Rossignol, 1901 : Voir Descendre à la cave.
Aller à la crémerie
Claque-dents
La Rue, 1894 : Cabaret du plus bas degré. Prostibulum. Tripot.
France, 1907 : Maison de jeu de bas étage, cercle ou tripot clandestin.
— Voulez-vous donner un coup d’œil au Lincoln, le plus beau claque-dents de Paris, comme qui dirait Le Chabannais des tripots… Les grands tripots sont à couvert… beaucoup de gens importants sont les obligés du patron… et l’on assure même que plus d’un légume de la préfecture a son couvert mis, sans parler d’un crédit ouvert à la caisse, dont on ne parle jamais, dans chaque tripot sérieux…
— Mais alors que faites-vous dont, vous autres agents de la brigade des jeux ? À quoi se borne votre fonction ?
— Nous donnons la chasse aux pauvres diables… nous surveillons et nous déférons aux tribunaux les petits cafés, les crèmeries, les liquoristes où par hasard une partie s’est organisée… Oh ! pour ceux-là, nous sommes impitoyables. Dame ! ils ne se sont pas mis en règle avec la préfecture et n’ont pas les moyens de se payer le luxe d’un sénateur on d’un homme de lettres célèbre comme président…
(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Et, par là-dessus, des difficultés à son cercle, un convenable claque-dents, fréquenté par des rastaquouères et des grecs, mais bien tenu, et dont, la veille, le commissaire des jeux lui avait fait interdire l’entrée jusqu’à nouvel ordre, sous prétexte qu’il ne jouait pas assez gros. Plus de tripot et pas de position sociale : que devenir ?
(Paul Alexis)
On entend dire tout d’un coup que le chef du cabinet du préfet de police était le protecteur attitré d’un claque-dents de la dernière catégorie. Il était en rapport avez des croupiers de bas étage ; on l’avait vu s’attabler avec eux et traiter, sans la moindre gène, ses petites affaires.
(Hogier-Grison, Les Hommes de proie)
France, 1907 : Maison de prostitution.
Ce qui fit enfin le triomphe de Zola dans la foule, ce ne fut pas assurément la précision d’une analyse impitoyable, non plus que la force d’un style merveilleusement net et brillant. Ce fut la langue verte de certains de ses héros qu’il avait surpris dans l’ignominie des assommoirs et des claque-dents, et qu’il coula tout vifs dans le moule de sa terrible observation.
(Abel Peyrouton, Mot d’Ordre)
Zola va dans les claque-dents, au fond des ateliers, dans les ruelles des faubourgs, il descend dans la nuit des mines, et, des ténèbres de ce monde de misères, de vices, de déchéances, de vertus aussi, il tire les acteurs puissants de son drame.
(Henry Fouquier)
Louise Michel a écrit un volume intitulé Le Claque-dents : « Il y a, dit-elle, le vieux monde, le claque-dents de l’agonie ; Shylock et satyre à la fois, ses dents ébréchées cherchent les chairs vives : ses griffes affolées fouillent, creusent toutes les misères aiguës, c’est le délire de la faim. »
Crémerie
Rigaud, 1881 : « Un de ces établissements singuliers où l’on vend du café, du bouillon, du vin et de la viande. » (Pierre Mazerolle, la Misère de Paris, 1875.)
Rossignol, 1901 : Voir Descendre à la cave.
Descendre à la crémerie
Virmaître, 1894 : Cette expression est employée par les filles qui n’aiment pas les hommes ; elle est suffisamment claire. Par la satisfaction qu’elles éprouvent, elles boivent du lait non écrémé (Argot des filles). V. Accouplée. N.
France, 1907 : « Cette expression est employée par les filles qui n’aiment pas les hommes ; elle est suffisamment claire. Par la satisfaction qu’elles éprouvent, elles boivent du lait non écrémé. Argot des filles. »
(Ch. Virmaître)
Entrelardé (un)
Rigaud, 1881 : Un morceau de bœuf maigre avec un peu de gras. (L. Larchey) On dit de même un maigre et un gras, — dans l’argot des bouillons et des crémeries. (Id.)
Laver la vaisselle
Virmaître, 1894 : V. Descendre à la crémerie.
France, 1907 : Même sens que descendre à la crèmerie.
Minette
d’Hautel, 1808 : Nom d’amitié que l’on donne à une petite fille.
Delvau, 1864 : Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.
Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.
(J. Le Vallois)
Le bougre lui fait minette.
(Gustave Nadaud)
Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.
(Joachim Duflot)
Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.
(Lemercier de Neuville)
Larchey, 1865 : Mot d’amitié. V. Chat.
Oui, minette, je me calme.
(De Courcy)
Virmaître, 1894 : V. Descendre à la crémerie.
Minette (faire)
France, 1907 : Caresser une femme de la façon appelée descendre à la crèmerie.
Cette expression, dit Ch. Virmaître, est employée par des filles qui n’aiment pas les hommes : elle est suffisamment claire.
Elle est employée aussi par les hommes qui aiment trop les femmes.
Petit-noir
Rigaud, 1881 : Mélange de chicorée et de marc de café vendu et 10 centimes le bol.
Quelques ouvriers retardataires fumaient leur pipe en sirotant un petit noir.
(Hennique, La Dévouée)
Par extension, débit de café pour les ouvriers.
Fonds de commerce à vendre. Crémerie. Petit-noir. Loyer neuf cents francs.
(Petit Journal, du 1er juillet 1880)
Rigaud, 1881 : Petit ramoneur.
Refuges
Virmaître, 1894 : Les croyants disent au pécheur : réfugiez-vous dans le sein de Dieu. C’est un refuge qui est bougrement haut. Les giverneurs préfèrent de beaucoup les refuges municipaux et d’autres, inconnus de la masse des Parisiens : rue Galande, rue Julien-le-Pauvre, rue St-Denis et rue St-Séverin, où l’on couche pour quatre sous, sur un banc, avec une soupe par dessus le marché. Ces refuges ont pour enseigne : Crémerie. Je ne conseille pas aux lecteurs de s’y aventurer, s’ils ne veulent pas être saignés (Argot du peuple). N.
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