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Bonnet d’évêque

Delvau, 1866 : s. m. Le train de derrière d’une volaille. Argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : s. m. Petite loge du cintre. Argot des coulisses.

Rigaud, 1881 : Loge des quatrièmes en forme de mitre, d’où le nom. — Train de derrière d’une volaille découpée de façon à ce qu’il figure la mitre. C’est un des morceaux les plus délicats, et, à table, chez d’honnêtes bourgeois, l’objet d’aimables plaisanteries.

Chaussettes russes

Merlin, 1888 : À défaut de chaussettes dont le gouvernement n’a jamais songé à les munir, les troubades s’enveloppent tant bien que mal les pieds de morceaux d’étoffes qu’ils découpent principalement dans leurs vieilles culottes. Ces chiffons prennent le nom pompeux de chaussettes russes ou polonaises : serait-ce une invention des Cosaques, ou simplement un nom donné en raison du…. suif dont elles sont imprégnées et qui, affirmait-on jadis, était un régal pour les soldats moscovites ?

Virmaître, 1894 : Être nu-pieds dans ses souliers (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Chiffons dont on s’entortille les pieds en guise de chaussettes. Ce n’est qu’à la rentrée de Crimée en 1851, que j’ai entendu pour la première fois dénommer ces chiffons, dont on faisait à cette époque grand usage dans l’armée, des. chaussettes russes.

Décotailler

France, 1907 : Découper.

Découpage (vol au)

France, 1907 : « Le découpeur ou voleur au découpage est un amateur d’autographes ; seulement, pour donner à sa collection une valeur supérieure, voilà ce qu’il fait : s’il reste un blanc entre la signature de l’écrit et la formule de politesse qui la précède, il découpe hardiment le papier et, dans l’espace non maculé, libelle un reçu, ou un ordre de payement, suivant les habitudes du signataire qu’il connait. Ceci ne serait rien, si, une fois cette pièce obtenue, il ne s’empressait d’envoyer un ami ou un commissionnaire toucher le montant du reçu dans une administration ou un journal dans lesquels le malheureux signataire a un compte ouvert. »

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on fibuste)

Dégrossir

Delvau, 1866 : v. a. Découper des viandes, — dans l’argot des francs-maçons.

France, 1907 : Découper de la viande. Terme de bouchers

Églogue de Virgile (réciter la seconde)

France, 1907 : Faire l’amour socratique.

— Connaissez-vous, mesdames, la seconde églogue de Virgile ? demanda le vicomte. Non ? C’est heureux ! je vais pouvoir vous en parler… Eh bien ! Lepoivre et l’autre la récitent ensemble, à la tiédeur du fourneau, dans le décor des casseroles, des passoires et des poissonnières, sous des bordures de papier découpé… Mais il faut glisser, l’histoire de Corydon ne supporte pas une longue psychologie.

(Maurice Talmeyr, Gil Blas)

Faire le bon fourrier

Delvau, 1866 : v. n. C’est, dans un repas, servir ou découper de façon à ne pas s’oublier soi-même. Faire le mauvais fourrier. Servir ou découper de façon à contenter tout le monde excepté soi-même.

Rigaud, 1881 : Faire les portions égales, dans un repas.

Fourrier (bon ou mauvais)

France, 1907 : Le fourrier étant chargé de la distribution des vivres et des liquides, faire le bon fourrier c’est découper, partager et servir à table de façon à garder pour soi le meilleur morceau ou la plus grosse part. Le mauvais fourrier fait le contraire.

Gandin

Delvau, 1864 : Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent de lui avec leurs amants de cœur. Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure, c’est de se dire :

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

(A. Delvau)

Nous soupions au sortir du bal. Quelques gandins,
Portant des favoris découpés en jardin,
Faisaient assaut d’esprit avec des femmes rousses.

(Th. De Banville)

Larchey, 1865 : Dandy ridicule. Du nom d’un personnage de vaudeville.

L’œillet rouge à la boutonnière, Les cheveux soigneusement ramenés sur les tempes comme deux gâteaux de pommade, le faux-col, les entournures, le regard, les favoris, le menton, les bottes ; tout en lui indiquait le parfait gandin, tout, jusqu’à son mouchoir fortement imprégné d’essence d’idiotisme.

(Figaro, 1858)

Delvau, 1866 : s. m. Amorce, paroles fallaces, — dans l’argot des marchandes du Temple. Monter un gandin. Raccrocher une pratique, forcer un passant à entrer pour acheter.

Delvau, 1866 : s. m. Coup monté ou à monter, — dans l’argot des voleurs. Hisser un gandin à quelqu’un. Tromper.

Delvau, 1866 : s. m. Oisif riche qui passe son temps à se ruiner pour des drôlesses, — et qui n’y passe pas beaucoup de temps, ces demoiselles ayant un appétit d’enfer. Le mot n’a qu’une dizaine d’années. Je ne sais plus qui l’a créé. Peut-être est-il né tout seul, par allusion aux gants luxueux que ces messieurs donnent à ces demoiselles, ou au boulevard de Gand (des Italiens) sur lequel ils promènent leur oisiveté. On a dit gant-jaune précédemment.

Rigaud, 1881 : Dandy dégénéré. Homme à la mise recherchée, prétentieuse et ridicule. D’où vient-il ? Est-ce de gant ? Est-ce de l’ancien boulevard de Gand ? Est-ce du nom d’un des personnages — Paul Gandin — des Parisiens de la Décadence, de Th. Barrière ? Est-ce de gandin, attrape-nigaud, en retournant la signification : nigaud attrapé ? Est-ce de dandy, avec changement du D en G, addition d’un N et réintégration de l’Y en I ? Je ne sais. — Le gandin s’éteignit en 1867, en laissant sa succession au petit-crevé qui creva en 1873, en léguant son héritage au gommeux, qui le léguera à un autre, et ainsi de suite jusqu’à la consommation des siècles.

Rigaud, 1881 : Duperie, attrape-nigaud. Hisser un gandin à un gonse, tromper un individu. — Monter un gandin, — dans le jargon des revendeurs du Temple, signifie chauffer l’article, harceler le client pour lui faire acheter quelque chose.

Rigaud, 1881 : Fort, — dans le jargon des barrières. Il est rien gandin.

Fustier, 1889 : Honnête, convenable, gentil. Argot du peuple.

Autrefois on avait deux sous de remise par douzaine. À présent, on les prend (des pièces de cuivre) chez Touchin. Il ne donne rien, ce muffle-là. Vrai ! c’est pas gandin !

(Fournière, Sans métier)

La Rue, 1894 : Duperie. Coup monté. Riche oisif.

France, 1907 : Riche oisif, jeune fainéant dont le père a travaillé sa vie durant pour qu’il passe la sienne à ne rien faire, parasite social. C’est le successeur et l’imitateur des lions du temps de Louis-Philippe, qui succédèrent eux-mêmes aux dandys et aux fashionables de la Restauration, aux beaux de l’empire, engendrés par les incroyables et les muscadins du Directoire, fils des petits maîtres de la fin du règne de Louis XV, descendants des talons rouges et des roués de la Régence, neveux des marquis de Louis XIV. Le nom de gandin parait pour la première fois en 1854 dans une pièce de Théodore Barrière, Les Parisiens, porté par un élégant ridicule, mais il ne se répandit guère dans le publie avant 1858. Gandin vient-il du boulevard de Gand, devenu le boulevard des Italiens et qui était la promenade habituelle des jeunes et riches oisifs, ou, suivant quelques étymologistes, du patois beauceron gandin, dont les éleveurs de la Beauce désignent le jeune mouton ? La bêtise, la simplicité, la passivité du mouton adolescent qui suit pas à pas celui qui le précède, et les instincts moutonniers, l’épaisse imbécillité de ces jeunes abrutis qui se copient tous en habits, en langage et en gestes offrent quelque créance à la seconde version. Cependant le public parisien ignore le patois de la Beauce, gandin adolescent mouton est inconnu sur le boulevard, et pour cette raison nous nous en rapporterons à la première.

Cigare aux dents, lorgnon dans l’œil,
Chaussé par Fabre, habillé par Chevreuil,
Un de ces élégants dont l’esprit reste en friche,
Nommés gandins hier, cocodès aujourd’hui,
Et qui nonchalamment promènent leur ennui
Depuis la Maison d’Or jusques au Café Riche…

(J.-B. de Mirambeaux)

Adieu, gandins infects, drôlesses éhontées, vous tous, abrutis qui, depuis ma majorité, n’avez cessé de jeter un froid dans mon existence. Je vous lâche !

