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Casque

Larchey, 1865 : Chapeau rond. — Casque à mèche : Bonnet de coton à mèche.

Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame et apportera dans le salon le casque a mèche de monsieur.

(Th. Gautier)

Delvau, 1866 : s. m. Chapeau, — dans l’argot des faubouriens, pour qui c’est le mâle de casquette. Casque-à-mèche. Bonnet de coton.

Delvau, 1866 : s. m. Effronterie, aplomb, blague du charlatan. Avoir du casque, c’est-à-dire parler avec la faconde de Mangin.

Rigaud, 1881 : Talent oratoire du saltimbanque. — Avoir du casque, rappeler feu Mangin par les belles manières et la facilité d’élocution. — Il y a des hommes politiques qui ont du casque, presque autant que ce fameux marchand de crayons.

France, 1907 : Aplomb, effronterie, blague, Comme en ont les charlatans habituellement coiffés du casque, d’où l’expression : avoir du casque, posséder l’effronterie et la faconde d’un marchand d’orviétan. Avoir son casque, être ivre.

France, 1907 : Chapeau. Casque à mèche, bonnet de coton.

Empousteur

Vidocq, 1837 : s. m. — Les Empousteurs sont presque tous des juifs, et le moyen qu’ils emploient pour tromper ceux qui veulent bien leur accorder une certaine confiance est très-ingénieux.
Un individu qui se donne la qualité de commis, ou de commissionnaire, se présente chez un marchand épicier ou papetier, et lui offre des crayons qu’il laissera, dit-il, à un prix très-modéré ; le marchand, dont les provisions sont faites, refuse presque toujours cette proposition, mais cela est fort indifférent à l’Empousteur. « Vous ne voulez pas m’acheter ces crayons, dit-il au marchand, vous avez tort ; mais permettez-moi de vous en laisser quelques douzaines en dépôt. » Le marchand ne peut refuser cette proposition, il accepte, et l’Empousteur sort après lui avoir promis de revenir. Quelques jours après, un individu vient demander au marchand des crayons absolument semblables à ceux que l’Empousteur a laissés en dépôt, il achette tout et paie sans marchander, en témoignant le regret qu’on ne puisse pas lui en fournir davantage ; le marchand qui attend la visite de l’Empousteur l’engage à repasser dans quelques jours. Le lendemain, l’Empousteur vient chez le marchand, et lui demande des nouvelles du dépôt. « Tout est vendu, dit le marchand. — Je vous l’avais bien dit, répond l’Empousteur, que vous en tireriez un bon parti. En voulez-vous d’autres ? » Le marchand achette et paie tout ce que veut lui vendre l’Empousteur, et attend vainement le chaland sur lequel il comptait.

Larchey, 1865 : « Escroc faisant métier de vendre à des détaillants des produits dont le premier dépôt a été acheté par des compères. »

(Vidocq)

Rigaud, 1881 : Autre variété de filou. Celui-là sait allécher les entrepositaires par des dépôts de marchandises, qu’achètent très avantageusement des compères. Lorsqu’il a gagné la confiance des entrepositaires, l’empousteur fait de forts dépôts qui lui sont, en partie, payés comptant. Le tour est joué : la marchandise est invendable. « Un empousteur poussa l’audace jusqu’à vendre à plusieurs marchands-de la rue Saint-Denis plus de mille douzaines de faux-cols en papier et de voilettes en papier dentelle. » (L. Paillet, Voleurs et volés)

Virmaître, 1894 : Truc très commun employé par des placiers. Ils déposent chez des commerçants des mauvaises marchandises, à condition ; des compères les achètent ; les marchands alléchés prennent de nouveaux dépôts qui, cette fois, leur restent pour compte (Argot des voleurs).

France, 1907 : Industriel qui vend des marchandises falsifiées aux marchands.

Maquillage

Delvau, 1864 : Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.

Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.

(Lemercier de Neuville)

Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poète du XIIIe siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants :

Telle se fait moult regarder
Par s’en blanchir, par s’en farder,
Que plus est laide et plus est blesme
Que peschiez mortels en caresme.

Larchey, 1865 : Le maquillage est une des nécessités de l’art du comédien ; il consiste à peindre son visage pour le faire jeune ou vieux, le plus souvent jeune.

Dans certains théâtres on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels. Cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

(Joachim Duflot, Dict. des Coulisses)

Delvau, 1866 : s. m. Application de blanc de céruse et de rouge végétal sur le visage, — dans l’argot des acteurs et des filles, qui ont besoin, les uns et les autres, de tromper le public, qui, de son côté, ne demande qu’à être trompé. Blanc de céruse et rouge végétal, — je ne dis pas assez ; et pendant que j’y suis, je vais en dire davantage afin d’apprendre à nos petits-neveux, friands de ces détails, comme nous de ceux qui concernent les courtisanes de l’Antiquité, quels sont les engins de maquillage des courtisanes modernes : Blanc de céruse ou blanc de baleine ; rouge végétal ou rouge liquide ; poudre d’iris et poudre de riz ; cire vierge fondue et pommade de concombre ; encre de Chine et crayon de nitrate, — sans compter les fausses nattes et les fausses dents. Le visage a des rides, il faut les boucher ; l’âge et les veilles l’ont jauni, il faut le roser ; la bouche est trop grande, il faut la rapetisser ; les yeux sont trop petits, il faut les agrandir. Ô les miracles du maquillage !

Rigaud, 1881 : L’art de peindre et d’orner le visage ; action qui consiste à faire d’une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.

France, 1907 : Art de se peindre le visage

Pour réparer des ans
L’irréparable outrage.

Elles font une prodigieuse dépense de cosmétiques et de parfumeries. Presque toutes se fardent les joues et les lèvres avec une naïveté grossière. Quelques-unes se noircissent les sourcils et le bord des paupières avec le charbon d’une allumette à demi brûlée. C’est ce qu’on appelle le maquillage.

(Léo Taxil)

C’est pendant le Directoire que le maquillage fut poussé jusqu’aux dernières limites de l’extravagance. On vit se promener au Palais-Royal, du côté du Cirque et de l’allée des Soupirs, des femmes au visage barbouillé couleur lilas. Cette mascarade dura près d’une semaine ; on se moqua et la mode passa.

Le souci te bleuira l’œil
Mieux que les crayons et les pierres,
Et nos veilles, à tes paupières,
Coudront le liséré de deuil…
Des lards sont un vain barbouillage,
Il ne résiste pas au pleur.
Je veux que mon amour brûleur
Soit ton éternel maquillage.

(Th. Hannon, Rimes de joie)

Nous chantons pour vous amuser,
Nous sommes vieux, bien avant l’âge ;
Notre visage est presque usé
Par le gaz et le maquillage :
C’est nous les cabots,
Qui ne sont pas beaux.

(Chambot et Girier, La Chanson des cabots)

Mengin

Delvau, 1866 : s. m. Charlatan politique et littéraire. Encore un nom d’homme devenu un type applicable à beaucoup d’hommes.

France, 1907 : Charlatan ; du nom d’un célèbre charlatan qui vivait sous le second empire, et devenu de type du faiseur de boniments, spirituel et railleur. Il vendait des crayons dorés, du haut d’un somptueux équipage, portant avec lui tout un orchestre. Coiffé d’un casque, vêtu d’une houppelande à ramages, il savait en moins de rien réunir la foule et la retenir par ses amusantes facéties. Avec ses crayons qu’il vendait en grande quantité, il donnait un jeton doré ressemblant à un louis et sur lequel, outre son effigie étaient inscrits ces vers :

Dans ce portrait frappant que chacun examine,
Reconnaissez Mengin et sa barbe aux flots d’or ;
Mais c’est en vain qu’ici chacun vante sa mine,
Celle de ses crayons vaut beaucoup mieux.

Le fait est que ses crayons ressemblaient à la plupart des crayons sans l’enveloppe dorée ; il les tallait avec un sabre et effritait une planche en feignant de taper dessus avec un maillet. Un morceau de ver était naturellement, en ce cas, substitué an crayon. On l’écrit à tort Mangin.

Quand j’dis qu’je l’vends, c’est z’un’ figure,
Entre nous, on n’me l’prend jamais.
Vrai, ya déjà longtemps qu’i’ dure ;
Pourtant, i’ n’est pas pus mauvais
Qu’un aut’, mais ya z’un’ concurrence !!
C’est à qui qui s’ra l’pus filou…
C’qu’i yen a des Mangin en France…
Moi, j’vends mon crayon pour un sou.

(Aristide Bruant)

Ombres

France, 1907 : Revue annuelle jouée vers le mois de février par les élèves de l’École polytechnique dans le grand amphithéâtre de l’École.

… Les silhouettes des officiers, des professeurs et de tout le personnel, tracées par les plus habiles crayons de la promotion, défilent en ombres chinoises devant les élèves, pendant qu’on met dans la bouche des personnages des discours comiques pleins de verve et d’esprit gaulois. L’origine en remonte à l’année 1818… L’autorité, les professeurs et l’administration assistent le plus souvent à la séance et prennent part à la gaieté générale.

(Albert Lévy et G. Pinet)

Renverser son casque

Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des saltimbanques, probablement depuis la mort du fameux marchand de crayons Mengin.

Taille-crayons, taille-plumes

France, 1907 : Employé aux écritures, commis de bureau.

— S’il n’aurait pas mille fois mieux valu faire d’elles des ménagères et des mères de famille, plutôt que des taille-crayons et taille-plumes, des déclassées, des filles-mères récalcitrantes, des malheureuses, — tant de malheureuses !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique