temps perdu lorsqu’une belle
Y sent grande démangeaison.
(La Fontaine)
Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or.
(Th. Gautier)
Va sur Acomat au poil raide,
Sur Fatime, à la toison d’or.
(H. De Maurice)
Delvau, 1866 : s. f. Chevelure opulente, absalonienne, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Rabelais : « Comme tomba la rousée sus la toison de Gédéon, » dit Panurge effrayé des paroles dégelées qui planent au dessus de sa tête (Liv. IV, ch. LV.). Signifie aussi Pudenda mulieris.
Tour
d’Hautel, 1808 : Tour de gueux. Mouvement circulaire des épaules et du dos, à dessein d’apaiser les démangeaisons importunes que l’on éprouve. Ce mouvement très-incivil, est familier aux indigens, aux gens chez qui la misère et la malpropreté engendrent toute sortes de vermines.
Faire le tour du cadran. Dormir douze heures de suite ; se coucher à minuit, et ne se réveiller qu’à midi.
Il fait son tour de France. Se dit d’un artisan qui voyage par la France, en exerçant sa profession.
Il est allé faire un tour en l’autre monde. Pour dire il est mort.
À ton tour paillasse. Expression bouffonne usitée parmi les batteleurs et les histrions, et que l’on emploie fréquemment dans la conversation familière, lorsque successivement on vient à commencer une opération quelconque.
Delvau, 1866 : s. m. Farce ; tromperie. Faire voir le tour. Tromper. Connaître le tour. Être habile, malin, ne pas se laisser tromper.
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