C’était à l’Ambigu, la jeune X… des Folies Dramatiques se pavanait dans une avant-scène en compagnie de plusieurs crétins, tous gandins, et plus bêtes les uns que les autres, par conséquent.

(Léon Rossignol, Lettres d’un Mauvais jeune homme à sa Nini)

On l’emploie adjectivement dans le sens de beau, élégant.

— Il est pourtant gandin, mon panier, insiste le gitane avec le plus pur accent du faubourg Antoine ; étrennez-moi, Monsieur, ça vaut une thune et à deux balles je vous le laisse.

(Jean Lorrain)

Glaive

Delvau, 1866 : s. m. Couteau à découper, — dans l’argot des francs-maçons.

Rigaud, 1881 : Guillotine, — dans le jargon des voleurs. — Passer sa bille au glaive, être guillotiné. La variante est : Être glaivé ; en souvenir du fameux et vieux cliché : « Le glaive de la justice », si prodigué sous les voûtes de la Cour d’assises.

La Rue, 1894 : Guillotine.

France, 1907 : Couteau de table ; argot des francs-maçons.

France, 1907 : Guillotine. Passer sa bille au glaive, être guillotiné.

Grille

d’Hautel, 1808 : Épouser une grille. Pour se renfermer dans un cloître, se faire religieux ou religieuse.

France, 1907 : Carré de zinc ou de carton découpé à l’emporte-pièce dans son plein par une série d’évidements irréguliers, dont on se sert pour la correspondance secrète.

Joint

Delvau, 1866 : s. m. Biais pour se tirer d’affaire, — dans l’argot des bourgeois, qui découpent mieux qu’ils ne parlent. Connaître le joint. Savoir de quelle façon sortir d’embarras ; connaître le point capital d’une affaire.

Jouer (en)

Rigaud, 1881 : Connaître, savoir faire une chose.

Passez-moi le poulet pour que je le découpe, je sais comment on en joue. — Est-il fort sur les mathématiques ? — Il en joue très bien.

Major de table d’hôte

Delvau, 1866 : s. m. Escroc à moustaches grises et même blanches, à cheveux ras, à redingote boutonnée, à col carcan, à linge douteux, qui sert de protecteur aux tripots de la banlieue.

Rigaud, 1881 : Pseudo-militaire retraité dont l’emploi consiste à découper la volaille, dans une table d’hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.

La Rue, 1894 : Escroc, ayant l’apparence d’un militaire retraité, qui pérore aux tables d’hôte et triche aux cartes après le dîner.

Virmaître, 1894 : Individu à tout faire, qui est maquereau à l’occasion. Le major a toutes les apparences d’un militaire en retraite ; il porte à la boutonnière une rosette multicolore d’ordres exotiques. Le major de table d’hôte est un rastaquouère de premier ordre (Argot du peuple et des filles).

France, 1907 : Ancien on pseudo-militaire qui préside aux tables d’hôte des tripots auxquelles son extérieur donne un certain air de respectabilité.

Un grand homme ne demeure pas toujours un grand homme, ni un événement un grand événement. Certain jour arrive où les forces que cet homme ou cet événement représentait à notre imagination, et par lesquelles il dominait notre existence, sont épuisées, de telle sorte que sa domination et son prestige cessent d’être réels. Dans l’ordre des faits, dans l’ordre intellectuel aussi, la Révolution française a cessé de nous faire sentir son impulsion, et, pareille à ces vieux héros polonais qui, après avoir étonné le pan-slavisme, ne furent plus, en changeant de milieu, que des majors de table d’hôte, elle doit se contenter d’occuper la place d’honneur dans les toasts des comices agricoles.

(Maurice Barbès)

Marie-jabotte

France, 1907 : Bavarde.

J’ai déjà dit que l’oncle Paul était né vieux garçon. Il avait, dès ce temps-là, une foule d’innocentes manies. Il ne supportait pas que les gens de service touchassent aux couteaux à découper. Il voulait qu’on servit les pièces de viande et de gibier tout entières sur la table. En même temps qu’il les découpait, à la mode d’autrefois, il aimait à conter des anecdotes. Il s’arrêtait en l’air, une aiguillette au bout du couteau, quelque carcasse de dindon suspendue.
Alors, Paparel battait la chamade avec sa tabatière d’argent.
— Paul… Paul… sacré Paul !… m’entends-tu ?… Il ne m’entend pas ! Marie-jabotte !… Saint Lambin !… C’est sa faute si les enfants s’endorment sur leurs chaises avant la salade !

(Hugues Le Roux, Mémoires d’un enfant)

Marron sculpté

Delvau, 1866 : s. m. Tête grotesque, personnage ridicule, — dans l’argot du peuple, qui a fait allusion à ces fantaisies découpées dans les marrons d’Inde, à la mode il y a une vingtaine d’années. On dit aussi Pomme de canne.

Rigaud, 1881 : Tête grotesque rappelant celles qu’on sculpte dans des marrons. (L. Larchey)

La Rue, 1894 : Figure laide ou ridicule.

France, 1907 : Tête grotesque, vilaine figure.

Parer

d’Hautel, 1808 : Paré comme un autel, comme une chasse. C’est-à-dire, d’une manière ridicule ; surchargé d’ornemens.

Rigaud, 1881 : « À chaque morceau réclamé par ses collègues, le chef du garde-manger découpe à même la pièce et pare la viande. Parer un morceau, c’est en enlever la parure, c’est-à-dire l’excédant de graisse. Le boucher reprend à 75 cent, le kilo la parure (graisse crue), qu’il revend au fondeur pour faire des chandelles. » (Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1867)

La Rue, 1894 : Remplir. La parer, secourir.

France, 1907 : C’est, en terme de boucherie, ôter les peaux et les graisses superflues d’un morceau de viande pour le rendre plus présentable, et aussi sculpter sur une bête dépouillée des dessins dignes des impressionnistes.

Au côté, en bandoulière, il était flanqué d’une gaine de bois d’où émergeaient les manches de ses couteaux. L’étui enfermait cinq ou six lames bien affilées et une lancette pour parer, c’est-à-dire pour sculpter dans la graisse badigeonnée de sang frais ces arabesques étranges, palmes et fleurs, qui font de la boucherie fine une section originale des arts décoratifs.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

France, 1907 : Remplir ; vieil argot.

Pouletoscope

France, 1907 : « Petit instrument appele aussi gallinoscope, destiné à distribuer, par voie de roulement, les différents morceaux du poulet qui sera découpé au repas du soir… L’instrument se compose d’un cercle mobile divisé en cinq secteurs égaux portant chacun l’indication d’une des portions (la carcasse, les deux pattes, les deux ailes) et se mouvant devant un cadran fixe sur lequel sont inscrits les noms des dix élèves de la table. »

(Albert Lévy et G. Pinet)

Symbolisme

France, 1907 : Interprétation d’une vérité par un symbole, image ou fable. Il y a le symbolisme en littérature, en art, en religion. On l’appelle aussi le figurisme. Le mot est nouveau, la chose est vieille comme les lettres mêmes. Les poètes grecs et latins étaient des symbolistes. « Envisagé au seul point de vue de l’expérience, dit André Lefèvre, le symbolisme apparaît comme la raison d’être de nombreux faits d’ordre religieux Tout le matériel, toute la mimique du culte y ressortissent depuis l’amulette, l’idole et l’œuvre d’art, jusqu’aux formes et formules du sacrifice. » Voici, d’après Octave Mirabeau, la définition du symbolisme :

C’est l’exaspération du laid et le dessous du rien !… Ah ! leurs princesses, avec des corps en échalas et des visages pareils à des fleurs vénéneuses, qui passent sur des escaliers de nuages, sur des terrasses de lunes malades, en robes de tôle galvanisée !… Ah ! leurs amantes, émaciées, et longues comme des gaules à pêche, leurs amantes qui marchent sans jambes, qui regardent sans yeux, qui parlent sans bouche, qui aiment sans sexe, et qui, sous des feuillages découpés à la mécanique, dressent des mains plates, cassées au poignet, par la même éternelle flexion !… Et leurs héros qui puent la sodomie, la névrose et la syphilis !…


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique