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Dégommé

Larchey, 1865 : Fané, terni.

Je me rouille, je me dégomme.

(Labiche)

Rigaud, 1881 : Usé, vieilli, flétri. — Comme elle est dégommée. — Infortuné qui a perdu sa place. — Préfet dégommé.

C’est moi qui du coin d’la rue,
J’ta l’premier trognon de laitue
À c’ pouvoir qu’est dégommé.

(L. Festeau, Le Gamin 1834)

France, 1907 : Mort. Quart des dégommés, commissaire des morts.

Dégommer

un détenu, 1846 : Mourir, cesser de vivre.

Larchey, 1865 : Destituer.

Réélu ! — Dégommé !

(Gavarni)

Delvau, 1866 : v. a. Destituer, casser d’un grade, — dans l’argot des troupiers. Se dégommer. S’entre-tuer.

Rigaud, 1881 : Surpasser. — Destituer.

Fustier, 1889 : Mourir. Dégommé, mort. Quart des dégommés, commissaire des morts.

France, 1907 : Casser, en argot militaire, un caporal ou un sous-officier de son grade. Destituer un fonctionnaire, lui enlever sa gomme.

La cour, qui en voit de raides cependant, a eu de la peine à digérer celle-là. Toutelois, on n’ose jamais tenir grande rigueur à un premier ministre. Timidement la magistrature lui a posé cette petite question : Mais vous êtes trigame ?
— C’est bien possible, a répondu Crispi, mais je suis aussi ministre. Si vous ne me f… pas la paix, je vous dégomme.

(Le Petit Pioupiou)

N’est-ce pas la gomme qu’on emploie pour donner à une étoffe la roideur, le poli, l’éclat ? Quand cette étoffe est dégommée, elle a perdu son lustre, elle est devenue chiffon. Un homme maladif, souffrant, est, dit-on, dégommé. C’est une expression très juste et qui lait image. Voyez ce préfet, à la démarche roide et fière, au regard olympien. Il fait trembler son département. — Vienne un simple télégramme, trois mots… Il est démissionné — non, il est dégommné. Son œil se voile, sa raideur s’affaisse. (J’en ai connu un qui avait perdu en une nuit dix centimètres de sa taille.) Le frac vulgaire, ou le démocratique paletot-sac, a remplacé l’habit brodé. Dégommé ! oh ! oui, dégommé !

(Baron Piot)

France, 1907 : Mourir.

— Comment ! Le colonel est dégommé ! C’est pour ça qu’on est si joyeux ! C’était pourtant un brave brave homme.
— Brave homme, c’est possible ! mais ça va faire de l’avancement ! de l’avancement, mon bon, de l’avancement…

(Hector France, L’Homme qui tue)

France, 1907 : Surpasser.

Dégommer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. Vieillir, perdre de ses cheveux, de son élégance, de sa fraîcheur, — au propre et au figuré.

France, 1907 : S’entre-tuer.

Napoléon, c’vieux grognard,
D’ces jeux où l’on se dégomme,
En queuqu’s mots résumait l’art.

(Vieille chanson)

Se dit aussi pour vieillir, perdre ses cheveux, ses dents, sa fraîcheur.

Petit jeune homme

Delvau, 1864 : Le membre viril.

Quand de tes bras le monsieur se dégomme.
Avec pudeur, avec honnêteté,
Fais la toilette à son petit jeune homme :
Il faut avoir de l’amabilité.

(L. Festeau)

Quart des dégommés

La Rue, 1894 : Commissaire des morts.

France, 1907 : Commissaire des pompes funèbres. Voir Quart d’œil.

Se dégommer

Larchey, 1865 : S’entre-tuer.

Napoléon, c’vieux grognard, D’ces jeux où l’on se dégomme En queuqu’s mots résumait l’art.

(Festeau)

Truffard

Delvau, 1866 : s. m. Soldat, — dans l’argot des faubouriens.

Merlin, 1888 : Synonyme de grognard.

France, 1907 : Soldat, appelé ainsi à cause des truffes ou pommes de terre dont son ordinuire était autrefois plus garni que de viande.

— Cette pauvre Pucelle, disait-il, ne trouvera jamais l’occasion de dérouiller son bancal. Il faudra qu’il se décide à dégommer quelqu’un de nous. Quand tu retourneras au pays et qu’on dira : « Ah ! arrivez les farauds, voici le bourreau des crânes, le fameux Daniel, le terrible pourfendeur qui revient d’Afrique, combien as-tu estourbi de Bédouins, mon fils ? » qu’est ce que tu répondras ? Tu seras obligé, ou de passer pour ne seringue, ou de conter des balançoires, ce qui est humiliant pour un vrai truffard.

(Hector France, L’Homme qui tue)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique