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Cocanges ou la robignole

Vidocq, 1837 : Jeu des coquilles de noix. Le jeu des coquilles de noix est un des mille et un trucs employés par les fripons qui courent les campagnes pour duper les malheureux qui sont possédés par la funeste passion du jeu. Les Cocangeurs ou Robignoleurs se réunissent plusieurs sur la place publique d’un village ou d’une petite ville, lorsqu’ils ont obtenu le condé franc, ou dans quelque lieu écarté, lorsqu’ils craignent d’être dérangés ; mais dans l’un et dans l’autre cas ils choisissent de préférence pour exercer, un jour de marché ou de foire, sachant bien que ceux qui se laisseront séduire auront ce jour là les poches mieux garnies que tout autre.
Les objets dont ils se servent sont : 1o. trois coquilles de grosses noix : les cocanges, et une petite boule de liège : la robignole. L’un d’eux, après s’être assis par terre, place son chapeau, entre ses jambes et les cocanges sur le chapeau ; cela fait, il couvre et découvre alternativement la robignole ; après avoir fait quelques instans ce manège, il s’arrête et se détourne comme pour se moucher ou cracher ; un compère alors lève successivement les trois cocanges, et lorsqu’il a découvert la robignole, ; il dit, assez haut pour être entendu de celui qui doit être dupé : « Elle est là. » C’est à ce moment que celui qui tient le jeu propose aux curieux assemblés autour de lui, des paris plus ou moins considérables ; le compère, pendant ce temps, s’est entendu avec la dupe, et ils se mettent alors à jouer de moitié ; celui qui tient le jeu est doué d’une agilité capable de faire honneur au plus habile escamoteur, il a su changer adroitement la robignole de place ; le reste se devine : ce coup se nomme le coup de tronche.
On a va des individus perdre à ce jeu des sommes très-considérables ; ils méritaient sans doute ce qui leur arrivait, car leur intention était bien celle de tromper celui que d’abord ils avaient pris pour un niais, mais jamais l’intention de la dupe n’a justifié les méfaits du dupeur ; que l’on punisse le premier, rien de mieux, mais que l’on ne ménage pas le second, et bientôt, du moins je l’espère, on aura vu disparaître cette foule d’individus qui spéculent sur des passions mauvaises.

Tronche

d’Hautel, 1808 : Pour dire la tête.
Gare la tronche. Pour, prends garde à ta tête.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Tête.

Vidocq, 1837 : s. f. — La Sorbonne est la tête qui pense, qui médite ; la Tronche est la tête lorsque le bourreau l’a séparée du tronc. Je crois qu’il serait difficile d’exprimer d’une manière à la fois plus concise et plus énergique deux idées plus dissemblables.

un détenu, 1846 : Tête.

Larchey, 1865 : La Sorbonne est la tête qui pense, qui médite ; la Tronche est la tête lorsque le bourreau l’a séparée du tronc.

(Vidocq, 1837)

Gare la tronche ! prends garde à la tête.

(d’Hautel, 1808)

Delvau, 1866 : s. f. Visage ; tête, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Tête, visage. — Tronche à la manque, sergent de ville, agent de police, — dans le jargon des voleurs ; c’est-à-dire vilaine tête.

La Rue, 1894 : Tête. Visage. Tronche à la manque. Gardien de la paix. Figure mauvaise.

Virmaître, 1894 : Tête (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Tête.

Je lui ai envoyé un coup de tronche dans l’estomac, qui l’a envoyé à dame.

Hayard, 1907 : Tête.

France, 1907 : Tête. Tronche à la manque, agent de police.

Le protestantisme a une tronche moins rébarbative que le catholicisme — parce qu’il est une minorité et qu’il a été persécuté. Mais, il ne faut pas se gourrer : s’il était le maître, il serait aussi inquisiteur que le papisme. Et la preuve c’est que, en Allemagne, en Angleterr et en Amérique, il est bougrement intolérant.

(Père Peinard)

Et quand on r’tombe au temps présent,
On n’trouv’ pas ça plus amusant ;
Y font vomir les satisfaits
À qui pus rien ne fait d’effet ;
Et vomir les poir’s, les bett’raves,
Les résignés, à tronch’s d’esclaves
Et tous les genr’s de revoltés
Qui finiss’nt par êt’ députés !

(Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre)

anon., 1907 : Tête.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique