Delvau, 1864 : Les parfums, les aphrodisiaques en général — et surtout en particulier.
Artillerie de cupidon ou de vénus
Cassine
d’Hautel, 1808 : Ce mot signifioit autrefois une petite maison de campagne ; maintenant il n’est plus d’usage que parmi le peuple qui l’emploie par dérision pour dire un logement triste et misérable, un trou, une maison où l’on n’a pas toutes ses aises.
Delvau, 1866 : s. f. Maison où le service est sévère, — dans l’argot des domestiques paresseux ; atelier où le travail est rude, — dans l’argot des ouvriers gouapeurs.
Rigaud, 1881 : Salle d’étude, quartier, — dans le jargon du collège. (Albanès)
France, 1907 : Nom que donne la cuisinière où la bonne d’enfant à l’appartement de ses bourgeois.
— C’est vrai que j’suis à la cuisine
Et c’est chez des bourgeois cossus ;
Ils sont absents de la cassine
Pour un jour et peut-être plus !
— Ah ! vous seriez fièr’ment aimable
De fêter le p’tit Cupidon !
Que je dis d’un air très aimable
Pour amorcer ma gross’ Dondon !
(Le Petit Pioupiou)
Coup de foudre
France, 1907 : Amour à première vue qui frappe soudainement le cœur et explique le dard dont la mythologie armait Cupidon. Les très jeunes gens sont spécialement sujets aux coups de foudre. L’on peut être foudroyé ainsi nombre de fois sans en mourir, ni même sans en être malade.
— À un bal de la sous-préfecture, je rencontrai le capitaine de Langallery… Croyez-vous aux coups de foudre, mon cher abbé ? Vous me direz que cela ne vous regarde pas : mais je vois bien qu’au fond vous n’y croyez point. Eh bien, vous avez tort. J’ai reçu le coup de foudre, moi. Au retour de ce bal où je n’avais dansé qu’une seule fois avec M. de Langallery, j’ai emmené maman dans ma chambre, je me suis jetée dans ses bras et je lui ai dit :
— Ma petite maman chérie, il faut que j’épouse M. de Langallery !
Tête de mère ! Elle me crut folle :
— M. de Langallery ? Qu’est-ce que c’est que M. de Langallerry ?
— Comment, tu ne l’as pas vu ? Le capitaine ?… celui qui a une moustache brune et des yeux noirs, avec de si jolis sourcils ?
Elle ne savait pas ! Elle n’avait rien remarqué, ni les jolis sourcils, ni la moustache brune, ni les yeux noirs ! Elle n’avait pas distingué ce capitaine des autres capitaines. Elle n’avait pas reçu le coup de foudre, elle. Il y a une grâce d’état pour les personnes âgées.
(Marcel Prévost)
— Parlez-moi de l’étincelle, du coupe foudre ! C’est toujours l’inconnu, enveloppé de tout son charme mystérieux, cet idéal, entrevu dans un rêve et qui nous apparait un jour, sous la forme animée et rayonnante d’un brillant cavalier, bien réel, bien vivant et ne demandant qu’à faire notre bonheur.
(Fernand Béroland)
Crapaudine
Delvau, 1864 : Expression tirée du langage culinaire. Les pigeons à la crapaudine ont les pattes rentrées en dedans. De même, la femme étendue sur le dos et recevant le vit dans son con, afin de mieux le faire glisser jusqu’au fond du vagin, lève ses deux jambes en l’air, les replie sur l’homme, les appuie sur son dos et l’attire à elle autant qu’elle peut. Il voudrait s’en défendre, ce serait inutile, il faut que sa pine pénètre jusqu’à la matrice, qui vient d’elle-même se présenter à ses coups. Plus les coups sont forts, plus ils plaisent à la femme jeune et bien portante. Bien des couchettes ont été cassées avec ce jeu-là ; aussi, maintenant, on les fait en fer.
Marie se colle à mon ventre
Et pour que tout mon vit entre
Jusques au fin fond de l’antre
Enflammé par Cupidon,
Elle fait la crapaudine.
Vraiment, cette libertine,
Si je n’étais qu’une pine
M’engloutirait dans son con.
(J. Choux)
France, 1907 : Genre de supplice infligé aux insubordonnés des bataillons d’Afrique et surtout des compagnies de discipline. Il consiste à fixer le soldat puni, au moyen de cordes et de courroies, soit à des piquets sur le sol, soit à un objet immobile : arbre, poteau, affût. Les Anglais connaissent ce châtiment sous le nom de picketting. Aboli vers 1835, ils le rétablirent en 1881, pendant la guerre contre les Boërs, et l’appliquèrent fréquemment en Égypte et au Soudan.
Les esclaves de nos colonies étaient, jusqu’en 1848, soumis à ce supplice.
Les malheureux esclaves sont ignominieusement couchés, nus, sans distinction d’âge ni de sexe, la face renversée ; seulement l’humanité veut qu’une excavation reçoive le ventre des femmes enceintes !… Leurs poignets et leurs pieds, étroitement serrés par des cordes, sont raidis et liés à des piquets enfoncés dans le sol, pour les empêcher de se débattre ; alors le commandeur, qui est peut-être le père, le frère, le fils ou l’époux de la victime, est obligé (sous peine d’être châtié lui-même) de faire l’office de bourreau… alors commence le supplice de la taille par les 29 coups de fouet, à la volée, du châtiment légal… C’est là ce qu’on appelle. dans ses modifications, le trois, le quatre piquets…
(Joseph France, L’Esclavage à nu)
À part les coups de fouet, la crapaudine n’est qu’une répétition du piquet.
Un jour, tirant la langue comme des pendus, pour avoir quelques bols d’air, ils défoncèrent une planche qui bouchait leur fenêtre. Illico, les caporaux et les sergents les firent sortir un à un, sous la menace des flingots, chargés et braqués. Puis on les colla à la crapaudine, et ils y restèrent vingt-quatre heures sans boire ni manger
(Le Père Peinard)
Cufidon
d’Hautel, 1808 : Rébus populaire, pour dire Cupidon.
On dit d’un homme laid, d’un fat, qui affecte des prétentions à la beauté, que c’est un Cufidon.
Cupidon
Vidocq, 1837 : s. m. — Chiffonnier.
Larchey, 1865 : Chiffonnier (Vidocq). — Comparaison ironique du carquois et du trait de l’Amour à la hotte et au crochet du chiffonnier.
Delvau, 1866 : s. m. Chiffonnier, — dans l’argot des faubouriens, qui font allusion à son carquois d’osier. On dit mieux : Vieux Cupidon.
France, 1907 : Chiffonnier. Argot des voleurs, qui comparent sa hotte et son crochet au carquois et à la flèche de l’enfant de Vénus.
Cupidonnage
France, 1907 : Exploitation de la femme, surtout de la femme mariée dont on devient l’amant.
Cupidonnier
France, 1907 : Chevalier d’industrie qui, après être parvenu à s’introduire dans les bonnes grâces d’une femme, principalement d’une femme galante, se fait remettre ses économies sous prétexte de les faire fructifier, soit dans des opérations de bourse ou de commerce, et disparait avec. Quand c’est une femme mariée, il conseille à sa victime de fuir avec lui, en puisant dans le coffre-fort marital la grosse somme qu’il croque en sa compagnie, puis, le sac vide, disparait pour d’autres conquêtes : c’est le cupidonnier à l’adultère.
Cupidonnier, m’fais pas d’épates,
Aux patins j’t’ai vu des savates…
T’avais un paillasse assez toc,
Qui coulait ses jornes au bloc…
Tu grinchis aux horizontales
Faffiots, râpes d’orient et malles
Pour ce sal’ fourbi de marquant
Faut pas avoir de palpitant…
(Chanson d’un vieux voleur recueillie par Hogier-Grison)
Dardant
anon., 1827 : L’Amour.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Amour.
Bras-de-Fer, 1829 : L’amour.
Vidocq, 1837 : s. m. — Amour.
Halbert, 1849 : L’amour.
Larchey, 1865 : L’amour. — C’est l’archerot de nos anciens poètes, c’est Cupidon dardant son trait. — V. Coquer.
Icicaille est le théâtre Du petit Dardant ; Fonçons à ce mion folâtre Notre palpitant.
(Grandval, 1723)
Delvau, 1866 : s. m. L’amour, — dans l’argot des voleurs, qui aiment la femme avec excès.
La Rue, 1894 : L’amour. Liaison amoureuse.
Rossignol, 1901 : Soleil.
France, 1907 : L’Amour.
Ici-caille est le théâtre
Du petit dardant ;
onçons à ce mien folâtre
Notre palpitant.
(Grandval, 1725)
Le mot s’emploie aussi au pluriel dans le sens de « mes amours ».
L’on vient, l’on me ligotte,
Adieu ma cambriole,
Mon beau pieu, mes dardants !
(Winter, forçat, 1829)
Dépétri
France, 1907 : Fatigué, démoli.
— Écoutez, ma belle petite chatte, si vous tombez jamais dans mon lit entre cinq et six du matin, l’heure où Cupidon s’éveille, je vous prouverai qu’on est pas aussi dépétri qu’on en a l’air.
(Les Propos du Commandeur)
Flirt
France, 1907 : Action de flirter, de coqueter, de badiner avec le sexe différent. Vieux mot revenu dans notre langue après avoir passé par l’anglais.
Qu’est-ce donc que le flirt ? — Un mot, un simple mot si freluquet d’apparence, si inoffensif d’allure, qu’on ne songeait pas même à s’en méfier… Aussi a-t-il fait son chemin dans le monde et aujourd’hui, établi dans notre vocabulaire, installé dans nos boudoirs, blotti dans nos canapés, il règne en maître dans nos salons après en avoir chassé l’amour, son concurrent et son rival, dont il est la contrefaçon : le flirt n’est ni aveugle, ni meurtrier, un monocle a remplacé le classique bandeau de Cupidon et un jeu d’épingles le carquois aux flèches traîtresses. Comme de caporal on devient général, le flirt de substantif est passé verbe et désormais on le conjugue à tous les temps et à toutes les personnes.
(Le Journal)
— Mais ce n’était pas de l’amour, Laurette, il ne manquerait plus que ce fût de l’amour, je n’aurais aujourd’hui qu’à prendre le deuil… Un flirt, un simple flirt qui m’occupait, qui me plaisait, qui durant… Vous ne comprenez pas très bien cela, vous autres, vous n’avancez pas suffisamment ou vous vous lancez trop loin…
(René Maizeroy, Âmes tendres)
Je me souviens qu’entre douze et quatorze ans, j’eus un fort béguin pour la grand’mère d’un de mes petits amis.
Afin d’effacer tout de suite ce que cet aveu pourrait avoir de scabreux, j’ajouterai qu’à l’époque de notre flirt, l’excellente dame était morte depuis dix ans.
(Fernand Vandérem)
— Je vous disais donc que depuis deux mois que vous flirtez avec moi, vous devez juger dans quel état d’âme je suis.
— Je l’ai deviné, votre état d’âme… il était assez visible.
— Il faut pourtant que ça finisse, que je sache à quoi m’en tenir.
— Vous êtes trop impatient… il faut toujours commencer par le flirt. Le flirt est la leçon que prend une femme avec des fleurets mouchetés avant d’aller sur le terrain avec des épées véritables.
— Oui, mais si elle va sur le terrain avec un autre… sans compter que c’est la plupart du temps ce qui arrive !
(Maurice Donnay)
— Et j’ai bien senti, en ce long après-midi d’attente et d’angoisse, que ce flirt tournait à l’amour et au sentiment, que je me mentais à moi-même, que je suis pris et bien pris.
(Champaubert)
Gamahucher une femme
Delvau, 1864 : La faire jouir en jouant de la langue dans son con, au lieu d’y jouer de la pine. Un métier de chien !
Celle-là, sur son lit nonchalamment couchée,
Par un vieux Cupidon était gamahuchée.
(L. Protat)
Noyon (friands de)
France, 1907 : Les habitants de Noyon avaient reçu le sobriquet de friands et aussi de rusés. Quant aux Noyonnaises, elles passaient pour être en plus fort amoureuses, s’il faut s’en rapporter à cet adage du XVIe siècle :
Une gerbe de Cupidon
Pour les dames de Noyon.
Cependant le Père Le Vasseur, qui vivait dans la première moitié du XVIIe siècle, écrit dans les Annales de Noyon qu’on disait de son temps en proverbe : Noyon la Sainte.
Piautre
Delvau, 1866 : s. m. Mauvais garnement, — dans l’argot du peuple. Envoyer au piautre. Envoyer au diable. Vieille expression se trouvant dans Rétif de la Bretonne.
France, 1907 : Mauvais garnement. « Envoyer aux piautres », envoyer au diable.
On l’eût pris, sans mentir, à son air, à sa grâce,
À son joli menton non encor cotoné,
Pour le jeune Apollon ou Cupidon l’aîné.
J’avais pour cet ingrat écartés tous les autres,
Les envoyant tretous, comme l’on dit, aux piautres.
(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)
Rossignol à gland
Virmaître, 1894 : Un cochon. Quand un individu a la manie, dans une société, de vouloir toujours chanter, et qu’il le fait comme une crécelle, on lui dit :
— Ah ! ferme ta boîte, tu chantes comme un rossignol à gland (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Membre viril. On dit aussi simplement rossignol.
« J’enferme ma femme et la clé j’emporte,
Disait mon voisin d’un ton convaincu,
Car je ne veux pas sans moi quelle sorte. »
Il fut cependant, un beau jour, cocu.
— Comment ça se fit, je puis vous le dire —
Grâce à Cupidon qui prend tout au vol.
La porte céda et, par son empire,
Je l’ouvris avec… certain rossignol.
(Famechon)
Vieux monsieur (le)
Delvau, 1864 : L’homme qui entretient une femme, pour le distinguer du jeune — ou des jeunes — qu’elle entretient elle-même.
C’était par un temps pluvieux,
Nos bell’s n’avaient pas leurs vieux.
(A. Watripon)
Celle-là, sur un lit nonchalamment couchée,
Par un vieux cupidon était gamahuchée.
(L. Protat)
À son âge, on n’a plus d’amour…
— Oui mais on a plus d’un caprice.
Quand mon fils est par trop méchant,
Tu sais comment je le corrige,
— Eh ! mais c’est ainsi, justement
Que j’entretiens le sentiment
De ce vieux monsieur qui m’oblige.
(Chanson anonyme moderne)
Toinette, fraîche dondon,
Chantait ainsi son martyre,
Pensant à son vieux satyre…
Tout en plumant un dindon.
(J. Poincloud)
Argot classique, le livre • Telegram