Fustier, 1889 : Être ébaubi, stupéfait d’admiration.
— C’est la plus belle créature de notre temps. — J’en suis crétinisé !
(Vie Parisienne, 1882)
Crétinisé (être)
Fustier, 1889 : Être ébaubi, stupéfait d’admiration.
— C’est la plus belle créature de notre temps. — J’en suis crétinisé !
(Vie Parisienne, 1882)
Crétiniser (se)
Delvau, 1866 : v. réfl. Faire toujours la même chose, avoir les mêmes habitudes, — dans le même argot [des peintres et des gens de lettres].
France, 1907 : S’encroûter dans les mêmes habitudes ; faire chaque jour la même besogne.
Montépinades
France, 1907 : Romans populaires pleurnichards et ridicules au moyen desquels certains auteurs crétinisent le peuple et s’en font cinquante mille francs de rente.
Mais pourquoi, dira-t-on, les littérateurs consentent-ils à descendre au rez-de-chaussée ? Préféreriez-vous que la place fût laissée entière aux montépinades et aux richebourderies ? Il y a même chez les plus grands le désir de se manifester dans une forme populaire, accessible à tout le monde, sans compter le bénéfice immédiat, car enfin c’est plaisir et orgueil que de réunir les deux termes séparés par Chrysale : la bonne viande et le beau langage.
(Henrz Bauer, La Valle et le Théâtre)
Scie
d’Hautel, 1808 : Terme équivoque et satirique, qui signifie bernement, brocard, dérision, lardon, persiflage, sarcasme, gausserie.
Voilà la scie qui va. Se dit quand on se moque finement de quelqu’un.
C’est une scie de longueur. Pour dire que l’on se moque depuis long-temps de quelqu’un.
Scie se prend aussi pour ennuyeux, rude, pénible, épineux, obscur, embrouillé.
C’est une scie que cet ouvrage. Pour, c’est un ouvrage de patience, rude, embarrassant, ennuyeux.
Larchey, 1865 : Tourment, mystification répétée d’autant plus de fois qu’elle paraît agacer l’auditeur. — Allusion à la scie qui revient toujours en grinçant sur elle-même.
Les femmes, c’est la scie pour les domestiques.
(Ricard)
Les scies les plus farouches l’avaient trouvé inébranlable.
(Murger)
Scier, scier le dos : Tourmenter.
Pourquoi boire ? — Pour s’étourdir, pour oublier ce qui vous scie.
(E. Sue)
Laisse-moi, Cadet, tu me scies.
(Rousseliana, 1805)
Delvau, 1866 : s. f. Ennui, contre-temps fâcheux.
Delvau, 1866 : s. f. Femme légitime. Porter sa scie. Se promener avec sa femme au bras.
Delvau, 1866 : s. f. Mystification, plaisanterie agaçante, — dans l’argot des artistes. Le chef-d’œuvre du genre, c’est :
Il était quatre jeunes gens du quartier,
Eh ! eh ! eh ! eh ! Ils étaient tous les six malades,
Ade ! ade ! ade ! ade ! On les mit tous sept dans un lit,
Hi ! hi ! hi ! hi ! Ils demandèrent du bouillon,
On ! on ! on ! on ! Qui n’était ni salé ni bon,
On ! on ! on ! on ! C’est l’ordinair’ de la maison,
On ! on ! on ! on ! Ça commence à vous embêter,
Eh ! eh ! eh ! eh ! Et bien je vais recommencer,
Eh ! eh ! eh ! eh !
Et l’on recommence en effet jusqu’à ce que l’importun que l’on scie ainsi comprenne et s’en aille. Faire ou Monter une scie. Imaginer une mystification contre quelqu’un.
Rigaud, 1881 : Ennui profond causé par un travail monotone, par un travail fait à contre-cœur. — Rengaine agaçante. — Monter une scie, faire des scies. Lucrèce a dit : Serrœ stridentis acerbus horror.
Virmaître, 1894 : Femme légitime. Quand un ouvrier menuisier porte sa scie, les voyous lui disent :
— Tu trimballes la légitime.
Scier quelqu’un : l’ennuyer, le raser (Argot du peuple).
France, 1907 : Ennui, rengaine. Porter sa scie, sortir avec sa femme ; argot des ouvriers. Monter une scie, mystifier.
— Vous allez me faire une déclaration ! ça se voit dans votre œil gauche. Quelle scie ! quelle scie !… vous étiez le seul non crétinisé, le seul avec qui je pouvais parler de tout, vos réalisiez pour moi l’idéal du camarade… comprenez-vous tout ce qu’il y a de flatteur dans cette manière de vous classer ?… maintenant vous allez aussi commencer à faire des yeux de poisson bouilli.… oh ! n’essayez pas de protester, tous les hommes font des yeux de poisson bouilli quand ils sont amoureux…
(Aug. Ricard, Cristal fêlé)
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