Virmaître, 1894 : Marcher.
— Que fait la môme ?
— Elle bat l’antif pour dégoter un miché (Argot des souteneurs).
Antif ou antiffle
Colo
Rigaud, 1881 : Colonel ; par apocope.
France, 1907 : Aphérèse de colonel.
Alli ! allo !
Ah ! le joli colo !
Voyez commne il dégote…
Alli ! allo !
Ah ! le joli colo !
Voyez comme il est beau.
On dit aussi colon.
Hein ! mon colon, tu f’sais ta gueule,
Tu marquais l’pas aux porte-sac…
Aujourd’hui, c’est moi que j’t’engueule.
(Aristide Bruant)
Le petit colon est le lieutenant-colonel.
Dégoté (être)
France, 1907 : Être renvoyé, perdre son emploi.
Pauvre ouvrier en redingote,
Que l’État traite en vrai bourreau,
Pour ne pas que l’on te dégote,
Trime pour ton chef de bureau.
(Jules Jouy)
Dégoter
d’Hautel, 1808 : Terme burlesque fort usité parmi les écoliers, et qui équivaut à déplacer, chasser quelqu’un de son poste, le supplanter dans la place ou le rang qu’il occupoit.
Il a beau faire, il ne le dégotera pas. C’est-à dire, quoiqu’il fasse, quelque peine qu’il se donne pour le déplacer, il n’y parviendra pas.
La Rue, 1894 : Prendre. Apercevoir. Découvrir. Destituer. Surpasser.
Rossignol, 1901 : Trouver, voir.
Il y a un mois que je cherchais mon chien, j’ai fini par le dégoter. — J’ai dégoté la femme à Jules au bras d’un amoureux.
Dégoter veut aussi dire faire mieux qu’un autre. On dit encore de quelqu’un qui est mal vêtu : il la dégote mal.
Dégoter, dégotter
France, 1907 : Surpasser.
L’émulation, ce puissant moteur du bien, existe aussi pour le mal. Les jeunes rôdeurs se montent mutuellement la tête. Ils veulent faire parler d’eux, devenir célèbres, dégotter tel ou tel cabot du crime dont le public s’entretient. Ils vont au mal, parce que la route du mal s’ouvre devant eux. Peut-être iraient-ils au bien si la société se préoccupait avec plus d’intelligence de leur en montrer le chemin.
(Paul Foucher)
Bien à tort, le public s’exclame
Sur la finesse de Prado ;
Cet assassin, je le proclame,
N’est qu’un maladroit, un lourdaud.
Sans me faire de la réclame,
Je puis dire, sans vanité,
Que, par mon habileté,
Je l’ai vraiment dégoté !
(Jules Joly)
— Sieds-toi, monsieur ; regarde comme je suis belle ! Et prends-moi, si ça te plaît !
Il s’étendit à plat le ventre sur le divan aux couleurs tapageuses qui, rehaussant cet humble boudoir, lui prêtait, à la clarté molle de deux lampes d’albâtre, une certaine apparence de luxe, et, s’étant étiré les quatre membres, il bâilla, puis il la contempla nonchalamment de cet œil connaisseur avec lequel maquignons et gentilshommes étudient la structure des pur sang.
— Hé ! hé ! bourdonna-t-il, tu dégotes la Médicis et la Milo !
(Léon Cladel, Une Maudite)
Fort ou fort de la halle
France, 1907 : Déchargeur.
Jules Vallès, Auvergnat de première force, — c’est lui qui le dit — se plaint joyeusement, amèrement un peu aussi, de n’avoir pu dégoter les porteurs des Halles et d’avoir fait vainement concurrence aux forts du pavillon des légumes. Il eut beau exhiber ses membres solides de paysan et dissimuler sou diplôme de bachelier, il n’obtint pas pratique. Ses livres lui rapportèrent plus que ses biceps.
(Paul Buquet, Le Parti ouvrier)
Parer sa côtelette
France, 1907 : Se bien vêtir, soigner sa mise.
— Les demoiselles dégotent un boucher dans l’art de parer leurs côtelettes.
(Paul Mahalin, Mesdames de Cœur-Volant)
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